‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 226 sur 245 · STRABISME. STRANGULATION · texte numérisé non relu

STRABISME. STRANGULATION

cooHquepiir. La stomatite simple à ce degré d'intensité est un fait exceptionnel, car cette intensité doit faire penser tout d'abord à une stomatite due à l'action du mercure, qui produit presque toujours les stomatites les plus graves. ^ . — Stomatite ME RCURi ELLE.

Cette variété de stomatite peut ne pas différer, par ses caractères, de la stomatite simple d une certaine intensité ; d'autres fois cette intensité est beaucoup plus grande, et il survient des phénomènes caractéristiques. Il existe alors au début une saveur métallique particulière ; plus tard, des douleurs très-vives, une tuméfaction prononcée des glandes salivaires et des gencives, qui s ulcèrent largement; les dents s'ébranlent et peuvent tomber, Vhaleine devient extrêmement fétide, et îa salivation ivhs-considérMe; le malade peut laisser écouler deux ou trois kilogrammes de salive par vingt-quatre heures; la fièvre est rare, mais Vinsomnie complète. Enfin on peut constater en même temps d'autres signes de 1' intoxication MERCURiELLE. Ce ïi'cst quc dans des cas exceptionnels qu'il survient une nécrose des os maxillaires.

ST©MATORRHAGIE — V. Hémorrhagies, p. 452.

STRABISME. — Le strabisme qui survient accidentellement dans le cours d'un certain nombre de maladies intéresse le médecin comme signe d'une affection plus ou moins profonde atteignant les nerfs moteurs propres de l'œil.

Les convulsions toniques ou cloniques aiguës produisent des strabismes momentanés qui s'expliquent facilement par le consensus des mouvements anomaux. Des strabismes, également passagers, se rencontrent encore comme symptômes de maladies des méninges ou de l'encéphale. Telles sont la méningite aiguë, rhémorrhagie méningée de l'enfance (Legendre), certaines affections plus rares du mésocéphale (Godelier), etc. Mais dans ces différentes conditions, le strabisme n'est pas un symptôme isolé; il coïncide avec d'autres symptômes plus ou moins importants.

Rencontré isolé, le strabisme permanent peut dépendre d'affections anciennes convulsives ou autres. Survenu accidentellement, il dépend d'une lésion directe ou indirecte des nerfs qui animent les muscles propres de l'œil. Ce sont surtout des paralysies localisées au niveau de certains muscles qui permettent aux muscles antagonistes de faire dévier le globe oculaire et d'amener par suite la diplopie. Le strabisme en dehors ou externe, observé quelquefois à la suite de la névralgie tnfaciale (F. p. 655), celui en dedans produit par la paralysie du nerf pathétique (4^ paire) ou du moteur oculaire externe {Q" paire) sont les plus ordinaires. Quanlaux causes, ainsi que je l'ai rappelé ailleurs, elles peuvent être locales ou générales, ou bien éloignées, comme la présence des entozoaires dans les voies digestives (V. Paralysies, et en particuher p. 652). . . , ,

STRANGULATION (Sentiment de). -- Cette sensation de constriction a la région cervicale résulte le plus souvent du spasme de l'œsophage, et se rencontre comme un des principaux phénomènes de Vhystérie, ou indépendamment de cette maladie. Une tumeur cervicale volumineuse peut également donner lieu à un s ment de strangulation, qu'il ne faut pas confondre avec la sensation de suffocation. STRANGURIE. — V. Miction.

STRIDULEUSE (Angine ou Laryngite.) — V. Pseudo-croup. STRONGLE. — V. Entozoaires.

STROPHULUS. — Facile à reconnaître chez les enfants du premier âge aux

STUPEUR. — SUDAMINA. 835

.petites plaques papuleuses rouges ou blanchâtres, à contours irréguliers, que l'on rencontre à la face, au cou et plus rarement dans les autres parties du corps, oii elles ;peuvent paraître et disparaître successivement. Cette éruption sans importance, qui se remarque principalement pendant la première dentition, ne saurait sans erreur grossière être rapportée à une rougeole irrégulière ou à une urticaire.

STUPEUR. — M. Marcé, dans un intéressant mémoire lu récemment à la Société des hôpitaux, définit la 'stupeur « un état particulier du système nerveux caractérisé par l'engourdissement des facultés morales et intellectuelles, l'expression étonnée et hébétée de la face et des yeux, la lenteur et la difficulté des actes intellectuels et des fonctions musculaires. » Cet état, plus ou moins prolongé, ou chronique, est un élément important des maladies mentales proprement dites ou un symptôme de certaines affections avec lésions cérébrales. Accidentel et aigu, il constitue un des meilleurs signes de la fièvre typhoïde ou seulement de Y état typhoïde que l'on rencontre dans beaucoup d'autres maladies. La stupeur est encore un élément caractéristique du typhus, de la peste, de la méjningite tuberculeuse, des accidents cérébraux de la maladie de Bright (p. 151), des empoisonnements par les narcotiques (p . 52 i ) .

STYLET. — F. Palpation.

SUGGUSSION. — On sait qu'on a donné le nom de siiccussion hippocraùque à un motle d'exploration qui a pour but de s'assurer de l'existence des épan- •chements dans la poitrine. Il consiste à imprimer une secousse au tronc en agissant sur les épaules du malade quand il est assis dans son lit, et à écouter si l'on entend la fluctuation du liquide. Le bruit de flot ou de clapotement s'entend à distance ou à l'aide de l'auscultation; mais il peut aussi être sensible pour le malade lui-même. La succussion n'est pas toujours nécessaire pour l'obtenir : un mouvement un peu brusque du malade suffit pour le produire, et j'en ai vu un marcher avec de grandes précautions pour éviter de provoquer ce bruit, qui devenait alors incommode par sa répétition.

Il est reconnu aujourd'hui que la présence simultanée d'un liquide et d'un gaz ^ans la plèvre est indispensable pour la production du bruit de flot, qui devient dès lors un signe précieux de pneumo hydro-thorax. Mais il ne faut pas croire que ce signe soit pathognomonique de cette dernière affection, car on l'observe dans la dilatation de Vestomac, avec la dyspepsie des liquides, et- simplement dans le gros intestin contenant des gaz et des liquides. M. Bricheteau a constaté le bruit de clapotement à l'auscultation dans un cas dliydro-péricarde avec gaz. SUCEE. — F. Glycose.

SUDAMINA. — On a donné ce nom à des soulèvements vésiculeux de la couche superficielle de l'épiderme, qui sont incolores, comme perlés, le plus souvent très-fms, rarement larges et huileux, et que l'on confond souvent à tort avec la miliaire rouge, dont chaque pointillé vésiculeux est entouré d'un cercle inflammatoire. Ils ont été confondus aussi avec l'eczéma hydrargyrique. Les su.damina étant sans couleur particulière, échappent facilement à l'attention lorsqu'ils sont discrets et très-petits, comme des grains de semoule ou des petites têtes d'épingle, par exemple. On les découvre quelquefois, avant de les voir, au voisinage des aines ou des aisselles 011 ils sont plus communs qu'ailleurs, aux rugosités légères qu'ils forment sur la peau et que l'on sent en y passant légèrement la pulpe des doigts. Une

836 SUETTE MILTAIRE.

furfuration épidermique leur succède, plus visible quand on frotte fortement la peau.

Les sudamina se rencontrent quelquefois chez les phthisiqiies et dans les fièvres ériiptives; mais dans aucune affection ils ne sont aussi fréquents que dans la fièvre typhoïde, dont ils constituent un des meilleurs signes, comme l'a démontré M. Louis. Dans les cas douteux de cette maladie, leur constatation est donc extrêmement précieuse.

C'est à tori que les sudamina sont considérés comme une conséquence exclusive de la transpiration cutanée. Très-fréquemment il y a absence de sueurs lorsqu'on constate l'éruption dans la fièvre typhoïde ; et M. Rufz a remarqué qu'à la Martinique, oiiles sueurs sont continuelles, les sudamina étaient plus rares qu'en Europe {Bulletin de VAcad. de méd., 1859, t. XXIV).

SUETTE MILIÂIRE. — Cette maladie, appelée aussi vulgairement pourpre blanc, millot, millet^ suette des Picards, etc., a été l'objet de plusieurs publications importantes depuis l'apparition de l'ouvrage de M. Rayer sur l'épidémie de 1821, et il suffit de citer les noms de MM. Ménière, Barthez, N. Guéneau deMussy, Landouzy, A. Robert, Parrot, Foucart, Bourgeois et Taufflieb, qui ont observé la maladie sur les lieux, pour montrer que son étude n'a pas été négligée.

1" Éléments du diagnostic. — Les allures ou la physionomie de la suette miliaire, qui est presque toujours épidémique, varient suivant les temps et les lieux, ce qui ne permet guère d'en exposer un tableau général exactement applicable à tous les faits.

Après des phénomènes fébriles précurseurs, ou bien d'emblée, il survient des sueurs extrêmement abondantes, avec constriction ou angoisse douloureuse à l'épigastre, anorexie, signes à'embairas gastriques, parfois de la dysphagie, des nausées, des vomissements, une fréquence variable du pouls, qui est développé ou petit et serré; une dyspnée accompagnée quelquefois de menaces de suffocation; de la céphalalgie, et autres troubles nerveux, tels que de ï abattement, ôe X insomnie, parfois même àu délire, àes s jjasmes, des convulsions. Après l'apparition des sueurs, mais seulement au bout de trois jours, le plus souvent de quatre jours et parfois plus tardivement encore (sept ou huit jours), survient une éruption cutanée miliaire, qui siège le plus souvent sur le tronc, en avant de la poitrine, sur l'abdomen, sur le dos, rarement aux membres, et qui s'annonce ordinairement par un redoublement de fièvre, de céphalalgie, d'agitation, par des battements tumultueux dans la tête ou la poitrine, une angoisse épigastrique plus grande et un sentiment de défaillance. Cette miliaire est rouge ou blanche : la première, formée de petites taches de deux à cinq millimètres de diamètre, rouges, légèrement saillantes, donnant de la rudesse à la peau et présentant à leur sommet, visible à la loupe ou à l'œil nu, une vésicule transparente devenant quelquefois opaque et purulente. L'éruption de la mihaire blanche n'est autre chose qu'une réunion de sudamina dont les vésicules, dIus ou moins volumineuses, peuvent se réunir en bulles ou en phlyctènes (miliaire huileuse ou phlycténoïde) . L'éruption est parfois successive pendant deux et même trois septénaires ; elle se termine par une desquamation, à laquelle peut participer la langue, et qui est parfois tardive.

2*^ Inductions diagnostiques. — Il est évident que les prodromes fébriles, malaise, anorexie, lassitude, céphalalgie, douleurs articulaires et épigastriques, nausées, vomissements, coliques, et enfin frissons plus ou moins violents, ne sauraient

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