‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 233 sur 245 · TÉTANOS · texte numérisé non relu

TÉTANOS

sont d'une manière permanente et plus ou moins douloureuse ; mais par moments il survient des contractions plus fortes, des secousses convulsives avec augmentalioti très-notable de la douleur. Les rémissions sont parfois assez prononcées la nuit pour permettre un sommeil calme. Les efforts que l'on fait pour fléchir les membres sont sans effet. Là déglutition est difficile ou impossible; tantôt la contraction des sphincters produit une constipation opiniâtre et la rétention des urines, et tantôt au contraire, les selles et les urines sont involontairement rendues au moment de la contraction des muscles de l'abdomen, La respiration est gênée, surtout pendant les paroxysmes, parfois suspirieuse, et dans les cas extrêmes oii les muscles inspirateurs sont envahis V asphyxie devimi de plus en plus imminente ; la voix est ordinairement naturelle, presque toujours entrecoupée. Le pouls est un peu ralenti saul dans les cas rares de tétanos fébrile, ou lorsque l'embarras delà respiration rend le pouls petit et fréquent. L intelligence est d'ailleurs intacte dans la plupart des cas, et lorsqu'il survient du délire, ce ne peut être que par le fait d'une affection concomitante. La sensibilité cutanée est quelquefois tellement exaltée, qu'il suffit d'un simple Gonîact pour déterminer une exacerba tion subite de roideur générale.

Le tétanos dit partiel présente différentes formes : le trismus ou tétanos maxillaire, résultant de la contraction et de la rigidité des muscles élévateurs de la mâchoire inférieure ; le tétanos facial, dans lequel le trismus s'accompagne de convulsions toniques de la face et des yeux, d'où résulte un aspect effrayant de la physionomie ; Vopisthotonos, produisant la courbure plus ou moins considérable du tronc en arrière ; Vemprosthotonos, dans lequel l'inflexion du tronc a lieu en avant, et enfin le pleur osthotonos, qui est l'espèce la plus rare, et dans lequel la flexion est latérale.

Rarement la durée de la maladie, qui peut n'être que de vingt-quatre heures, dépasse dix à douze jours.

2" IndiLCtions diagnostiques. — Reconnaître le tétanos n'est pas difficile : son début presque constant par le trismus, le caractère continu et tonique des convulsions, avec leurs exacerbalions douloureuses, l'invasion presque générale des muscles volontaires, et, lorsque l'affection reste localisée, la coïncidence constante du trismus, mettent hors de doute l'existence de la maladie. Mais cette constatation faite, la question la plus importante est de déterminer l'origine du tétanos, ou du moins s'il est idiopalhique ou symptomatique.

Le tétanos symptomatique par excellence est le tétanos traumatique.^ Sa fréquence doit toujours faire rechercher avec soin si une piqûre ou une plaie à laquelle le malade attacherait peu d'importance n'a pas donné lieu aux accidents tétaniques observés. — En l'absence d'une cause de celte espèce, le tétanos peut dépendre d'une affection aiguë du cerveau, de la moelle, ou de leurs enveloppes. Mais ici les €onvulsions et l'ensemble des symptômes diffèrent tellement de ceux du tétanos, qu'il est difficile de confondre ces diverses maladies avec lui. — L'ingestion de substances vénéneuses narcotico- acres et en particulier de la noix vomique ou de la strychnine, du camphre, etc , \'à^\Qimç-QA'ento%oaires dans les voies digestiyes, et même la névralgie facia le, peuvent également donner lieu à des accidents tétaniques.

Ce n'est qu'avec réserve qu'il faut admettre l'existence d'un tétanos idiopathique. On n'oubliera pas qu'il se développe de préférence dans les chmats chauds, dans les contrées basses, marécageuses, exposées à de grandes et brusques variations de tem-

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