TOUCHER. ■ — TOUX
rarement elle a pour origine une contracture musculaire, ou une affection strumeuse, tuberculeuse, ou rhumatismale (ligaments) des vertèbres cervicales.
Lorsque l'inclinaison latérale de la tête qui résulte du torticolis se prolonge longtemps, elle amène une atrophie relative de la face du côté infléchi, par suite de la compression éprouvée parles artères nourricières de ce côté. Il en résulte une inégalité des deux côtés de la face sur laquelle M. Bouvier a particulièrement attiré l'attention [Leçons cliniques sur les maladies chroniques de V appareil locomoteur, Paris, 1858,ypage 85).
TOUCHER. — Le toucher, l'unedes applications directes delà palpation, est employé pour l'exploration des parties profondes accessibles au doigt, telles que la bouche, le pharynx, Vépiglotte et l'orifice de la glotte, hvagin et Vutérus, le rectum. Plus rarement le petit doigt est introduit dans les cavités nasales par une des narines.
Le doigt introduit par la bouche n'arrive pas toujours facilement jusqu'à Vépiglotte; cependant cette exploration n'est pas aussi difficile qu'on le pensait autrefois (F. p. 550). — Le toucher vaginal est le plus fréquemment utile comme moyen de diagnostic. Il faut avoir soin, pour le pratiquer, d'enduire préalablement de cérat ou d'huile le doigt indicateur, que l'on présente ensuite par son bord radial à la partie postérieure de la vulve pour le porter ensuite immédiatement vers la partie postérieure de la fente vulvaire. Il faut avoir soin d'éviter autant que possible le contact de Tanus ou du clitoris, et de tenir étendus le pouce et les autres doigts libres de la main qui explore, en arc-boutant le pouce sur les côtés du clitoris. — Quant au toucher rectal, il est quelquefois indispensable chez Fhomme. Gliez la femme, il n'est qu'un moyen d'exploration complémentaire du toucher vaginal pour constater le volume du corps de l'utérus. Cependant il est seul utile s'il y a un obstacle organique à l'introduction du doigt par le vagin.
TOUR DE REÏNS. Cette affection est de nature encore inconnue, bien qu'elle ait été attribuée à une rupture de fibres musculaires ou tendineuses, rupture qui n'a pas été démontrée.
Le tour de reins, appelé aussi lombago aigu, est facile à diagnostiquer à la douleur subite et très-vive qui survient au niveau des lombes au moment d'un effort plus ou moins violent qui nécessite la contraction des muscles de la partie postérieure du tronc. Cette douleur, réveillée ensuite par les mouvements, oblige le patient à rester couché sur le dos ; elle est beaucoup moins forte à la pression. Elle est sans gravité; sa durée n'est que de peu de jours.
Le tour de reins est d'autant plus mal dénommé que l'on voit survenir des douleurs analogues dans d'autres muscles, à l'épaule, au niveau des membres, et également pendant des contractions plus ou moins violentes.
^TOUX. Ce symptôme fonctionnel, en raison de sa très-grande fréquence et
des conditions très-diverses dans lesquelles il se montre, a des caractères variés. La toux offre une sonorité ou une intensité variables ; elle survient par secousses isolées ou par quintes plus ou moins violentes ; elle est rare ou souvent répétée, sèche ou suivie d'expectoration ; et ces caractères servent assez souvent à déterminer sa condition pathologique, question capitale du diagnostic.
Le point de départ de la toux doit être cherché dans une des nombreuses affections des voies respiratoires, dans des maladies d'autres organes plus ou moins éloignés, et enfin dans une affection générale aiguë ou chronique. Il ne me paraît pas
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nécessaire d'énumérer toutes ces conditions pathologiques de la toux, attendu que, dans le plus grand nombre des cas, elle coïncide avec d'autres symptômes qui en établissent la valeur, comme cela jirrive pour la plupart des affections des organes respiratoires. Cependant parmi ces affections, il en est dans lesquelles la toux a des caractères spéciaux. Elle est sèche, déchirée, éteinte, dans Y œdème de la glotte; rauque et éclatante dans le pseudo-croup ; éteinte ou nulle dans le vrai croup (Trousseau : Clinique médicale, 1. 1); elle survient par accès spasmodiques caractéristiques dans la coqueluche.
Mais les doutes sur la signification de la toux se présentent surtout lorsqu'elle existe en l'absence de signes physiques du côté de la poitrine, et comme un phénomène morbide isolé en apparence.
C'est principalement la toux sèche qui, en pareil cas, peut paraître difficilement explicable. On la rencontre au début de certaines phthisies pulmonaires, d'autant plus insidieuse qu'elle est alors insignifiante, et qu'il est nécessaire qu'il s'y joigne d'autres signes, comme une hémoptysie, de l'amaigrissement, une diarrhée chronique, ou des signes physiques sous-claviculaires, pour acquérir toute sa valeur. En l'absence de ces signes, une toux sèche peut dépendre d'une simple anémie^ de la présence à' ento%oaires dans l'intestin, ou d'une simple névrose, de la chorée, de V hystérie, par exemple.
La toux hystérique, très-bien décrite par M. Lasègue {Actes de la Soc. desHôp., 3*^ fasc, 1 855), n'a pas été observée chez des femmes âgées de plus de vingt-cinq ans. Elle est tantôt fréquemment répétée et presque continue, tantôt régulière dans son retour par accès. Elle affecte un certain rythme monotone, et rarement elle prend un timbre particulier dès le début, ressemblant à un cri d'oiseau, stridente, rude, rauque, bizarre.
La toux, au moment de l'auscultation de la poitrine, rend plus nets ou même révèle l'existence des râles humides. Quelquefois elle a des conséquences graves. Une toux violente et longtemps répétée chez une femme grosse peut amener Y avortement, sans que cependant le résultat soit constant en pareil cas. On a vu aussi, mais exceptionnellement, des fractures de côtes se produire pendant la toux, et un emphysème sous cutané généralisé résulter de la rupture d'une caverne pulmonaire (Cruveilhier, Gaz. hehdom., 1856).
TRACHÉE. — TRACHÉITE. — La trachée -artère, qui fait suite an larynx, subit des déplacements par la pression des tumeurs avoisinantes ; mais ces déplacements ne sont nuisibles qu'autant qu'il s'y joint un degré de compression suffisant pour diminuer le calibre du conduit aérien et, par suite, amener des troubles respiratoires.
L'inflammation simple de la muqueuse de la trachée (trachéite) et la diphthérie localisée dans cet organe, sont les seules des affections de ce conduit dont le siège peut être déterminé. — La trachéite se recoiuiaît principalement à une douleur au niveau de la partie supérieure du sternum, à une toux s'accompagnant d'une sensation de déchirement dans le même point, et à l'absence de signes anomaux du côté du larynx ou des bronches. — La diyhthérie localisée dans la trachée est seulement caractérisée par l'expectoration de lambeaux ou de cylindres pseudo-membraneux manifestement moulés sur les parois de la trachée. — Il n'est pas possible, dans l'état actuel de la science, de préciser le siège de Yhémorrhagie qui se fait dans la
TRACHÉOTOMIE. TRANSFORMATION GRAISSEUSE. 865
trachée et encore moins celui des ulcér^ations et des rétrécisseme7its qui en sont la suite. Néanmoins on conçoit qu'en l'absence de signes du côté du larynx et dans le cas de compression de la trachée par une tumeur, la faiblesse du bruit respiratoire des deux côtés de la poitrine puisse faire soupçonner que ce conduit est le siège de la compression, qui pourrait cependant aussi s'exercer sur les deux bronches princiî'nles.
V (Auscultation, à l'aide du stéthoscope apphqué immédiatement au-dessus du sternum, est le seul procédé d'exploration de la tracbée ; et encore les signes qu'on y perçoit sont-ils cor^fondus avec ceux qu'on obtient au niveau du larynx par le même moyen,
TRACHÉOTOMIE. — Cette opération confirme ou infirme l'existence du croup ou d'un obstacle laryngien d'une autre nature, qui aurait fait admettre la nécessité de l'opération. M. Sée a signalé à la Société des hôpitaux des éruptions qu'il attribue à l'influence de cette opération, et qui apparaîtraient quelquefois dans le voisinage de la plaie; mais d'autres observateurs les ont considérées comme dues à une cause générale.
TRANSFORMATION GRAISSEUSE. — La transformation des organes en tissu adipeux ou graisseux constitue, pour M. Barlow (On fatty degeneration) une des formes de l'atrophie, la graisse occupant la dernière place parmi les principes élémentaires des tissus organiques, et se substituant à des tissus d'un degré plus élevé quand ceux-ci, par une cause quelconque, ne peuvent plus se former. IJans la pratique, cette transformation peut être diversement iulei prétée.
L'infiltration graisseuse de la périphérie de la cornée transparente constitue Tarc sÉNiLE, que M. Edwin Canton a donné, dansées derniers temps, comme signe de l'imminence d'accidents graves du côté du cœur, par suite delà concomitance d'une transformation graisseuse cardiaque analogue.
Cette transformation du cœur, suivant M. Quain [Lond. med.-chir. trans., i 850), passe souvent inaperçue pendant la vie, parce que l'on ne s'attache pas à en rechercher les manifestations. 11 insiste sur la douleur à la région du cœur, Y irrégularité, la faiblesse ai la lenteur de ses battements et de ceux du pouls, sur la dyspnée^ les syncopes, \di faiblesse générale, le coma; et ces signes emprunteraient une grande valeur à l'existence simultanée de l'arc sénile. La mort subite serait une conséquence assez fréquente de l'état graisseux du cœur, comme l'avait déjà signalé M. Aran. Or, les faits de M. Quain démontrent que la mort subite a eu lieu soixantehuit fois sur quatre-vingt-trois cas d'aitération graisseuse du cœur (infiltiation ou transformation), et que le plus souvent cette terminaison funeste a heu ^^yv syncope ou par rupture du cœur. Suivant M. Virchow, la dégénérescence graisseuse du cœur pourrait être aiguë et constituer une complication extrêmement grave de la péricardite. La transformation serait alors due à la propagation de l'inflammation aux fibres musculaires. Dans les deux cas observés par lui, la marche de cette complication a été très-rapide ; une ibis la mort a été subite, et dans l'autre, elle a été précédée de faiblesse du pouls avec des intermittences [Arch. f. patholog. anat., 1858).
La transformation graisseuse des organes coïncidant aussi bien avec leur liypertrophie qu'avec leur atrophie, cette transformation peut être soupçoimée au niveau du foie chez les phthisiques, chez lesquels cet organe augmente de volume et déborde
^(34 TKAlSSPOSmOîs. — tuismus.
ie. rebord des fausses côtes droites. — L'atrophie musculaire est une transformation graisseuse des muscles facile à diagnostiquer aux signes caractéristiques de cette affection. — Dans les cas de maladie d'Addison, doit-on admettre la dégénérescence graisseuse des capsules surrénales, signalée par M. Yulpian, comme lésion fondamentale, lorsque le malade ne présente pas de signes de cancer ou de tubercules? Les faits sont encore insuffisants pour résoudre cette question de diagnostic anatomique.
THil.MSFûSITïOH (des organes). — La transposition des organes est une condition aiiatomique, heureusement très-rare, qui est une cause d'erreurs de diagnostic aoatomique, principalement pour les maladies de certains organes impairs (cœur, foie, rate, estomac). La dé\iation du cœur à droite par une tumeur ou un épanchement pleurétique gauche est trop bien connue pour être confondue avec une transposition des organes,. Cependant il peut arriver que cette déviation persiste après' la résorption de l'éparxchement, ainsi que j'en ai vu un exemple. M. Legroux a rapporté un fait de tumeur cancéreuse du pylore occupant la gauche de l epigastre dans un cas de transposition (Soc. des Hôpitaux).
TREMELEMEHTS. — Les contractions musculaires par saccades qui constituent les tremblements sont symptomatiques ou idiopathiques.
Il me suffit, relativement aux tremblements symptomatiques, de rappeler les aifections dans lesquelles ils se produisent. Ce sont : Y intoxication alcoolique (alcoolisme), Vintoxication merciirielle (F. p. 512), les empoisonnements par les narcotico-âcres, les névralgies intenses et notamment la névralgie générale, la chorée, le béribéri de Tlnde, parfois des entozoaires des voies digestives, et enfin la paralysie générale des aliénés, qui s'annonce d'abord par des tremblements (La-
sègue). .
Le tremblement idiopathique est remarquable par la régulante des saccades qui agitent les muscles, principalement ceux de la tête et des membres supérieurs. C'est une maladie habituellement héréditaire, due quelquefois à des émotions morales vives ou prolongées, ou à des causes d'épuisement. Le tremblement peut aussi résulter des progrès de l'âge {tremblement sénile).
TRIGOCÉPHAL.E. — V. Entozoaires, p. 358.
TRIGHOMik. — Cette affection du cuir chevelu et des poils, appelée aussi plique polonaise, parce qu'elle est observée surtout en Pologne, se reconnaît dès l'abord à l'agglomération et au développement anomal des cheveux, et quelquefois de tout l'appareil pileux. Après des accidents fébriles, assez fréquents au début, la maladie est caractérisée par un prurit très-vif au cuir chevelu, qui est douloureux au toucher, ^iXY une sueur qui est d'une odeur désagréable, qui imprègne tous lés cheveux et qui se coagule et se dissèche le plus souvent en croûtes. C'est une affection jusqu'à présent très-rebelle.
TRÏGHOPHYTOH. — V. Parasites végétaux.
TRIFâ^CmL (Nerf^. — V. Névralgies, p. 588.
TRISMUS. — La contraction convulsive tonique des muscles masticateurs appelée trismus est souvent le premier symptôme du tétanos. On l'observe également dansks autres affections convulsives toniques généralisées, dans les méningites par exemple. Le serrement convulsif des mâchoires est également produit par les empoisonnements narcotiques. Enfin on a attribué le trismus à une anqine syphili-