‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 243 sur 245 · VAGIN · texte numérisé non relu

VAGIN

zoni Cependant jl faut se garder d'exagérer les choses en attribuant à l'usage de la sonde des accidents qui peuvent lui être étrangers. Quant à la perforation de l'utérus, elle lui était évidemment due dans les faits oii on la vue se produire. Suivant M. Aran, cette lésion serait plus effrayante que véritablement grave, et le repos seul amènerait la cicatrisation, ce qui sera difficilement admis.

La percussion et ï auscultation sont applicables à certaines affections utérines avec développement plus ou moins considérable de l'organe vers l'abdomen, et on les emploie dans le but de distinguer ces affections d'une grossesse.

Selon M. Depaul, à qui Ion doit un traité si complet à' auscultation obstétricale (1847), les données fournies parce moyen d'exploration dans le cours de la grossesse sont : 1° le souffle utérin; 2*^ les battements du cœur fœtal; 5° un bruit de souffle fœtal; 4° des bruits résultant des mouvements actifs du fœtus. On peut résumer ainsi qu'il suit (seulement au point de vue du diagnostic de la grossesse) les résultats de son observation à cet égard. — Le souffle qu'il appelle utérin se passe dans les artères utérines et peut être entendu dans toutes les parties de l'utérus ; il est très- variable dans son timbre, son siège, etc., et il peut être perçu à partir de la dixième semaine ; mais il se rencontre dans les cas de développement de l'utérus par toute autre cause que le produit de la conception. — Les battements du cœwrdii/œte constituent deux battements distincts, en général sans mélange de souffle, et qui ont une fréquence toujours supérieure à celle de la circulation maternelle (V. p. 420) ; il est impossible de les confondre avec aucun des autres bruits abdominaux ; il est très-commun de les entendre à quatre mois, et leur intensité va en augmentant jusqu'à la fin de la grossesse. Ce signe précieux, dont le siège au niveau de l'utérus développé varie selon l'époque de la gestation, et surtout selon la situation du fœtus, donne la certitude de l'existence de la grossesse et de la vie du produit de la conception. — Quant au bruit de souffle fœtal, et aux bruits qui sont la conséquence des mouvements actifs du fœtus, ils n'ont qu'une valeur trèssecondaire relativement aux doubles battements du cœur du fœtus, qui constituent le signe stéthoscopique patliognomonique de la grossesse.

VAGIN. — Le vagin présente peu d'affections qui lui soient particulières, en dehors de celles qui sont du domaine de la chirurgie. On y constate la vaginite, la BLENNORRHAGiE, dcs CHANCRES, dcs écoulemcuts saugulus OU tfirombus qui surviennent principalement chez les femmes enceintes, de même que la vaginite chronique granuleuse qui a été décrite par M. Deville et qui est caractérisée par des granulations rouges, assez volumineuses, indolentes, éparses ou confluentes, et par un écoulement purulent. Le vagin peut d'ailleurs être envahi par les affections del'ulérus ou du bassin .

C'est à l'aide du toucher et du spéculum que Ton peut explorer le vagin et constater les signes dont il est le siège." C'est ainsi que l'on a pu reconnaître au niveau de la muqueuse vagin;de des colorations particulières dont on a cru à tort pouvoir tirer parti pour le diagnostic.

On a vu, dans des cas de conservation de l'hymen à la suite de rapports sexuels, le canal de l'urètre être graduellement dilaté par le pénis et remplacer le vagin. Il est inutile d'insister sur les erreurs que cette condition peut entraîner, si elle reste méconnue du médecin.

* Traité pratique des Maladies des organes sexuels de la femme, traduit de l'allemand par Doret-Sorin, -1858.

VAGIJ^ITL. VARIOLIQUES (AFFECTIONS). 917

VAGINITE. — V. Blennorrhagie.

VALVULES DU CŒUR. — F. Souffles.

VARICELLE. — V. Varioliques (Affections).

VARICES. — Les varices sous-muqueuses des organes internes intéressent le praticien en raison des liémorrhagies d'abord inexplicables qu'elles produisent, à moins qu'elles ne soient visibles dans la bouche ou dans le pharynx. 11 se développe quelquefois dans l'œsophage des varicosités d'où peuvent résulter des hémorrhagies foudroyantes simulant des hématémèses (F. Hémorrhagies).

VARIOLIQUES. (Affections). — Je ne rappellerai pas les discussions qui ont eu lieu sur les différences de nature des affeclions varioliques. On doit admettre qu'il y a variole quand la maladie est complète et s'accompagne de la suppuration des pustules; varioloïde, si cette suppuration manque; varicelle, lorsqu'il ne survient que quelques vésicules disséminées sans troubles généraux sensibles,

1" Éléments du diagnostic. — La variole régulière présente, outre l'incubation, quatre périodes d'invasion, d'éruption, de suppuration et de dessiccation.

Vinvasion est marquée par des symptômes fébriles variés : tantôt frissons répétés, tantôt absence de frisson; chaleur plus ou moins vive, sécheresse de la peau, fréquence du pouls; chez quelques sujets, vomissements, constipation, rarement de la diarrhée; abattement général avec douleurs contusives, céphalalgie prononcée, agitation, insomnie, parfois délire, ou bien somnolence, rarement convulsions locales ou générales; souvent douleur lombaire, parfois douleur abdominale vive; douleurs thoraciques vagues et même pharyngiennes; assez rarement on observe les symptômes d'un cory7M avec larmoiement, de l'oppression et de la dyspnée.

Après deux ou trois jours de ces prodromes, une éruption papuleuse rouge, plus ou moins abondanle, se montre, d'abord à la face, où elle est plus prononcée, pour s'étendre ensuite au cou, au tronc et aux membres; cependant on la voit débuter aussi quelquefois au niveau des reins, des fesses, ou autour des ulcérations qui peuvent exister à la peau. Dès le lendemain ou le surlendemain, chaque tache devient vésiculeuse à son centre, qui contient un liquide séreux, puis il se forme de véritables pustules plus saillantes, par la transformation de la sérosité en liquide trouble et d'un blanc jaunâtre. Ces pustules se dépriment et èombiliquent à leur centre, et elles se développent pendant trois ou quatre jours ; elles deviennent dures au toucher, et s'environnent d'un cercle rougeâtre. Du quatrième au septième jour de l'éruption, elles deviennent hémisphériques, le pus qu'elles contiennent prend plus de consistance, l'aréole inflammatoire se dessine davantage; en même temps le tissu cellulaire sous-cutané se tuméfie, d'abord à la face, aux paupières, aux lèvres, une salivation abondante se manifeste, et, au huitième jour, l'éruption arrive à son summum d'intensité tandis que la tuméfaction se manifeste aux mains et aux parties génitales. Dès le début, des vésicules se développent à l'isthme du gosier et à la voûte palatine (en produisant une dysphagie douloureuse), et il peut également en survenir au niveau de la muqueuse du larynx, de la conjonctive, du prépuce ou de la vulve.

Les phénomènes fébriles, qui étaient diminués ou disparus une fois l'éruption survenue, rep?iraissent du huitième au dixième jour et constituent la fièvre dite secondaire ou de suppuration, qui dure seulement quelques jours, et qui est assimilée par des auteius à la fièvre traimiatique.

918 VAIUOLIQUES (affections).

La dessiccation des pustules, commence du neuvième au dixième jour, aussitôt après la diminution du gonflement, et elle se fait dans l'ordre d'apparition des pustules, dont le liquide se dessèche en croûtes jaunâtres, noires ou verdâtres. Leur chute laisse des taches d'un ronge brun, qui fiersistent parfois plusieurs mois, avec ou sans cicatrices creuses indélébiles, suivant l'existence ou l'absence de la suppuration. La dessication a lieu au tronc et aux membres quelques jours plus tard qu'à la face. Les pustules des mnqueu^es disparaissent par résolution.

La varioloïde, appelée aussi fausse variole, variole bâtarde, adultérine, vaccinique, mitigée, varicelle pustuleuse, etc., est souvent remarquable par la bénignité de ses symptômes et la rapidité de sa marche, dont la durée n'est que de six à douze jours. Elle se montre principalement chez les sujets déjà vaccinés. La période d'invasion est très-légère et manque quelquefois ; l'éruption est ordinairement caractérisée par un nombre discret de pustules, par leur petit volume, leur prompt développement, leur forme acu minée ou aplatie, et surtout ^pdirVabsence delà fièvre secondaire ou de suppuration, et par la prompte dessiccation des vésicules ou des pustules. Celles-ci, après être parvenues à leur entier développement en deux à «iuatre jours, se dessèchent du jour au lendemain et forment une croûte qui ne tarde pas à tomber, sans laisser de cicatrice.

La varicelle, dont révolution est de huit ou neuf jours, est considérée généralement comme une variole modifiée qui, ainsi que la varioloïde, se remarque principalement chez les sujets vaccinés. Ses prodromes sont d'ordinaire très-légers ou nuls, mais l'éruption présenie plusieurs variétés : 1° La varicelle à petites vésicules {chicken-pox des Ânglais),à vésicules petites, acuminées ou aplaties, à liquide transparent, puis lactescent après deux ou troisjonrs, avec de la démangeaison, et la dessiccation se faisant au bout de six ou sept jours par de légères écailles brunâtres ; S'' la varicelle à vésicule globuleuse (swine-pox), ne différant de la précédente que par le développement semi-sphérique des vésicules, qui se remplissent promptement d'une assez grande quantité de fluide; 5" la varicelle verruqueuse ou papuleuse, (varicella solidescens) qui a bien moins d'importance que les deux précédentes.

La variole peut être irrégulière ou compliquée, et présenter encore d'autres éléments de diagnostic dont il sera question plus loin.

2° Inductions diagnostiques. — - Si j'ai longuement rappelé les éléments symptomatiques de la variole simple et régulière, c'est que la seule constatation de ces caractères suffit presque toujours au diagnostic. Ce n'est qu'au début que le diagnostic j)eut présenter des difficultés.

Pendant la période d'invasion ces difficultés sont réelles, parce que l'on ne retrouve pas ici, comme dans la plupart des cas de rougeole et de scarlatine, des symptômes prodromiques caractéristiques. Les douleurs lombaires ont sans doute une certaine valeur, parce qu'on les retrouve bien plus fréquemment dans la variole que dans les antres fièvres éruptives, mais comme elles peuvent exister dans ces fièvres et dans d'autres affections aiguës, ainsi qu'on le constate tous les jours, leur valeur est loin d'être absolue. On a signalé aussi l'absence des cicatrices vaccinales comme pouvant démontrer en pareils cas que le malade est plus exposé qu'un autre à contracter la variole ; mais cette particularité ne peut fournir qu'une vague probabilité que les phénomènes généraux et les douleurs lombaires se rapportent au début d'une variole, à moins qu'il n'exisleune épidémie de cette maladie.

VARIOLIQUES (AFFECTIONS) . 919

Dès que réruplion a paru, il ue saurait y avoir de sérieuses difficul lés de diagnostic que dans les cas où il n'existe encore que des papules. J'ai vu entrer à Thopital deux malades atteints d'une fièvre typhoïde avec éruption de taches rosées lenticulaires nombreuses, envahissant même le visage, et dont l'un fut considéré, dans un concours clinique, comme atteint de variole discrète au début de l'éruption; les -symptômes généraux existants, qu'on ne pouvait expliquer par une lésion locale, avaient favorisé l'erreur qu'un examen suffisamment prolongé eût pu cependant faire ■éviter. Les papules de la rougeole dite boutonneuse pourraient aussi être confondues avec celles de la variole, et réciproquement. Dans ces différentes conditions, l'examen du pharynx, qui offre souvent des vésicules précoces dans les cas de variole, lève ordinairement les doutes (V. p. 678).

Lorsque la variole est reconnue au début de l'éruption et si la fièvre est intense, !|)eut-on prévoir que l'on aura affaire à une variole avec lièvre secondaire et suppuration des pustules, ou bien à une simple varioloïde? Dans la plupart des cas, l'existence des cicatrices vaccinales vraies devra bien faire penser qu'il s'agit d'une simple varioloïde, mais celte constatation ne devra pas faire rejeter absolument l'existence d'une variole grave. Il y a plus : il peut se présenter des cas exceptionnels utiles à connaître, et dans lesquels les cicatrices confluentes d'une variole ancienne n'annoncent pas l'immunité pour une variole grave et même mortelle. J'ai observé à î'Hôtel-Dieu un fait de cette espèce chez un adulte qui, étant mihtaire et avanl les deux vaiioles dont la seconde l'a fait succomber, avait été vacciné plusieurs fois sans succès. M. Bousquet a cité des faits analogues.

Lorsque l'éruption est suffisamment développée, l'apparition ou le défaut de la fièvre secondaire et de la suppuration des pustules démunlre qu'il s'agit de la variole ou de la varioloïde. Cependant, l'incertitude ne saurait exister au sujet d'une varioloïde si l'éruption était très-discrète au début, la fièvre modérée, et si le malade avait été vacciné précédemment. Quant à la varicelle, elle ne peut donner lieu à aucune erreur.

La marche de la maladie, précédemment indiquée, a une utilité incontestable comme sour ce de données diagnostiques. Il en est de même des causes. L'existence incontestable d'une épidémie, et Tinfluence de la contagion à laquelle a pu être exposé le malade, sont les particularités étiologiques principales qui peuvent éclairer le diagnostic dans les cas douteux. On n'oubliera pas non plus que c'est surtout après l'âge de six ans que l'on voit survenir la variole, et qu'elle est d'autant plus rare qu'on se rapproche davantage de la vieillesse ainsi que de la naissance, époque à laquelle la maladie peut cependant se montrer congénitale. Le médecin ne peut d'ailleurs fixer qu'une époque bien tardive à laquelle ou n'a plus à craindre l'effet d'un rapport antérieur avec un varioleux. La durée de fincubatiou, en e'M, a été constatée entre trois jours et quarante-six.

L'affection varioleuse étant constatée, il faut que le diagnostic détermuie si elle est : 1° primitive ou secondaire; 2« régulière ou irrégulière; 5° simple ou compliquée. Les varioles dites malignes rentrent dans le cadre des varioles irrégulières et surtout compliquées. Comme dans toutes les fièvres éruptives, l'obscurité du diagnostic est en raison de la forme anomale ou irrégulière de la variole, et des complications qu il est par cela même important de bien constater au lit du malade.

Relativement au diagnostic des Ibrmes anomales de la variole, je rappellerai d abord qu'en dehors des varioles modifiées par des vaccinations antérieures, il est très-

920 VABIOLTQUES (AFFECTIOKS) .

rare de constater des anomalies dans l'évolution des différentes phases de la maladie^ contrairement à ce qui s'observe pour la rougeole et pour la scarlatine. Le fait le plus curieux que j'aie rencontré à ce sujet est une petite fille de 18 mois que j*ai observée en 1859 aux Enfants- Assistés. Cette enfant, non vaccinée, entre à l'infirmerie le 22 avril pour une varicelle; elle en sort guérie le 28. Le 1" mai, elle est admise pour une variole discrète à la face, mais plus considérable aux fesses et au bas- ventre, dans le cours de laquelle (le 4 mai) il app^irait une éruption intense de rougeole. Enfin, le 7 mai, alors que les pustules sont à leur période de maturation, une nouvelle poussée d'éruption variolîque s'effectue et suit régulièrement toutes ses phases. Je crois qu'il existe dans la science peu de faits analogues, d'autant plus, je le répète que ces anomalies d'évolution sont très-rares, surtout chez les individus non vaccinés.

Quant aux varioles qui apparaissent dans le cours d'une autre maladie, et qui ' sont par cela même anomales, elles agissent sur la maladie préexistante comme larougeole : en l'aggravant suivant MM. Barthez et Rilliet, si elle est de celles qui compliquent la variole; et au contraire en atténuant, suspendant ou guérissant celles qui ne rentrent pas dans le cadre habituel de ses complications, telles que la chorée et plusieurs affections cutanées (eczéma, impétigo, lichen, prurigo).

Les complications de la variole méritent une attention d'autant plus grande qu'elles sont nombreuses et graves. — D'abord on peut trouver combinées à la variole la rougeole ou la scarlatine. Les symptômes variés de ces diverses affections se combinent en pareil cas, et jamais la variole n'a son évolution normale. Le fait que j'ai rappelé confirmerait cette proposition. — Parmi les complications précoces qui surviennent au début ou pendant l'éruption, on en compte qui ne sont que l'exagération de quelques symptômes; tels sont le ptyalisme^ la laryngite et Vophthalmie, qui proviennent du développement extrême des pustules delà bouche, du pharynx, du larynx et de la muqueuse oculaire, lljie faut pas confondre cette dernière ophthalmie avec la kératite qui apparaît à une époque plus avancée, et qui peut amener la cécité, comme c'était si fréquent avant la vaccination. — Leshémorrhagies, complication des plus graves et assez fréquentes, se montrent au plus tôt dès le deuxième jour de l'éruption. Vers la peau, le sang envahit les pustules, leur pourtour ou leurs intervalles, sous forme d'ecchymoses noirâtres ou cl' épanchements qui peuvent ressembler à des gros grains de cassis, lorsque les pustules forment de petites bulles pemphygoïdes. Les hémorrhagies par les muqueuses consistent en épistaxis, stomaforrhagie, pertes de sang par les selles, l'urine, et même par des pustules ouvertes ou par des plaies accidentelles. A ce genre de complication, ordinairement funeste, se joignent quelquefois des symptômes nerveux qui sont une aggravation de ceux de début : délire, anxiété, agitation extrêmes. — L'orchite et Vovarite varioleuses signalées par M. Béraud {Arch. demécL, 1859, t. Xlll), sont des complications importantes à rappeler. — Le gonflement inflfimmatoire de la peau qui accompagne l'éruption peut donner lieu à de petits abcès aigus qu'il ne faut pas confondre avec les abcès multiples souscutanés et parfois péri et intra-articulaires, qui surviennent, dans la convalescence, dans diverses parties du corps. Ces derniers abcès ont été considérés comme critiques, ou comme une suite d'infection purulente : souvent fivorables dans le premier cas, sauf lorsqu'il y a suppuration des articulations, et toujours funestes dans le second.

1/ infection' purulente survenant pendant la période de suppuration de certaines

VARIOLIQUES (aFFECTIO]NS). — VASCULAIRES. 921

varioles confluentes est une complication très-grave et rapidement funeste de la variole; elle s'annonce par de violents frissons et les accidents graves de la résorption du pus (V. Phlébite).

A une époque avancée de la maladie, peuvent apparaître : Y otite, qui s'accompagne le plus souvent d'une large perforation du tympan suivant M. Triquet; la bronchite, la broncho-pneumonie et la pneumonie lobaire chez les enfants (Barthez et Rilliet) ; exceptionnellement la gangrène et les hydropisies, qui sont ici aussi rares qu'elles sont fréquentes à la suite de la scarlatine; enfin, on a encore observé comme complications la pleurésie^ la péricardite, la néphrite, h stomatite, la diphthérie secondaire, le croup. Metfrai-je au nombre des complications l'éruption hydrargyriqiie qui survient quelquefois par suite de l'application des emplâtres de Vigo ou des autres préparations mercurielles dans le but d'atténuer l'éruption? Il est évident que ce n'est pas là une véritable complication, mais une coïncidenre seulement utile à rappeler (F. Hydrargyrie), pour qu'on rapporte cette éruption à sa véritable cause.

Les paralysies ?emj0orazV^5 consécutives aux maladies aiguës {V. p. 657) paraissent avoir été plus particulièrement rencontrées à la suite de la variole et des autres fièvres éruptiv^s.

Les tubercules, loin de se montrer comme complication de la variole, constitueraient une affection antagoniste, suivant MM. Barthez et Rilliet. Mais qu'est-ce qu'un semblable antagonisme qui n'empêcherait pas la variole de se développer chez des tuberculeux, et qui ne s'opposerait pas à ce que des manifestations scrofulo-tuberculeuses se montrassent postérieurement à la variole?

5" Pronostic. — Tout le pronostic de la variole se réduit à ces considérations que la variole norniale guérit le plus habituellement, surtout si elle n'est pas confluente; et qu'elle est principalement grave lorsqu'elle est anomale, lorsqu'il existe des complications, ou des maladies préexistantes (variole secondaire). Le très-jeune âge des enflmts est une condition défavorable. On sait que la varioloïde est habituellement suivie de guérison, et que la varicelle constitue une affection légère qui guérit constamment.

VASGULAIHES (Appareils, Bruits) . Je n'ai pas à m'occuper ici des appareils vasculaires, ni à rappeler les maladies qui y ont leur siège, attendu qu'il en a été question aux mots Artères, Lymphatiques, Veines, Je n'ai qu'à traiter ici des bruits vasculaires que perçoit l'auscultation, et encore ma tâche se trouve-t-elle abrégée par les articles Anévrysmes, Frémissement cataire. Souffles.

Les bruits vasculaires se passent dans les artères ou dans les veines.

A. — Les bruits ar^me^s sont perçus au niveau de l'aorte, ou des artères principales des membres. Ils constituent des souffles simples et intermittents comme la diastole artérielle, et rarement des souffles doubles ou continus. Tantôt ils sont doux, ce qui est le plus ordinaire, tantôt ils sont rudes^ comme le bruit de râpe ou de lime du cœur, et enfin ils constituent rarement un bruissement aigu, se rapprochant du bruit de scie, et ordinairement continu.

Les souffles doux peuvent s'entendre au niveau de toutes les grosses artères. Tantôt ils sont perçus dans le voisinage du cœur (aorte, carotides), comme une extension des souffles qui se produisent au niveau des orifices de cet organe ( F. Souffles); tantôt le souffle est indépendant d'une lésion valvulaire du cœur, et il est alors généralisé dans toutes les artères. Ceci arrive dans les cas d'anémie ou de chlorose par suite de l'altération du sang, et saiîs que les conditions physiques du phénomène

'^22 VÉGÉTATIONS. YEINEUX (aPPAREIL) .

aient été bien précisées. On sait seuletiient que la production des bruits artériels est favorisée par une impulsion plus rapide du sang et par la tension longiUidinale des artères. Le souffle localisé est dû au rétrécissement d'une arlère, à son obturation incomplète, à sa compression, à l'existence de plaques crétacées dans son intérieur, à un anévrysme, et, dans le cas où le bruit anomal est continu (bruissement), à un anévrysme variqueux (anévrysme artérioso-veineux) .

Les bruits veineux sont continus. On en distingue plusieurs variétés : souffle plus ou moins fort, uniforme, et devenant souvent musical lorsque la circulation s'accélère, souffle à double courant ou à renforcement, analogue au bruit du jouet appelé diable (bruit de diable de M. Bouillaud); sifflement modulé ou imitant le vent de bise, ou un bruit musical auquel on a donné aussi le nom de bruit de piaulement, et de chant des artères, quoiqu'il soit généralement admis que ces différents bruits se produisent dans les veines (Hope, Aran,Barth et Roger, Momicret). Au niveau de la jugulaire, en effet, où l'on perçoit presque exclusivement les bruits veineux, ils cessent dès que l'on comprime la veine avec le stétlioscope, ou au-dessus avec le doigt, de manière à interrompre la circulation du sang dans son intérieur, ce qui n'empêche pas la circulation de continuer dans l'artère carotide, et le bruit carotidien intermittent d'être perçu. Ces bruits veineux sont des signes d'anémie et de chlorose plus avancés que les bruits artériels. Un souffle doux a été signalé au niveau des veines superficielles de l'abdomen dilatées, comme signe de cirrhose, par M. Sappey (F. p. 187). MM. Bouillaud et Potain ont constaté aussi un bruit musical au niveau de la partie inférieure du sternum dans la même maladie [Ibid.). Mais ces signes sont exceptionnels.

Le souffle utérin que l'on constate au niveau de l'utérus pendant la gestation (F. p. 916), et moins fréquemment au niveau de tumeurs de l'utérus, de Tovaire, etc., est un souffle vasculaire artériel. Plusieurs auteurs, et entre autres MM. Ollivry, Cazenave, de Lens, Lacroix, Monod, Carrière, ont pensé que ce bruit se passait au niveau de l'insertion du placenta, et l'ont dénommé souffle placentaire. Mais M. Dubois n'adopte pas cette manière de voir, non plus que M. Depaul qui, dans son Traité d'auscultation obstétricale, a fait connaître des faits contradictoires qui l'ont porté à admettre une opinion contraire. Pour lui, la seule condition nécessaire à la production du souffle, c est le développement assez considérable de vaisseaux artériels en communication avec la circulation générale.

VÉGÉTATIONS. — On a donné ce nom à des excroissances diverses qui surviennent à la surface des muqueuses ou de certaines plaies, et dont le diagnostic ne saurait être précisé que par le toucher et surtout par la vue. Le laryngoscope peut les faire constater dans le larynx, où elles sont une cause d'asphyxie lente.

Toute l'importance du diagnostic pour les végétations des parties génitales, se résume dans la distinction de leur nature syphilitique ou non syphilitique. Les végétations syphilitiques, sous des formes diverses (F. p. 846), coïncident ordinairement avec d'autres symptômes secondaires. Sans admettre qu'une simple leucorrhée puisse produire des végétations non syphilitiques chez la femme , on ne doit pas oublier que la grossesse en est quelquefois l'origine (F. p. 4-21). Le chancre végétant (F. p. 902) donne également lieu à des végétations vives qui seront facilement rapportées à leur cause, en raison de la marche et du développement des accidents locaux.

VEINES, VEINEUX (Appareil). — La veine cave supérieure, la veine

VENINS. 923 cave inférieure, et la veine porte, constituent les trois grands centres ou aboutissants de la circulation veineuse.

Les maladies des veines dont le médecin doit tenir compte, sont la phlébite, les CONCRÉTIONS SANGUINES indépendantes de l'inflammation (F. Embolies), certaines VARICES, les communications anomales des troncs veineux avec les artères (anévbysmes artérioso -veineux^ p. 70), les compressions diverses des troncs veineux par des tumeurs, et en outre, pour la veine porte, Y iiwperméabililé du foie atteint de cirrhose.

Ces lésions se manifestent par des signes directs qui sont peu nombreux, si Ton fait abstraction de la douleur et des symptômes fonctionnels qui peuvent exister dans la phlébite, ou des signes fournis par les affections qui se compliquent des accidents veineux. Les signes propres à ces accidents sont principalement ceux que produit la gêne ou l'interruption de la circulation veineuse. Ces signes sont locaux €t comprennent la distension des veines apparentes, la cowgesïiorz par stase sanguine, elVœdème. On doit joindre à ces données diagnostiques la sensation d'un cordon résistant et douloureux que donne la palpation d'une veine superficiellement placée et oblitérée par une concrétion sanguine, et enfin, comme signe accessoire mais très-grave de ces concrétions veineuses, la rupture du caillot et le transport rapidement mortel du fragment détaché dans les divisions de l'artère pulmonaire (F. Embolies veineuses).

Ces différents symptômes varient suivant le siège de l'oblitération ou des obstacles au retour du sang veineux, car ils occupent la zone plus ou moins étendue des veines qui se rendent dans la branche ou dans le tronc veineux où siège l'obstacle. C'est ainsi que l'œdème et la stase du sang veineux peuvent se trouver limités à l'extrémité d'un membre, ou à un membre tout entier; que la moitié supérieure ilu corps est atteinte si la circulation est gênée dans la veine cave supérieure (F. p. 605), la moitié inférieure si c'est la veine cave inférieure; et qu'il y a œdème général ou anasarque si l'obstacle occupe les orifices du coeur droit, les poumons, ou les orifices des cavités gauches. La distension des veines jugulaires €st alors remarquable, et il s'y joint quelquefois des battements pseudo-artériels (pouls veineux). Ces battements peuvent n'être qu'apparents et dus au soulèvement de la Yeine par les battements de la carotide, ou bien ils se passent réellement dans les jugulaires et dépendent de l'impulsion en recul que reçoit le sang veineux, par suite, soit d'une insuffisance auricalo-ventriculaire droite, soit d'une communication accidentelle de l'aorte avec la veine cave supérieure (anévrysme variqueux). Enfin, l'œdème est remplacé par l'ascite, et la stase veineuse par la distension des veines superficielles de l'abdomen, si l'obstacle occupe la veine porte (F. Cirrhose et Phlébite, p. 707). La distension des veines de l'abdomen est aussi un très-bon signe du carreau chez les enfants.

VENINS. — Les animaux qui ont été appelés toxicozoaires en raison de l'action de leur venin sur l'homme (F. Moquin-Tandon : Éléments de zoologie médicale) tantôt agissent localement, et tantôt produisent des accidents généraux graves, ou une mort plus ou moins rapide.

Le diagnostic ressort le plus souvent de la connaissance même de la cause qui a produit les phénomènes toxiques. Lorsque les effets du venin sont locaux, et se bornent à une irritation locale avec ou sans gonflement, ils ont généralement peu d'importance. Tels sont ceux qui sont produits par les araignées, les tarentules, les

924 VENTEUSES. VERTIGES.

scolopendres, Vornithoirynque, les scorpions, ]es abeilles, kshourdonset \es guêpes. Plusieurs de ces animaux ont donné lieu à des fables recueillies parle vulgaire, et on a attribué à leur venin des effets graves. Tls ne le sont véritablenrient que dans des cas exceptionnels, soit dans certaines régions méridionales comme pour le scorpion par exemple, soit pour certaines espèces qui peuvent occasionner la mort dans nos contrées par la multiplicité des effets toxiques, comme on l'a vuerésulter de piqûres d'un essaim d'abeilles sur un même individu.

Les accidents les plus graves sont dus à la morsure des serpents à crochets. Or trouve ces accidents parfaitement décrits dans le savant ouvrage de notre excellent confrère, M. le docteur Rufz, sur le serpent de la Martinique (1860). Ces accidente sont variables et plus ou moins rapides. Une douleur vive, cuisante, s'étendant immédiatement à tout le membre qui a été mordu, son gonflement et son refroidissement plus ou moins rapides, sa teinte livide, les phlyctènes qui s'y développent, un malaise indéfinissable, des nausées, des vomissements, des étourdissements, puis de la somnolence et un coma qui peut aller jusqu'à la mort,, ou bien des syncopes fréquentes et des sueurs froides et visqueuses qui la précèdent : tels sont les phénomènes qui s'observent dans un grand nombre de cas. D'autres fois, le blessé succombe à un phlegmon diffus, à une congestion pulmonaire prise, dit M. Rufz, pour une pneumonie par certains observateurs. Enfin la mort peut encore être produite par les accidents primitifs se développant tardivement quelques jours après la morsure, alors que le blessé se croit hors de tout danger.

Mais tous les cas de morsure ne sont pas suivis de mort. La guérison peut avoir lieu après des sueurs copieuses survenant le second ou le troisième jour, ou plus tard. Cependant la guérison n'est pas constamment complète, et il n'est pas sans intérêt de rappeler les accidents consécutifs que le médecin peut avoir alors à interpréter. M. Rufz nous apprend qu'il n'est pas rare de rencontrer des invalides de la piqûre du serpent, qui conservent, à la suite de phlegmons diffus, des nécroses, des trajets fistuleux, des ulcères dont la guérison est interminable, des cicatrices et des déformations hideuses, ou des gonflements œdémateux éléphantiasiques. Assez fréquemment pour que M. Rufz et plusieurs autres observateurs en aient vu chacun plusieurs exemples, on rencontre des amauroses temporaires ou persistantes, des hémiplégies GomTpletes ou des paralysies d'un seul membre. On a encore vu une hémicrânie rebelle, Vhypochondrie et un mutisme complet malgré la liberté entière des mouvements de la langue (Seisson, Rufz), être la suite d'une piqûre de serpent.

Ces particularités sont pour nous intéressantes à connaître, car elles permettent de remonter à la cause de phénomènes qui pourraient nous paraître inexplicables ou nous induire en erreur, si nous les constations chez des malades de ce genre veims d'outre-mer.

VENTEUSES (^Ial^idies). — F. Pneumatoses.

VERS INTESTINAUX. — V. Entozoaires.

VERTÉBRALE (Région). — F. Rachis.

VERTIGES. — Le vertii^e consiste en une sensation momentanée de tournoiementet, dans la station droite, dans un défaut d'équilibration qui fait que l'on cherche un point d'appui pour éviter une chute, qui a lieu quelquefois. Le vertige avec perte de connaissance caractérise une forme d'ÉPiLEPsiE. Mais en dehors de cette maladie, il a lieu avec conservation de la conscience individuelle, ainsi que l'a fait.

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