‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 25 sur 245 · ASPHYXIE · texte numérisé non relu

ASPHYXIE

plus haut et que je dois successivement examiner : l'asphyxie complète; les accidents précurseurs rapides; les accidents précurseurs se développant lentement et graduellement.

a, L'asphyxie proprement dite, l'asphyxie complète, est une mort apparente,

dans laquelle la sensibilité des parties supérieures du corps, et surtout celle de la pupille, est conservée, ainsi que la contractilité musculaire, du moins celle du cœur. C'est en cherchant à exciter cette sensibilité de l'œil, celle des narines ou de la peau par des titillations, des piqûres, des pincements, et, en cas d'insuccès, en promenant un fer rougi au feu sur la partie antérieure de la poitrine, que l'on provoque des mouvements qui démontrent que la mort n'est pas réelle. M. Faure, qui 1 recommande comme moyen de traitement les cautérisations, que je ne rappelle que comme moyen de diagnostic, insiste sur leur efficacité lorsque tous les autres excitants ne réveillent pas les forces vitales. |j Un second ordre de faits est celui dans lequel les phénomènes précurseurs de || l'asphyxie complète se développent rapidement. Ces phénomènes sont en nombre j d'autant moindre qu'ils se succèdent avec plus de rapidité; ils sont d'ailleurs très- | variables. Ce sont : un état de malaise avec oppression, des vertiges, delà pesan- : teur ou de la douleur de tête, des troubles de la vue, des tintements d'oreille, | parfois des convulsions, et enfin la perte de connaissance : tantôt avec anesthésie rapide des extrémités vers le centre, et perte de la motilité ; tantôt avec persistance | des mouvements respiratoires, gargouillements humides entendus à distance, face tantôt pâle et tantôt injectée, violacée, surtout à l'origine des muqueuses.

—-Lorsque l'asphijxie suit une marche plus lente, l'on observe plus au complet les phénomènes que je viens de rappeler. Les troubles respiratoires et circulatoires dominent ici pendant un temps plus ou moins long, et les troubles nerveux ne sont en quelque sorte qu'accessoires jusqu'à ce que l'asphyxie, se prononçant davantage, tende à devenir complète et à se terminer par la mort. C'est à cette forme d'asphyxie que se rapportent les descriptions que l'on trouve exposées dans la plupart des traités de pathologie : la dyspnée extrême, Voppression, Vagitation, Vanxiété, la bouffissure de la face, sa teiîite violacée, surtout à l'origine des muqueuses, les sugillations ,\e?, suffusions sanguines, les ecchymoses sur le corps, phénomènes qui ne sont que des effets secondaires de l'asphyxie, de même que l'engorgement du foie, celui des veines, et enfin celui des cavités droites du cœur, d'où résulterait la matité étendue constatée par la percussion au niveau de ces cavités.

Que l'on reconnaisse ou que l'on soupçonne seulement l'existence de l'asphyxie, la recherche de la cause des phénomènes observés est le point capital du diagnostic. La privation d'air, les gaz dits toxiques, et- les maladies internes, sont les causes qu'il faut rechercher, en ne perdant pas de vue que les deux premières produisent toujours des accidents ordinairement imprévus. — L'asphyxie par privation d'air, avec liberté des voies respiratoires, est ordinairement produite par une violence extérieure bien évidente, mais peut résulter, chez les nouveaux nés, de l'application trop serrée de langes autour du tronc (Tardieu) , cause à laquelle on peut ne pas songer d'abord. Il en est de même de la pénétration dans le larynx de corps étrangers dont on ne soupçonne pas la présence, comme, par exemple, chez des enfants qui craignent d'avouer le fait; l'instantanéité des accidents asphyxiques le fera le plus souvent soupçonner. Cela arrive encore pour les ivrognes, pour les paralytiques, surtout pour

ASrHÏXIE.

ceux qui sont aliénés, et chez lesquels les aliments oiU pénétré fortuitement dans h cavite laryngienne. La circonstance de l'invasion de l'asphyxie au moment du renas sans autre cause apparente, devra mettre le praticien sur la voie du diagnostic Ainsi que 1 a remarqué à ce propos Savary (Dict. des se. méd., t. II), la suffocation qui alors est parfois n.stantanée, peut aussi être lente; et, dans ce dernier cas, il 'survient de la toux, des convulsions, la face se colore, s'mjecle, devient livide, et les autres symptômes de I asphyxie surviennent.

Les phénomènes asphyxiques que produisent la yiciation de l'air dans des lieux confmes, ou le mélange à l air de gaz dits toxiques, sont ceux dont l'origine peu p us souvent être méconnue dans la pratique. Le séjour dans un lieu confiné, dans un p. ce close garnie de fleurs ou nouvellement peinte (à la térébenthine), m is «"1"^ paiement le séjour dans des chambres à coucher, dans lesquelles s'Lnuent™ ' due lement des vapeurs carboniques à travers les planchers, les plafonds ou les murî sont SUIVIS d accidents que l'on ne songe pas toujours à considérer comme aspt ! ques. C est ce qui arrive dans le cas de fdtration de gaz qui proviennent quelquefo s d une parùe tres-eloignée delà chambre, d'une poutre carbonisée sous un fover par exemple. Dans des circonstances de cette espèce, et en présence d'un indi;idu iiia nime ou en proie a des râles d'agonie, l'on peut croire à une syncope simpl à une rupture anevrysmale pendant le sommeil, à une congestion ou à une hLorrhagte cérébrales, à une maladie du cœur porlée à un lit degré. Mais i, Z dammen des caractères différentiels qui dépendent de ces divers états p £o giques, ,1 en est qi,e ques-nns qui mettent souvent sur la voie du diagnostic e' t par exemple, le malaise et bientôt la perte de connaissance qui peuvent t/eindre ks personnes qui pénètrent auprès des individus frappés; c'est enc'lrr ^ S ctmbte T^'^^^'T' ' V"'"' '"'■^'•"'^"^^ sont 'couchées d n s T mt;

^^i^-^rj^tini:^^ ret;i:;::;r^^

Les asphyxies symptomatiques dues à des causes internes et au\ .nnt lo i «enteset graduelle, sont très-nombreuses ettrès^r^^^^^^^^^ ne fera, que les indiquer très-sommairement, attendu qu'à propos de la cva.osf s^^w ^ fréquent d asphyxie, je les ai énumérées avec détail. Mais je dois f re bl fe

fa^t'lor r" '•'•^^P''^^''^ d'origine interne, la cyanose fa t dé

I rsque I asphyxie est rapide. C'est ce qui arrive dans l'asphyxie subitemen mor e q le peut determmer l'obstruction de l'artère pulmonaire par des cXt " n

de run "r vl Yrf T ''^'y"'^)' d'"" ™lent spasme de 1 .|o te

de la ruptuie d hyda ides ou d'abcès tuberculeux dans les bronches • dans tous L;

rompres:rrtdt T'^'T ""^ ^"'"'"^ dan-euToùT !

troduction de l'/r H,nt i - ■ "'"'^'''^ organique sérieux à l'in-

aval n aio t ou ; ^ans la circulation pulmonaire en

f il sseme "o ""T f""" '^^^''^'^^ g---- du cœur avec

allaibhssement piononce de l'organe (asystolie), de même que certaines altération

gg ASPHÏXIE.

profondes du sang (choléra, quelques empoiso.mements) ou certains troubles .raves de l'innervation paralysant ou convulsant les muscles mspn-ateurs : tel es sont en bloc et dans leur ensemble les conditions pathologiques qui peuvent être l orUe d'une asphyxie. La plupart d'entre elles ne la produisent que lorsque leur S sur les poumons et le cœur n'est pas très lente; car, dans ce dernier cas, 1 on neut être surpris de voir la respiration s'effectuer sans suffocation avec des poumons E par exernple, sont l'un et l'autre réduits à des parcelles de tissu fonctionnant, évidemment insuffisantes pour l'iiématose.

Le dem auquel sont arrivés les accidents est un point ken essentiel a fixer dans tous les cas d'asphyxie sans exception. 1» N'existe-t-d que les phenon^nes de la pre- S pérTode, qu ne sont pas encore l'asphyxie propremeiU dite? 2» Y a-t-d perte Te œnnaissan e! des mouvements, et d'une grande partie de la sensibihte avec conservXn des m uvements respiratoires et du cœur? 3» Se jomt-d a ces symptômes de tot de mouvements respiratoires, mais avec des contractions cardiaques manifestas à l'auscultation, quoique de plus en plus lentes^ 4» Enfin y a-t-il même absence compl te de ces coitoctions^ Telle est la série de questions qu'il faut se poser. 11 vTdes formes d'asphyxie qui se montrent toujours avec le même degré telle que J'asfhyxie des nouveau-nés, qui affecte les caractères de la mort apparente, et qui n'f^ct Tins line simple svncope, comme on l'a dit.

tî^ZZmplicatJs:ii en est de passagères, comme le délire funeux m survint chez les noyés ou les pendus rappelés à la vie. et d autres plus durab s ommelesparafysiL consécutives d'un ou de plusieurs membres, sur lesquelles M H Bourdon a publiéune thèse intéressante (\ 845) relative a la paralysie consecu- L à l'asphyxie par le charbon. M. Leudet en a publié une remarquable observation d ns es deniiers temps {Arch. de méd.; 1858, t. IX, p. 476). Il ne laut pas perdre de vue les faits de cette espèce, qui dépendent d'une lenteur extrême dans le retour des fonctions locomotrices. , .

T Pronostic - Le pronostic de l'asphyxie sera nécessairement tres-variable suivant une foule de circonstances : l'intensité ou la durée de la cause, cette cause Plie-même les phénomènes plus ou moins avancés qui caractérisent 1 asphyxie, les accidents qui lui succèdent; et surtout suivant sa durée, lorsque la mort est apparente Dans ce dernier cas, il ne faut pas cependant se hâter de porter un pronostic toi iusqu'à ce que la contracture ou même la putréfaction cadavérique, dans cern «,s aient annoncé la mort réelle; c.r jusque-là l'on doit tout faire pour s as- ÏÏrer si le patient n'est qu'en état de mort apparente, et non réelle, en recherchant avec grand soin, et surtout par l'auscultation du cœur e moindre tress lUeme^t de cet organe, et le plus léger mouvement respiratoire II peu arriver qu av e rme améliorati n d s plus marquées la mort survienne rapidement ou subitemen^^ Tus q^il soit possible de se l'expliquer. Le fait ayant été maintes fois observe possibilité ne saurait être mise en doute, ni par conséquent être négligée dans le

'^TaTvu à l'Hôtel-Dieu un malade qui se trouvait hors ,1e .langer d'une asphyxie nar le charbon, et qui, dès le début de sa convalescence, présenta une urine conle- Tn une telle quantité de carbonates, que le mélange d'une petite quantité d ac.de olTe y déterminait une effervescence qui débordait hors du verre contenant 1 uruie En est- I toujours ainsi en pareil cas. et l'urine est-elle une voie habituelle pai ou

ASTHME. grj

s'élimine le carbone en excès dans le sang ? C'est ce que je n'ai pas eu occasion de constater de nouveau.

ASSOUPISSEMENT. - V. Somnolence

ASTHÉNIE. — V. Adïnamie.

ASTHME. - Les anciens auteurs comprenaient sous cette dénomination tantôt toute espèce de dyspnée, tantôt la dyspnée survenant par accès. Cette dernière mamere de voir a généralement prévalu. Cullen définit l'asthme : une difficulté de resp,rer survenant par mlervalles, avec sentiment d'oppressiou, respiration siffl nte toux diflGcle ou nulle au début de l'accès, et suivie, vers la fin d 'expectora t on muqueuse souvent abondante. Ce dernier caractère spécialise le ge, rel S" intermittente pour lequel on doit rése,-ver le mot asthme. Toutefois, ainsi limT H n en a pas moins une signification complexe, dévoilée en grande partie par l'ana'to mie pathologique, qui en a s.gnalé le point de départ le pins fréquent dans des ffl tions diverses du cœur des gros vaisseaux ou des organes resiratoires

Mais 1 on est loin d elre d'accord sur la signification des lésions trouvées dans les derniers de ces organes che. es, sujets asthmatiques. Pour un grand nombre d b e ! vat nrs, 1 emphysème vesicnlaire du poumon est la lésion aulmique essentiell de l asUrme des anciens : telle est l'opinion de Laennec et de M. Louis, qnT bien

7S7l'7ZT''\ '-Société meddobs.,t 1 . Pour d autres observateurs, au contraire, avec M Beau

T'i^Tir^ théorie particulière de l'asthme (Traité clM,u; d'au JutaZl p. 126) 1 emphysème pulmonaire serait un fait transitoire, apparaissant avec l'at aque et disparaissant avec elle, les accès d'asthme étant procLits par L pr& nce dan les bronches de ™cosités épaisses y déterminant les signes peLs aHi a^^ du Uiorax au moment de l'attaque, attaque qui se termine par l'expulsion de ces matières plus ou moins concrètes. Enfin d'autres patholo"istes admetipC!! i anciens un asthme essentiel, inconnu dans sa nLre S, m^ 2 ~ dere comme occasionné par le spasme intermittent des bronches. Ce S pas t

Î^eattCdruiS

est d'être basé sur le spasme bronchiJiTrL:! r^./.ïï ^

les bron hr'de m?l^ P'"' P'""™'' ''"^ '""^^'i''" P^alable dans

contractio, s sp lî uef d condr"'"^ P-' docteur Lefevre SH We a n>n ■ , P'"" P"'^

.o,Z \ 7 ^ ' P°"^ «cherches encore inédites

98 ASTHME THYMIQUE. ATAME.

nu» les accès d'asthme sont dus à mie congestion pulmonaire, on considérera la Question comme un problème qui n'est pas encore résolu.

Il me semble résulter de ce rapide exi osé qu'à l'emphysème pulmonaire tel que l'a décrit M Louis se rattachent sans conteste, soit directement, so.t indirectement, les phénomènes chroniques que présentent la poitrine et les organes respn^ to res des asthmatiques (V. Emphysème pulmonaiee), et que, dans 1 état actuel le nos connaissances, l'asthme, considéré au point de vue dn diagnostic nest qu nn Symptôme consistant en des accès particuliers de dyspnée, tels que je les a. rappelés plus haut, accès dont il s'agit, pour le praticien, de déterminer autant que possible les conditions pathologiques et la signification. V. Dyspnée

ASTHME THYMIQUE — Cette affection, considérée d abord comme essentiellement liée à l'hypertrophie du thymus par les Allemands, est généralement envisagée en France comme n'étant autre chose que le spasme de la glotte, dépendant lui-même de Védamfsie des enfants, ainsi que les auteurs modernes, et Vallei" en particulier, l'ont démontré. Néanmoins M. Ern. Barthez, ton en adoptant cette manière de voir pour les enfants âgés de six mois à deux ans (époque de a première dentition), n'est pas tout à fait convaincu que l'asthme thymique n ex.s pa chez les nouveau-nés. Il résulterait de la compression exercée au niveau de la partie supérieure du thorax par le thymus, et ses signes varieraient suivant organe îu equel porterait de préférence cette compression [Soc. m rf. des hoint.- avn 1853) Mais cette question n'est que posée sans être démontrée, car M. Barthez ne l'a basée sur aucmie constatation cadavérique. ASYMÉTRIE. — V. Conformation.

ASYSTOIjIE. — y. CcEOR. , ,. . ,

ATAXIE - La description des fièvres ataxiques des anciens s applique a tonte makdie fébrile avec symptômes graves prédominants du côté du système nerveux rco~nt principaLent Agitation générale, ..eo mouvements

léZ2nnés, sLreLts des tendons, conmdsions. De nos jours, on dénomme très-raremen ataxiques les affections graves qui présentent ces phénomènes nerveux lu l"n doit consWérer comme caractères accessoires des maladies, a moins tontefois qu ils ne constituent un groupe de symptômes se raltachan directement a ™^ affectn encénhalique, comme au ramollissement cérébral dit ataxique (D rand Fa dTc'est dansîe cours des fièvres graves, principalement de U f^evre t^y^Me d ns nos contrées, dans les ^vres éruptives compliquées, dans certaines pW.gmasies de mauvais Caractère (pneumonies, dyssenterie intense des enfan , iius rhumatisme artiadaire, etc., que l'on rencontre l'atax.e comme complication. Elle donne au pronostic une extrême gravité.

M DnLnne (de Boulogne) a récemment appliqué la dénomma ion comp exe

.lllocomotL progressive à une -^f^f^'^''^^:ZZ^e décrite selon lui, et qui aurait pour caractères fondamentaux 1 aMitlon p) ogi essive tTÙdinatlon Is nouvLnts avec paraUjsie '^^^1^^^^. Vintégritê de la force musculaire (Arch. de mcd.; ^^^l^l^.^.^f'l^^ cet ingénieux observateur pèche malheureusement par une omission capitale . ce le Te a Constatation anatomijuc des centres nerveux et notamment 'J" de ce dernier organe, eu effet, considéré par M. Flourens, par M. Bouil aud, comme ÏiriaLordin:dioudesn,ouvementsvoto^^^

Page 1