‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 26 sur 245 · ATROPHIE · texte numérisé non relu

ATROPHIE

dans cette circonstance. Et c'est précisément sur celte lacune que s'est fondé récemment M. Bouillaud (Mémoire de M. Aug. Voisin, Union méd., 1859, t. II) pour établir que l'ataxie locomotrice de M. Duchenne n était qu'un ensemble de symptôm e liés à une affection du cervelet. La question de l'ataxie locomotrice progressive de M. Duchenne est donc encore à l'état de problème à résoudre. La solution en est d'autant plus désirable que M. Duchenne a signalé au début de la maladie des paralysies oculaires (chute de la paupière, strabisme) et des douleurs fulgurantes et erratiques, sur la valeur desquelles il serait essentiel d'être éclairé.

ATROPHIE. — On a compris sous cette dénomination des altérations d'organes trop diverses pour qu elle exprime autre chose, comme lésion générale appréciable pendant la vie, qu'une diminution de volume plus ou moins considérable soit des parties externes, soit des organes internes. '

k. — Vatrophie des parties extérieures, qui est sensible à la vue, a été observée dans des régions plus ou moins étendues, et le fait de la diminution de leur volume, qui se rattache à des conditions pathologiques diverses, sert assez souvent dans la pratique, de point de départ au diagnostic. L'atrophie générale et uniforme des deux membres d'un côté du corps, jointe à un état paralytique, fait immédiatement soupçonner une hémorrhagie cérébrale ancienne. L'atrophie qui atteint irréguherement un plus ou moins grand nombre de parties tient à V atrophie musculaire si la peau est intacte à leur niveau, et si la palpation sent que les muscles correspondants sont évidemment très-réduits de volume (F. Atrophie musculaire) On peut observer aussi à la face des atrophies qui dépendent de plusieurs causes.* Sans que la peau soit altérée, l'un des côtés de la face peut être atrophié dans le torticolis, et rester tel après sa guérison; M. Bouvier, qui a publié un intéressant mémoire sur ces inégalités des deux côtés de la face {Bulletin de VAcad. de méd 1852, t. XVII, pag. 667), en a attribué l'atrophie unilatérale à l'insuffisance de nutrition, due à la compression des vaisseaux du côté de l'inflexion de la tête, côté qui est précisément aussi celui qui est atteint par l'atrophie. Après avoir été hypertrophiée par^ une scrofulide (lupus), la face subit une atrophie irrégulière, dont l'aspect seul suffit pour révéler l'affection cutanée qui en est l'origine. Il n'en est pas de même pour une certaine atrophie unilatérale de la face, qui est assez singulière, et qui a été observée par M. William Moore, chez un jeune homme de dix-neuf ans. Des taches, qui s'étaient agrandies successivement en se creusant, et au niveau desquelles la sensibilité était exaltée, se montrèrent à des intervalles éloignés sur le côté gauche du visage, au menton, sur le front, les joues et au-dessous de la mâchoire. L'atrophie paraissait concentrée sur les points oii se distribue le nerf facial (Dublin Quart journ.,m^). ^ ^•

^ On pourrait rencontrer, suivant le docteur Romberg, des atrophies sans aucune lésion apparente des organes internes et externes autres que l'atrophie, soit de l'un des côtés de la face, dune moitié latérale du thorax, soit même de toute une moitié du corps, ainsi que Parry en avait publié précédemment un exemple ; les docteurs Hueter et Axman auraient recueilli des faits confirmatifs. On se prend à douter, en présence des faits publiés de ce genre, d'un examen suffisant des organes après la mort, soit des centres nerveux et des nerfs, soit des vaisseaux nourriciers ou des muscles des parties atrophiées. On doit donc, avec le docteur Lasègue qui â fait connaître ces travaux {Arch. de méd.; 1852, t. XXIX, p. 71), laisser à l'ingé-

ATROPHIE ML'SClILMIiE PROGIÎESSIVE.

nieux professeur de Berlin tout le mérite, mais aussi toute la responsabilité scientifiaue de ces faits nouveaux. , . , ,

On a signalé encore des atrophies plus limitées : celle des tissus du pharynx, qm a pour résultat l'élargissement de la gorge, dans la pharyngite granuleuse (Green), et ratronhie singulière des testicules signalée par Mutel comme conséquence de l'empoisonnement par des viandes avariées dont on a contmué longtemps 1 usage T-Quanlàl'a'r.pW.teor0«n.. m™, elle nepeut être appréciée pendant

la vie comme leur hypertrophie, qu'à l'aide des moyens d'exploration qm permetent de préciser les limites et par conséquent le volume de ces organes. Seulement , Ist beaucoup plus difficile en général de constater la dimmutmn de volnmequi constitue Lt atroplL que l'augmentation d'où résulte leur hypertrophie. C est ce qui a lien T^niir 1p rœur, le foie, et surtout pour la rate.

^ Pour le c««r, on a bien noté comme signes d'atrophie, en outre de 1 absence ou de la lim talion de la matité précordiale, signe d'ailleurs tres-prohlematique la fai- Se eÏsbattementsetdesbrmts,etlapeti

a i, istlé au contraire sur des palpitations assez fortes qui existeraient en pareil cas, ce : s'acrrde guère avec les signes précédents. Il n'y a donc là rien qui ne puisse së renc Xer dans une foule d'autres circonstances. Le professeur Albert de Bonn, a s ^nalé 1857) des symptômes en apparence plus caractéristiques : dyspnée au débul ti at mi insomnie, toux légère, respiration suspirieuse, battements du cœur c mme k^ertai is, sentiment de frémissement pour le malade a la région precordlTe où a main appliquée ne sent pas les battements du cœur, et ou le stéthoscope les fait percevoir très-faiblement; pouls insensible pendant les accès, puis offrant une fréquence de 120 à 140 pulsations [Wochenschrift fiir dte Gesammte Hedtei 836 L ne sais si cet ensemble de phénomènes, considères par 1 auteur „ dépendant d'une atrophie simple du cœur a é'é - - «puis.

Page 1