‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 31 sur 245 · H2 BASSIN · texte numérisé non relu

H2 BASSIN

le diagnostic doit revendiquer une foule de notions pratiques très-intéressantes, qui résultent de la contiguité des organes qui y sont contenus.

Le réservoir de l'urine s'ouvrant à l'extérieur par l'intermédiaire de l'urètre; la fin du gros intestin se terminant par l'anus ; et, comme organe intermédiaire chez la femme l'utérus, quj communique au dehors par le vagin, et qui se rattache latéralement aux ovaires par les trompes et les ligaments larges ; le péritoine, dont les replis interposés transversalement forment des espèces de culs-de-sac à la cavité péritonéale, et enfin, au-dessous du péritoine, un tissu cellulaire assez lâche, et des | plexus nerveux : tel est l'ensemble des principaux organes contenus dans la cavité | du bassin, et qui sont le siège de signes nombreux et de maladies locales très-di- !

verses. ^ ^ j

Les organes contenus dans le bassin peuvent d'abord, en se déplaçant ou se développant, envahir en haut la cavité abdominale. La vessie, lorsqu'elle est distendue par l'urine, l'utérus, lorsqu'il acquiert un volume assez considérable par une cause jj pathologique, une grossesse extrautérine dans les dépendances de la matrice, le dé- ;| veloppement de l'ovaire, celui des tumeurs dont ces différents organes sont le siège, i et enfin les tumeurs sanguines ou inflammatoires périutérines, se portent de préfé- | rence vers l'abdomen, oii leur ampliation se fait avec plus de facilité, la cavité du | bassin étant en quelque sorte ouverte et même évasée de ce côté. — Dans l'intérieur | du bassin, les organes subissent aussi des changements de position et de direction | qui peuvent à eux seuls, pour l'utérus, par exemple, constituer des affections parti- | culières (déviations utérines), mais qui souvent sont le résultat de refoulements et \ de pressions qui s'expliquent par des lésions voisines. Les déplacements d'organes, les tumeurs de l'intérieur du bassin, peuvent aussi venir faire saillie vei-s les ouver- | tures ou les conduits naturels, et surtout vers le vagin.

> Les douleurs occupant les organes contenus dans le bassin, les symptômes fonc- | tionnels qui peuvent s'y remarquer, les excrétions auxquelles l'urètre, le vagin et le rectum donnent passage, varient suivant l'organe malade, si la maladie est lo- j cale; mais ils peuvent aussi dépendre d'une affection générale ou éloignée.

Les moyens d'exploration des organes contenus dans le bassin sont nombreux, i Dans la région sus-pubienne, que les organes intra- pelviens peuvent accidentellement | envahir, on utilise Vinspection, hpalpation ou pression, la percussion, et parfois [ V auscultation (V. Hypogastre). Pour explorer plus profondément les organes, on | ne peut y arriver que par les conduits naturels qui s'ouvrent inférieurement, et qui ! sont l'urètre, le vagin, le rectum. Les deux derniers permettent seuls l'introduction du doigt (toucher), ou d'un spéculum, qui est plus particuhèrement employé pour le vagin. Le spéculum ne permet pas d'explorer au delà des parois vaginales et du col utérin; il en est de même du toucher. Mais la sonde utérine va plus loin, puisqu'elle peut pénétrer jusqu'au fond de la cavité utérine. La soîide vésica le est aussi | le seul moyen qui permette d'explorer l'intérieur de la vessie. | Il est quelquefois nécessaire de combiner plusieurs de ces procédés en les em- i ployant simultanément : i° le toucher vaginal ou rectal et la pression sus-pubienne; 2° les deux touchers vaginal et rectal; 5° le cathétérisme vésical et le toucher parle rectum ou le vagin; 4° l'emploi du spéculum vaginal et de la sonde utérine.

On utihse l'ensemble des données de diagnostic qui viennent d'être simpleii;ent indiquées, pour arriver à localiser la lésion dans tel ou tel organe contenu dans le

BATTEMENTS. BÉRIBÉRI. 113

bassin. Quelle que soit cependant la précision des moyens explorateurs mis en usage de nos jours, il n'est pas toujours possible de déterminer le siège anatomique cherché. Cela est surtout vi ai pour les parties situées au delà de la zone qu'il est possible

I d'atteindre directement ou indirectement dans l'exploration, et qu'on ne peut ni voir, ni toucher, ni sonder. Dans certaines circonstances même, où cette investigation est aisée, il est parfois difficile de décider si un épanchemeiit ou une tumeur

\ occupent l'un ou l'autre organe, l'un ou l'autre tissu. C'est ce qui arrive pour leur localisation dans le ligament large ou l'ovaire, dans la cavité du péritoine ou le tissu cellulaire sous-séreux, etc. On peut dire qu'en général le bassin praticipe de l'abdomen pour les difficultés diagnostiques, qui résultent de la multiplicité des organes qui y sont contigus.

BATTEMENTS. — Les pulsations ou battements sensibles à la palpation au [ niveau du cœur ou des principaux troncs artériels, dans l'état sain, sont quelquefois visibles chez les individus très-maigres. L'exagération de ces battements du cœur ou des artères n'est pas très-rare dans les maladies, et c'est un signe qui, localisé dans une région, fait trop fréquemment croire à l'existence d'un anévrysme. En outre de j ces battements vasctilaires, rhythmiques comme les battements de l'organe ceni tral de la circulation, il peut en exister d'irréguliers dans les muscles volontaires. Ils sont constitués par des contractions apparentes et partielles des fibres musculaires. De plus, il y a des battements qui donnent à certaines douleurs un caractère pulsatif, et d'autres qui, sans être douloureux, annoncent quelquefois la suppuration d'une inflammation locale (F. Convulsions fibriliaires, Pouls, Pulsations) .

BAVE. — y. ÉCUME.

BÉRIBÉRI. — Cette affection de l'Inde a été superficiellement étudier; aussi est-elle mal connue. On sait seulement qu'elle consiste en une anasarque plus ou moins rapide, avec douleur, engourdissement, roideur des extrémités inférieures, lenteur et difficulté des mouvements, dyspnée, sentiment d'oppression et de constriction à la base du sternum ; ce dernier symptôme fait des progrès, la dyspnée devient extrême, il survient de Vorthopnée, des palpitations, des syncopes, de V anxiété, de l'agitation, un malaise insupportable; h pouls, d'abord fréquent, devient irrégulier, intermittent, la peau livide; l'urine est rare, très-colorée, rouge ou brunâtre, la miction difficile et parfois même impossible par suite de la paralysie de la vessie. Des convulsions dans les muscles du tronc, des vomissements fréquents, le refroidissement des extrémités et la faiblesse du pouls, précèdent la mort. Celle-ci a lieu par suffocation, après quelques semaines, un mois au plus de durée, et plus rarement en quelques heures ou quelques jours.

Cette maladie, observée par les médecins militaires anglais, a-t-elle ou non quelque analogie avec la maladie de Bright? C'est ce qu'il est impossible d'établir d'après les descriptions qui en ont été faites. La congestion prononcée de tous les viscères parenchymateux notée après la mort, et l'état des urines que j'ai indiquée, font soupçonner au moins l'existence d une forte congestion rénale. Quoi qu'il en I soit, le diagnostic du béribéri ne saurait présenter de difficulté sur les lieux mêmes 1 où on l'observe, puisqu'il paraît se concentrer sur le littoral compris entre Ma- I dras et Grandjam, sans pénétrer au delà de quarante milles dans les terres, et en se montrant surtout redoutable dans l'île de Ceylan et sur la côte de Malabar.

VVOILLEZ, D. D. g

Doit-on avec les auteurs du Compendium de médecine, considérer l'affectio.» désignée sous le mmàe barbiers en Angleterre comme «n bénber. çhron.quej ce qu'il paraît difficile d'admettre saa. plus ample mformé. L on es plus dispose à penser avec M. Marshall, qu'.l s'agit de deux maladies dilférentes le barb.ers étant une ffec ion plus lente, caractérisée par des troubles delà motd.t des membres "nfériems (foirmillements, engourdissement, tremblement, faiblesse) et parlois des membres supérieurs, troubles paralytiques auxquels se joignent b.entot :Upara- Insiedes extenseurs et la perte du sentiment dans les membres, qui restent fleUi s, du refroidissement, des troMes digestifs, un amaigrissement rap.de avec «d^ nam e profonde, la perte de la voix, et un affaiblissement avec .rregulante du loi ■ enfin la mort arrive après plusieurs mois. On voit combien cet ensemble de svmptômes diffère de ceux du béribéri proprement dit.

BILE - Je n'ai pas à examiner ici le rôle que joue la bile dans les maladies, rôle auquel les médecins anciens attachaient une importance hypothétique Iresexa^érél II est évident que, si l'on s'en tient aux vérités démontrées nous savons îrès-peu de choses sur l'influence palhogénique de la bile et même sur les altérations matérielles qu'elle pent subir. La concrétion de la bile en calculs, la coloration de la neau par la bile (ictère), et la présence de la bile dans les matières excrétées, sont les points que j'aurais à examiner, si je n'avais déjà traité les deux premiers dans des articles particuliers. 11 ne sera donc question ici que de la présence de la bile ou de ses éléments dans les liquides on dans les matières qm sont rejetees hors

de l'organisme. , . . . r m

i „ Caractères — La bile contenue dans les matières des vomissements est facilement reconnaissable à Vamertume qu'elle produit au moment de sou passage dans la bouche du malade, et à sa couleur, qui varie du jaune au vert-bou e.lle ou au noir au vert-pré, au vert-de-gris. Dans les dqec(io«. alvines, que la bile colore en brun dans l'état normal, les matières bilieuses liquides peuvent être predomman es et prendre une teinte verte ordinairement foncée, ou bien en moindre quan ite, donner une couleur jaunâtre aux déjections. L'absence de bile leur laisse la couleur du mastic de vitrier. Dans les crachats, on peut attribuer a tort a la bde une coloration jaune due à une petile quantité de matière colorante du sang (pneumome). Dms le doute, il faut traiter les crachats, préalablement délayes dans un peu d eau, par l'acide azotique, comme ou le fait pour l'urine que l'on soupçonne contemr de la bile Cette recherche de la bile dans l'urine est, en effet, tres-utile au diagnostic dans le cas, par exemple, où il existe une coloration utérique de la peau tellement douteuse que l'on ne saurait se prononcer. .

Dans ces différentes circonstances, l'acide azotique, ajoute goutte a goutte au liquide renfermant de la bile, fait prendre successivement, aux.,couclies inférieures, une couleur verte, bleue, rouge, jaune, par une addition de plus eu plus grande d'acide L'on peut obtenir successivement la superposition, en zones, de crs diverses colorations, la zone verte gagnant la partie supérieure, où elle est refoulée par les autres Cela s'explique par la densité de l'acide azotique, et par sa concent ation plus grande, vers le fond du tube qu'au-dessus. Lorsqu'un liquide contient une assez grande quantité de bile, il suffit d'y tremper un linge pour que ce Imge se colore en jaune. L'examen microscopique ne saurait être dune grande f^fV'^^! reconnaît e la présence de la bile dans les liquides. La constatation de la cboleste-

BlLIAIllES (voies). Jjg

rine, qui pourrait la déceler, se rencontre, en effet, dans une foule d'autres liquide, non bilieux, de l'économie (F. Dbine).

2» Conditions pathologiques. — Dans le cours d'un certain nombre de maladies la bde s'écoule avec excès dans l'intestin, sans que cetle bypersécrélion puisse s'expliquer dans son prmcipe. D'autres fois, au contraire, au lieu de s'écouler par ses voies naturelles, elle est entraînée en totalité ou en partie dans le torrent circulatoire" soit par suite d'obstacles mécaniques bien déterminés des voies biliaires, soit par des causes dont 1 action nous est mal connue. C'est à ia pénétration de la bile dans le sang que les anciens ont fait jouer un si grand rôle, si souvent usurpé, dans les maladies dites bilieuses, et que l'on a décrit, sous le nom de cholémie, une affection du sang résultant de ce mélange insolite. Mais la réalité de celte affection est loin d'être dans tous les cas, suffisamment justifiée. La bile, ou plutôt seulement sa m.tièrè colorante, ainsi entraînée, se montre sous la conjonctive et sous l'épiderme en leur donnant une couleur ictérique plus ou moins prononcée; d'un autre côté, l'urine cliarrie alors la madère colorante de cette bile déviée, qui se retrouve au«si dans différentes excrétions. Enfin l'on connaît mieux que pour tonte autre affection bileuse es phénomènes que produisent les concrétions ou calculs biliaires, surtout lorsqu ils émigrent vers l'intestin.

3° La signification de la présence de la bile sous la peau ou dans les matières excrétées est donc assez obscure dans son origine. Néanmoins, dans un bon nombre de cas il est assez facile de remonter à l'existence de l'affection qui en est le point de départ (F. B1UE.S. Fièvre], Ictèbe, Ubine). Mélangée au pusd'un abcès^plns ou 'Zr^^y-^'"''' ^"^ ^'^Se de la lésion e'xistant

lédfoî.î'^tf^^^ ~ «conduits biliaires, hépatique, cystique et cho-

ÎaTar^it nf""""",''"/ ''''""'"^ (vésicule), sont trop profondément situés, a a partie nferieure du foie, pour être accessibles, dans l'état sain, à l'exploration Mais 11 peut arriver que, par suite de lésions particulières des voies biliaires la vési' cule prenant un développement plus ou moins considérable vers l'abdomen et dé tordant les fausses côtes, vienne en quelque sorte s'offrir à l'exploration

1 Us maladies des voies biliaires sont assez nombreuses. Les calculs nuisent souven aten.s constituent la lésion locale la plus fréquente des voies b L> donnent lieu a la coeio.e hép.tioue, dans presque tous les cas où celle-ci se m^iit

de omit ' f'='""'"^''''■»'■•,':^^«^t = 1« -liq»e hépatique due à la pénétration de lombrics dans les conduits biliaires, l'inflammation de ces conduits celle de la

Hépatique, cholédoque ou cystique, et d'où résulte, dans les denx derniers cas et .surtout dans le cas d'oblitération dn canal cystique, l'uvor.oPisiE he i,. vÉsicL

2 Parmi es symptômes ou signes des affections des voies biliaires, il en est tels que des douleurs plus ou moins vives yers l'hypochondre droit, Victère, les vomissements, qui ne sont nullement pathognomoniques, pris isolément. Ces symptômes acquièrent de 1 importance par leur ensemble, leur succession et leur marche, mais surtout par leiir coïncidence avec d'autres signes particuliers d'une plus grande valeur, qui rendent très-probable, ou mettent hors de doute, l'existence des lésions

résulZT ^ vT: !■ '^'T'' = décoloration des matières fécales,

résultant de 1 obstrnction des voies biliaires qui ne donnent plus momentanément

Il g BILIEUSE (fièvre)

^assa^e à la bile; la présence, clans les excrétions intestinales de calculs UUmres; et nar-de<sus tout, le développement de la vésicuk vers 1 abdomen.

'S^ A la v&icule ainsi développée peuvent seulement s'appl.quer les moyens dexvloration physique. Ce développement de la vésicule peut constituer, en effet, une lénUeZ J lus ou moins étendue au-dessous du rebord des fausses cotes, sur le S d uue^erticale abaissée du mamelon, et ainsi deveu.r sens, le a la palpat.on et à d autres moyens explorateurs. - La palpation est quelquefois plus ou moins llureuse • elle fait percevoir, dans des cas exceptionnels, la sensation de colliston r Z ""'nltaut'les uns contre les autres, collision qui peut être entendue a ; ide du stéthoscope. Martin Solon a constaté le bruit de colhs.on en saisissant la veïcule d tendue, et en faisant faire au malade trois ou quatre efforts expulsifs en oTactan tÎe dia liragme {Bulletin de thérap.; avril im - U V~n Te me rdinairemeut de limiter la tumeur formée par la vésicule à 1 ai e de la «a- EÎ!l e fournit, et à laquelle se joint une sensation de résistance. Cette matite se onfL supérieur meut avec celle du foie, et sa limite mférieure, arrondie forme Te convoité inférieure qui peut, avec le temps, descendre jusque dans la fosse liaque" les cas de grand développement de la poche biliaire, ou peut y perce- Su„eV-ti- manifeste par la palpatiou et la percussion, et, U ^ -

Zn est rès-ancienne, il est quelquefois possible, par une large pression, de f ie eOuer e quide dans Viutestin, lorsque les conduits biliaires sont redevenus hbres. L'însertion de la tumeur sous les fausses côtes droites, et ses limites inférieures arrnnrllps; <;ont de très-bons caractères distinctifs. ^^

BILIEUSE (F.ÈV.E). - 11 est peu de questions aussi obscures que la distincfinf dt malafe fébriles des pays iiiLtropicaux. La puissance de la chaleur et de "lumiditTstts r uHs dunVvégétation luxuriante engendre à profusion dans ces c ntrées deTm asmes végétaux ou palustres qui ont été considérés comme la cause Ttou es k fZes qui y régnent. Fièvres intermittentes simples onpermaeuses, fplTs n miït -complexes, fièvres rémUtentes, continues on ' fièvrl dite réMiltente Ulieuse. fièvre icléri^^, Uvre jaune, toutes ont ete euMsao-ées comme des maladies de nature miasmatique.

\ fièvre dite bilieuse des pays intertropicaux, qui est une -'^J- ^^^^^ sedéga-e-t-elle de cet ensemble de pyrexies par des caractères suffisamm nt précis POU qu'on ne la considère pas comme une simple variété de ti vre palu eenne a IZZZ bilieux? Les avis des médecins qui ont observé dans ces c imats son plrt gt L'on peut dire, avec M. Dutrouleau, auteur d'intéressants mémoire sur cette affection (Arch. de méd., 1858, t. XII, et Annales ^ jjf , 5 241) qui n'est pasune question qui concerne cette maladie qui le sod cont.overs'ée Cependant elleLgéuérllementadmise comme espèce^

TSents du diagnostic. - Pour bien comprendre la symptomatologie de a fièvre Mirusë appelée aussi fièvre hiMeuse hématurique, accès permcteux^aun aœès kune dre jaune des acclimatés et des créoles, etc., et dont M. Dutrouleau a donné mie bo'nne description, il faut, avant tout, tenir compte de ses deux fermes principales : la fièvre bilieuse intermittente ou rémittente, et la fièvre bi-

'TZ^termittente ou rémUtente, qui s'observe plus ^on.^^Um^ que dans les autres climats, est quelquefois précédée de prodromes ou d accès simples

BILIEUSE (fié vue). 117

de fièvre paludéenne (Gélineau). Elle débute par le stade de frisson y pendant lequel se montrent les symptômes bilieux : Victère souvent très-prononcé, les vomissements, puis les selles bilieuses, composées d'un liquide jaune ou d'un vert d'arséniate de cuivre; les urines ayant la couleur caractéristique du vin de Malaga, ou même celle de l'encre, ce qui est dû à des quantités considérables de sang, qu'on isole par le repos et la décantation, ou bien à de la bile seule (Daullé). Pendant ce stade de frisson, le malade est inquiet, agité, sa face est presque cadavéreuse, et sa respiration saccadée et suspirieuse. — Avec le stade de chaleur, l'anxiété augmente, la réaction fébrile est considérable, et les excrétions deviennent plus douloureuses et plus colorées. — Enlîn le stade de sueur apparaît; la transpiration est abondante et colore les draps en jaune, d'après quelques observateurs; tous les symptômes de la fièvre, les vomissements et les selles cessent, les urines deviennent limpides, l'ictère seul persiste.

Après une courte apyrexie complète ou seulement une rémittence, il survient un second accès et rarement un troisième, qui sont très-fréquemment suivis de guérison. Mais il y a des cas plus graves, dans lesquels les phénomènes fébriles se prolongent, s'accompagnent de délire, de vomissements incessants, de pétéchies et de sudamina confluents, d'anxiété, de hoquet, de coma, de fréquence et de petitesse du pouls, suivis de mort du cinquième au septième jour.

Dans la forme continue de la fièvre bilieuse, plus particulière aux Antilles, et qui a reçu à la Pointe-à-Pître le nom de bilieuse hématurique, c'est par une période de fièvre inflammatoire, s'accompagnant d'ictère, que débute la maladie ; puis surviennent les 'phénomènes de Vétat bilieux, complets, mais moins accentués. La bde semble concentrer son action sur le sang, et déterminer des accidents plus graves à'hémorrhagie et d'ataxo-adynamie; on dirait d'un empoisonnement (Dutrouleau) .

Inductions diagnostiques. — Les caractères qui peuvent établir l'individualité pathologique de cette fièvre ne sont pas tellement précis qu'il soit toujours facile de djstmguer cette maladie des autres affections bilieuses, à moins qu elle ne se présente avec Tensemble de ses signes fondamentaux tels que je les ai exposés : fièvre a type intermittent, rémittent ou continu, avec abondance et couleur verte des vomissements et des selles, altération des urines, surtout lorsqu'elles sont sanglantes, ictère intense, troubles de la respiration, et gravité croissante pendant l'accès, s'il y a mtermittence.

Malgré le soin avec lequel M. Dutrouleau cherche à élucider la question, on est forcé de reconnaître tout ce qu'il y a encore d'indéterminé dans le diagnostic différentiel qu'il s'efforce d'établir entre la fièvre bilieuse grave et les maladies bilieuses autres que les fièvres, les fièvres à symptômes bilieux, la fièvre jaune, la fièvre rémittente ou grande endémique des pays chauds des médecins anglais ou américains.

D'abord, parmi les affections bilieuses autres que les fièvres, on peut admettre que les maladies locales ou localisées, et compliquées d'un état bilieux simple ou grave, comme la^ pneumonie, l'érysipèle, etc., se distingueront facilement de la fièvre biheuse endémique des contrées torrides. Mais en sera-t-il de même de Vhépatite fébrile et de V abcès du foie de ces mêmes contrées, de Victère grave, de la dyssenterie fébrile à forme bilieuse? C'est ce que l'on ne saurait dire encore, faute de documents suflisants, les données connues n'étant nullement concluantes.

118 BILIEUSE (fièvre).

M. Dutroiileau insiste sur la béîiignité des fièvres simple, paludéenne ou non paludéenne, avec symptômes bilieux, et propres à tous les climats, pour les distinguer de la fièvre bilieuse, dont le degré le plus simple est toujours plus grave. Mais est-ce bien là une distinction suflisante? Je ne le pense pas. Il me semble même que l'on doit, d'après la manière de voir de notre savant confrère, considérer fensemble de ces maladies, dans tous les pays, comme une seule espèce nosologique, avec des degrés variables d'intensité. De part et d'autre, en effet, l'on peut rencontrer les mêmes conditions essentielles de la lièvre bilieuse, suivant M. Dutrouleau : les influences paludiques et météoriques réunies.

L'incertitude est plus grande encore lorsque l'on compare à la fièvre jaune la fièvre bilieuse, et principalement sa forme continue, avec liémorrbagies et troubles cérébraux. Ce qui démontre celte incertitude, c'est que, pour exprimer le rapport qui existe entre les deux fièvres, on a considéré la fièvre bilieuse comme l'exagération de la fièvre jaune. Chacune, dit-on, a sa géographie et sa topographie propres; cela est vrai si l'on considère les cas nettement caractérisés de part et d'autre ; mais les faits intermédiaires échappent nécessairement à la distinction classique des deux maladies, et ce sont ces faits nombreux qui font douter le praticien et que les travaux connus n'élucident pas. Quelques observateurs disent avoir constaté dans la faevre bilieuse le véritable vomissement noir de la fièvre jaune. Mais je dois rappeler que la couleur de la bile pure peut prendre cette teinte trompeuse; l'on doit donc imiter M. Dutrouleau, qui dit avoir toujours eu le soin d'examiner la couleur que le liquide communique au linge. Jamais il n'a ainsi constaté la présence du sang dans les matières du vomissement. On a encore signalé comme caractère distmctif de la hevre bilieuse et de la fièvre jaune, que la première atteint les créoles, ce qm lui a tait donner le nom de fièv7-e jaune des acclimatés et des créoles, tandis que la seconde, îa vérit^ible fièvre jaune, n'attaque que les Européens. F. Jaune (fièvre).

Quant à la fièvre rémittente ou grande endémique des pays chauds des médecins anglais ou américains, elle est, comme la rémittente de nos médecms d'Algérie, une fièvre paludéenne complexe, parmi les variétés de laquelle se range la fièvre bilieuse, mais qui ne serait pas toujours la fièvre dite bilieuse.

Dans les foyers de fièvres endémiques, il sera cependant facile de reconnaître les fièvres bilieuses à type intermittent, rémittent ou continu, à f abondance et a la couleur verte des vomissements et des selles, à l'altération des urines, surtout lorsqu'elles sont sanglantes, à l'intensité de l'ictère, aux troubles de la respiration, et a la gravité croissante pendant l'accès s'il y a intermittence.

Ainsi, tandis qu'il sera ordinairement facile de reconnaître la fièvre bilieuse dans les foyers de fièvres endémiques des climats chauds, lorsqu'elle présentera l'ensemble de ces caractères, on rencontrera, dans le cas contraire, de sérieuses difficultés pour dégager la fièvre bilieuse des maladies variées qui ont des rapports ayec elle: grande lacune à combler par des observations rigoureuses, qui, jusqu'à présent, sont trop peu nombreuses pour la solution de ce difficile problème.

Quoiqu'il en soit, lorsque l'existence de la fièvre biheuse peut nettement être formulée, d'autres questions de diagnostic surgissent et restent à résoudre relativement à la forme, au degré d'intensité, aux lésions et aux complications de la maladie.

Le type intermittent, rémittent ou continu est d'autant plus essentiel a constater, que la forme intermittente offre ordinairement une bénignité qui contraste avec Ja

BILIEUX (État). — bleinnorrhagie. 119

gravité de la forme continue, dans laquelle ont élé senlemetit rencontrés les phénomènes dits ataxo-adynamiques. Cependant il faut tenir compte d'une circonstance aggravante qui peut se présenter, même dans la forme intermittente; ce sont les ré- \ cidives ordinairement de plus en plus graves qui surviennent par suite d'une résidence prolongée dans le pays où la maladie a été contractée, et qui se montrent même après qu'on l'a abandonné. — Quant aux lésioîis, tout en admettant que l'hépatite est fort distincte de la fièvre bilieuse, il n'en faut pas moins rechercher, autant que le permettent nos moyens d'investigation, si cet organe est lésé. Si l'on admet, avec M. Lebeau, que la vésicule et les conduits biliaires ont leur muqueuse enilammée, cet état local ne pourra-t-il pas donner lieu aux mêmes signes que certaines hépatites? C'est ce qui serait probable. Une question plus facile à décider au lit du malade est celle de l'augmentation du volume de la rate, qui serait notée, suivant M. Dutrouleau, dans toutes les descriptions, dans tous les faits particuliers connus, et qui démontre la nature paludéenne de la maladie. — Les complications sont très-peu nombreuses. M. Dutrouleau a rencontré dans un cas la suppuration de^ reins, et plusieurs fois une véritable cachexie bilieuse chez des sujets soumis depuis longtemps à des rechutes de fièvre bilieuse. Ils conservaient, dans l'intervalle des attaques, l'ictère, des mouvements fébriles irréguhers, une douleur sourde dans l'hypochondre droit, avec augmentation de vokime du foie, accumulation de sérosité dans le péritoine, et chlo^o-anémie caractéristique de la cachexie paludéenne. Ce sont, on le voit, les signes de cette dernière cachexie liée à des signes qui ressemblent bien à ceux d'une hépatite chronique.

3° Pronostic. — Pour formuler le pronostic de la fièvre bilieuse des pays torrides, il ne faut pas avoir égard à l'épithète grave qui lui a été donnée, car le plus souvent la forme intermittente, ainsi que je l'ai rappelé, guérit après quelques accès. Le danger, dans cette variété, ne peut être que dans la répétition des récidives des attaques, qui sont composées de plusieurs accès; car certains observateurs n'ont vu la mort survenir qu'à la suite de ces récidives. La forme rémittente, et surtout la forme continue, menacent plus souvent la vie que la forme intermittente. La mort est alors précédée ordinairement de coma, considéré comme un phénomène toujours funeste, ou d'accidents ataxo-adynamiques (prostration, déhre, convulsions). Plus l'ictère serait franc et prononcé, et plusle pronostic serait favorable, suivantM. Lebeau.

BILIEUX (Etat). — On a ainsi désigné un ensemble de phénomènes attribués à la surabondance de la bile dans l'économie, et dont la fièvre bilieuse grave ^es pays chauds est l'expression la plus accentuée (F. le précédent article), tandis que Fembarras gastrique dit bilieux en offre le degré le moins prononcé. La teinte jaunâtre de la peau au pourtour des lèvres vers les ailes du nez, au niveau des sclérotiques, ou l'ictère plus ou moins accusé, l'enduit bilieux de la langue, des nausées ou des vomissements de matières bilieuses, et des déjections liquides de nature semblable : tels sont les signes les plus manifestes de l etat si vaguement dénommé bilieux en pathologie. L'état bilieux du sang a été appelé cholémie.

BLENNORRHAGIE. -— Cette affection est aiguë ou chronique. Il va être question en premier lieu de la blennorrhagie aiguë, d'abord chez l'homme, puis chez lia femme.

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