‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 43 sur 245 · I. Paincréas · texte numérisé non relu

I. Paincréas

La lésion cancéreuse du pancréas est rarement isolée de manière à donner lieu à des signes particuliers, et c'est surtout au cancer de l'estomac qu'elle se trouve réunie. Dans quelques cas, l'on a pu cependant l'observer sans complication voisine, ou du moins avant son extension au delà du pancréas, et alors on a noté les symptômes suivants : douleurs plus ou moins vives ; expulsion par la bouche de matières filantes^ comme salivaires, parfois salivation remarquable par son abondance (Battersby); alternatives de constipation et de diarrhée d'un liquide analogue; selles graisseuses (Bright, Gould) qu'on a expliquées par le défaut d'émulsion des corps gras par le suc pancréatique (Cl. Bernard); enfin, un peu au-dessus de l'ombihc, tumeur épigastrique, mate à la percussion, soulevée par les battements de l'aorte ventrale, et pouvant faire croire par conséquent à un anévrysme. — De plus, on peut observer les conséquences de la compression de la tumeur exercée sur les organes voisins, et d'oii résultent : sur le conduit pancréatique, l'énorme distension du pancréas; sur les canaux biliaires, V ictère et la rétention de la bile; sur le pylore, les symptômes du cancer stomacal; sur l'aorte, des troubles circulatoires presque entièrement semblables à ceux de V anévrysme (Andral); et enfin, sur la veine porte, Vascite.

Cette simple énumération de signes qui ne se trouvent jamais réunis, et cette série d'accidents de compression, qu'il est très-rare de rencontrer aussi tranchés, démontrent, joints à la rareté du cancer du pancréas indépendant de celui de

I estomac, combien il doit être difficile au praticien de diagnostiquer l'affection,

II est inévitable, en effet, qu'on la rapporte au cancer gastrique, dans la plupart des cas.

Le plus ordinairement, la lésion cancéreuse n'atteint le péritoine ou ses replis mésentériques que secondairement à d'autres cancers abdominaux, et d'une manière limitée, sans susciter aucun signe bien important à constater en dehors de ceux de la lésion principale. Il peut arriver néanmoins, ainsi que j'en ai rencontré un exemple, que le mésentère soit atteint dans une telle étendue, qu'il produise, à la palpation du ventre, des masses de tumeurs dures, marronnées, inégales, qu'on ne pourrait, avec l'ensemble des symptômes généraux de dépérissement cachectique^ rapporter qu'à une affection cancéreuse.

Cependant de pareils faits sont très-rnres ; et il me paraît qu'on abuse de la facilité que l'on met à diagnostiquer des tumeurs cancéreuses du mésentère, lorsque l'on constate des tumeurs abdominales d'un diagnostic difficile.

K. Reins.

Une douleur profonde persistante, sourde ou très-aiguë, qu'il est facile de confondre avec des douleurs rhumatismales ou avec une névralgie lombaire, est le premier signe du cancer du rein, et elle doit faire penser au cancer rénal, si elle survient après lablation d'un testicule cancéreux. Mais c'est surtout Miématurie et la tumeur appréciable du rein augmenté de volume, qui sont les meilleurs signes du cancer de cet organe. L'hématurie est tantôt légère et tantôt considérable, et si elle existe sans coliques néphrétiques antérieures et sans qu'il ait été rendu auparavant du sable ou des graviers dans l'urine, elle est un symptôme important de cancer, surtout si elle est jointe à la douleur rénale, à un état cachectique, à l'existence d'une tumeur cancéreuse manifeste dans un autre organe. Lorsqu'il existe une tumeur rénale avec hématurie et avec les signes que je viens de rappeler, il ne peut y avoir de doutes bien sérieux sur sa nature cancéreuse; mais si l'hématurie manque, on peut croire à une affection d'un autre organe : à droite, à une tumeur du foie;, à gauche, à une intumescence de la rate; enfin M. Rayer a vu un cancer des ganglions lymphatiques de la scissure du rein et des ganglions lymphatiques prélombaii es simuler entièrement un cancer rénal ; mais ici l'erreur est de peu d'importance. L. Vessie.

Le cancer de l'utérus, chez la femme, et du rectum, chez l'homme, peuvent envahir la vessie et y déterminer des signes qu'il est important de connaître. La miction est douloureuse, et de plus en plus difficile, soit parce que les parois épaissies et indurées de la vessie ne peuvent plus se contracter, soit parce qu'il résulte du siège du cancer vers le col de l'organe, un obstacle de plus en plus prononcé au cours de l'urine. Les envies d\iriner sont fréquentes, ce qui dépend, ou de l'affection vésicale elle-même, ou de la présence d'une petite quantité de sang dans l'urine. Le cathétérisme de la vessie démontre aussi que cet organe est diminué de volume, devenu inextensible, inégal et saignant au contact de la sonde.

Le diagnostic, malgré ces différents signes, ne manquerait pas d'être obscur, si Ton ne constatait en même temps un cancer de V utérus ou du rectum, qui est manifestement le point de départ de la lésion vésicale, et qui va même quelquefois , jusqu'à produire des fistules vésico-vaginales ou vésico-rectales.

M. Utérus.

Cette localisation du cancer est la plus fréquente relativement à celles des autres organes, et, sous ce rapport, son diagnostic préseule au praticien un grand intérêt. L'exploration directe de l'utérus (toucher vaginal et spéculum) a permis de rattacher les symptômes : 1« au cancer non ulcéré ; 2° au cancer ulcéré.

Le cancer non ulcéré de l'utérus est celui qui peut donner lieu aux difficultés diagnostiques les plus nombreuses, surtout au début de la maladie. La métrorrhagie est le symptôme du début le plus remarquable (Louis; Rob. Lee). Lorsque, à la suite de cette hémorrhagie, apparaissent, en dehors des époques menstruelles chez une femme de 40 à 50 ans, des douleurs utérines, des pesanteurs vers le rectum, et un gonflement du col utérin, avec dureté, irrégularités bosselées et pâleur, on doit, suivant Valleix, considérer la maladie comme confirmée. Il y a alors au niveau de l'utérus un sentiment de gêne, de plénitude, de pesanteur, surtout pendant la marche et la station assise ; tiraillements, élancements d3im les lombes, les aines. Par le toucher vaginal, outre l'augmentation de volume du col (souvent seul affecté), outre sa dureté et ses bosselures, on peut constater sa déviation, sa mobilité ou son immobilité, et son enclavement dans le bassin par suite de son excès de volume et des adhérences qu'il a contractées. Ces différents signes mettent hors de doute l'existence du cancer utérin, surtout si le toucher rectal fait reconnaître aussi la dureté bosselée de l'utérus, et si l'examen au spéculum montre la déformation du col. On peut y constater, suivant Marjolin, des petites tumeurs isolées, un engorgement bosselé plus étendu, une tuméfaction des lèvres du col dures à leur base et molles à leur surface, ou enfin un engorgement général, irrégulier, rouge obscur. Les liémorrhagies plus ou moins fréquentes et abondantes, et l'écoulement souvent rosé, roussâtre, parfois grisâtre et sanguinolent, d'une odeur fade et nauséabonde, mais non encore pénétrante comme plus tard, sont encore des signes importants de la maladie. Il est plus rare de constater des sensations douloureuses dans les sems, qui sont devenus volumineux et durs, un malaise inexprimable, des douleurs vives dans diverses parties du corps (Téallier).

Lorsque le cancer est ulcéré, les douleurs sont toujours plus vives, surtout par la pa pation et la percussion. Par le toucher vaginal et rectal, l'utérus augmenté de volume est trouvé ramolli partiellement ou en totalité; donnant, dans ce dernier cas, une sensation de crépitation (Duparcque). On peut constater alors : des ulcérations déprimées et à bords durs, des végétations variables, la destruction plus ou moins complète du col, dont l'orifice est élargi, et même la destruction des parties voisines, envahies par les progrès de l'affection; un écoulement abondant, ichoreux, d une odeur repoussante particulière, si pénétrante qu'on est obligé d'isoler les maades surtout lorsque le cancer, ayant envahi la vessie et le rectum, a converti dès lors le vagin en un cloaque infect. L'altération peut s'éteiidre aussi aux -ligaments larges, aux trompes, aux ovaires, comme aux ganglions lymphatiques de l'abdomen, au niveau desquels on peut constater des tumeurs supplémentaires, et enfin au plexus sacre, ce qm occasionne une névralgie fémoro-poplitée double. C'est surtout a cette seconde période que l'on voit apparaître tous les signes de la cachexie cancéreuse, les complications communes à tous les cancers et, en particulier, les inflammations des organes voisins (péritonite, abcès des ligaments larges), et la phlegmatia alba dolens, due à des coagulations veineuses.

170 CAKCER.

Le diagnostic de ces cas extrêmes ne présente pas la moindre difficulté, et la maladie ne saurait être méconnue lorsqu'ils se présentent et que, par exemple, au dépérissement général se joignent des métrorrhagies antérieures, un écoulement abondant, sanieux, d'une odeur fétide et pénétrante, et une induration volumineuse bosselée et irrégulière du col utérin, plus ou moins détruit parle ramollissement ulcéreux de la tumeur. Mais on est souvent appelé à se prononcer dans des faits douteux ou encore mal caractérisés.

On a insisté avec raison sur la confusion quel'onpourrait faire delà mt^irii^c/ironique avec le cancer de l'utérus, lorsqu'il n'y a encore ni ramollissement ni cachexie manifeste. Sans admettre comme prouvée l'opinion des pathologistes qui regardent la métrite comme le premier degré du cancer, je ferai remarquer avec Valleix que, dans le cancer, avant son ramollissement, il y a des liémorrhagies au début, le col utérin résiste fortement et inégalement sous le doigt, et présente des bosselures irrégulières, une coloration ordinairement pâle et blafarde, un écoulement ténu, roussâtre, grisâtre, puis rosé; et que dans la métrite chronique, au contraire, il y a plutôt dysménorrhée, le col de l'utérus offre une résistance égale et moins prononcée, un développement uniforme, une coloration presque toujours d'un rouge sombre, et enfin un écoulement muco-purulent. Sans doute il y a des métrites avec inégalités du col utérin, et des cancers rapides ou qui présentent une coloration d'un rouge sombre, mais ce sont là des cas peu ordinaires, et les seuls d'ailleurs qui jettent dans l'incertitude. C'est alors que l'interrogatoire et l'examen atteiitifs du sujet seront surtout indispensables.

Le prolapsus ou la chute de la matrice, qui est mobile, et qu'il est facile de remettre en place, ne peut nullement se confondre avec un cancer, à moins qu'on ne se livre à un examen très-superficiel. — Les métrorrhagies produites par la présence d'un polype intra-utérin pourraient en imposer pour un cancer à son début, surtout après avoir déterminé de l'anémie, et si le corps de Tutérus est lourd et paraît gonflé. Mais d'abord, dit à cette occasion Valleix, il faut remarquer que le cancer de l'utérus, borné au corps de l'organe, est de beaucoup le plus rare, ce qui doit déjà inspirer des doutes. Ensuite, si l'on louche par le rectum, on trouve la matrice uniformément développée, sans bosselures ; l'anémie causée par un polype ne ressemble que très-imparfaitement à la cachexie cancéreuse; et enfin on ne remarque pas, dans les matières excrétées, cette odeur particuhère signalée plus haut (Guideduméd.,i. IV, p. m).—Vulcère simple du col de l'utérus est, dans certains cas seulement, bien difficile à distinguer de l'ulcère cancéreux à son début; car, dans les cas ordinaires, le peu de profondeur de l'ulcère non cancéreux, ses bords sans dureté ni saillie, et l'écoulement non fétide qu il fournit, suffisent parfaitement au diagnostic. — 11 n'en est pas de même pour les ulcères vénériens, dont les caractères peuvent offrir la plus grande analogie avec ceux de l'ulcère cancéreux. On n'a alors pour s'éclairer que les antécédents, la marche de l'affection et l'existence de traces de lésions syphilitiques dans une autre partie du corps, ou bien des lésions soit syphilitiques, soit cancéreuses, dans un autre organe que l'utérus. Enfin le traitement spécifique de la syphilis fera disparaître l'ulcération, si elle est vraiment vénérienne, et sera sans effet sur elle, comme tous les autres traitements, si elle est cancéreuse. N, Ovaire.

On a remarqué, relativement au cancer de l'ovaire, qui est tantôt primitif et tan-

CANCROÏDES. CAROTIDES. 171

tôt consécutif à celui de l'ulérus, que ses symptômes étaient ordinairement les mêmes que ceux des kystes multiloculaires. Il peut arriver même qu'une des loges du kyste, plus dilatée que les autres, ne contienne qu'un liquide séreux qui, évacué pendant la vie par la ponction, peut en imposer pour un kyste simple (F. Kystes de l'ovaire). De pareils cas sont certainement rares; mais ils montrent la difficulté du diagnostic dans les cas en apparence les plus simples.

^ Ce sont en définitive les signes généraux de la maladie cancéreuse que j'ai rappelés au commencement de cet article qui peuvent faire non diagnostiquer, mais soupçonner seulement la nature cancéreuse de la tumeur de l'ovaire. 0. Ganglions lymphatiques.

La dégénérescence cancéreuse des ganglions lymphatiques est le plus souvent isolée et symptomatique d'une lésion cancéreuse située dans leur zone lymphatique. Ce n'est que dans des cas exceptionnels comme celui qui a été rapporté par M. Bouillaud (Arch. de méd., 1824, t. VI) que la généralité des ganglions devient primitivement cancéreuse. Il ne faudrait pas considérer comme une affection de cette nature la cachexie hjmphatique. (F. ces mots.)

GANCROIDES. — Toutes les tumeurs comprises par M. Lebert sous cette dénomination, et qui affectent la peau et les muqueuses, où elles s'ulcèrent en envahissant successivement les tissus voisins et même les ganglions lymphatiques correspondants, étaient comprises autrefois à tort parmi les cancers. Les cancroïdes sont dus à l'hypertrophie d'éléments histologiques normaux ou homologues : glandes cutanées ou muqueuses, papilles et épithélium, tissu fibro- plastique et derme lui-même. Dans les cancroïdes se trouvent compris le noli me langere, l'esthiomène, etc. La microscopie n'eu! -elle rendu que le service d'avoir isolé la classe des cancroïdes comme distincte des véritables lésions cancéreuses, qu'on devrait lui être très-reconnaissant de ce progrès. (Mém, de la Soc. méd, d'obs., t III )

CAPSULES SURRÉNALES. - V. Bronzée (Peau), et Cachexies.

CARCINOME. — F. Cancer.

CARDITE. — Cette affection n'a pas de symptômes propres, et, suivant la remarque de M. Bouillaud, ne peut se distinguer de I'endocardite.

CAROTIDES. — Ces artères n'ont d'importance pour le médecin que par les signes qu'on y perçoit. Leurs pulsations, habituellement profondes et invisibles, deviennent visibles dans certaines maladies (F. Pulsations). Lorsqu'un malade est trop agité pour que l'on puisse explorer le pouls radial, on peut rechercher le pouls au mveaii des carotides, en pressant avec la pulpe des doigts en dedans du bord interne du tiers inférieur du muscle sterno-mastoïdien. Mais l'exploration la plus Irequente que l'on ait à faire au niveau de ces artères est celle des bruits carotidiens à 1 auscultation. Ces bruits, souvent mieux entendus au niveau de la carotide droite que delà gauche, peuvent paraître continus, avec ou sans renforcement isochrone aux battements du cœur, être plus ou moins soufflants, piaulants, musicaux. Mais on admet avec quelque raison, avec Ogier Ward, Hope et M. Aran, que le souffle continu se passe dans la veine jugulaire voisine, le bruit devenant intermittent ou artériel dès que l'on comprime davantage avec le stéthoscope, c'est-à-dire dès que l'on interrompt la circulation dans la veine pendant qu'elle persiste dans l'artère (F. Vasculaires (Bruits).

CARPHOLOGIE. - F. Agonie.

172 CAIÎREAU. CATALEPSIE.

CARREAU. — Les auteurs modernes, et entre autres, MM. Bartbez et Rilliet, donnent le nom de carreau ou de phthisie mésenlérique à la tîiberculisation considérable des ganglions du mésentère. Envisagée ainsi, la maladie n'affecte que l'enfance, entre la cinquième et la dixième année, et, même à cette époque de la vie, elle constitue une maladie rare.

1« Éléments du diagnostic. — Les signes principaux de la maladie sont, d'après la monographie de MM. Barthez et Rilliet : des signes de tuberculisation dans d'autres organes; une diarrhée qui dépend d'ulcérations intestinales, sans la voracité particulière qui a été indiquée par quelques auteurs ; des tumeurs sensibles à la palpation, toujours situées au voisinage de l'ombilic, indolentes à la pression, plus ou moins volumineuses, inégales, fixes ou mobiles; des signes de compression des nerfs et des troncs vasculaires, tels que crampes et œdème des membres inférieurs, ascite peu considérable, et surtout dilatation des veines superficielles du ventre.

2° Inductions diagnostiques. — La présence des tumeurs constatées parla palpation dans la région ombilicale, et les accidents de compression, constituent, avec l'âge des sujets, les bases du diagnostic. MM. Barthez et Rilliet attachent une grande importance à la dilatation des veines de l'abdomen lorsqu'elles s'étendent en rameaux flexueux jusqu'à la poitrine, s'il n'existe pas de tuméfaction morbide du foie, ou des signes de péritonite chronique. A une époque oii l'on soupçonnait l'existence du carreau chez tous les enfants qui présentaient un ventre volumineux, on a nécessairement commis bien des erreurs de diagnostic, et admis souvent l'existence delà maladie alors qu'elle n'existait pas. On sait aujourd'liui que la tuméfaction de l'abdomen n'est pas constante dans la phthisie mésentérique, et que la même tuméfaction peut se rencontrer dans beaucoup d'autres circonstances;, il est inutile de les rappeler, attendu que la valeur de ce signe dans l'affection qui m'occupe est très-secondaire.

Des tumeurs abdominales, autres que des ganglions tuberculeux, pourraient mduire en erreur, et faire croire à l'existence du carreau lorsqu'il n'existe pas. Telles sont les matières fécales accumulées dans quelques points de l'intestm (engouement intestinal), mais dont le siège vers le flanc ou la fosse iliaque gauches, et la disparition sous l'influence d'un purgatif, sont assez caractéristiques. Telles sont encore les tumeurs tubercideuses développées dans l'épiploon et au voisinage de l'ombilic, qui ne peuvent d'ailleurs donner lieu à une méprise fondamentale. Quant aux tumeurs non tuberculeuses du foie, de la rate, du pancréas, il faudrait exammer bien superficiellement l'enfant pour les considérer comme des ganglions tuberculeux.

On ne doit pas oublier qu'il peut survenir, comme complications : une véritable péritonite aiguë due à la présence des tumeurs tuberculeuses des ganglions, ou un étranglement intestinal par des brides d'adhérences qui se sont formées dans le péritoine (Guersani).

3*^ Pronostic. — Le pronostic de la phthisie mésentérique est subordonné à celui de l'état général, et les accidents locaux qui en dépendent sont bien loin d'offrir la gravité de ceux que déterminent les tubercules des ganglions bronchiques ou ceux développés dans le péritoine. Plusieurs auteurs pensent même que les tubercules des ganglions mésentériques peuvent guérir, s'appuyant sur le fait de leur transformation crétacée, qui a été plusieurs fois bien constaté.

CATAIRE (Frémissement). — V. ce dernier mot.

CATALEPSIE. CATAORHE. j 75

CATALEPSIE. — 1« Éléments du diagnostic. — Cette névrose, à laquelle M. Boiirdin (1841) et M. Puel (Mém, de VAcad. de Médecine, 1856, t. XX) ont consacré des traités spéciaux, est caractérisée par des accès survenant irrégulièrement et pendant lesquels l'intelligence et les fonctions sensoriales sont^ tout d'abord abolies, dans la plupart des cas, en même temps que les muscles de la vie de relation restent dans le degré de contraction dans lequel les a surpris l'accès, quelque pénible ou bizarre que soit la position. On peut forcer l'extension des muscles du malade, mais alors ils conservent la nouvelle position qu'on leur donne; cependant il survient assez souvent et peu à peu de légers mouvements involontaires et des oscillations qui font revenir le membre ou le tronc jusqu'à un point d'appui. En même lemps, la mastication est impossible, sauf dans des cas rares où les malades mangent avec avidité ce qu'on leur met dans la bouche (Bourdin); la température des extrémités est sensiblement abaissée, la circulation lente et fiiible, de même que la respiration; le -pouls est d'ailleurs normal.

2° Inductions diagnostiques. — L'immobilisation des contractions musculaires, survenant par accès plus ou moins prolongés, est le signe pathognomonique de la catalepsie, dont la constatation n'offre aucune difficulté. Parmi les questions complémentaires du diagnostic, la plus importante est celle de déterminer si la catalepsie est primitive ou secondaire. Celte dernière forme a été observée, en effet, dans un assez grand nombre de maladies : dans divers genres de folie, Vhystérie, le tétanos, dans les fièvres intermittentes, et dans certaines maladies aiguës, telles que des affections cérébrales et la fièvre typhoïde. On a rapporté également des faits trèsprobants de catalepsie vermineuse (Davaine, Traité des entozoaires, p. 54). J'ai observé une catalepsie chez une jeune fdle hystérique, atteinte de cfioléra épidémique, et chez laquelle la catalepsie sembla avoir été provoquée par les crampes cholériques {Annales méd-pstjch.,1'' sér., t. 111).

5« U pronostic de la catalepsie ne doit être formulé comme inquiétant que dans les cas de complications, et lorsque la catalepsie se traiisforme en une autre névrose plus grave, comme Vépilepsie. Vhystérie, des convulsions caractérisent aussi cette transformation. En général, le pronostic est donc peu grave. On a vu l'apparition du flux menstruel enrayer complètement la maladie.

CATARRHE. — On ne voit nullement la nécessité de conserver l'expression de catarrhe ou de maladies catarrhales dans la pathologie, si ce n'est comme expression d\m phénomène d'hypersécrétion accidentelle des muqueuses. Cette hypersécrétion constitue simplement un symptôme ou signe ordinairement lié à l'inflammation aiguë ou chronique des muqueuses, à des flux sans inflammation, quelquefois a la simple congestion des muqueuses. Les phénomènes aigus du catarrhe sont principalement observés dans la grippe, dans la rougeole à son début, et dans plusieurs autres maladies fébriles.

CATHÉTÉRISME. — A défaut d'autre expression plus convenable, on doit appliquer celle de cathétérisme à l'introduction, faite dans des buts divers, de tiges solides, pleines (stylets) ou creuses (sondes ou bougies) dans des conduits naturels ou accidentels. Ainsi envisagé, le cathétérisme est utile au diagnostic médical, comme un moyen d'exploration des fosses nasales, du larynx, de Vœsophage, de la • vessie, de h cavité utérine, et enfin des plaies fistideuses communiquant avec les viscères. F. Déviations utérines, Fistules, hAUYNx, Œvophage, etc.

174 CAVERINEUX (PHÉiNOMÈlNES) .

CAVERNEUX (Phénomèp^es).

1° Caractères. Le bruit respiratoire caverneux est un souffle inspiratoire et

expiratoire que peut remplacer un râle à grosses bulles, appelé gargouillement, lorsque la cavité dans laquelle se passe le phénomène acoustique est obstruée par des liquides. La résonnance caverneuse de la voix et de la toux semble, comme le souffle caverneux, se passer dans des cavités pulmonaires moins vastes que pour lesbruits dits amphoriques, et plus vastes au contraire que pour les bruits dits bronchiques. On ne saurait donner une définition plus précise de ces sensations acoustiques. C'est ce qui fait que M. Skoda, se fondant sur ce que, de la respiration soufflante la plus faible au souffle amphorique le mieux caractérisé il existe des nuances intermédiaires infinies qui s'enchaînent insensiblement les unes avec les autres, a nié l'existence du souffle et des autres bruits caverneux, attribués à la présence des cavernes. Celte manière de voir est exagérée en ce qu'elle rejette le principe des types de conventioi^ indispensables pour décrire les phénomènes de sensation. On ne saurait donc nier avec lui le fait très-réel de l'existence des bruits caverneux.

2° Conditions pathologiques et signification. — Ces bruits caverneux ne doivent pas être pris dans le sens absolu qu'ils semblent indiquer : l'existence nécessaire d'une caverne pulmonaire pour que les bruits se produisent. Ici, en effet, j'aurais à rappeler d'autres conditions que j'ai indiquées déjà à propos des phénomènes amphoriques et qui peuvent indifféremment susciter la manifestation des phénomènes amphoriques ou caverneux, sans cavité accidentelle.

Les cavernes étant cependant la condition pathologique la plus fréquente des bruits dits caverneux, la première chose sera de rechercher s'il n'existe pas une phthisie pulmonaire, une gangrène du poumon, une dilatation des bronches, un abcès du poumon.

Le siège des phénomènes caverneux au sommet des poumons sera déjà une forte présomption de l'existence d'excavations tuberculeuses, les plus fréquentes de toutes, et le point de départ aussi le plus fréquent des phénomènes caverneux. — La dilatation des bronches en ampoule qui donne lieu aux mêmes signes siège, en effet, ordinairement vers la base ou la partie moyenne postérieure des poumons, et ne s'accompagne pas de dépérissement comme la phthisie pulmonaire, ce qui est, entre plusieurs autres, un excellent signe distinctif. — Les signes caverneux seront facilement rapportés à la gangrène pulmonaire lorsqu'ils seront dus à cette lésion, l'odeur infecte spéciale qui s'exhale de la poitrine et des crachats persistant depuis un certain temps déjà, lorsque l'excavation pulmonaire s'effectue. — Enfin l'on n'admettra qu'avec une extrême réserve, même à la suite des signes manifestes dune pneumonie, l'existence d'une caverne due à un «to qui serait la conséquence de cette maladie. Cette réserve est commandée par la confusion que l'on a si souvent faite des abcès pneumoniques avec des' collections purulentes de la plèvre communiquant avec les bronches.

Les bruits caverneux peuvent être perçus non-seulement au niveau des poumons, mais aussi dans le foie. C'est ce que M. Bricheteau a observé au niveau d'une cavité résultant de la rupture d'un kyste hydatique du foie dans les bronches; il y avait en même temps du gargouillement et un son tympanique à la percussion. M. Spœrer a . aussi constaté un gaigouillement caverneux au niveau du foie, au moment des grandes inspirations, par suite de la rupture d'un abcès du rein dans les bronches, à travers le foie {Arch. de mêd., 1842, t XIV).

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