CÉPHALALGIE
Lorsque les bruits caverneux ne paraîtront pas dépendre de l'existence d'une caverne, il faudra rechercher la cause des consonnances pseudo-caverneuses dans la transmission des bruits trachéaux ou bronchiques, due à la compacité du poumon comprimé, ou bien à une tumeur du poumon ou du médiastin. F. Amphoriques (Phénomènes), p. 47.
CELLULES. — F. Microscopie.
CÉPHALALGIE. — Caractères, — Les douleurs de tête auxquelles on a donné le nom de céphalalgie sont générales ou limitées. Lorsqu'elles sont partielles ces douleurs occupent une moitié latérale du crâne (hémicranie), la région frontale' l'occiput ou une autre région, parfois même un espace très-limité comme les foyers de douleurs névralgiques. Envisagée en elle-même, la céphalalgie ne présente pas de caractères qui diffèrent de ceux que j'ai rappelés au mot Douleur. C est à tort que l'on a donné, comme un complément du tableau descriptif de la céphalalgie, des phénomènes concomitants se rattachant aux conditions pathologiques de ce signe, puisqu'ils en sont lorigine au lieu d'en être la conséquence.
2° Conditions pathologiques. — Les affections qui sont précédées ou qui s'accompagnent de céphalalgie sont très-nombreuses, et il me paraît inutile de les rappeler toutes en détail. Il en est un grand nombre, en effet, dans lesquelles la douleur de tête joue un rôle ti op secondaire pour que sa constatation soit d'une grande utilité pour le diagnostic. Ce n'est que dans les maladies dans lesquelles la céphalalgie est prédominante, comme signe, qu'il est important d'en signaler la valeur. Cette valeur ressort des caractères, de la marche de la douleur, et principalement des phénomènes qui s'y rattachent.
Pour rechercher quelle est la condition pathologique de la céphalalgie constatée, il faut se demander si elle est superficielle ou profonde, afin de la rattacher à une affection des parois du crâne, des organes intra-crâniens, d'un organe éloi<^né ou bien à use maladie générale. ^ '
Si la peau du crâne n'offre aucune lésion qui puisse immédiatement expliquer la céphalalgie, un érysipèle, par exemple, il faut avant tout rechercher si la douleur est névralgique. Limitée alors ordinairement d'un seul côté du crâne, par moments lancinante, et se montrant par accès, elle ne saurait alors être méconnue, si l'on trouve comme confirmation les foyers douloureux de la névralgie. On peut rencontrer aussi de la dermalgie au niveau du cuir chevelu. La migraine n'est le plus souvent qu'une forme particulière de névralgie, mais d'autres fois, elle constitue une céphalalgie d'origine trè>-complexe. — Si la douleur se montre surtout pendant les mouvements que les muscles impriment aux téguments du crâne ou aux muscles crotaphites pendant la mastication, il s'agira d'un rhumatisme musculaire^ — Enhn si la céphalalgie revient la nuit chez un individu atteint de syphilis constitutionnelle, on soupçonnera l'existence de douleurs ostéocopes.
11 est à remarquer que les douleurs superficielles que je viens de rappeler se montrent le plus souvent par accès, tandis que la cépiialaigie plus profonde qui a son origine dans une alfection intra-crânienne des méninges, ou des centres nerveux, est ordinairement plus continue et à marche progressive. Elle est remarquable par son intensité et sa persistance comme premier symptôme de méningite; et, s'il s'y joint des vomissements, surtout chez un jeune sujet, ou chez un adulte tuberculeux, il y a tout heu de craindre le développement de cette maladie. — La simple con-
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qestion cérébrale, soit simple, soit comme phénomène précurseur d'une hémorrhanie du cerveau, peut produire une douleur de tête variable d'intensité. Elle est parfois très-persistante, comme celle qui précède Vhémorrhagie méningée chez les vieillards le ramollissement cérébral {cérébrite), de même que la céphalalgie qui s'observe 'comme signe des affections organiques des centres nerveux intra-crâniens, qui, eu général, comptent la céphalalgie au nombre de leurs symptômes les plus fréquents. Le siège de la céphalalgie due à une affection interne ne correspond pas\oujours à la partie de l'encéphale qui est affectée; on ne devra donc pas attacher à cette donnée une valeur absolue.
Dans les organes plus ou moins éloignés, l'on peut également trouver le point de départ de la céphalalgie; mais alors elle est ordinairement de valeur secondaire. Certaines affections du foie ou du tube digestif (dyspepsie, constipation, entozoaires) , et toutes celles qui congestionnent indirectement le cerveau, sont des causes de ce genre. Telles sont encore les inflammations locales voisines du cerveau : le cory%a, Yotite,\'ophthalmie, etc.
hei maladies générales, ou les états généraux qui affectent toute l'économie, produisent très-souvent une céphalalgie dont il faut rechercher lorigine, d'abord dans le mouvement fébrile et dans les fièvres graves. La douleur de'tête est un des principaux symptômes de l'invasion de la fièvre typhoïde; il en est de même du typhus fever, de la suette, des fièvres éruptives en général. La céphalalgie est atroce dans certains accès de fièvre pernicieuse, et elle se montre quelquefois trèsrebehe comme accident consécutif d^iccès de fièvre intermittente simple. — Dans les névroses, la céphalalgie n'est pas moins fréquente que dans les fièvres. Elle est surtout remarquable dans l'hystérie; elle affecte les six septièmes des mrdades, suivant M. Briquet (300 sur 556), et occupe principalement les parties charnues des muscles, de préférence vers la région frontale, et non à la région occipitale, comme on fa dit. La douleur appelée clou hystérique est remarquable par son étroite limitation et par son intensité extrême; mais elle est extrêmement rare, puisque M. Briquet ne l'a rencontrée que deux fois. (Traité de rhystérie, p. 215.) — Les affections par altérations du sang comptent également la douleur de tête parmi leurs symptômes les plus constants; il en est ainsi dans la pléthore, dans Y anémie trèsfréquemment, dans les intoxications, dans certains empoisonnements, dans les . cachexies. — Enfin dans le rhumatisme articulaire aigu, considère comme une affection générale, la céphalalgie est quelquefois (mais non toujours) le premier signe de l'effrayante comphcation que l'on a appelée rhumatisme cérébral, et qui diffère essentiellement par ses allures du rhumatisme musculaire péri-crânien.
5° Signification. — La céphalalgie, comme l'a fait observer M, V. A. Racle, est rhumatismale, névralgique, congestive, anémique, ou constitue une simple névrose, et une même maladie peut donner lieu à toutes ces formes diverses de douleur. {Traité de diagnostic, 1859, p. 40.) Cette dernière remarque est importante, car on ne saurait se guider sur les caractères que je viens de rappeler pour attribuer toujours chacun d'eux à une maladie spéciale. ^ • 1 1
C'est surtout sur l'ensemble des signes que l'on se basera pour établir la véritable signification de la céphalalgie, et pour la rattacher à la maladie qu'ehe annonce ou qu'elle accompagne. Mais c'est lorsqu'elle existe seule, qu'elle est persistante, et que l'on n'aura pu la localiser dans les parois crâniennes (névralgie, rhumatisme mus-