‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 45 sur 245 · CHANCRE. CHOC (BRUITS DE · texte numérisé non relu

CHANCRE. CHOC (BRUITS DE

culaire péricrânien, douleurs ostéocopes), que la signification de la céphalalgie est difficile à déterminer. Au début des maladies des centres nerveux ou des fièvres graves, il en est souvent ainsi ; et ce n'est que lorsque des signes nouveaux et plus ou moins caractéristiques viennent se joindre à la douleur de tête, que la valeur de ce dernier symptôme cesse d'être indécise. Mais je n'entre pas dans de plus grands détails. Il me suffit, en effet, d^avoir exposé les conditions dans lesquelles on rencontre la céphalalgie, et d'avoir consacré à chacune d'elles un article particulier, pour que Ion puisse compléter facilement ce que les simples indications de celui-ci semblent avoir d'incomplet.

CÉPHALÉMATOME. — F. Tumeurs (céphaliques) .

GÉRÉBRITE. — F. Ramollissement (du cerveau).

CERVEAU, CERVELET. — F. Encéphale.

CESTOIDES. — F. Entozoaires.

CHALEUR ANIMALE. — F. Calorification.

CHANCRE. — Je n'ai pas à faire ici l'histoire du chancre, qui a donné lieu, dans les derniers temps, a des discussions scientifiques si répétées. Ce qu'il importe,' au lit du malade, c'est de reconnaître d'abord l'existence d'un chancre, pour en déduire des conséquences pratiques ; or, ce sujet est traité au mot Ulcérations, et se trouve complété aux articles Syphilis et Blennorrhagie. '

CHANT DES ARTÈRES. — F. Yasculaires (Bruits) . CHEVEUX. — F. Poils.

CHIQUE. — F. Parasites (cutanés).

CHLOROSE. — Depuis que l'anémie a été étudiée avec soin dans ses différentes conditions pathologiques, on ne peut plus considérer la chlorose autrement que comme une forme d'anémie, présentant quelques particularités accessoires, insuffisantes pour caractériser une maladie spéciale. Ces particularités sont : l'apparition de l'anémie à Vépoqtie de la puberté chez les jeunes filles, et la coïncidence de troubles menstruels de trois espèces : I'aménorrhée, la dysménorrhée ou la ménorrhagie. '

Cette manière d'envisager la chlorose est celle de beaucoup d'observateurs et elle me parait être la vraie. Bien ne prouve, en effet, que les troubles menstruels produisent 1 ensemble des symptômes observés, tandis que l'on peut rattacher ordinairement ces symptômes à de mauvaises conditions hygiéniques particulières, ou bien a une altération manifeste des fonctions digestives. Quelle que soit d'ailleurs l'opimon que 1 on se lorme de la chlorose, on doit, au point de vue exclusif du diagnostic le seul qui m'occupe, la considérer comme je viens de le faire, et comme ie Fai fait deja au mot Anémie (p. 57).

CHOC (Bruits de). — Les bruits de choc que produisent la systole du cœur au mveau de la région précordiale, et les battements des tumeurs anévrysmales ne sont pas les seuls que l'on puisse percevoir à l'auscultation, au niveau de la poitrme.

M. Aran a constaté, chez un malade atteint d'hydro-pneumo-thorax du côté droit, et a la suite d'une quatrième thoracentèse, une espèce de bruit de frottement trèsrude qui se produisait seulement pendant la toux, et qui se percevait à la base de la poitrme, en dehors et à droite. Ce bruit de choc ou de percussion donnait la sensation d un corps distendu brusquement et venant frotter contre le feuillet pariétal de

j-Jg CH0LÉCYSTITE.

la plèvre. M. Arau attribue ce phénomène, dont le malade avait conscience, au choc du poumon contre les parois de la poitrine. Le bruit très-rude élait, en effet, tout à fait semblable à un coup fort et sec porté de l'mtérieur contre les parois thoraciques, et sa situation variait suivant les positions que prenait le malade. ^

CHOLÉCYSTITE (Inflammation de la vésicule biliaire). — 1° Eléments du diagnostic. — L'ensemble des signes de cette affection, qui s^observe habituellement chez des individus qui ont des calculs biliaires, est le suivant : douleur trèsvive survenant au-dessous du rebord des fausses côtes droites, augmentant par la pression, la respiration et les mouvements du tronc; ictère, vomitufitions, fièvre; constatation d une tumeur avec empâtement, fluctuation, et comme conséquence, un abcès tantôt se dirigeant vers l'extérieur, donnant issue à du pus mélangé de bile, à des calculs, et suivi de fistule, tantôt s'ouvrant dans l'intestin adhérent ou

dans le péritoine. ; , i.-v ,

2" Inductions diagnostiques. — Lorsque chez un malade présentant deja les si^^nes de calculs biliaires, c'est-à-dire une colique hépatique, ou bien dans le cours d'une fièvre grave et notamment dans l'affection typhoïde, comme l'a observé M Louis, on voit survenir les premiers des phénomènes que je viens de rappeler, et notamment la douleur localisée et la fièvre, on devra soupçonner l'existence d'une inflammation aiguë de la vésicule biliaire. On en aura la cerlitude si, l'inflammation se terminant par un abcès, on parvient à diagnostiquer la collection purulente, dans le cours de la maladie, à une tumeur fluctuante inflammatoire, débordant les fausses côtes droites, surtout s'il se forme un abcès extérieur ayant les caractères que j'ai

rappelés. .

Mais il n'est pas ordinaire d'observer des faits aussi concluants. Le diagnostic est fort difficile lorsque l'abcès n'est pas accessible à l'exploration. Chez les individus maigres et dont les parois abdominales sont relâchées, on parviendra plus facilement à la constatation de la tumeur; mais chez ceux qui sont dans des conditions contraires, la percussion seule pourra indiquer une tumeur s'insinuant sous les côtes, et il n'y aura rien de caractérisé comme abcès, s'il ne tend pas vers l'extérieur. J'ai rencontré dans ma pratique un malade dont l'obésité ne me permit que de soupçonner fortement l'existence de l'abcès; il y avait eu d'abord une colique hépatique ivec ictère intense, puis sensibilité très-vive au-dessous du rebord des fausses côtes, à la hauteur de la vésicule, fièvre et délire, suivis rapidement de mort. Un commémoratif remarquable de cette observation fut un accès de colique hépatique avec ictère et vomissements, survenu dix ans auparavant, et qui ne s'était reproduit que tout récemment, au milieu d une santé florissante depuis les premiers accidents. Or, l'autopsie montra qu'un calcul gros comme une ohve obstruait le canal cholédoque, et qirune vingtaine de calculs plus petits étaient contenus dans l'abcès de la vésicule. Ce fait démontre que les accès antérieurs de colique hépatique sont une circonstance très-utile à connaître comme indiquant l'existence de calculs anciens et volumineux, cause ordinaire de la cholécystite.

En définitive, le diagnostic positif de l'inflammation de la vésicule biliaire ne peut se baser que sur l'existence de Vabcès. Mais cet abcès lui-même, lorsqu'il reste profond, peut facilement se confondre avec d'autres tumeurs fluctuantes de l'hypochondre. J. L. Petit {Mém. acad. chir., t. I, p. 147) a exposé les caractères différentiels de l'abcès de la vésicule et de l'abcès du foie ou de la tumeur due à la rétenlion de la bile.

CHOLÉRA. lyg

Vahcès du foie, suivant lui, ne présente pas une fluctuation aussi facile à percevoir que l'abcès de la vésicule, et cette fluctuation est entourée d'une dureté beaucoup plus marquée. On peut ajouter que le siège de l'abcès de la vésicule est toujours le même sous les cotes, près du muscle droit, tandis que celui de l'abcès du foie est souvent différent. Enfin la marche de la maladie n'est pas la même dans les deux cas. La confusion n'aurait d ailleurs qu'une importance secondaire si l'on prenait ces abcès l'un pour l'autre. — 11 n'en serait pas de même si l'on prenait pour un abcès de la vésicule la rétention de la bile dans ce réservoir, ainsi que plusieurs faits malheureux d'opérations inopportunes l'ont démontré Suivant J. L. Petit, la douleur est de plus longue durée dans l'abcès que dans la rétention biliaire; elle est pulsative; lorsqu'elle diminue, elle ne laisse pas le malade dans un état de bien-être aussi complet que lorsque la douleur due à la rétention s'est cal mée. Les frissons irréguliers sont plus longs, et ils sont suivis de chaleur et de moi teur La fluctuation est moins promptement manifeste; elle commence par le point le plus saillant, pour s'étendre au reste de la tumeur, et enfin on trouve à la circon ference de celle-ci de l'empâtement et un certain degré de dureté que l'on ne trouve pas dans la simple rétention de la bile.

3« Pronostic. — La cholécystite est assez souvent suivie de mort; mais plus fréquemment la terminaison en est favorable, soit par suite de la résolution de 1 mflammation, soit par l'ouverture spontanée de l'abcès à travers les parois abdominales, soit enfin par l'intervention de l'art

CHOLÉRA. - Le choléra est épidémique ou sporadique. Ces deux formes doivent être examinées séparément.

A. Choléra épidémique.

1» Éléments du diagnostic - Les signes les plus tranchés et par conséquent les plus caractéristiques du choléra épidémique sont ceux de la période algide : coloration cyanosee, ou d'un violet livide, des extrémités et dune partie de la face ou

t« ILLTnlf "-^Pide du visage; excavation' des

y^J^^ - mation alternant avec de l'assmcpissement; petitesse extrême du pouls lefrordusement de la langue et de la peau, qui a perdu son élasticité et souv „'t a sensibilité; évacuations alvines fréquentes, aqueuses, le plus souvent blanchât s, d spect opahn, presque sans odeur, et tenant en suspension des corpuscules blanchâtres riziformes; vomissements hilieu^ ou dnn liquide blanchâtre analogue a celui des garde-robes; crampes très-douloureuses; aphonie, et enfin diminution notable ou suppression complète de Yurine

JoZl\f7l'" "''^''■^ ï""*^^ et

hlZ ll L \ P''" '^^'-gescence sanguine de

ia face et des yeux; la sécheresse avec enduit fuligineux de la laii^^ue- la cévhalal-

parfois du délire; d autres fois, un abattement profond, de la somnolence ou du coma; des congestions viscérales manifestes vers la poitrine oul abdomen, parfois d ventablest«^a»m«to«. secondaires; des exanthèmes cutanés, des contrictures d s membres, des parotides. On voit, à cette longue énumération d'accidents ou de symptômes, combien peuvent être variés les signes de la réaction

IgQ CHOLÉRA.

2° Inductions diagnostiqîies. — Comme pour toutes les maladies épidémiques, la connaissance du fait de l'existence de l'épidémie elle-même est d'un grand secours pour l'interprétation diagnostique des faits que l'on observe. Cette connaissance seule permet d'accorder aux prodromes ou au début de la maladie l'attention qu'ils méritent et, en particulier, aux vomissements et surtout à la diarrhée. Toutefois ces troubles «gastriques et intestinaux ne doivent être considérés comme les premiers symptômes du choléra que lorsqu'ils s'accompagnent de crampes, d'aphonie ou de diminution notable de l'urine. La simple diarrhée peut résulter, en effet, de la terreur seule qu'inspire l'existence de l'épidémie.

Le diagnostic de la maladie confirmée, c'est-à-dire à sa période algide, n'offre aucune difficulté, que celte période survienne progressivement ou se manifeste d'emblée avec plus ou moins de violence. Dans tous les cas, les signes de cette période, que j'ai rappelés plus haut, forment un ensemble caractéristique qui ne peut tromper. Cependant, s'il s'agit d'un malade qui habite une contrée oii des fièvres paludéennes sont endémiques, en présence des symptômes caractéristiques du choléra, il faudra penser à la possibilité d'une fièvre pernicieuse à forme dite cholérique. Quoi qu'il en soit, en présence des symptômes caractéristiques de la période algide, il ne peut le plus souvent y avoir de doutes que dans les cas rares oii les symptômes sont limités de nombre. On a vu, par exemple, après des symptômes digestifs insi- <^nifiants, survenir quelquefois un refroidissement général avec insensibilité du pouls et coma, sans autre symptôme jusqu'à la mort. Il est évident que de pareils faits ne peuvent être rapportés au choléra qu'en temps d'épidémie.

C'est principalement dans la période de réaction, plus accentuée chez les jeunes sujets que chez les vieillards, que les erreurs de diagnostic peuvent être fréquentes. C'est ce qui a surtout lieu lorsque l'on rencontre des cas isolés de choléra, plus ou moins longtemps après la cessation apparente d'une épidémie, et lorsque l'on voit pour la première fois un malade présentant des symptômes qui se rattachent à la période de réaction. On a fait observer avec raison que cette période n'est plus le choléra lui-même, puisque la guérison peut avoir lieu sans réaction dépassant le retour à l'état physiologique. Mais cela n'empêche pas la question du diagnostic de présenter un véritable intérêt lorsque la réaction existe; et c'est bien à tort que les traités de pathologie la négligent.

On tombe forcément dans les erreurs les plus graves, en effet, si l'on est mis en présence d'un malade à cette période de réaction, et que l'on ne se renseigne pas suffisamment, par un interrogatoire attentif, sur les phénomènes qui ont précédé : une diarrhée récente, des vomissements avec refroidissement général, cyanose, aphonie, anurie.

Parmi les maladies que les phénomènes de la réaction peuvent simuler, si Ton ignore les antécédents cholériques, se placent en première ligne la fièvre typhoïde et certains exanthèmes. — La fièvre typhoïde sera d'autant plus facilement admise lorsqu'il y aura fièvre intense, symptômes nerveux, etc., que le malade, vu son état de somnolence ou de coma, pourra moins fournir de renseignements antérieurs, qu'il pourra exister des douleurs de ventre à la pression, et persister de la diarrhée. — On a désigné sous le nom de roséole un exanthème qui, dans la réaction du choléra, en 1849, m'a paru ressembler plusieurs fois, à s'y méprendre, à une éruption rubéolique ou scarlatineuse. Mais, dans les cas de cetle espèce, il y a de-

Page 1