‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 46 sur 245 · CHOLÉRA · texte numérisé non relu

CHOLÉRA

faut de symptômes caractéristiques vers les voies respiratoires ou vers la gorge. Vérysipêle n'est pas non plus très- rare dans les mêmes conditions, et pourrait n'être pas rapporté à sa véritable origine.

Ces différents états pathologiques de la réaction sont, pour la plupart, de vraies complications, de même que les congestions cérébrale, pulmonaire, intestinale, et les inflammations des méninges, des poumons et du tube digestif, qui ont été observées.

Si, en pareils cas, comme dans toute autre maladie aiguë. Ton avait l'idée de rechercher l'albumine dans l'urine, on pourrait eu rencontrer sans que Falbuminurie, qui survient dans les premières quarante-huit heures de la réaction du choléra (Martin Selon), soit un signe très-utile. Mais il peut arriver que, dans cette recherche, les urines deviennent bleues par l'addition de l'acide azotique; or, cette réaction, signalée par M. Gubler dans le choléra, pourrait donner l'éveil sur la nature des phénomènes observés (F. Urines).

Les formes de la maladie sont très-nombreuses, si Ton tient compte de l'intensité des symptômes, de la rapidité de leur marche, et de leur prédominance réciproque. Chaque épidémie a, sous ce rapport, son caractère particulier.

Les complications qui surviennent dans la période de réaction, et que j'ai rappelées plus haut, sont plutôt faites pour obscurcir le diagnostic que pour l'éclairer. On ne saurait considérer comme de véritables complicatioiîs les troubles morbides qui persistent après la disparition du choléra, tels que de l'agitation, de Yinsomnie, et, vers l'estomac, Vanorexie, des vomissements plus ou moins rebelles, et des gastralgies opiniâtres que l'on a vues se prolonger pendant une année et plus.

o'' Pronostic. — La gravité du choléra épidémique est connue. La mort peut survenir d'une manière presque foudroyante, lorsque les symptômes ont, dès le début, une intensité exagérée; parfois elle est imprévue dans des cas en apparence peu violents; mais le plus souvent elle est la conséquence de l'aggravation plus ou moins rapide des symptômes, soit dans la période algide, soit dans la période de reaction. On devra redouter une terminaison funeste toutes les fois que le pouls deviendra insensible, qu'il y aura des selles involontaires, du coma avec immobilité complète, et une anesthésie de la peau. Dans le cours des épidémies qui ont sévi en France, la mortalité a été habituellement de plus de moitié, mais variable suivant l'âge des malades, le temps, les lieux. Elle est plus forte chez les individus âgés et affaiblis au moment de l'invasion. Dans l'épidémie de 1849, que j'ai observée dans un asile d'aliénés (F. Ann. méd.-psychol., 2* série, t. III), la mortalité fut plus prononcée dans les cas de manie chronique et de démence que dans les autres formes d'aliénation mentale. La mortalité fut aussi d'autant plus grande que les individus furent atteints à une époque plus rapprochée du début de l'épidémie, quelle que fût la durée de leur maladie ou l'intensité apparente des symptômes.

B. Choléra sporadique.

Comparé au choléra épidémique dont il vient d'être question, le choléra sporadique est habituellement beaucoup moins grave dans sa forme comme dans sa terminaison, qui est très-rarement funeste. Il se distingue encore du choléra épidémique par son endémicité dans nos pays méridionaux, par le défaut d'évacuations blanchâtres avec corpuscules riziformes, par l'absence de cyanose, de phénomènes

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