CONCRÉTIONS SANGUINES DU CŒUR. ~ CONFORMATION
vant M. Louis, qui pourrait annoncer d'une manière sûre la communication dont il s'agit, serait une suffocation plus ou moins considérable, qui reviendrait par accès souvent périodiques et toujours Irès-fréquenls, accompagnés ou suivis de lipothymies, avec ou sans coloration bleue de tout le corps, et provoqués par les moindres causes. Ces signes sont malheureusement loin d'être habituels. . Une coïucidence que M. Louis a signalée dans plus de la moitié des cas de persistance du trou de Botal, c'est le rétrécissement de l'artère pulmonaire. M. Peacock a confii méce fait en étudiant les affections congénitales du cœur (F. Artères, p. 85) Si donc on pouvait constater l'existence du rétiécissement de l'artère pulmonaire il* y aurait de grandes probabilités pour la persistance du trou ovale. Mais ce rétrécissement est d'un diagnostic extrêmement difficile sinon impossible. Cependant M Deguise (Tlièse, i8i5) rapporte que M. Bouley l'a annoncé en percevant, à l'auscultation d'un malade, un soufile qui se prolongeait de droite à gauche k la base du cœur. Il est clair que ce n'était qu'une heureuse exception.
CONCRÉTIONS SANGUINES DU CŒUR (Polypes sanguiiss, cail- LOTS FiBRir^Eux DU cœur). — Malgré les travaux modernes, et en particuher ceux de MM. Legroux et Bouillaud, le diagnostic des concrétions fibrineuses ou polypiformes du cœur est entouré d'obscurités. Dans des faits assez nombreux, ces concrétions se forment d'une manière latente. Dans les autres, on ne peut qu'en soupçonner Fexistence lorsque, dans le cours d'une maladie du cœur ou d'une affection fébrile spécialement rhumatismale ou pulmonaire, ou dans le cours d une maladie cachectique, on voit très-rapidement survenir une oppression considérable, une vive anxiété, parfois des lypothymies, en même temps que les battements du cœur jusque-là réguliers deviennent tellement obscurs, tumultueux et confus qu'on ne peut les analyser (Laënnec, Legroux), un bruit de souffle simple ou sibilant au premier ou aux deux temps (Bouillaud), un pouls à peine sensible, des congestions veineuses, le refroidissement des extrémités. Dans des cas rares, il pourrait survemr une gangrène spontanée du pied ou de la main, qui résulterait d'une oblitération artérielle (F. Embolies).
Dans un mémoire inséré dans la Gazette hebdomadaire (1856), M. Legroux insiste surtout sur la brusque invasion des accidents dans les conditions rappelées plus haut, sur l'apparition des oblitérations vasculaires que je viens de rappeler et sur la production, trop rapide pour être attribuée à une déformation valvulaire' d un bruit anomal intense, souvent propagé dans les vaisseaux. Quant à ï obscurité des bruits du cœur, admise comme signe par M. Legroux dans sa thèse inaugurale, il ne lui attribue plus la même valeur séméiologique qu'autrefois, et il^dmet que les conséquences symptomatiques autres que les signes locaux des concrétions sanguines du cœur, se traduisent par une gêne de la circulation, dont les symptômes « sont semblables à ceux qui accompagnent les maladies du cœur en général. » M. Legroux, qm insiste avec raison sur la gravité du pronostic, ne croit pas qu'une fois formées les concrétions sanguines ou polypes cardiaques puissent se dissoudre.
CONFORMATION. — La conformation normale d'une partie peut être modifiée par une maladie actuelle, ou l'avoir été par une maladie ancienne, de manière a constituer un signe d'une plus ou moins grande valeur. Ces modifications comprennent : 1° des déformations visibles au premier abord, dont le siège est dans le tégument externe, dans les autres parties molles extérieures, dans les viscères o
COiNGESTlONS.
enfin dans le squelette ; ^ des défauts de symétrie ou asymétries, entre des parties similaires du corps, comme les deux cotés de la tête, delà poilrme, de 1 abdomen, les deux membres supérieurs ou inférieurs, et qm ne sont visibles que par comparaison des deux cotés; c'est ce que j'ai dénommé pour la poitrine des hétéromor- Vhies terme que l'on pourrait appliquer indifféremment à toutes les autres régions. La conformation est une des sources principales des éléments diagnostiques que recueille I'inspection (V. ce mot).
CONGESTIONS. — Je n'ai à traiter la question des congestions qu au point de vue très-restreint du diagnostic. Cependant le terme congestion est lui-même si va-ue qu^il est indispensable d'entrer d'abord dans quelques détails généraux sur le sens que l'on doit y attacher et sur les phénomènes communs qu'elle présente.