CONVULSIONS
s'arxompagne assez souvent de convulsions, a.ec ou sans perte de connaissance momentanée ; et alors l'invasion simultanée de la fièvre et des mouvements convulsiis doit faire soupçonner la véritable cause de ces accidents, qui sont Iransitoires. 1 anlot ■ ils s'expliquent immédiatement par l'existence des signes d'une maladie aigue particulière une pneumonie, par exemple, et tan!Ôt par l'apparition ultérieure d une éruption scarlatineuse ou rubéolique. On ne saurait trop attirer l'attention des praticiens sur les convulsions de cette espèce, de nature simplement congestive, et qui sont attribuées légèrement, dans beaucoup de cas, à de prétendues ménnigites.
Je viens de parler des lièvres éruptives; je dois ajouter que toutes les fièvres graves peuvent s'accompagner des mêmes accidents convulsifs à leur début, mais au^si être compliquées, dans leur cours, de convulsions locales ou générales qui constituent alors un épiphénomène très-grave. C'est ce que M. Louis a constaté pour les contractures qui surviennent dans la fièvi e typhoïde au mveau des membres supérieurs (Fièvre typh., 1841, t. II, p. 45). En 1855, M. Aran a observé une véritable épidémie de contractures de ce genre, mais peu graves, chez des sujets atteints de fièvre typhoïde (Soc. desHôp., avril 1855). Les soubresauts des tendons, les convulsions toniques et cloniques avec délire, qui caractérisent Vataxie envisagée comme épiphénomène complexe, sont facilement rattachés à la maladie dans laquelle ils se montrent, et dont ils sont une complication redoutable. C'est ce que fon observe quelquefois dans le rhumatisme articulaire aigu. On attribue aussi a la diathèse dite' rhumatismale des contractures locales plus ou moins persistantes, et il n'est pas non plus très-rare de constater des crampes chez les goutteux. ' Parmi les affections générales dues à des altérations du sang , et donnant heu à des accidents convulsifs, je dois rappeler I'anémie rapide, les cachexies la grande classe des intoxications saturnine, par l'ergot de seigle, par le sulfure de carbone, paludéenne (qui peut donner Heu à la fièvre pernicieuse tétanique), etc., le scorbut, le CHOLÉRA, la RAGE (hydrophobic rabique), les autres maladies virulentes, les empoisonnements, dans lesquels le poison n'agit pas toujours par absorption, mais par la douleur atroce qu'il détermine, I'a/twww2îtn6^ et même la glycosurie ^ son début. Ici encore les symptômes concomitants éclairent sur l'origine des convulsions dans beaucoup de cas, mais à la condition qu ou les recherche avec som. Dans les intoxications, par exemple, la maladie est souvent méconnue, si l'observation est superficielle. ,
Dans les névroses se rencontrent toutes les convulsions dites idiopathiques : les crampes dites essentielles, I'éclampsie, I'épilepste, la catalepsie, I'hystérie, le tétanos spontané, I'hydrophobie non rabique, la chorée, les contractures des extrémités, les convulsions idiopathiques de la face, le hoquet convulsif, la crampe dej; écrivains, comprise dans les spasmes fonctionnels de M. Duchenne (de Boulogne), le TREMBLEMENT séuilc. Jc reviendrai tout à l'heure sur ces maladies essentiellement convulsives, à la plupai t desquelles j'ai d'ailleurs consacré des articles particuliers
f - En outre des nombreuses conditions étiologiques qui précèdent, les convulsions peuvent encore dépendre de causes accidentelles ou mal connues, comme celles provoquées par une émotion morale Lrès-vive, par un chatouillement prolonge, par une douleur intolérable quelconque, ainsi que j'ai eu déjà occasion de le rappeler pour des coliques ou des empoisonnements, ou enfin pour des maladies d une nature indéterminée, comme Vacrodynie, le béribéri, etc.
cOiNvuLsiorss. 251 Signification. — Après l'exposé des condilioiis diiiis lesquelles il faut chercher les convulsions observées, conditions qui sont le but diagnostique des phénomènes convulsifs, j'ai à rappeler comment l'on arrive à déterminer la signification de ces phénomènes, en les prenant tels qu'ils se présentent au médecin.
Les convulsions se manifestent : i"^ comme signe unique servant de point de départ .1UX inductions diagnostiques ; 2° avec des signes concomitants qui peuvent sui'fire pour révéler l'origine des convulsions. — Je crois être entré précédemment dans des généralités suffisantes sur la coïncidence des accidents convulsifs avec d'autres symptômes, pour revenir sur ce sujet ; je n'ai donc à m'occuper ici que des convulsions qui sont primitives, et qui constituent à elles seules toute ou presque toute la maladie.
Pour interpréter les convulsions ainsi envisagées, il faut avoir principalement égard aux particularités mêmes qu'elles présentent : à leur caractère fibrillaire, tonique ou clonique, cà leur siège, à leur marche.
a. — Les convulsions ou contractions fibrillaires spontanées se montrent seules, et localisées principalement au niveau des membres supérieurs, au début de 1 'a phie musculaire idiopathique ou progressive; mais elles feront tout au plus soupçonner l'invasion de cette m.iladie, car on les constate aussi, chez des sujets nerveux tt'ès-excilables, comme troubles musculaires tantôt passagers dans un muscle, tantôt plus ou moins permanents et plus étendus, comme je l'ai observé aux membres inférieurs d'un malade atteint de douleurs névralgiques chroniques.
h. — Parmi les convulsions toniques ou contractures, il en est quelques-unes de caractéristiques. Telles sont, parmi les contractures localisées : la crampe simple, occupant ordinairement un des membres inférieurs; les contractures ou spasmes dits fonctionnels, qui comprennent la crampe des écrivains, comme je l'ai dit précédemment ; les CONTRACTURES iDioPATHiQUEs DES EXTREMITES, sc moutraut par accès 'irréguhers comme les crampes simples, d'abord aux deux mains, qui se contr actent en cône, et au niveau des orteils; le trismus, qui est le premier signe du tétanos dans la plupart des cas, mais que l'on a vu résulter aussi d'une angine syphilitique (Deville, Soc. anal., 1845). Telles sont enfin les contractures permanentes locales, dont la nature est encore inconnue, et qui occupent les régions les plus di verses. Ces contractures localisées font l'objet d'un article à part, auquel je renvoie le lecteur (F. CoriTRACTUREs).
Plus ou moins généralisées, les contractures ou convulsions toniques caractérisent plusieurs maladies. — En première ligne on rencontre la catalepsie, qui ne peut ère méconnue à première vue. — Le tétanos a aussi pour caractère essentiel des convulsions franchement toniques ; son début par les muscles des mâchoires (trismus), son envahissement progressif des muscles soumis à la volonté, et ses exacerbations par crises extrêmement douloureuses, ne permettent guère de le méconnaître. Mais on n'oubliera pas que les contractures idiopathiques des extrémités peuvent envahir tout le corps (tétanie de L. Corvisart), et que l'ingestion de certains médicaments (les strychnées) peut produire un tétanos artificiel.
c. — Les convulsions cloniques idiopathiques sont très-nombreuses. Parmi celles qui sont localisées dans une région, et reconnaissables au premier abord, sont les mouvements brusques qui accompagnent certaines contractures fonctionnelles, et les convulsions idiopathiques de la face, dont je dois rappeler ici les principales particularités.