‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 57 sur 245 · COQUELUCHE · texte numérisé non relu

COQUELUCHE

Les convulsions idiopathiques de la face sont aujourd'hui une maladie bien connue depuis que Ch. Bell a établi les fondions motrices de la 7^ pmre de nerfs et depuis les travaux de Marshal-Hall, de M. Romberg et surtout de M. François (1845) Ces convulsions, bornées à un côté de la face, et dont la cause est inconnue (sauf dans les cas où l'action du froid en est l'origine), sont remarquables par leur innocuité, mais aussi par leur persistance indélinie. Elles sont intermittentes cloniques , variables d'intensité, tantôt rapides, tantôt soutenues pendant quelques secondes, se reproduisant à des intervalles irréguliers, se montrant a la fois ou irrégulièrement au niveau des muscles du front, du sourcd, des paupières, du nez, de la joue, de la commissure des lèvres, de la houppe du menton et du peaucier. La mastication reste libre, rwAislsi parole et la préhension des aliments sont gênées. L'expression et les mouvements de la face sont naturels dans les mtervalles des contractions. Dans les cas observés par Marshal-Hall, il y avait contracture d'un côté de la face; le sourcil était élevé, le nez tiré en dehors, la commissure labiale en bas, et il y avait des fossettes au-dessus du sourcil et surtout au

menton. ,

Il n'est pas très-rare de voir prendre pour des contractures de cette espèce les contractions normales du côté sain de la face, quand il y a paralijsie et par smte immobilité du côté opposé. — Les tics dus à l'babilude se distingueront facilement des convulsions idiopathiques de la face, en ce qu ils sont soumis à la volonté. — Enfin les convulsions qui surviennent comme complications de la névralgie trifadate s'accompagnent de douleur, tandis que les convulsions dites idiopathiques sont complètement indolentes.

Les convulsions cloniques généralisées comprennent la plupart des convulsions dites sympathiques (suites d'émotion morale, de douleur vive, etc.), et caractérisent, comme principal symptôme, la chorée et I'hystérie.

d. — Très-souvent l'on rencontre des convulsions à la fois toniques et cloniques dont l'origine n'est pas toujours reconnue aisément. Elles comprennent une classe de convulsions très-importantes dites épileptiformes, survenant par accès, et comprenant non-seulement Vépilepsie proprement dite ou idiopatliique, mais encore 1 eclampsie, Vhystéro-épilepsie, et plusieurs espèces convulsives franchement symptomatiques, comme celles dues à certaines congestions cérébrales [alcoolisme c ironique et paralysie générale des aliénés), à Vintoxication saturnine, a la colique sèche des pays chauds, aux affections organiques de l'encéphale.

Au point de vue du pronostic, les convulsions sont par elles-mêmes, dans les cas où elles sont généralisées, un véritable danger pour l'existence lorsqu'elles atteignent certaines parties, comme les muscles de la respiration, ou bien lors(iu'elles occasionnent du côté des centres nerveux et des organes Ihoraciques des congestions assez graves pour entraîner une terminaison fatale. Les convulsions externes peuvent faire craindre aussi comme complication l'apparition de spasmes graves, comme ceux de la glotte ou ilu diaphragme, qui suffisent pour causer la mort. Pour compléter cet article, V. Contractures et Spasmes.

COQUELUCHE. Cette maladie, qui se rencontre principalement chez les enfants, n'est pas parfaitement connue dans sa nature. Pour l'immense majorité des médecins, qui partagent l'opinion de M. Blache (Arch de méd., 1855, t. 111), c'est une névrose des organes respiratoires; pour M. Sée, qui la considère avec Requin

COQUELUCHE. 233 comme une maladie spécifique, elle doit être rapprochée de la rougeole {Arch. de méd., 1854); pour quelques-uns, c'est une inflammation, et pour M. Beau ce n'est que ï inflammation des ventricules du larynx. Celte dernière opinion a é(é récemment soutenue avec talent par un interne distingué des hôpitaux, M. Wannebroucq {Thèse, 1859), qui a rapporté, à l'appui de cette manière de voir, deux nouvelles observations complétées par l'autopsie. Mais de nouveaux faits qui démontrent la constance de l'inflammation sont nécessaires pour faire adopter celte nouvelle doctrine, qu'il est difficile de concilier avec la nature contagieuse de la maladie.

1° Éléments du diagnostic. — On a divisé la coqueluche en trois périodes, mais il n'y en a en réalité que deux bien distinctes : une première qui n'est qu'une simple bronchite précédée ou non de fièvre, et une seconde qui est seule caractéristique. C'est dans cette seconde période, en effet, que se montrent les quintes ou paroxysmes qui se répètent à des intervalles irréguliers, et que caractérise une toux sèche, quinteuse, dont les secousses expulsives se succèdent sans interruption, jusqu'à ce qu'une inspiration sifflante vienne les interrompre, pour être aussitôt suivie a une nouvelle série de secousses expiratoires qui amènent enfin l'expulsion comme convulsive de mucosités filantes, et assez souvent aussi des aliments contenus dans 1 estomac. Pendant ces quintes, qui peuvent durer moins d'une minute ou se prolonger davantage, jusqu'à un quart d'heure, on constate le gonflement et la congestion considérable de la face, et les signes d'une suffocation imminente pendant laquelle il survient quelquefois des liémorrhagies par le nez (le plus souvent), par la bouche, les yeux, les oreilles, des ecchymoses sous-conjonctivales ou souscutanees (Trousseau), et même des hématémèses , qui [^oumïenl hïen n être que des epistaxis avec déglutition du sang passé dans le pharvnx. On a noté aussi comme conséquences de ces accès une sueur abondante et froide, parfois des convulsions, et des syncopes chez l'adulte (Blache). Pendant les paroxysmes, Vauscultation ne fait plus entendre la respiration vésiculaire; mais, dans les intervalles, on constate fréquemment des râles muqueuxou sonores disséminés, et en même temps a \^ percussion, une sonorité lympanique, parfois extrême, de la poitrine. Vers la fin de la maladie, les paroxysmes perdent peu à peu leurs caractères, et la toux redevient celle de la bronchite simple.

2° Inductions diagnostiques. — Le diagnostic de la coqueluche à la première période ne saurait être établi d'après les signes du catarrhe bronchique, qui seul la caractérise. L'existence de la bronchite peut seulement faire soupçonner la maladie SI le sujet est placé dans des conditions telles qu'il soit exposé à la contracter; mais ce n est que lorsque la deuxième période se dessine, qu'il n'est plus permis de douter de l'existence de la coqueluche.

Lorsque Ion a été témoin d'un accès de coqueluche, rien n'est plus facile, en ef- "î'^^-^f i^econ"«ître la maladie confirmée. L'interruption de la quinte par l'inspiration silflante lui donne un caractère tout à fait particulier, pathognomoniqne, sur lequel il est impossible de se méprendre. Si Ion reconnaît, avec quelques auteurs, q.ie imspiration sifflante peut manquer, on pourra admettre encore l'existence de la coqueluche s il y a des quintes d'ailleurs suffisamment accentuées, ne pouvant s'exphquer par aucune autre cause, et si d'autres circonstances accessoires, comme i existence d une épidémie ou la coïncidence d'autres cas de coqueluche dans l'entourage du malade, viennent à l'appui du diagnostic. C'est à des cas de cette esi^èce

Page 1