CORYZA
et même cheminent clans l'épaisseur des organes. Ainsi envisagés, les corps étrangers donnent lieu aux signes et aux accidents les plus divers. Leurs effets généraux sont tantôt Tirritation ou Tinflammation des tissus ambiants, et tantôt des effets physiques de distension, de pression et d'obstruction s'ils occupent certains conduits. Leur expulsion hors de l'organisme est souvent très-utile au diagnostic. V. Abcès, Calculs, EiYrozoAir.Es, Fistules.
CORYZA (Rhinite). — 11 semble que cette affection, par sa simplicité, mérite à peine une mention particulière; mais, si Ion songe aux nombreuses conditions pathologiques dans lesquelles on la rencontre, il est aisé de voir qu'elle présente un grand intérêt diagnostique. Le coryza est aigu ou chronique.
L Coryza aigu.
1° Éléments du diagnostic. — On sait que le coryza simple a pour principaux symptômes : une céphalalgie frontale oravative, avec ou sans phénomènes fébriles, la sécheresse et l'obstruction des cavités nasales, puis des éternuments plus ou moins répétés, le larmoiement, le gonflement du nez, l'écoulement par les narines d un liquide d'abord séreux et âcre, qui rougit et gonfle la lèvre supérieure, el, qui devient ensuite de plus en plus épais, opaque, jaune verdâtre, à mesure que les symptômes diminuent. A la rougeur de la lèvre et des orifices des narines succède une légère desquamation.
2° Inductions diagnostiques. — Le diagnostic du coryza ne présente aucune difficulté lorsqu'il est aigu. Il n'occupe ordinairement qu'une seule des cavités nasales; mais les signes varient suivant les parties atteintes : les yeux s'injectent, sont sensibles à la lumière, larmoyants, si le canal nasal est envahi; la céphalalgie est intense, surtout frontale, et augmente dans les éternuments, si ce sont les sinus frontaux;. Si la douleur gravative et assez vive occupe la joue et s'étend aux dents voisines et à l'orbite, le sinus maxillaire est atteint. Dans ce dernier cas, la douleur, parfois très-intense, prend un caractère névralgique, ce qui peut tenir à l'oblitération de 'l'orifice gonflé du sinus ; ce qui le démontre, c'est que, lorsque cette ouverture redevient perméable, il s'écoule tout à coup par la narine, avec un soulagement instantané, quelques gouttes d'un liquide légèrement trouble, grisâtre, visqueux, et faisant sur le linge qu elles empèsent des taches grisâtres légèrement foncées sur leurs bords. J'ai constaté plusieurs fois ces particularités sur moi-même.
La cause du coryza aigu simple est utile à connaître. Il ne faut pas oublier que certaines prédispositions individuelles, les refroidissements de la tête, et la pénétration de substances irritantes dans les narines, peuvent le produire. Mais le coryza aigu n'est pas toujours simple; aussi doit-on rechercher s'il ne dépend pas d'une autre maladie, s'il n'est pas symptoniatique, en un mot.
Il peut d'abord compliquer accidentellement certaines lésions locales des fosses nasales, telles que des ulcérations, des polypes des fosses nasales, quoique ce soit le plus ordinairement le coryza chronique que ces lésions développent. -— Le coryza aigu est fréquent chez les scrofuleux, qui y sont particulièrement prédisposés. U est surtout fréquent, comme symptoniatique et survenant d'emblée, dans les fièvres éruptives, principalement dans la rougeole, rarement dans la scarlatine. L'intensité du mouvement fébrile, qui est loin d'être proportionnée à l'inflammation de la pituitaire et qui ne peut s'expliquer par elle, et les autres prodromes de l'affection ,(le larmoiement et la toux caractéristique dans la rougeole, l'angine dans la scarla-
CORYZA. 257 tine) aident beaucoup au diagnostic, surtout lorsque l'on sait que ces maladies régnent épidémiquement. — On peut en dire autant de la grippe et des diphthéries épidémiques.
Cependant le coryza diplitbérique peut se développer d'emblée d'une manière insidieuse; il peut être méconnu en l'absence de fausses membranes dans le pharynx, et si le délimt de symptômes généraux graves et hors de proportion avec les symptômes observés du côté des fosses nasales ne font pas au moins soupçonner la nature du coryza. C'est avec raison que M. Bretonneau a insisté, dans ces derniers temps, sur la gravité de pareilles erreurs; on peut les éviter, selon lui, si l'on constate un engorgement ganglionnaire, qu'il faut aller chercher au-dessous de l'oreille, et si la lèvre supérieure est rougie seulement au-dessous de la narine correspondant au côté de l'engorgement.
On ne peut guère prendre pour un coryza simple aigu celui qui accompagne la névralgie trifaciale; les douleurs caractéristiques de cette dernière affection ne permettant pas le doute. — Mais le coryza qui survient comme accident secondaire de la syphilis, et celui dû à une maladie très-rare, à la mouve aiguë arrivée à sa troisième période, pourraient aisément induire en erreur, si l'on ne songeait pas à ces maladies.
J'ai rappelé plus haut les phénomènes particuliers qui résultent du siège différent de l'inflammation de la piiuitaire. Son degré d'intensité ne présente rien de particulier. Mais ses complications méritent d'être rappelées; on peut, en effet, constater, comme conséquences d'un coryza aigu, la névralgie trifaciale (qui est un effet aussi bien qu'une cause de coryza), V hémiplégie faciale, et, chez le nouveau-né, comme Fa vu trois fois M. Salathé, le spasme de la glotte.
5" Pronostic. — Le coryza aigu, à part celui qui dépend de la diphthérie et de la morve, est une affection bénigne chez l'adulte. Cependant on voit quelquefois la céphalalgie persister longtemps au niveau des sinus frontaux, et ne cesser que par l'expulsion fortuite d'une masse compacte de mucosités infecfes ayant longtemps obstrué ces cavités.
Le coryza aigu simple n'est pas, pour les nouveau-nés, une affection aussi légère que pour les adultes, en raison de l'étroitesse des cavités nasales et des conduits respiratoires des jeunes enfants; il en résuite que les mucosités s'accumulent et que la respiration, devenant difficile, gêne la succion du mamelon. Dans des cas rares, cette succion s'accompagne d'une véritable menace d'asphyxie, et l'on peut observer de l'assoupissement, de la prostration, de légères convulsions et même la mort. Le praticien doit donc être réservé dans son pronostic, lorsque le coryza présente une certaine intensité chez les enfants à la mamelle.