‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 69 sur 245 · DYSPNÉE · texte numérisé non relu

DYSPNÉE

est due à des causes divei ses qui ont servi de base à auiant de tliéories différentes (F. Asthme). C'est la recherche de cette origine qui alors sera le but principal du diagnostic.

En supposant que l'on ne trouve pas dans les signes physiques fournis par l'exploration de la ttoilrine les indices d'une alfcction intrathoracique, il faut se demander si la cause de la dyspnée ne réside pas dans les parois de la poitrine. Les déformations rachitiques de laçage osseuse, l'atrophie des muscles respirateurs, et principalement du diaphragme, leur contracture ou spasme, et même les simples douleurs névralgiques dorso iutercostales, les douleurs franchement rhumatismales ou de toute autre nature, }ieuveut être, en elfet, le point de départ de la dyspnée.

Ces douleurs agissent en déterminant la gêne de la respiration. Le refoulement du diaphragme vers la poitrine par les organes abdominaux produit aussi une gêne mécanique directe qui explique parfaitement la dyspnée dans un certain nombre de cas, et notamment dans Fascite, dans la distension du tube digestif par des gaz, etc. Ici la dyspnée est d'autant plus marquée que la cause a agi plus rapidement.

Enfin, en supposant que l'on soit amené à faire une investigation complète en dehors des conditions précédentes, on devra chercher la cause pathologique de la dyspnée soit dans une affection des centres nerveux, soit dans les nerfs, où elle est due à une altération du sang, à une névrose, ou à toute autre maladie générale.

Dans ces conditions si différentes, les seuls cas embarrassants pour le diagnostic sont ceux dans lesquels l'exploration de la poitrine par l'inspection, la percussion, l'auscultation, est insuffisante pour expliquer la dyspnée, celle-ei étant le phénomène unique ou prédominant. On ne saurait trop recommander en pareil cas une exploration répétée et faite avec le plus grand soin.

La dyspnée est prédominante dans I'emphysème pulmo^jaire, dans les cas de compression ou d'obstruction des gros conduits aériens, de[)uis la glotte jusqu'aux ramifications bronchiques pénétrant dans les poumons. Lorsqu'cà la dyspnée se joint une faiblesse prononcée du bruit respiratoire, on doit songer, suivant les cas, à un corps étranger introduit dans les voies aériennes, à un polype, à un rétrécissement cicatriciel, à des tumeurs du médiastin (des tubercules surtout) dont le diagnostic par exclusion n'est pas aussi difficile qu'on l'a dit; I"œdl:^ie et le spasme de la glotte ont des signes concomitants de la dyspnée qui mettent sur la voie du diagnostic; il en est de même du goUre, qui, même avec un petit volume, peut produire des accès de suffocation. Dans le cours des maladies graves, la dyspnée accompagnée de fièvre annonce quelquefois une pneumonie secondaire, de même que la dyspnée subite, excessive par la pression du point épigastriipie, indiquerait une pleurésie diaphragmatique, suivant M. Noël G. de Mussy.

Il est rare que les lésions des organes circulatoires ne soient pas reconnaissables à des signes physiques; cependant un anéviysme aortique latent peut donner lieu à des accès de dyspnée qui provoquent souvent des erreurs de diagnostic ; il en est de même de la dyspnée subite et intense qui accompagne la rupture des tendons du cœur ou ï oblitération de I'artère pulmonaire, et de la dyspnée habituelle due ■du rétrécissement de cette artère avec persistance du trou de Botal.

Dans les cas oii la dyspnée est présumée avoir son point de départ dans les parois thoraciques, il faut penser surtout aux douleurs qui résultent d'un rhumatisme

Page 1