DYSSENTERIE
musculaire ou d'une névralgie dorso-inter costale aiguë intense, aux contractures des muscles respirateurs, à Vostéomalacie avancée, dans laquelle la dyspnée va quelquefois jusqu'à la suffocation. Ce qu'il importe d'examiner et ce que l'on néf^lige trop fréquemment, ce sont les mouvements respiratoires du diaphp.agme lorsque la dyspnée provient de l'inaction de ce muscle. La dyspnée qui résuite de la suspension'de ses mouvements s'annonce par le défaut de refoulement et de dilatation de l'épigaslre clans l'inspiration et parfois même par un signe plus accentué, c'està-dire par In dépression épigastrique au moment de l'inspiration; les côtes supérieures se dilatent en même temps outre mesure, et le malade est incapable de régulariser la sortie de l'air pour l'exercice de la parole. On doit admettre alors qu'il existe une paralysie du diaphragme avec ou sans atropine, mais non pas toujours; car il sulfit que la contraction du muscle soit douloureuse par le fait d'une inflammation voisine pour que les mêmes phénomènes s'observent.
Je ne ferai que rappeler la dyspnée due à la dyspepsie, les dyspnées produites par les lésions de la moelle cervicale (myélite), par la méningite des tuberculeux (vers la fm de la maladie), par le tiraillement, la compression, etc., des nerfs pneumogastriques, par des névroses et notamment par certaines angines de poitrine, le tétanos thoracique, la contracture des extrémités qui s'est généralisée, Vlnjstérie, V asthme dit essentiel. Parmi les altérations du sang et les maladies générales dans lesquelles la dyspnée joue aussi quelquefois un rôle prédominant, je citerai Yanémie, les cachexies (notamment la cachexie splénique), l'ingestion des poisons autimoniaux, la goutte, etc. Je signalerai enfui l'importance de ce phénomène comme si«-iie important de la fièvre pernicieuse asthmatique, de Y infection purulente (Sédillot), et, comme épiphénomène grave (suffocalion), dans le cours de Wsuette miliaire.
Celte indication sommaire des causes de dyspnée auxquelles on peut ne pas immédiatement songer suffira pour éveiller l'attention du praticien. Ce symptôme ne constitue d'ailleurs par lui-même un accident grave que dans les cas où il y a suffocation, une syncope mortelle pouvant eu être la conséquence.
DYSSENTERIE. La dyssenterie est une affection fréquente dont la nature est encore indéterminée, et qu'on ne peut, avec certains auteurs, considérer comme une simple inflammation du côlon, où siègent les manifestations anatomiques. C'est, dans presque tous les cas, une maladie aiguë ; très-rarement elle est chronique.
I Dyssenterie aiguë.
1" Éléments du diagnostic. — Lorsque l'on a affaire à une dyssenterie aiguè bé- I nigne, on constate qu'il y a eu des coliques au début, puis des pressants besoins de défécation, de plus en plus fréquents, avec ténesme provoquant des efforts infructueux ou suivis de l'expulsion d'un peu de mucîis sangiiiiiolent, visqueux, parfois spumeux, parfois mélangé d'aliments non digérés, et (dans des cas très-rares dans cette forme bénigne) de lambeaux de fausses membranes. Le pouls est normal ou même ralenti dans cette forme de la maladie ; mais il n'en est pas de même dans la dyssenterie grave.
La dyssenterie grave, eu effet, est constamment fébrile, et presque loujoms épidémique. Son début par la lièvre, rarement par les symptômes locaux, est parfois tellement subit, que les symptômes locaux et généi aux atteignent tout à coup une tiès-
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grande intensité. Les coliques sont bien plus intenses que dans la forme bénigne, le ténesme est presque incessant, les selles liquides sont plus fréquentes, se montrent plus rapidement miicoso-sanguinolentes et plus fortement imbibées de sang ; elle-; exhalent une odeur très- fétide; quelquefois elles sont brunes, noires, ou séreuses et analogues à du frai de grenouille ou à de la lavure de chair, mélangées assez fréquemment de pus si la maladie se prolonge, et de ces d(%ris membraneux pris trop souvent par les malades pour des fragments d'intestin. Ces débris sont presque toujours de fausses membranes détachées des ulcérations, et, seulement dans des circonstances rares, de véritables fragments de muqueuse intestinale (Cambay). Eu même temps, il y a altération profonde des traits, défaillance y prostration, pouls de plus en plus faible et fréquent, sensibilité au froid, embarras progressif de la circulation et delà respiration si la maladie doit se terminer par la mort, ou bien amélioration graduelle de l'ensemble des symptômes si elle doit guérir.
S** Inductions diagnostiques. — Les symptômes principaux de la dyssenteric, douleurs vives, ténesme, selles mucoso-sanguinolentes, ne peuvent laisser aucun doute sur Texistence de la maladie; mais cette simple constatation ne suffit pas au praticien. D'abord il doit déterminer, à l'aide des commémoratifs, les conditions dans lesquelles s'est manifestée la dyssenterie, et les causes occasionnelles qui l'ont en apparence produite, il ne faut pas oublier, en effet, que la dyssenterie est endémique dans les pays chauds, qu'elle se déclare principalement en automne, chez des individus débilités ôt de io\it âge; qu'on l'a attribuée à des variations brusques de température, à un régime insuffisant, à l'abus des irritants et des purgatifs, à des passions tristes, à l'inspiration de miasmes putrides ou iVeffliives marécageux, et enfin à la contagion. Les données étiologiques sont importantes à déterminer, principalement lorsqu'il y a intoxication miasmatique ou contagion; malheureusement la question n'est pas alors facile à décider. On ne perdra pas de vue non plus que la dyssenterie est quelquefois secondaire, comme celle que l'on voit survenir dans le cours de la variole (entérite dyssentérique).
La dyssenterie aiguë ne peut pas êire confondue avec une simple entérite, avec des HÉMORRHOÏDES, ni avec une affection chronique avec selles sanguinolentes (cancer). Cependant, chez les enfants, la dyssenterie peut être simulée par un polype développé à 5 ou 6 centimètres au-dessus de l'anus, et qui donne lieu au ténesme et à des selles sanguinolentes tout à fait semblables à celles de la dyssenterie ; mais ici il y a en même temps des selles de matières fécales dures, cannelées par leur passjige sur le polype, et de plus le polype peut se montrer dans les efforts de défécation, ou être senti par le doigt introduit dans le rectum (Barlhez et Rilliet).
La dyssenterie reconnue, on en détermine en même temps le degré. Quant à la lésion intestinale, il n'est pas aussi aisé d'en constater les progrès. Son diagnostic n'est possible, par Fexamen des déjections, que lorsqu'il y a des ulcérations. Lorsque ces ulcérations se forment, en effet, les selles, de gélatineuses et striées de sang, deviennent séreuses, grumeleuses; le sang est plus noir, et il y a des stries puriformes. Dans un certain nombre de cas, il est possible de constater la partie qui est le plus pro- Ibndément atteinte, lorsque, dans les dyssenteries graves, il y a des ulcérations profondes. Il existe alors ordinairement, dans le point correspondant, une douleur fixe qui peut ne se révéler que par la pression, ou bien au moment de la défécation. M. Cambay l'a trouvée fréquemment au niveau de la fosse iliaque gauche en Afrique,
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OÙ rS iliaque et le rectum sont plus pi oloudément lésés que le reste du gros intestin, tandis que, dans les Indes, c'est au niveau du cœcum que cette douleur a été observée. Enfin du sang pur et isolé du reste des matières évacuées a paru presque toujours indiquer une large ulcération à la partie inférieure du gros intestin.
Outre les formes de la dyssenterie basées sur la bénignité ou la gravité de la maladie, sur l'existence ou l'absence des troubles fébriles, et sur la présence des fausses membranes dans les excrétions, il en est quelques autres qui méritent une mention parliculière et qui tiennent à des complications. Il y a la forme hépatique, sif^naléepar M. Cambay, dans laquelle la lésion du foie (hépatite) s'annonce par des phénomènes hét)atiques qui précèdent, accompagnent ou suivent ceux de la dyssenterie elle-même; la forme intermittente^ liée à une intoxication palufléenne, comme l'ont signalé Torti, Morlon, P. Frank, et qui peut caractériser la fïêvrepernicieuse dyssentérique. Il y a encore les formes adijnamique ou ataxique, qui présentent, réunis à la dyssenterie, les phénomènes d'adynamie et d'ataxie, et dont l'une, la première, a été parliculièrement observée dans les camps et les prisons. Enfui on a admis aussi une forme bilieuse, dans laquelle sont réunis les symptômes de l'état bilieux. Ces différentes formes s'observent suivant les lieux et suivant les épidémies ; la forme hépatique est propre aux pays chauds.
D'autres complications peuvent survenir dans le cours de la dyssenterie. Les plus graves, heureusement rares, sont les hémorrhagies intestinales abondantes, provenant des ulcérations qui atteignent un vaisseau d'un certain calibre, et \d péritonite par perforation, due aux progrès des ulcérations en profondeur. On a aussi . observé les hémorrhoïdes comme complication de la dyssenterie, et, comme des effets consécutifs, le rétrécissement de l'intestin parle fait de la cicatrisation des ulcérations, donnant lieu à des alternatives de constipation et de diarrhée. Enlin on a signalé encore, comme conséquences, des paralysies partielles aux membres supérieurs ou inférieurs, et même à la langue (comme à la suile d'un certain nombre de maladies aiguës graves).
5'^ Pronostic. — La dyssenterie non fébrile est sans gravité. Elle est au contraire très-grave, en général, lorsqu'elle s'accompagne de symptômes généraux intenses, surtout si elle est épidémique, ou s'il survient des compUcat ions. II. Dyssenterie chronique.
Les signes locaux de la dyssenterie chro.iique ne diffèrent de ceux de la dyssenterie aiguë ciue par l'intensité moindre des douleurs, une moins grande fréquence des selles, qui ne présentent pas constamment du sang, et qui sont souvent purulentes et fétides. L'appélit est capricieux, le ventre tantôt ballonné et tantôt rétracte; il ji'y a pas de fièvre, mais une expression de langueur, un amaigrissement croissant, de la sécheresse de la peau, de la sensibilité au froid, et de 1 œdème.^
On a signalé avec raison la possibilité de confondre la dyssenterie chronique avec un cancer latent de l'intestin ; mais la confusion n'est possible que dans des cas exceptionnels, car le plus souvent l'existence d'une dyssenterie aigue au début, et remontant ordinairement à une épidémie, suffira pour éloigner l'idée d'une atlcction cancéreuse. Si, de plus, il s'agit d'un sujet encore jemie ou venant d'un pays chaud, où il a contracté sa maladie, on trouvera dans ces circonstances, comme dans les particularités de la maladie, des éléments suffisants pour se former une opinion.
Le pronostic de la dyssenterie chronique a été dit presque toujours grave, et sa
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terminaison, après une durée d'un ou de plusieurs mois, ordinairement fatale. Mais <:ela n'est pas applicable à la dyssenterie sporadique. DYSURIE. — V. Miction.
EBLOUISSEMENTS. — Les éblouissements sont un signe de congestion aussi bien que d'anémie cérébrales. Aussi les remarque-t-on dans la pléthore comme au début de la syncope, comme prodrome des accès hystériques, des pyrexies, et principalement de l'affection typlioide dans nos contrées. Les éblouissements avec des étoiirdissements caractérisent aussi la névralgie générale.
ECCHYMOSES. — En médecine, elles n'ont de valeur, comme signes, que dans un petit nombre de circonstances. Elles sont quelquefois un signe extérieur de congestion locale, ou de cbutes résultant d'une maladie caractérisée par des accès avec perte de connaissance (épilepsie) ,. On constate des ecchymoses ou plutôt des épanchements sanguins sous-cutanés dans les maladies bémorrhagiques graves; enfin, aux membres inférieurs, chez les jeunes gens ou les jeunes filles, des taches jaunes ecchymotiques s'observent comme conséquences temporaires d'un érythème noueuv ECCHINOCOQUE. — F. IIydatides.
ECLAMPSIE. — On a appliqué ce mot à des convulsions générales ou pai-tielles survenant par accès avec perte habituelle de connaissance, et observées chez les enfants ou chez les femmes enceintes ou en couches.
h Êclampsie des enfants.
^ P Éléments du diagnostic. — Les convulsions toniques et cloniques qui caractérisent les accès d'éclampsie sont générales ou locales. — Véclampsie générale est épileptiforme. Il y a subitement perte de connaissance, fixité du regard, mouvements saccadés des globes oculaires, strabisme, tète portée en arrière, convulsions toniques avec secousses cloniques s'étendant ra|)idement à la face et au reste du corps, parfois trismus, grincements de dt^nts, souvent écume bla?iclie ou rougie de sang expulsée par la bouche, face turgescente, vultueuse, violacée, couverte de sueur, extrémités froides, pouls fréquent et concentré, respii aiion d'abord suspendue et ensuite très-accélérée, bruyante, stertoreuse dans les cas graves, dans lesquels il y a aussi quelquefois émission involontaire des urines et des matières fécales. La sensibilité est ordinairement abolie comme l'intelligence; rarement elles sont conservées en partie, de même que dans la forme suixmie. — Véclampsie partielle, dans laquelle la congestion de la face et l'écume à la bouche peuvent manquer, peut n'atteindre qu'un ou plusieurs muscles de la face et les extrémités supérieures. Lorsque la convulsion occupe les muscles respirateurs, et particulièrement ceux delà glotte, où elle est rarement isolée, il en résulte, ainsi que Valleix l'a établi, l'éclampsie avec suffocaliou ou asphyxie complète, en d'autres termes, raffection improprement .appelée asthme thymique, asthme de Kopp, et mieux dénommée spasme de la glotte.
Ces accès se succèdent plus ou moins Iréquemment en une heure, ou pendant un ou plusieurs jours, pour constituer une attaque.
2" Inductions diagnostiques. — La question capitale du diagnostic est de distinguer l'éclauîpsie de l'épilepsie infantile, d'après les symptômes, les causes et la marche des deux affections. Oç, les symptômes sont les mômes de part et d'autre au moment de l'accès, elle spasme de la glotte lui-même ne saurait être considéré comme propre à l'éclampsie. On a bien dit que, dans l'épilepsie il y a unç aura