ABDOMEN
la distension de l'abdomen, le foie et la rate sont refoulés vers la poitrine, parfois bien au-dessus de leur position naturelle, et c'est à cette bauteur insolile qu'il faut les explorer. Quand une accumulation de liquide daus la cavité péritonéale distend l'abdomen, c est en baut et sur les parties moyennes de l'abdomen que se trouvent l'estomac et le paquet intestinal presque en entier ; ces organes se portent p]usd\ni côté que de l'autre, si leur refoulement est dû à une tumeur développée du côté opposé, à un kyste deTov.iire, par exemple.
Le déplacement des organes abdominaux peut également être la conséquence d'une lésion qui leur est propre, comme je l'ai exposé à propos de cliacun d'eux.
Ces considérations anatomiques ne doivent pas être oubliées; mais ce qui n'importe pas moins au diagnostic, c'est l'ensemble des spuptômes ou signes qui s'observent au niveau de l'abdomen, les moyens cV exploration à employer, et les particularités qui peuvent permettre de déterminer \q siège anatomique des lésions qu'on y rencontre.
r Les symptômes ou signes que l'on observe au niveau de la cavité abdominale sont nombreux et importants; cependant il arrive souvent qu'ils ne peuvent suffire à faire porter un diagnostic précis. En debors des signes physiques que je rappellerai à propos des moyens d'exploration, il y a à considérer : la douleur, des pliénomèncs fonctiomiels et des excrétions.
Les caractères des douleurs abdominales peuvent être si différenis, qu'il faudrait rappeler tous ceux que j'ai énumérés ailleurs. (F. Douleur.) Je n'insisterai donc ici que sur quelques particularités qu'il est bon d'avoir présentes à la pensée, lorsqu'un malade accuse une douleur du côlé du ventre. Rien de plus fréquent et qui puisse plus facilement entraîner à des erreurs de diagnostic regrettables que les douleurs névralgiques qui occupent l'épaisseur des parois abdominales. Par conséquent, il faut avant tout rechercher si la douleur a ce caractère. De plus, lorsqu'une douleur vive, subite, a son siège plus profondément dans l'abdomen, on doit songer aux conditions nombreuses qui peuvent la produire : la péritonite simple ou par perforation, l'inflammation des divers organes abdominaux, les étranglemenis, l'invaginalion intestinale, les phlegmons de la fosse iliaque, les calculs biliaires ou rénaux qui s'engagent dans les conduits biliaires ou dans l'uretère. La douleur spontanée seule n'a donc rien de caractéristique considérée isolément, et il en est de même de la douleur provoquée par des actes fonctionnels ou par des moyens d'exploration. (F. Douleur.) Ce n'est, en effet, que par le rapprochement de la douleur, comme signe, des autres particularités de la maladie, que l'on arrive à en préciser la vraie signification.
Les symptômes fonctionnels qu'on observe du côté de l'abdomen sont, relativement à ceux des organes des autres cavités, les plus nombreux, et, par conséquent, les plus difficiles à bien préciser dans leur origine organique. Les principaux de ces symptômes, les troubles digestifs, qui sont si fréquents, peuvent dépendre d'une lésion des organes de la digestion eux-mêmes, mais très-souvent aussi de maladies d'organes plus ou moins éloignés , soit du ventre, soit des autres parties du corps, ou enthi d'une maladie générale. Cette signification si étendue, qui existe pour la plupart des symplômes abdominaux, est une des causes principales de la difficullé du diagnostic des maladies dont ils sont l'expression. En dehors des symptômes fonctionnels qui se rapportent à la digestion, il n'y en a, en réalité, qu'un petit
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nombre qui puisse éclairer le médecin, car les fonctions des reins, du foie, du pancréas et des autres organes s'exercent d'une manière plus latente que les fonctions digestives, et ce n'est guère, en deiiors des troubles fonctionnels de la vessie, que par l'examen des produits de leurs sécrétions évacués au dehors que l'on peut s'éclairer sur ce point.
C'est ce qui doinie précisément une grande importance diagnostiiiue à l'étude des matières excrétées : celles des vomissements, les matières (écales ou de toute autre nature rendues par l'anus et les urines. [Y. Excrétions.)
2° Les Moyens d'exploration de l'abdomen sont nombreux.
D'abord Vinspection fait constater les colorations anomales de la peau, les taches, les macules, les éruptions, les abrès dont elle peut être le siège, les arborisations veineuses qui s'y dessinent (V. voies Circulatoires), les mouvements respiratoires dus aux contractions du diaphragme, et enfin la conformation générale de l'abdomen. Le développement du ventre est général ou partiel. 11 est uniformément développé dans les cas de météorisme généralisé, d'ascite avec épaucliement abondant, ou de tumeurs ayant envahi toute la hauteur de la cavité abdominale. Cet accroissement général du volume du ventre est assez souvent le premier signe de la péritonite chronique (Louis) ; mais il ne faut pas oublier qu'il peut simplement résulter, chez les rachitiques, de l'affaissement de la colonne vertébrale ou de la courbure exagérée des vertèbres lombaires. L'ampliation abdominale est, d'autres fois, seulement partielle, et sa coiislatalion est alors une source de nouvccuix signes : le météorisme localisé a servi à distinguer le siège analomique de certaines invaginations, et, en permettant aux anses intestinales de se dessiner en relief, il est un bon élément diagnostique de la péritonite chronique après la diminution du météorisme général. Les hernies de la ligne blanche, les kystes de l'ovaire, l'utérus développé, le foie, la rate, le rein augmentés de volume, et les tumeurs diverses de l'abdomen, peuvent soulever partiellement les parois de cette cavité dans une étendue plus ou moins restreinte, et faire ainsi soupçonner à la vue le siège analomique de la lésion.
La palpation s'exerce de différentes manières au niveau de l'abdomen , et les signes qu'elle fournit sont d'autant plus accentués que les parois abdominales sont plus relâchées, soit par une position convenable, soit par toute autre cause. (V. Palpation.) Le simple contact ou effleurement des téguments suffit pour y faire découvrir les rugosités d'une éruption d'abord invisible (sudamina), ou une hypéresthésie très-prononcée (dermalgie). La pression isolée d'un doigt à droite et principalement à gauche de la ligne blanche, y découvre des foyers de douleur névralgique, comme le glissement de la peau sur les muscles sous-jacents révèle quelquefois la sensibilité extrême de ces muscles (colique de plomb). L'application de la main à plat, ou palpation proprement dite, sert plus particulièrement à reconnaître la sensibilité, le volume, la consistance, la forme des organes contenus dans la cavité abdominale. Elle permet de percevoir la fluctuation, la sensation de frottement des surilices péiitonéales devenues rugueuses ou la collision des calculs biliaires. Enfin la palpation, ou plutôt la pression, en faisant passer momentanément une collection de liquide d'une cavité dans une autre, a pu éclairer le diagnostic dans des cas d'hydropisie de la vésicule biliaire, par exemple, avec liberté des conduits biliaires, ou dans certains faits d'abcès profonds s'étant fait jour sous la
ABlMTfSSEMEKT. — ArCKS. H
peau de raljdonicu, ou euliu tl'aljccs par coiii^cslion divisés par uu L'Iraiiiilcuieul iucouipiet.
La percussion de l'abdoincn, soiivcnl cuiployrr, est nue uiclliodc ex|)loralrice des plus indispensables pour préciser la j)()>ili()u cl K' volume des organes parenchyniateux ou celui des luiueurs voluiuiut'iises {oiileuues daus le vculre, eu coustaler la deiisilé cl jusipj'à uu ccilaiu point l'élasticilé, saus (puj la jicicussiou puisse toulefois pcruieltre de distinguer toujours si la nialilé obtenue licut à un oigaue augmenté de volume ou à une tumeur accidi-ntclle. La percussion [)e! iuet encore déjuger de la |iréseuce(lu licpiide daus le périloinc, cpiaud ou fait déjtlacer la nialilé par les cliangemenls de position du malade, de la présence des gaz dans I estomac ou dans les inteslins, de celle des matières fécales accumulées, et fré- (juemment de la distension anomale de la vessie par Lurine. On a aussi attribué à ce uïoyen l'audition du bruit hijilatiquc au niveau des kystes de ce nom.
l anscultatiofi est euiployée au niveau de l'abdomen pour l'aire mieux percevoir les bruils artériels, pour constalei' le murmure noté par M. Sappcy au niveau de la ddalaliou veineuse superficielle qu'il a signalée dans la cirrbose, et surtout pour ( onstater la grossesse dans des cas, moins l ares qu'on ne pense, où l'utérus, eu état de gestation, a été pris pour le mémo oiganc développé par une tumeur accidentelle. On a de plus conseillé l'auscultation pour reclierclier le bruit de rrottemenl l'critonéal dans les cas de péritonite cbronique. (F. FrottemI'RT.)
Rappelons encore que l'on complète parfois l'exploration abdominale eu employant les (liliéreuls moyens usités pour constater l'état de la sensibilité cutanée, c'esta-dire, outre le frôlement indiqué précédemment, le pincement, les picpjres, la cbaleur ou le froid ( V. AiNestuésies), en introduisant un stylet dans des plaies fisluleuses, en pratiquant au niveau de certaines tumeurs, que l'on suppose conlenirdes li(|uides, des ponctions exploratrices avtc un trocart })lus ou moins délié, ou enfin eu pratiquant Ucathctèrisme, soit vésical, soit utérin, qui éclaire sur la nature de certaines tumeurs occupant Ja partie inférieure de l'abdomen.
(^uaiil à la distinction anatomique des maladies des diflereuts organes de I abdomen, c'est uu point de pratique extrêmement complexe, vu la multiplicité de ces organes et leur agglomération dans une cavité relativement limitée. Ou se base en pareil cas sur le siège de la douleur et des autres signes locaux qui, rapprocbés des symptômes fonctionnels locaux et généraux et des signes indirects lourmspar les excrétions, constituent des ensembles de données diagnostiques plus ou mouis disiitK les, sur lesquelles je n'ai pas à insister dans ces généralités.
ABRUTISSEMENT. —Cette abolition de Lintelli gence et des sentiments qui ravale l'homme au niveau de l'animal est la conséquence de certaines altérations protondes de rencéphale, et caractérise en particulier Y idiotie plus ou moins complète. Elle est aussi le résultat de certains excès jioussés jusqu'à leurs dernières limites, et notamment des excès alcooliques.
ABSTINENCE. — Y. LxAMTmN.
ACARE. — y. Parasites.
ACCES. -—On ne saurait trop insister sur la nécessité d'être toujours préoccupe, dan> la pralnpie, delà forme intermittente des phénomènes pathologiques qui consliluenl des accès. Leur existence soulève en effet constamment une question pronostique si grave, celle des fièvres pernicieuses, que j'y reviendrai plusieurs fois