‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 79 sur 245 · ÉPIDÉMIE. — ÉPIGLOTTE · texte numérisé non relu

ÉPIDÉMIE. — ÉPIGLOTTE

Son diagnostic ne présente aucune difficullé. Si l'on pouvait avoir quelque raison de croire, vu les localités, qu'il peut exister une fièvre intermittente, dans laquelle le frisson et les sueurs sont pourtant mieux caractérisés, il suffirait d'attendre la reproduction de l'accès. Cependant il faudrait prendre garde, dans les contrées palustres, de considérer comme de simjiles fièvres éphémères des accès trompeurs de nature pernicieuse et qu'il serait imprudent de laisser reproduire. Dans le doute, en pareil cas, il vaut mieux croire à une fièvre d'accès et agir en conséquence.

ÉPIDÉMIE. — Lorsqu'il règne une épidémie dans une contrée ou dans un pays voisin de celui oij l'on observe, la connaissance de ce fait éveille l'attention du médecin, et par cela même facilite le diagnostic dans beaucoup de circonstances. Mais, d'un autre côté, il faut se tenir sur ses gardes pour ne pas toujours admettre l'existence de la maladie épidémique dès que l'on constate un ou plusieurs symptômes analogues à ceux qui la caractérisent. C'est surtout au début des épidémies que les erreurs de diagnostic peuvent être désastreuses.

EPIGASTRE. — Cette région, dont il a été déjà question à l'article Abdomen, correspond : en haut, au lobe gauche du foie qui peut, lorsque cet organe est Irès-augmenté de volume, envahir toute la région épigastrique ; à l'estomac, au pancréas, et, plus profondément, à l'aorte, au tronc cœliaque et à ses divisions, à la veine cave inférieure, et à la colonne vertébrale. Quoique l'accumulation du tissu adipeux sous- cutané soit moins abondante à l'épigastre qu'à la partie inférieure de l'abdomen chez les personnes obèses, l'embonpoint y est une condition défavorable à l'exploration. D'un autre côté, la maigreur prononcée et la flaccidité des parois abdominales peut faire percevoir des sensations physiologiques qui en imposent pour des phénomènes pathologiques; tels sont la saillie de la colonne vertébrale et les battements de l'aorte, qui peuvent faire croire à une tumeur, à un anévrysme.

i° Les signes que l'on constate à l'épigastre sont, à part la douleur, des signes physiques. — Les douleurs dont le malade rapporte le siège à l'épigastre ou que l'exploration y découvre, ont une grande importance pratique, et leur origine ou leur siège doivent être recherchés avec le plus grand soin, parce que cette constatation est souvent la base la plus sûre du diagnostic. — Outre les douleurs, on peut constater à la région épigastrique : des petites saillies sous-culanées sensibles à la vue ou seulement au toucher au niveau ou sur les côtés delà ligne blanche (Hernies), ou bien une distension générale de l'épigastre, due à la dilatation de l'estomac ou du côlon par des gaz, à une tumeur du foie ou au refoulement de la masse intestinale par une ascite ou par une tumeur abdominale considérable. La palpation, qui fait constater assez fréquemment des tumeurs à l'épigastre, pourrait induire en erreur, si l'on n'était prévenu, en faisant prendre pour une tumeur du pylore la saillie résistante de la partie supérieure du muscle droit, portion limitée par une intersection aponévrotique (F. Tumeurs). L'épigastre peut encore être le siège de battements visibles dont la valeur a été discutée ailleurs (F. Pulsations), et dont l'interprétation donne lieu à des erreurs assez fréquentes.

Pour la distinction anatomique des lésions qui ont leur sié^ïe à l'épigastre, voyez les articles consacrés aux difiérenls organes qu'on y rencontre.

ÉPIGLOTTE. — Cette soupape, placée à l'entrée des voies respiratoires profondes, est revêtue d'une muqueuse fine qui peut s enflammer, et être le siège d'une infiltration séreuse (œdème de la glotte), d'exsudats divers qui l'envahissent après

s'être développés d'abord dans les parties voisines, et à'ulcérations qui quelquefois détruisent lepiglotte en grande partie. Enfin il peut y avoir ]iaralysie des muscles aryténo-épiglottiques.

Les symptômes fonctionnels qui résultent des lésions de 1 epiglotte sont la conséquence de l'occlusion incomplète de la glotte au moment de la déglutition. Ils consistent dans une suffocation passagère due à la pénétration dans le larynx du liquide ou du solide à ingérer, et parfois dans son rejet par le nez au moment de la toux.

L'épiglotte n'est pas accessible à la vue ; mais elle n'est pas située si profondément dans le pharynx qu'on ne puisse l'atteindre avec l'extrémité de l'indicateur (V. Pharynx), qui peut apprécier son augmentation de volume, son degré de souplesse et ses ulcérations si elles l'ont détruite dans une assez grande étendue. Le doigt louchant l'épiglotte est un excellent guide pour l'introduction de la soude laryngienne (V. Larynx).

ÉPILEPSIE. — L'épilepsie est une névrose que l'on a cherché à expliquer par des hypothèses diverses : troubles circulatoires cérébraux, altérations du sang, pouvoir réflexe ou excito-moteur de la moelle épinière et principalement de la moelle allongée. Ces hypothèses, émises par MM. Bouchet et Cazauvieilh, Henle, Frerichs, Todd, Marshall-Hall, Brown-Sequard, Foville fds (Thèse 1857), ne sont pas assez rigoureusement déduites des faits cliniques pour être applicables à la pratique, ainsi que l'a démontré M. Jules Falret (Arch. de méd., 1859, t. XIV). M. Beau ^et Leuret ont publié deux très-bons Mémoires sur cette maladie {Arch. de méd., 1 845) .

1*^ Éléments du diagnostic. — L'épilepsie est essentiellement caractérisée par des accès de courte durée, ordinairement convulsifs et toujours marqués par une perte de connaissance et de sensibilité. Us se présentent sous deux formes dont la physionomie est tout à fait différente. Dans l'une, dite grand ou haut mal, la convulsion domine; dans l'autre, dite petit mal, c'est le vertige. Tantôt ces accès sont précédés de prodromes de congestion cérébrale ou d'autres troubles nerveux qui n'ont rien de caractéristique, et tantôt d'un signe prodromique beaucoup plus important qui précède immédiatement l'attaque, d'une aura, sensation variable et tout à fait particulière, douleur, prurit, froid, chaleur, se développant tout à coup dans un orteil, un doigt, un membre, ou dans un point du tronc ou de la face pour remonter graduellement jusqu'au cerveau. Aussitôt arrivée là, il y a perte de connaissance et développement de l'accès. Que le malade pousse ou non un cri, il tombe ordinairement privé de sentiment; en même temps le corps se roidit avec ou sans frémissement musculaire, la glotte se ferme, la respiration se suspend, les yeux, la face et le cou s'injectent, se tuméfient et prennent une teinte violacée, les veines jugidaires se distendent, le jooîi/s est faible et petit; après quelques sc- ' coudes, des secousses convulsives se succèdent, s'accompagnant d'expirations brusques qui chassent hors de la bouche une mousse blanche parfois teinte de sang. Enfin les muscles se détendent plus ou moins rapidement, une respiration bruyante, profonde et stertoreuse s'établit, le pouls devient plus fort, et, sauf une hébétude intellectuelle et une lassitude générale, qui elles-mêmes se dissipent plus ou moins rapidement, tout revient en l'état primitif [)our un temps plus ou moins long. Par leur plus ou moins d'intensité, ces symptômes peuvent varier à l'iiilini. — Les vertiges constituent un second ordre d'accès dans lequel il n'y a le plus souvent ni cri,

ni chute, ni convulsions générales. Ici les phénomènes ne varient pas seulement par leur intensité, mais ils diffèrent tellement, suivant les individus, qu'il serait impossible d'en donner une description générale. C'est ce qu'a fait remarquer M. Beau, qui a parfaitement signalé ces différences (Arch. de méd., 183G, t. XI). Ainsi quelquefois l'individu sera surpris tout à coup dans une conversation, et pourra au bout d'une seconde achever la phrase qu'il aura commencée; d'autres fois, il tombera comme foudroyé et restera une demi-heure privé de sentiment et d'intelligence, sans qu'il y ait, comme dans l'accès convulsif, aucun désordre musculaire. Tantôt l'individu ne pourra ni parler, ni se mouvoir, l'intelligence étant à demi conservée ; souvent il y aura quelques mouvements convulsifs, des actes désordonnés, des paroles incohérentes. Entin, dans les cas les plus nombreux, d'après les relevés de M. Beau, l'individu a le temps de s'asseoir, tombe ou fléchit ; sa face est pâle, immobile, les yeux sont fixes et hagards, ou bien il y a quelques légers tremblements des membres supérieurs et de la face. 11 reste ainsi quelque temps ; peu à })eu il s'anime, il se lève d'un air étonné. Enfin l'intelligence reparaît graduellement après une durée des phénomènes de deux à trois minutes.

En dehors de ces accès, il existe d'autres particularités que j'aurai à rappeler.

2" Inductions diagnostiques.— W semble au premier abord que rien ne soit plus simple que de reconnaître l'épilepsie lorsqu'elle est caractérisée par les phénomènes que je viens d'exposer. Il en est ainsi, en effet, pour les cas dans lesquels la maladie est déjà ancienne, lorsqu'elle s'est caractérisée par des accès plus ou moins multipliés, entre lesquels l'état général des fonctions a présenté les modifications particulières suivantes, qui concourent à établir le diagnostic. La face de l'épileptique, suivant la remarque d'Esquirol, finit par présenter comme caractères : le gonflement des paupières, V épaississement des lèvres, V incertitude du regard, la dilatation des pupilles. L'affaibhssement graduel de l'intelligence et de la mémoire {démence) qui succède à des accès répétés, les accès de manie subite et assez souvent furieuse, et les désirs érotiques au point d'anéantir toute pudeur (Leuret) , sont fréquemment observés ; le strabisme, des tics particuliers et d'autres troubles nerveux sont plus rares.

C'est dans les faits de ce genre, observés principalement dans les maisons d'aliénés, que les commémoratifs dénotent le plus souvent une vive frayeur comme cause première de la maladie. Je crois cette cause beaucoup plus fréquente qu'on ne le pense; il me paraît d'autant plus urgent de la rechercher par un interrogatoire attentif, que c'est une donnée étiologique fort utile au diagnostic. Chez un maniaque homicide soumis autrefois à mon observation, et sujet à de violentes céphalalgies, l'écume desséchée sur un des côtés de la bouche me fit découvrir des accès nocturnes d'épilepsie, et plusieurs interrogatoires vinrent confirmer le diagnostic en apprenant que les douleurs de tête (revenant après les accès) remontaient à une frayeur qu'éprouva le malade en sentant craquer sous ses pieds la glace d'une rivière gelée. J'ai vu un autre malade atteint de delirium tremens, chez lequel des hallucinations terrifiantes produisirent en ma présence une première attaque d'épilepsie, à laquelle le prédisposait d'ailleurs son alcoolisme, épilepsie dont la cause occasionnelle aurait pu facilement échapper. Lliérédité est aussi une circonstance dont il faut tenir compte.

En dehors des symptômes et de la particularité étiologique que je viens de rappeler, il faut avoir égard à la marche essentiellement chronique de la maladie et

ail retour des accès à des intervalles à peu près déterminés chez le même individu, sans que l'on puisse, comme l'a fait remarquer Leuret (Arch. deméd.,\Wô, t. U), prévoir le jour où l'accès aura lieu. Les accès peuvent d'ailleurs se rapprocher de manière à constituer des espèces d'attaques, pendant lesquelles on voit quelquefois survenir la mort par asphyxie.

î/épilepsie qui se présente avec ces différents caractères ne permet pas le moindre doute; c'est hien à une maladie particulière, bien déterminée par ses symptômes pendant la vie, que l'on a affaire. Mais la facilité du diagnostic est loin'd'ètre la même lorsqu'il s'agit du début de la maladie, ou bien d'accès dits épileptiformes survenant dans le cours d'autres alTections, et que Ton pourrait tout aussi bien dire épileptiques, tant la similitude des symptômes et des accès est complète.

A ne considérer que les accès convulsifs, la pratique ne tarde pas à convaincre, en effet, que la détermination des accès franchement épileptiques et des accès dits épileptiformes n'est pas aussi facile, pendant la vie, qu'on l'expose dans les livres. Cela vient de ce que la distinction est arbitrairement fondée sur une particularité qui souvent ne se reconnaît qu'après la mort : Yahsence ou Vexistence d'une lésion cérébrale. Aussi qu'arrive-t-il? C'est que, même parmi les cas d'épilepsie chronique paraissant idiopat biques, on en trouve qui présentent des lésions après la mort, tandis que des accès d'épilepsie véritablement idiopathique pourraient être pris à leur début pour des accidents épileptiformes symptomatiques.

Cette difficulté a été parfaitement comprise par les pathoiogistes qui, pour défendre la distinction anatomique de l'épilepsie et des accidents épileptiformes, ont cherché à formuler les caractères différentiels des deux formes. Vaura et l'expulsion de V écume par la bouche ont été signalées comme caractères distinctifs de la névrose épileptique. Mais l'aura a été rencontrée plusieurs fois dans des épilepsies dues à des tumeurs cérébrales, et il y a même plus : M. Bail a vu un fait de cette espèce, dans lequel l'explosion des accès, dus à une tumeur de la dure-mère, et annoncés par une aura siégeant autour de la bouche, était arrêtée lorsque la malade, sentant apparaître cette aura, se frappait la joue et les lèvres, ou avalaif une grande quantité d'eau froide {Recueil de la Soc. d^ohs., t. II). L'expulsion de l'écume est tout aussi peu pathognomoni(pie, car elle se produit avec les autres symptômes dans les accès dits épileptiformes.

Pour se prononcer dans les cas douteux oii les accès sont récemment apparus, il ne faut pas oublier que des accès épileptiformes ou, pour être plus explicite, des accès iVépilepsie symptomatique, avec les phénomènes convulsifs rappelés plus haut, peuvent éclater dans le cours de VJiystérie (hystéro-épilepsie), caractériser ime menstruation tardive (1) ,V éclampsie, la congestion ou Yhémorrhagie cérébrales, h paralysie générale des aliénés, Y alcoolisme chronique^ V intoxication saturnine, la colique nerveuse des pays chauds, V albuminurie, la présence d'entozoaires dans l'intestin (lombrics ou ténias). Il me suffit de rappeler ces conditions pathologitpies, que d'autres particularités sympLomati(]ues font habituellement reconnaître, mais qui quelquefois ne se caractérisent au premier abord que par des accès épileptiformes, comme l'intoxication saturnine, les entozoaires, l'albuminurie. En pareil cas, il suffit au praticien d'êti'c prévenu pour qu'il ne s'égare pas dans une fausse route.

U ne me paraît pas non plus nécessaire d'établir un diagnostic différentiel com-

ÉPILEPSTE. 345

plet entre les accès épileptiqiics, idiopalliiqucs ou symptomatiques, et les accès d'hystérie ou de catalepsie. Les accès frauclicment hystériques s'en distinguent en ce que leur foruie est essentiellement clonique et expansive, que l'intelligence n'est pas abolie dès le début, non plus que la sensibilité, qu'ils se prolongent au moins pendant une demi-heure, sans être suivis d'un sommeil comateux. — Quant aux accès de catalepsie^ leur forme tonique, avec absence de toute secousse convulsive et l'immobilité des attitudes données aux membres, ne permettent pas de les méconnaître.

En constatant l'épilepsie, ai-je dit, il est souvent difficile de décider s'il existe ou non une lésio7i de l'encéphale ou de la moelle épinière. Cependant il sera quelfois possible de se prononcer pour l'existence d'une tumeui\ si avec les accès convulsifs coexistent des troubles chroniques intellectuels différents de la démence ordinaire des épileptiques, ou des troubles des sens ou de la sensibilité générale. L'existence préalable des signes de syphilis constitutionnelle pourra aussi faire soupçonner qu'une exostose intra-cranienne est la cause des accès épileptiques, ainsi que M. Gamberini en a publié un exemple. Mais si les accès convulsifs sont le premier signe grave observé, il sera difficile de diagnostiquer une épilepsie symptomatique, à moins toutefois que des signes de tuberculisation pulmonaire avancée ne permettent de soupçonner un tubercule cérébral. Les troubles propres aux affections delà moelle épinière montreront qu'une lésion de cet organe est le point de départ de l épilepsie observée, si les accès convulsifs sont survenus ultérieurement.

En constatant l'existence de l'épilepsie, on détermine en même temps sa forme vertigineuse ou convulsive. C'est surtout sous cette dernière forme que l'on peut s'attendre à la voir se compliquer à' aliénation mentale (manie, démence), àliystérie, de catalepsie, àHnflammation cérébrale, de paralysies partielles, sans compter les blessures qui résultent des chutes subites, la section de la langue par les dents, etc. Les chutes des épileptiques dans le feu sont fréquentes, et souvent il en résulte d'horribles cicatrices de la face, qui sont, ainsi que les ecchymoses, des stigmates qui font deviner Fexistence de la maladie lorsque, en même temps, il existe une stupidité caractéristique de la face résultant de Tobtusion intellectuelle.

o*" Le pronostic de l'épilepsie est très-grave; mais la maladie n'est pas toujours nécessairement mortelle lorsqu'elle n'est pas symptomatique d'une lésion irrémédiable des centres nerveux. On a dit la forme vertigineuse plus dangereuse que la forme convulsive, mais sans le démontrer. C'est par la répétition fréquente des accès, surtout lorsqu'ils constituent des attaques pendant lesquelles les accès qui se succèdent coup sur coup entretiennent la perte de connaissance et les congestions cérébrale et pulmonaire, que la mort est à craindre; elle a lieu alors par asphyxie. Dans les chutes subites à l'invasion des accès, le malade peut se tuer sur le coup, ou par suite soit d une brûlure, soit d'une chute dans l'eau.

On doit à M. Herpin {Du Pronostic et du Traitement curatif de V épilepsie) d'avoir démontré que la guérison de l'épilepsie peut être obtenue beaucoup moins rarement qu'on ne le pensait, et d'avoir fait connaître le critère au moyen duquel on peut mesurer d'avance, avec une suffisante exactitude, les chances de guérison. Chez les malades qui n'ont que des vertiges, s'ils ne durent pas depuis plus de dix années, la guérison paraît être presque constamment assurée. Le pronostic est tout à fait favorable au-dessous du nombre de cent accès ou attaques, peu favorable de cent à cinq cents, et défavorable au-dessus de cinq cents. J'ai pu

346 ÉriPLOoîss. — épistaxis.

vérifier la justesse de cette règle générale appliquée à une jeune malade, à laquelle j'ai donné des soins il y a quelques années ; elle avait eu bien moins de cent accès qui étaient parfaitement caractérisés et survenus à la suite d'une frayeur trèsvive. La guérison, due à l'oxyde de zinc pris pendant trois mois, s'est parfaitement maintenue. Georget a fait remarquer que la suspension des accès avait lieu pendant tout le cours d'une maladie accidentelle et grave, mais qu'ils reparaissaient ensuite. On a aussi vu les accès se suspendre longtemps à la suite d'une énorme hémorrhagie. Ce n'est que par exceptions très-rares que l'on a constaté des guérisons spontanées. J'en ai observé une très-remarquable chez une femme atteinte de démence par suite d'une épilepsie déjà très-ancienne; les accès se suspendirent, peu à peu l'intelligence se rétablit, et ce rétablissement durait depuis plusieurs années lorsque je cessai de voir la malade.

ÉPIPLOONS. — Occupant simultanément les différentes parties de l'abdomen, à moins que la masse intestinale ne soit refoulée par un épanchement ou une tumeur considérable, les replis du péritoine qui portent le nom d'épiploons sont le siège d'un seul genre de lésions qui puissent être constatées par l'exploration de l'abdomen : ce sont les tumeurs qui s'y développent. Ces tumeurs, de nature diverse, siègent dans les ganglions ou hors des ganglions, et ne peuvent être senties à la palpation qu'autant qu'elles n'occupent pas les profondeurs de l'abdomen.

ÉPISTAXIS. — Cette hémorrhagie des fosses nasales, dite aussi rhinorrhch gie^ est extrêmement fréquente. Plus loin, à propos des hémorrhagies, j'ai indiqué bien des particularités de son diagnostic, sur lesquelles je ne reviendrai que d'une manière incidente.

1" Caractères, — Ce n'est que par exception que l'épistaxis, considérée en général, est précédée des signes précurseurs d'un molimen hémorrhagique, et si les anciens ont tant insisté sur ces prodromes, c'est qu'ils ont fréquemment envisagé comme tels des symptômes propres à la maladie dont l'épistaxis n'était elle-même qu'un signe. Cette hémorrhagie se manifeste par l'écoulement du sang hors des narines ou par son écoulement dans le pharynx par les orifices postérieurs des fosses nasales, si l'individu est couché. — Le sang qui s'écoule par les narines, cas le plus ordinaire, est d'une abondance très-variable et parfois très-considérable. Rarement on peut voir, en examinant l'intérieur des cavités nasales, et comme l'a indiqué M. Gendrin, s'écouler le sang du point qui le fournit. — Lorsque, pendant le décubitus, le sang s'écoule du côté du pharynx, on peut voir le malade opérer fréquemment des mouvements de déglutition, et, si l'on explore l'arrière-bouche, on voit alors le liquide sanguin s'écouler en nappe sur la paroi postérieure du pharynx, d'oii il est dégluti vers l'estomac.

Comme conséquences de l'épistaxis, lorsqu'elle est très-abondante, on voit survenir de la pâleur, la petitesse du pouls, le refroidissement des extrémités, etc., en un mot les signes communs aux grandes pertes de sang. Le sang ingéré dans l'estomac provoque au bout d'un certain temps des nausées et même le vomissement de caillots àmuhni une hérnatéînèse; de même que, les jours suivants, si le sang passe dans les intestins et sort par l'anus, combiné aux matières fécales, on peut croire à une hémorrhagie intestinale . Enfin le sang, agité avec une certaine quantité d'air dans le pharynx, et devenu ainsi rouge et spumeux, peut, selon Borsicri, être craché et simuler une hémoptysie.

ÉRUPTIYES (fièvres). 547

Lorsque l'on a pratiqué le tamponnement des fosses nasales nécessité par l'abondance de l'hémorrhagie, le sang reflue quelquefois par les points lacrymaux, et simule aussi une hémorrhagie de la conjonctive.

2° Conditions patliologiqiies et signillcation. — L'épistaxis étant reconnue, il faut en chercher la condition pathologique. Rarement il y a une lésion ulcéreuse ou un polype qui' peuvent l'expliquer. Dans presque tous les cas, il n'existe aucune lésion locale ; et alors l'épistaxis est le plus souvent symptomatique d'affections locales éloignées ou de maladies générales diverses que j'ai rappelées ailleurs (V. Hémo-

RRHAGIES) .

D'abord toute affection thoracique produisant un obstacle mécanique au cours du sang veineux, et principalement au niveau de la veine cave supérieure (tumeurs) ou des orifices du cœur, provoque facilement l'épistaxis, qui n'est alors qu'un épiphénomène très-secondaire. Cette hémorrhagie a été signalée comme fréquente dans les maladies du foie. Elle n'est pas rare non plus dans le cours et par le fait de la grossesse.

Parmi les hémorrhagies multiples qui accompagnent certaines maladies générales aiguës ou chroniques, parmi lesquelles je rappellerai surtout les pyrexies, les cachexies, le purpura hémorrhagique, le scorbut, l'hémophilie, l'épistaxis est, des manifestations hémorrhagiques, la plus fréquente. Son importance comme signe est surtout manifeste dans l'affection typhoïde vers son début, lorsque, par conséquent, le diagnostic peut présenter le plus d'obscurité.

On admet que l'épistaxis est essentielle lorsque, en dehors de toute affection apparente qui puisse la produire, on la voit survenir chez des sujets qui ont une constitution forte, ou qui se sont exposés à une température élevée, à l'insolation, à un régime excitant, ou qui ont fait abus de boissons alcooliques.

L'épistaxis n'a de gravité que par son extrême abondance, à laquelle on peut remédier par le tamponnement des fosses nasales. V. Hémorrhagies.

ÉPIZOAIRES. — F. Parasites.

ÉPREINTES. — V. Tékesme.

ÉRECTIONS. — V. Priapisme.

ER60TISME. -— V, Lmoxicatioks.

ÉRUPTIVES (fièvres) . — Les fièvres éruptives forment un groupe de maladies générales distinctes par les phénomènes fébriles qui se montrent dès leur invasion, par une éruption exanthématique essentiellement transitoire et aiguë, par une marche habituellement régulière dans ses phases ou périodes (incubation, prodromes, éruption, desquamation), et enfin par leur nature épidémique et contagieuse.

La variole, la scarlatine, la rougeole, la miliaire, Vérysipèle de la face quoique non contagieux, et certaines urticaires, composent ce groupe de maladies, dont il faut éloigner les éruptions cutanées habituellement chroniques et qui peuvent quelquefois être précédées d'une fièvre peu durable, comme l'herpès plus ou moins générahsé, l'acné, l'ecthyma, l'eczéma, le purpura.

Le signe pathognomonique des fièvres éruptives est l'éruption elle-même, lorsque ses caractères ne peuvent être mis en doute. Malheureusement cette éruption est plus ou moins tardive suivant la maladie. Jusqu'à ce qu'elle se soit montrée, on ne peut que soupçonner la nature de la maladie à la fièvre et à la nature des prodromes du début : coryza, toux, larmoiement pourla rougeole; angine gutturale pour la scarlatine; douleurs lombaires et papules pharyngiennes pour la variole; engorge-

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