FORCES (ÉTAT DES
cidences qui rendent la folie fatalement mortelle, sauf dans des cas très-exceptionnels, du moins pour l'épilepsie, comme j'en ai rappelé un exemple (p. 546), dans lequel une démence ancienne a guéri sous l'influence de la disparition des accès épileptiques. La folie héréditaire expose principalement aux récidives.
FOLLIGULITE. — V. Acné et Vulvite.
FONCTIONNELS (Symptômes). — V. Examen des malades.
FORGES (État des). — Envisagé d'une manière générale, l'état des forces est subordonné aux causes qui peuvent influer sur l'action musculaire, soit en l'excitant outre mesure, soit au contraire en la déprimant, soit enfin en donnant lieu à une perversion manifeste de cette action.
L'état général des forces est exagéré dans l'agitation ou la fureur délirantes, et dans des affections convulsives généralisées. On sait combien il est souvent difficile, en pareil cas, de maintenir les patients, et combien le degré de résistance qu'ils opposent est parfois extraordinaire relativement à l'état habituel de leur force musculaire. Cette énergie excessive des mouvements n'a d'ailleurs par elle-même qu'une signification secondaire, vis-à-vis du délire et des convulsions.
La diminution générale des forces est beaucoup plus commune que leur exagération. L'affaiblissement, l'abatlement, la prostration, l'adynamie, lecollapsus, en constituent autant de degrés différents, qui sont maintes fois la première donnée du diagnostic. L'attitude seule du malade révèle son degré de prostration.
La perversion des forces musculaires en a imposé longtemps pour un affaiblissement paralytique; mais, de nos jours, on se rend mieux compte de cette perversion, etTon sait que ceYid.meë lésions du cervelet, un assez grand nombre d'affections dites parahjsies générales, et la maladie, encore obscure dans sa nature, que M. Duchenne (de Boulogne) a appelée ataxie locomotrice, présentent cette perversion des forces musculaires générales.
L'état des forces est un des éléments des phénomènes généraux des maladies. On peut donc établir que, dans les maladies aiguës, l'état des forces est influencé principalement par la fièvre. L'intensité de la fièvre produit, en effet, par elle-même, ou un accroissernent insolite ou une dépression plus pu moins notable des forces; mais ce sont surtout les fièvres proprement dites, constituant des maladies générales graves, qui ont une influence marquée sur l'état des forces. Elles dépriment souvent dès le début d'une manière tellement notable, que la prostration est alors d'une valeur séméiologique très-grande. C'est, par exemple, ce qui arrive au début de la fièvre typhoïde, du typhus, de la peste, etc., dont les premiers symptômes ne sont nullement en rapport avec le degré d'abattement et de faiblesse que présente ordinairement le malade. Il serait oiseux du reste de chercher à faire une énumération particulière de toutes les maladies aiguës dans lesquelles les forces sont notablement altérées. La prostration adynaniique est surtout fréquente chez les vieillards.
Dans les maladies chroniques, la dépression des forces peut exister aussi dès le début, comme on le voit dans le scorbut. La faiblesse est prononcée dans le rachitisme et même dans la nostalgie. Mais ce sont principalement les affections dans lesquelles l'organisme subit des pertes incessantes qu'il ne peut réparer, ou bien dans celles qui entraînent une cachexie graduelle dont la cause intime reste un mystère, que la perte graduelle des forces est incessante et fatale. Elle reste ordinairement
382 FOURMILLEMENTS. FRAMBŒSIA.
plus OU moins stationnaire après ses premiers progrès, dans les cas si fréquents d'anémie; toutefois elle n'est que temporaire à la suite de pertes accidentelles de sang.
Dans la convalescence des maladies, l'état des forces présente ce caractère que leur retour est d'autant plus rapide que la maladie a été de plus courte durée, et au contraire d'autant plus lent que la maladie a été plus prolongée et plus grave.
FORME. — V. Inspection.
FOSSE ILIAQUE. — F. Iliaque (Région).
FOSSES NASALES. — V. Nasales (Régions).
FOURMILLEMENTS ou F(mMIGATIONS. — Les fourmillements que les malades accusent dans les extrémités, et principalement dans les extrémités inférieures, consistent en des sensations diverses plus ou moins pénibles puisqu'ils peuvent ressembler à des piqûres d'aiguilles multipliées. Le plus ordinairement les fourmillements coïncident avec une diminution de la sensibilité cutanée au même niveau.Us sont parfois généralisés à une des extrémités, ou limités à la zone de l'épanouissemént d'un nerf, au niveau de l'annulaire et du petit doigt d'une main, par exemple.
Les fourmillements qui occupent avec persistance les deux extrémités inférieures simultanément doivent faire redouter un ramollissement de la moelle épinière {myélite). Ils sont aussi un signe de la méningite rachidienne, et des pertes séminales involontaires. Dans une extrémité supérieure, ils peuvent faire penser au début d'un ramollissement cérébral (cérébrite); mais ce signe, que je suppose ainsi isolé au début de la maladie, ne tarde pas à être accompagné, s'il ne l'est d'abord, d'autres signes d'une grande importance, tels que des douleurs locales au niveau de ïa lésion, des contractures ou bien des paralysies de la myotilité et de la sensibilité. En pareil cas, la valeur des fourmillements ou des engourdissements n'est plus que secondaire. Il en est de même lorsqu'ils résultent de \ oblitération artérielle ou veineuse des membres.
Enfin les fourmillements, après s'être limités aux extrémités supérieures et inférieures, envahissent ensuite tout le corps dans Yergotisme convidsif, en l'absence de lésions matérielles. Il ne faut pas oublier d'ailleurs que les fourmillements peuvent se rencontrer dans une foule d'autres cas où il n'existe pas de lésions, et que, de même que la paralysie, ils ne sont quelquefois qu'un signe de névroses. Il faudra donc se garder de se prononcer immédiatement sur la signification des fourmillements des extrémités, et tenir compte de l'ensemble de toutes les données qui pourront servir au diagnostic.
FRACTURES. — Je n'entends rappeler sous ce titre que les fractures spontanées qui s'opèrent subitement : dans Vostéomalacie; au niveau des os altérés par une lésion cancéreuse ou syphilitique, ou même au niveau des os sains, comme plusieurs observateurs Font constaté pour les côtes pendant les secousses d'une toux opiniâtre. M. Hérard a communiqué un fait remarquable de ce dernier genre à la Société des Hôpitaux. M. Malgaigne et M. Cazeaux (qui regarde la grossesse comme une cause prédisposante) en ont aussi rencontré des exemples.
FRAMBŒSIA. — Le frambœsia est connu en Amérique sous le nom de pian ou épian, et en Afrique sous celui à'yaius. Il est caractérisé, sur des surfaces de la peau plus ou moins étendues, par des tubérosités semblables à de petites végétations
rouges, isolées à leur sommet, réunies à leur base sous forme de tubercules durs et résistants et dont l'aspect et le volume rappellent les framboises ou les mûres. Ces tuhérosités débutent par de petites taches d'un rouge obscur, et une fois développées elles se recouvrent de squames sèches, quelquefois s'ulcèrent, et le liquide sanieux qui s'écoule de Vulcération de mauvaise nature peut se dessécher en croules ^'jya 155^5 autour des végétations, et les rendre pendant quelque temps méconnaissables. Le docteur Rufz, qui a observé fréquemment cette affection à la Martinique, m'a dit qu'elle n'était pour lui rien autre chose qu'une lésion syphilitique, ce que son caractère contagieux vient confirmer.
FRÉMISSEMENT. — Le nom de frémissement, donné au simple tremblement musculaire, doit être réservé pour exprimer une sensation tactile, dont les caractères varient, et qui constitue un signe plus ou moins important. La principale de ces sensations est le frémissement cataire ou vibratoire de Laënnec, dont il sera plus particulièrement question dans cet article. On a aussi appelé frémissement hydatique la sensation de frémissement particulier que donne la percussion de certaines tumeurs hydatiques. Enfin l'on doit ajouter le frémissement que la main perçoit au niveau des poumons, comme au niveau du cœur. Il est à remarquer que, dans ces deux derniers cas, le frémissement a son point de départ dans la séreuse (frottement) ou dans l'organe sous-jacent. Au niveau du cœur, en effet, le frémissement vibratoire imprimé à la main se produit entre les feuillets du péricarde deverui rugueux, ou bien au passage du sang au niveau d'indurations ou d'inégalités des orifices; au niveau des poumons, c'est tantôt encore le frotlement des feuillets opposés de la séreuse, c'est-à-dire de la plèvre, et tantôt la crépitation de gros râles bullaires dans les cavités aériennes, qui donnent lieu à la production du phénomène.
Ces différentes espèces de frémissement, dont on pourrait encore augmenter le nombre, mais sans aucun intérêt pour la précision du diagnostic, sont loin d'avoir tous la même importance. Celui de moindre valeur est le frémissement bullaire, qui se produit dans les bronches et dans des cavités accidentelles oii circule l'air à travers des mucosités (bronchite capillaire généralisée, asphyxie par écume bronchique, cavernes pulmonaires). Les frémissements pleurétique et hydatique, dont il a été question à propos du FROTTEMENT (bruit de) et des hydatides, et le frémissement péricardique et cardiaque surtout, ont une bien plus grande importance.
Ce dernier, dénommé frémissement cataire, mérite une attention toute particulière. Il donne à la main de l'observateur appliquée à la région précordiale, la sensation d'une succession de frôlements ou de frottements plus ou moins rudes (suivant son intensité), synchrones avec chaque retour des mouvements du cœur, ainsi que l'on peut s'en assurer en tâtant le pouls du malade, en même temps que l'on explore la région précordiale.
Lorsque l'on constate le frémissement vibratoire ou cataire à la région précordiale, il faut d'abord établir son véritable siège dans le péricarde ou dans le cœur, car cette distinction a une très-grande importance.
Le frémissement péricardique est plus superficiel, parfois saccadé, et il est plus intense à l'auscultation qu'à la palpation.
Le frémissement vibratoire produit dans l'intérieur du cœur, et auquel Laennec a spécialement appliqué la dénomination de cataire, paraît plus profond que le frot-