‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 94 sur 245 · FRIGIDITÉ. — FROISSEMENT PULMONAIRE · texte numérisé non relu

FRIGIDITÉ. — FROISSEMENT PULMONAIRE

tementpéricardique; il est uniforme et sans saccades, et à l'auscultation, son intensité, au lieu d'augmenter, diminue, parfois même se transforme en souffle. Dans les deux variétés de frémissement, l'auscultation fournit d'ailleurs les caractères différentiels des bruits anomaux qui accompagnent alors le frémissement vibratoire (F. Frottement, p. 385).

Ces caractères différentiels ne doivent pas être oubliés, car il n'est pas rare d'avoir à décider la question de siège du bruit anomal, et cette question est toujours grave; car il s'agit de déterminer si l'on a affaire à une péricardite ou bien à une lésion chronique profonde des valvules du cœur. La péricardite, en effet, est ordinairement curable ou en voie de résolution, tandis qu'une lésion valvulaire est essentiellement incurable et progressive.

FRIGIDITÉ. — Appliquée aux fonctions génitales, cette dénomination exprime leur inertie fonctionnelle, même dans les conditions les plus favorables à l'excitation du sens génésique. La frigidité se remarque dans un certain nombre de conditions pathologiques, mais elle n'a d'importance que dans un petit nombre de circonstances et notamment chez les sujets atteints de pertes séminales involontaires ^ et chez ceux qui ont été soumis à l'intoxication par le sulfure de carbone. Dans ce dernier cas principalement, la frigidité est un symptôme important (Delpech); mais dans Jes faits rapportés, on ne voit pas ce signe exister isolément et marquer le début de la maladie (V. Pertes séminales. Intoxications).

FRISSONS. — y. Fièvre.

FROID. — V. Galorification. .

FROISSEMENT PULMONAIRE (rale ou bruit de) . — M . Fournet a ainsi désigné un bruit anomal d'auscultation dont les caractères et les conditions organiques ne sont pas parfaitement définis. Il en distingue trois formes : 1° à son plus haut degré, c'est un bniit de cuir neuf (se passant dans les voies aériennes), qui ne diffère du bruit de cuir neuf de la péricardite qu'en ce que son timbre a quelque 'chose de plus aigu ; 2° à un degré moins élevé, c'est une sorte de bruit plaintif, gémissant, à intonations variées suivant l'état d'oppression du malade, suivant la force et la rapidité de la respiration; 5° enfin à son troisième degré, qui est le plus faible et le plus fréquemment observé, il rappelle tout simplement le bruit léger, rapide et sec que l'on obtient en soufflant sur du papier très-fin, comme par exemple le papier sec et transparent nommé papier végétal (Rech. sur Vauscultation, 1859). Suivant le même observateur, ce bruit de froissement se produit ordinairement pendant l'inspiration, parfois aussi dans l'expiration, mais alors il est moins prononcé que dans l'inspiration ; son intensité est en raison directe de la force avec laquelle le malade respire.

Suivant M. Fournet, ce bruit anomal s'entendrait principalement dans la phthisie pulmonaire, et serait un signe diagnostique de cette affection dans la seconde moitié de la première période et au commencement de la seconde. Il reconnaît toutefois l'avoir rencontré chez une femme dont les poumons étaient fortement com-. primés et aplatis par une tumeur du médiastin, et chez une autre malade, au niveau d'une caverne vide, à parois denses et flexibles, ressemblant parfaitement à une lame de cuir, et produisant le bruit de froissement par son mouvement de va-etvient.

Le râle de froissement pulmonaire serait un bruit sec, indépendant de toute sé-

FRÔLEMENT, FllOl TEMENT. 585

crétion humiile; or, c'est précisément ce que M. Fouriiet ne s'est pas assez attaclié à démontrer, en se contentant de dire que ce bruit résulte du froissement du tissu pulmonaire « luttant avec effort et avec bruit contre Tobstacle qui gêne son expansion. » 11 ne dit pas, en effet, si la toux modifie ou non le bruit anomal, circonstance qui est cependant capitale; car on peut admettre la présence de mucosités plastiques, comme cause du phénomène, si la toux le fait disparaître, tandis que son intégrité après la toux et sa persistance avec les caractères d'abord constatés, devraient le faire considérer comme un bruit que j'appellerai de tissu, et indépendant de toute sécrétion humide. Quant à moi, j'ai presque toujours rencontré les bruits variés rangés par l'auteur sous la dénomination de râle ou bruit de froissement dans la catégorie des râles plus ou moins humides, et par conséquent dans des conditions pathologiques très-diverses. Comme bruit respiratoire sec ou de tissu, je n'ai trouvé dans la phthisie, outre la respiration bronchique, caverneuse ou amphorique, que la respiration que j'appelle ^m?2ît/ew5^, mais qui est essentiellement différente par ses caractères des variétés du bruit de froissement de M. Fournet. F. Granuleuse (respiration.)

FROLEMENT, FROTTEMENT (bruits de). — Quel que soit le siège du bruit de frottement, il exprime toujours le froissement réciproque de deux surfaces plus ou moins rugueuses passant lentement l'une sur l'autre. 11 offre des degrés très-variés, depuis le simple frôlement jusqu'à la rudesse la plus accentuée, que l'on a comparée au bruit du cuir neuf, ou d'une râpe en action. Il résulte presque toujours de la perte du poU des séreuses par suite de leur inflammation.

Ce bruit de frottement se constate au niveau des plèvres, du péricarde, du péritoine ou de la tunique vaginale.

A. Plèvres. — Le bruit de frottement pleurétique signalé par Honoré et étudié par M. Reynaud {Journ. hebdom. deméd., 1829, n« 65) s'entend à l'auscultation surtout dans l'inspiration, rarement dans les deux temps, et quelquefois seulement à la fm des longues inspirations. 11 siège tantôt en dehors de la poitrine, oii l'amplitude plus grande des mouvements respirateurs le fait plus fréquemment constater, tantôt en avant dans la région sous-claviculaire, tantôt en arrière vers le sommet ou vers la base. Il est rarement généralisé. 11 m'a paru offrir quatre degrés différents caractérisés : 1° par un simple frôlement; 2° par un bruit inégal analogue à un râle obscur, ce qui lui a fait donner le nom de frottement-râle par M. Damoiseau [Arch. de méd., 1843) ; 5° par un bruit sec, râpeux et saccadé, produisant parfois un frémissement sensible à l'application de la main ; 4° enfin par un bruit très-intense, que l'on a comparé à la crépitation osseuse, et qui non-seulement donne lieu à un frémissement vibratoire à la palpation, mais qui est perçu par le malade lui-même et par l'oreille de l'observateur à une certaine distance de la poitrine.

On ne peut méconnaître l'existence du bruit de frottement pleurétique que dans les deux premiers cas, où l'on croit quelquefois avoir affaire à un râle. Mais cette erreur n'est pas inévitable comme l'a avancé M. Trousseau {Soc. des Hôp., mai, 1859) ; car les conditions dans lesquelles se montre le bruit de frotlement [début et résolution de la pleurésie), la persistance de ses mêmes caracièies pendant plusieurs jours et malgré les secousses de toux, l'absence fréquente de toux spontanée et surtout d'expectoration, suffisent parfaitement pour iaire rejeter l'exis-

FPxÔLEMEINT, FROTTEMENT.

tence d'un râle humide dont le caractère essentiel est d'être sensiblement modifiable par la toux, par l'expectoration et par les progrès de la maladie.

Les conditions organiques et pathologiques du bruit de frottement pleurétique sont la perte du poli normal des surfaces opposées de la séreuse, dont les feuillets sont encore mobiles 1 un sur l'autre dans les mouvements respiratoires. Cette perte dépoli est principîdement l'effet de T inflammation de la plèvre (p^ewrész^), et le bruit de frottement t\m en résulte indique que les deux feuillets de la séreuse sont contigus, et par conséquent qu'il n'y a pas encore ou qu'il n'y a plus d'écartement de ces feuillets par un liquide épanché.

Le bruit de frottement, avec une simple douleur thoracique comme antécédent, peut révéler une pleurésie ne s' annonçant par aucun autre phénomène, et le malade continuant à vaquer à ses occupations. M. Louis m'a dit avoir observé des faits de cette espèce, et j'en ai moi-même recueilli un exemple. On a signalé aussi la pneumonie, V emphysème interiohulaire du poumon, les tubercules superficiels, et des altérations organiques de la plèvre comme pouvant produire le bruit de frottement; mais ce sont là des cas au moins exceptionnels et dans lesquels on a dû, confondre souvent le bruit qui m'occupe avec celui de la respiration granuleuse (V. ce mot).

B. PÉRICARDE. — Ici le bruit de frottement, siégeant à la région précordiale, présente d'ailleurs les mêmes caractères que celui qui se produit au niveau de la plèvre; seulement il est isochrone avec les mouvements du cœur, comme celui des plèvres l'est avec les mouvements respiratoires. Et de même que celui de la plèvre est quelquefois confondu avec un râle intra-pulmonaire, de même le frottement péricardique est pris parfois pour un souffle ou un bruit de râpe intra-cardiaque ou valvulaire. Il présente dans certains cas une particularité distinctive qui est caractéristique :^ c'est d'être constaté pendant le décubitus du malade et de disparaître dans la station assise par suite du nivellement du liquide, qui est caché derrière le cœur dans le décubitus, et qui s'interpose en avant entre les feuillets du péricarde dans la station assise (Bouillaud).

Lorsque ce signe pathognomonique n'existe pas, on peut se baser sur d'autres particularités distinctives des deux bruits. Le frottement péricardique est superficiel, saccadé, circonscrit, et ne se prolonge pas dans les gros vaisseaux (carotides) ; le bruit anomal intra-cardiaque est plus profond, sans saccades, plus étendu, et se pro-' longe fréquemment dans les gros vaisseaux. Enfin le frémissement vibratoire, perçu par la palpation, est moins accentué que le bruit auscultatoire lorsqu'il y a frottement dans le péricarde, tandis au contraire que le frémissement valvulaire est plus prononcé que le bruit perçu par le stéthoscope.

C. PÉRITOINE. — Le bruit de frottement au niveau de la partie supérieure de l'abdomen, oii il est perçu par l'auscultation au moment du refoulement des organes abdominaux dans une forte inspiration, présente toutes les nuances du bruit de frottement pleurétique depuis le simple frôlement jusqu'au bruit de cuir neuf. Il a été indiqué comme un signe de péritonite tuberculeuse. Mais malgré ce que Laennec, MM. Després, Bealty (de Dublin), Corrigan, Bright et Bobert Spittal ont écrit sur le bruit de frottement abdominal, il est resté un signe exceptionnel par sa rareté. Le bruit de frottement n'est pas seulement perçu par l'auscultation au niveau de l'abdomen; selon M. Bright, la palpation percevrait encore une sensation

FULIGINOSITÉS. GALE. 387

de crépitation (comme le froissement d'un cuir neuf) au niveau des adhérences péritonéales qui résultent de Tinflammation de la séreuse {V. Adhérences, p. 19).

D. Tunique vaginale. — Pour terminer ce qui est relatif au bruit de frottement, il me reste à rappeler que l'on peut le percevoir dans l'orchite varioleuse, signalée parM. Béraud, et dans laquelle il a reconnu la sensation de frottement en soulevant le testicule avec précaution avec les quatre derniers doigts de la main droite, et en pressant doucement avec le pouce pour chasser le testicule vers l'anneau {Arch. de méd., 1859, t. XIII).

FULIGINOSITÉS. — Ces concrétions brunâtres ou noirâtres qui se remarquent dans la cavité buccale au pourtour des dents, sur la langue et autour des lèvres, résultent de la dessiccation du mucus et de la salive, mélangés d'une certaine quantité de sang exsudé. Leur formation est favorisée par le passage incessant de l'air par la bouche entr'ouverte. Les fuliginosités sont un des signes principaux de l'état typhoïde. V. Typhoïde (état.)

FURIE. — V. Parasites animaux.

FURONCLES. — L'éruption successive d'un nombre plus ou moins grand de furoncles, se rattachant évidemment à un état général mal connu, constitue quelquefois une véritable maladie qui, pour être sans danger, n'en est pas moins extrêmement gênante. Son diagnostic ne présente pas la moindre difficulté. Le volume des furoncles empêche de les confondre avec des éruptions ecthymateuses, ce qui a son importance, l'ecthyma multiple pouvant, dans certains cas, faire soupçonner soit l'existence d'une syphilis constitutionnelle, soit l'ingestion de l'iodure de potassium.

Les éruptions furonculeuses sont quelquefois la conséquence d'une menstruation tardive (?), d'un traitement sidfîireiix ou d'un premier voyage sur mer. Il n'est pas très-rare de les constater comme accident consécutif des pyrexies. Enfin il est bon de se rappeler que le filaire ou dragonneau détermine sous la peau une inflammation localisée qui a l'aspect d'un furoncle (F. Parasites).

GALAGTIRRHÉE ou GALACTORRHÉE. — M. N Guéneau de Mussy, à propos d'un cas du flux laiteux désigné par cette double dénomination, a pubhê un bon travail sur ce sujet [Arch. de méd., 1856). 11 fait remarquer avec raison que les exemples de productions de lait en dehors des conditions habituelles, €t sans aucun trouble pour la santé, constituent des anomalies physiologiques plutôt que des maladies. La galactorrhée ne doit prendre place dans le cadre nosologique que lorsqu'il y a à la fois sécrétion anomale du lait et, comme conséquence de son abondance, désordres dans la santé, tels que l'amaigrissement, la décoloration des tissus, la faiblesse musculaire et l'alanguissement des fonctions digestives. Ainsi limitée, la galactorrhée, qui s'accompagne de tuméfaction douloureuse des seins, est une affection rare.

GALE. — Pour la plupart des observateurs, la gale est une affection contagieuse produite par un acare,et par conséquent une maladie essentiellement parasitaire. Pour d'autres elle est, comme pour les anciens, une aflection constitutionnelle qui peut être spontanée, quoiqu'elle soit transmissible par contagion. Je n'ai pas à discuter ces différentes doctrines. La première me paraît réunir en sa faveur les raisons les plus légitimes.

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