‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 98 sur 245 · GASTRALGIE · texte numérisé non relu

GASTRALGIE

avec perturbation des digestions avec ou sans douleur. Mais on tend aujourd'hui avec raison à restreindre encore la signification du mot gastralgie (ou gastrodynie) en étudiant à part les dyspepsies (troubles nerveux de la digestion), pour ne l'appliquer qu'à la névralgie viscérale de l'estomac.

1° Éléments dît diagnostic. — La gastralgie est caractérisée par une douleur épigastrique ordinairement vive, parfois violente, s'irradiant plus ou moins aux régions voisines, au ventre, au dos et même aux épaules, le plus souvent intermittente ou rémittente, donnant la sensation de brûlure, de déchirure, etc., ou bienplus légère et conslituée par un malaise pénible et indéhnissable, avec nausées, découragement, anxiété, et quelquefois sensations bizarres (Barras). Les crises douloureuses sont parfois telles que les malades craignent de suffoquer, tombent en défaillance, ont même du délire ou des mouvements convulsifs; leur cessation est quelquefois marquée par un dégagement considérable de gaz parla bouche et par l'anus. Le pouls reste calme et ne se concentre et s'accélère que par la persistance de la douleur; parfois il y a des battements épigastriques. — Dans l'intervalle des crises, la santé peut être parfaite, à moins que la gastralgie ne soit chronique; alors il persiste des 'pesanteurs, des tiraillements doidoureux calmés par l'ingestion des aliments, dont la digestion peut ensuite être pénible; parfois il y a une chaleur brûlante à l'épigastre, avec régurgitations de matières âcres ou acides (pyrosis). Dans presque tous les cas, Y appétit est bizarre, souvent exagéré et insatiable {boulimie), la constipation est habituelle, et la nutrition se maintient ordinairement malgré la durée parfois très-longue de la maladie, dix, vingt ans, et même davantage.

Inductions diagnostiques. — Malgré ces symptômes en apparence bien caractéristiques, il n'est pas toujours aussi aisé qu'on le pourrait croire d'abord de diagnostiquer la maladie, puis de décider si elle est simple ou symptomatique. Ce sont là les deux points principaux qui doivent préoccuper le praticien ; et c'est surtout par voie d'élimination qu'il en atteindra la solution.

La douleur étant le signe essentiel de la gastralgie, elle doit être la base de toute recherche diagnostique ayant pour but de décider qu'il y a ou non gastralgie. S'ensuitil qu'il nous faille ici passer en revue toutes les douleurs épigastriques qui pourraient être confondues avec celle de la névrose qui nous occupe? Non évidemment. Déjà à l'article douleur une partie de ce sujet a été traitée ; je n'ai donc qu'à insister ici sur certains points particuliers. — D'abord, Tessentiel est de rechercher si l'on n'a pas affaire à une névralgie dorso-intercostale. Valleix a fort bien fait remarquer que certaines douleurs de cette névralgie, fréquemment rangées parmi les crampes d'estomac, peuvent occuper la région épigastrique, mais qu'il y a en même temps un point douloureux à la pression et que d'autres points semblables se montrent sur le trajet du nerf. J'ajouterai que la limitation de la douleur à droite ou à gauche de la ligne blanche de l'épigastre est un des meilleurs caractères de la douleur névralgique dorso-intercostale, et qu'il faut avoir bien soin, lorsque l'on constate dans le dos Une douleur que provoque la pression et qui retentit à l'épigastre, de bien noter son siège, afin de ne pas attribuer à l'influence de la gastralgie le foyer postérieur d'une névralgie dorso-intercostale. — Je crois inutile d'exposer ici les caractères différentiels de l'embarras gastrique, de la gastrite aiguë ou chronique, de l'ulcère simple et du cancer de l'estomac avec la gastralgie, attendu que l'on

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peut facilement avoir recours aux mots correspondants de ce dictionnaire, et qu'il - me suffit par conséquent de les mentionner.

La gastralgie une fois établie, esl-elle simple ou symptomatique? Sans rappeler les coïncidences de celte affection avec une foule d'autres, on peut dire que, parmi les maladies qui affectent notablement le système nerveux ou le sang, l'hystérie et l'anémie (avec ou sans leucorrhée) sont celles qui s'accompagnent le })lus souvent de gastralgie, ce dont il faudra d'autant plus tenir compte, que ces deux affections sont très-fréquemment observées, surtout dans les grands centres de population.

5" Pronostic. — On ne doit pas considérer la gastralgie comme une affection grave au point de vue de la terminaison, à moins qu'il n'y ait des complications exceptionnelles.

GASTRIQUE (Embarras). — On sait que l'on désigne ainsi un état pathologique mal défini dans sa nature et que l'on a aussi appelé état saburral muqueux, embarras bilieux, ou fièvre gastrique saburrale, etc.

1° Éléments du diagnostic. — La face tantôt naturelle, et tantôt avec coloration jaunâtre delà sclérotique et du pourtour des lèvres, une céphalalgie yravative, de V anorexie., du dégoût des aliments, un goût amer., fade., et un empâtement dans la bouche, dû principalement à l'^w^w/i limoneux blanc ou blanc jaunâtre qui recouvre la langue, une haleine fétide particulière, dite saburrale, quelquefois des rapports aigres et nidoreux, des régurgitations bilieuses., des nausées ou même des vomissements^ un sentiment de malaise ou de gêne vers la région épigastrique qui est indolente à la pression, tantôt de la diarrhée et tantôt de la constipation, des urines rares et sédimenteuses : tels sont les symptômes principaux de l'embarras gastrique, qui peut exister avec ou sans fièvre. Dans le premier cas on constate un certain abattement, un malaise général, de la courbature., de Vinsomnie, sans trop grande fréquence du pouls. Cette fièvre est éphémère.

2*^ Inductions diagnostiqttes. — Le diagnostic de l'embarras gastrique, qui est surtout fréquent pendant les chaleurs de l'été, ne présente pas en général de difficultés. Lorsqu'il en est autrement, ce qui arrive lorsque le mal s'est prolongé déjà pendant un certain temps, l'embarras gastrique offre un caractère distinctif sur lequel on a insisté avec raison : c'est la rapidité de la disparition des accidents et le retour de l'appétit sous l'influence des évacuants et principalement des vomitifs. Lorsque les accidents résistent à l'emploi de ce moyen, on doit soupçonner qu'ils caractérisent une autre maladie ou qu'ils ne sont qu'une complication d'une maladie plus grave.

En présence des symptômes de l'embarras gastrique, il faut se demander, en effet, si r affection est simple ou si elle n'est qu'un épiphénomène d'une maladie concomitante.

11 n'est guère d'affection, en effet, qui ne puisse se compliquer de cet état pathologique, et c'est surtout dans la pneumonie des vieillards, la phthisie aiguë, et dans l'affection typhoïde que l'on peut croire à l'existence d'unsimple embarras gastrique. Dans la pneumonie des vieillards, en effet, les signes locaux de l'inflammation pulmonaire sont souvent à peu près nuls, ou demandent à être soigneusement recherchés pour être reconnus. Dans la phthisie aiguë, les symptômes de l'embarras gastrique peuvent être tellement prédominants, que c'est sur des faits de cette espèce que M. ^Yaller a fondé sa division de la phthisie aiguë à forme gastrique,

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