GASTRITE
et que M. Leudeta admis sa forme latente (Thèse, 1851). Enfin il arrive journellement que, dans les embarras gastriques fébriles, la fièvre, l'abattement, la céphalalgie, les troubles de la vue, la diarrhée, fout hésiter entre l'existence d une affection typhoïde et un simple embarras des voies digestives ; il est vrai que l'erreur peut n'avoir lieu qu'au début, avant le développement des taches rosées lenticulaires de l'affection typhoïde, mais l'incertitude est inévitable jusqu'à ce que l'on ait eu recours au vomitif, comme critérium. L'évacuation est habituellement suivie d'une grande amélioration, d'une nuit calme et du retour de l'appétit, si l'on n'a affaire qu'à un simple embarras gastrique, et les symptômes persistent au contraire à peu de chose près au même degré dans le cas de fièvre typhoïde.
Lorsqu'il est primitif, l'embarras gastrique ne saurait être confondu avec la gastrite, ni avec la dyspepsie, malgré les phénomènes communs de part et d'autre. La GASTRITE est introuvable comme maladie spontanée, et la dyspepsie est essentiellement chronique, tandis que l'embarras gastrique ne l'est jamais, au moins comme affection isolée.
Que l'embarras gastrique soit primitif ou constitue un épiphénomène, on n'oubliera pas qu'il peut présenter ou la forme bilieuse ou la forme muqueuse. — Dans la première, on constate les signes de l'état bilieux : face jaunâtre, amertume de la bouche, vomissements bilieux amers, jaunâtres ou verdâtres, et réaction verdâtre de l'urine traitée par l'acide nitrique. Cette forme se distingue difficilement des fièvres bilieuses bénignes des pays chauds. — Dans la forme muqueuse, la face est naturelle ou pâle, la bouche fade, et les matières vomies sont sans amertume ni coloration. fCette forme est souvent liée à l'engouement stercoral.
Le degré de la maladie dépend du plus ou moins d'intensité des symptômes, parmi lesquels il faut tenir compte des phénomènes exceptionnels (probablement congestifs) que Ton rencontre quelquefois du côté du cerveau, tels qu'une céphalalgie intense, une insomnie opiniâtre et même du délire.
50 Pronostic. — Il est d'autant plus important de ne pas confondre l'embarras gastrique avec d'autres maladies plus graves, que son pronostic est toujours favorable, et qu'il n'en est pas de même des affections avec lesquelles il pourrait être confondu. ,
GASTRITE. — Si la division de la gastrite en aiguë et chronique est justifiée, c'est surtout dans la question de diagnostic.
I. Gastrite aiguë. — On peut se demander ce qu'est devenue aujourd'hui la gastrite, si fréquemment annoncée au lit des malades, il y a une trentaine d'années, par les médecins imbus des doctrines de Broussais? C'est que cette affection est en réalité très-rare, principalement hors des hôpitaux, et que l'on ne croit plus à son existence toutes les fois qu'il y a vers l'estomac des troubles plus ou moins graves.
On admet généralement aujourd'hui, mais avec réserve, qu'une douleur épigastrique spontanée augmentant à la pression, des vomissements bilieux plus ou moins fréquents et sans soulagement consécutif, une perte de V appétit plus ou moins complète avec une soif vive, et enfin un mouvement fébrile plus ou moins intense et sans autres symptômes généraux violents, constituent les principaux symptômes de la gastrite aiguë.
Mais combien ces signes seraient trompeurs si l'on ne constatait pas en même temps l'absence des autres affections qui peuvent produire la plupart d'entre eux !