DIAPHRAGME
DIABLE (Bruit de). — Voy. Yascelaires (Bruits).
DIAPHRAGME. — Les parties du diaphragme qui ne varient pas de position sont les attaches de ce muscle. Sa partie libre au contraire, qui sépare les deux cavités du tronc, est extrêmement mobile et par conséquent changeante, soit que, dans L'état physiologique, elle serve à la respiration et à la phonation, à l'éternument, au rire, à l'ac tion de pleurer, au hoquet; soit que, dans l étal pathologique, le diaphragme se trouve refoulé intérieurement vers l'abdomen ou supérieurement vers la poitrine.
1° Maladies. — Comme les autres muscles du corps, le diaphragme peut être atteint de douleurs variables, de contracture (ou spasme), d' atrophie, de paralysie ; et ces affections empruntent à la position même de ce muscle, et à ses fonctions, une physionomie toute particulière. On a observé aussi la perforation du diaphragme comme complication de péritonite, ou suite d'abcès ou de cancer développés dans le voisinage.
2° Siynes. — A la suite d'une toux répétée et prolongée, les attaches du diaphragme sont souvent le siège d'une douleur occupant en travers la base de la poitrine et particulièrement le rebord des fausses côtes, augmentant par les mouvements respiratoires, la toux, l'éternument, etc., en un mot par tous les mouvements, et surtout par les mouvements brusques du diaphragme. Cette douleur, siégeant des deux côtés, ne doit pas être confondue avec une douleur pneumonique ou pleurétique; elle a d'ailleurs un caractère qu'il faut rechercher, c'est la coïncidence d'une douleur analogue dans les parties voisines des muscles de l'abdomen et dans les mouvements de flexion rapide du tronc. Cette douleur est bien moins vive que celle qui caractérise l'affection qui a été considérée comme un rhumatisme du diaphragme, et qui ne me paraît être qu'une contracture de ce muscle de médiocre intensité (Voy. Rhumatisme musculaire).
Quoi qu'il en soit, les diverses affections du diaphragme s'accompagnent de troubles fonctionnels. Ces troubles consistent en une dyspnée résultant de la brièveté de la respiration, qui ne se fait que parles côtes supérieures, la base de la poitrine étant immobile, ainsi que les parois supérieures de l'abdomen. D'autres fois la dyspnée coïncide avec la dépression sous-costale et épigaslrique de l'abdomen diuis l'inspiration, et avec sa dilatation au contraire dans V expiration, mouvements inverses de ceux de l'état normal. C'est ce que l'on observe dans l'atrophie et la paralysie du diaphragme, mais sans qu'on doive y voir un signe palhoguoinonique de ces maladies, car ces phénomènes, ou du moins l'immobilité du diaphragme, peuvent s'observer aussi dans toutes les affections doidoureuses des organes qui avoisinent le diaphragme, et sans qu'il y ait alors nécessairement paralysie des ce muscle, comme on l'a dit. La gène de la respiration peut devenir excessive, et même être rapidement suivie d'asphyxie par suite de la contracture ou du spasme du diaphragme; ce spasme s'accompagne aussi d'une saillie exagérée des deux hypochondres, qui se remarque surtout dans cette maladie. Le hoquet est quelquefois un signe d'affection du diaphragme, mais il ne constitue pas un signe palhoguoinonique. Il n'eu est pas de môme du trouble qui se remarque dans l'acte de la phonation, lorsqu'il y a inertie du diaphragme (atrophie, paralysie) : le malade ne peut alors parler avec continuité; dès les premiers mots, l'air lui manque, comme s'il était à la lin d'une expiration fon ce. Ce signe est caractéristique et ne peut être méconnu lorsqu'on l'a une fois constaté.
•J" Exploration. — On voit que Y inspection de la poitrine et de l'épigastre est le principal moyen d'exploration dans le diagnostic des affections du diaphragme. Uèleelrisat 'nnij lorsque la paralysie, est incomplète, peut aussi être
DIARRHKE.
un moyen de diagnostic, en faisant cesser les accidents paralytiques, immédiatement ou peu après la faradisation des nerfs phréniques. Celle-ci a pour effet de faire écarter les côtes inférieures et de soulever les parois abdominales pendant que l'air entre avec bruit dans les poumons. Cette faradisation localisée des nerfs phréniques s'effectue par l'application profonde de chaque réophore conique en dehors de la portion claviculaire du sterno-mastoïdien et au-dessus de la clavicule. C'est là, en effet, que l'on peut rencontrer le nerf phrénique au moment où il contourne le scalène pour pénétrer dans le inédiastin. L'électrisation doit être intermittente, c'est-à-dire interrompue momentanément pour que les interruptions correspondent aux mouvements expirateurs qui suivent chaque contraction provoquée (Voy. Électiusation, Paralysies locales, Rhumatisme musculaire, Spasme du diaphragme).
DIARRHÉE. — Caractérisée par des évacuations alvines plus ou moins liquides, abondantes et répétées, la diarrhée est le plus souvent un symptôme. Die n'est idiopathique que dans des conditions particulières que nous rappellerons plus loin.
1° Caractères. — Les principaux sont fournis par le nombre exagéré des garderobes devenues plus ou moins liquides, et par la nature même des matières rendues. Elles peuvent, en effet, être stercorales, bilieuses, muqueuses, séreuses, purulentes, graisseuses, et contenir des aliments non digérés, du sang, des vers intestinaux, des fausses membranes ou concrétions diverses, des calculs biliaires, des entérolithes. Le mélange des gaz aux liquides de l'intestin donne quelquefois lieu à des gargouillements à la pression de la fosse iliaque, et même à une sensation ou à un bruit de fluctuation faciles à expliquer. Mais ces différents caractères et ceux qui résultent de la marche des accidents diarrhéiques doivent être rapprochés des conditions dans lesquelles ces accidents se montrent, pour avoir toute leur valeur.
2° Conditions pathologiques et signification. — Lorsque l'on constate de la diarrhée, il faut se demander si elle est idiopathique ou symptomatique.
Dans le premier cas, elle résulte souvent d'une simple émotion morale ; elle n'est alors que passagère, et n'a besoin que d'être mentionnée. D'autres fois elle est plus durable, et il est difficile de la distinguer de la diarrhée véritablement symptomatique.
C'est surtout la diarrhée des très-jeunes enfants qui mérite une attention particulière. Le plus souvent elle est le seul symptôme observé; d'autres fois il y a des coliques au début, de la fièvre (due parfois à une autre cause, la dentition, par exemple); l'appétit n'est pas perdu, quoique les selles, le plus souvent jaunâtres ou verdàtres', mélangées de mucus, de caséum ou ïautres aliments non digérés, se répètent plusieurs fois par jour, avec ou ^ans coliques; en même temps le ventre est volumineux, sonore, mais le plus souvent indolent à la pression. — Une seconde forme de diarrhée est caractérisée par tous les symptômes locaux et généraux de l'entérite, et je ne puis que renvoyer à cette dernière maladie; car, en pareil cas, il est vraiment impossible de distinguer les deux affections, ce qui explique que Barthez et Hilliet (Traité des malad. des enf., t. I, p. 730) les aient confondues sous le litre de catarrhes et phlegmasies catarrhales aiguës des intestins (Voy. Entérite).
La diarrhée symptomatique a une signification différente lorsqu elle est aifuê ou chronique; et dans ces deux conditions il faut en rechercher l'origine dans une affection de l'intestin, dans une affection d'un autre organe plus ou :loigné, dans une maladie générale.
Woillez. — Dlct. de Dfoçn. 2« edit. 19
DTATHÊSFS.
La diarrhée aiguë se montre : dans Y entérite aiguë; dans Y indigestion; dans la dysenterie, où elle est remarquable par la fréquence des selles, leur peu d'abondance et les matières spumeuses et sanguinolentes qui les constituent; dans Y embarras intestinal (selles stercorales) ; dans les affections vermineuses de l'intestin; dans les empoisonnements, plus ou moins longtemps après les vomissements; à la suite de l'ingestion fortuite de substances purgatives. Assez souvent la diarrhée survient par extension à l'intestin d'inflammations d'organes avoisinarits, ou comme crise résultant de la rupture d'une collection liquide, abcès ou kyste, en rapport avec le tube intestinal, qui donne alors issue à des liquides caractéristiques. Une diarrhée véritablement critique peut survenir, sans rupture, dans le cours de certains épanchements ou des hydropisies. Enfin la diarrhée aiguë se montre fréquemment dans les maladies générales. Elle est souvent un des principaux symptômes du début de la fièvre typhoïde, moins fréquemment de la rougeole et d'autres fièvres éruptives, dont le début peut simuler ainsi l'invasion de l'affection typhoïde; elle est le prodrome et l'un des symptômes caractéristiques du choléra , des fièvres bilieuses, un épiphénomène grave et fréquent de la fièvre puerpérale , de la résorption purulente et de plusieurs autres maladies aiguës qu'il me paraît inutile d'énumérer. Enfin, elle est fréquemment une conséquence peu grave des convalescences. On a distingué des formes de diarrhée très-nombreuses comme ses causes. Trousseau a admis des diarrhées catarrhales, sudorales, nerveuses, et d'autres formes comprises dans celles dont il vient d'être question. Il pense que la diarrhée de la première dentition peut se transformer en choléra infantile.
Quant à la diarrhée chronique, il me suffit de rappeler qu'elle se montre dans Yentérite chronique avec ou sans ulcérations, dans le cancer intestinal, dans les rétrécissements de l'intestin où elle alterne avec la constipation , dans toutes les maladies chroniques et dans les cachexies proprement dites. Graves est disposé à attribuer certaines diarrhées rebelles à la congestion de l'intestin (Clin, méd., trad. de Jaccoud, t. II). Tantôt la diarrhée constitue une complication ultime et tantôt un symptôme caractéristique qui peut mettre sur la voie du diagnostic. Telle est la diarrhée chronique avec amaigrissement graduel qui peut faire soupçonner l'existence de la phthisie pulmonaire chez les jeunes sujets. Cette diarrhée des phthisiques, si bien étudiée par Louis, annonce, suivant cet éminent clinicien, qu'il existe de larges et nombreuses ulcérations intestinales lorsqu'elle est longtemps persistante, que les selles sont fréquentes et que les matières rendues ont l'odeur de matières animales en macération.
La diarrhée peut faire formuler un pronostic très-variable suivant son origine. Quoique purulente, elle est ordinairement favorable lorsqu'elle résulte subitement de la rupture d'une collection purulente ouverte dans le tube intestinal. Elle est au contraire très-souvent de fâcheux augure dans les maladies chroniques.
DIATHÈSES. — Que doit-on entendre par diathèse'? On a beaucoup discuté sur le sens de cette expression, dont on abuse beaucoup de nos jours, et l'on est loin d'être parfaitement d'accord à son sujet, malgré les progrès de la science moderne. On admet en général, avec Chomel, que * la diathèse est une
Prédisposition en vertu de laquelle plusieurs organes ou plusieurs points de économie sont, à la fois ou successivement, le siège d'affections spontanées dans leur développement et identiques dans leur nature, lors même qu'elles se présentent sous des formes diverses » (Patliol. générale).