DOULEUR
images comme se rapportant à la paralysie du muscle pathétique ou du nerf de la quatrième paire qui l'anime, et que Longet attribue à cette dernière paralysie la superposition et l'inclinaison d'une des images. Mais Baudot (Union méd., 1859) a fait remarquer avec raison qu'il faut simplement, pour la superposition des images, que les globes oculaires ne soient plus dans le même plan horizontal, et, pour l'inclinaison d'une image, que l'un des globes oculaires ait subi une rotation autour de son axe antéro-postérieur. Or, cela explique comment cette superposition et cette inclinaison ne sont pas le signe exclusif de la paralysie du nerf de la quatrième paire, mais bien aussi celui de la paralysie de la troisième paire (moteur oculaire commun). DIURÈSE. — Voy. Uhines.
DOULEUR. — Comme toute autre sensation, la douleur ne saurait être convenablement définie ; mais elle n'en est pas moins un élément important de diagnostic, soit comme signe servant à reconnaître les maladies, soit comme cause d'erreur, suivant les circonstances.
Comme tout autre signe ou symptôme, la douleur présente à considérer ses caractères, ses conditions pathologiques et sa signification.
1° Caractères. — Il ne faut jamais perdre de vue, dans l'étude de la douleur, qu'elle peut être spontanée, ou provoquée par les mouvements fonctionnels, comme par les manœuvres exploratrices. Lorsqu'elle est spontanée, elle peut être accidentelle et plus ou moins rapide, ou bien continue. Dans le cas où elle est provoquée par l'exercice fonctionnel ou par l'exploration : ou bien elle ne se montre que dans ces circonstances particulières, ou bien ces actes exaspèrent une douleur déjà existante. Dans ces différents cas, Yintensité de la douleur est extrêmement variable depuis la douleur sourde et à peine sensible, une simple gêne pénible, un engourdissement, un fourmillement, une sensation de pesanteur incommode, jusqu'à la douleur très-aiguë qui arrache des cris au malade, et dont l'intensité peut être telle que la décomposition des traits, une sueur froide, une agitation extrême, une syncope, ou bien encore du délire ou des convulsions, en soient les conséquences immédiates. Comme intermédiaires à ces degrés extrêmes ou même comme caractères du degré le plus aigu, on a appelé la douleur pongilive, piquante, dilacérante ou déchirante, cuisante, brûlante, térébrante, etc., pour exprimer autant que possible ses différentes variétés. On l'a aussi comparée à une torsion, à une morsure d'animal, à des pulsations pénibles plus ou moins régulières (douleur pulsalive), et, lorsqu'elle est intermittente et rapide, à un éclair (douleur fulgurante). La marche que suit la douleur présente aussi des caractères très-différents, suivant qu'elle revient ou non par crises régulièrement intermittentes, suivant qu'elle se montre subitement ou qu'elle se développe d'une manière graduelle; et il en esl de même de sa terminaison. Enfin sa durée est plus ou moins prolongée, aiguë ou chronique, sans nécessairement comprendre par ce dernier ternie une continuité complète de la douleur, qui peut présenter des rémissions plus ou inoins prolongées.
Le délire est un obstacle insurmontable à l'élude des douleurs dans un grand nombre de cas, ainsi que le docteur Louis en a fait la remarque.
2° Conditions pathologiques et signification. — Les sensations douloureuses, connue toutes les autres sensations, sont le résultat de modifications vitales intimes qui nous échappent dans leur essence, mais dont la cause nosologique est le plus souvent saisissable. Celte question d'origine est la principale que le médecin ail à formuler en présence d'une douleur se présentant comme symptôme de maladie. La douleur s'offre alors dans l'une des deux conditions