INTOXICATIONS
c. — Les sels de cuivre (provenant surtout de casseroles mal étamées) produisent des accidents caractérisés principalement par des symptômes et des lésions à la fois inflammatoires et hémorrhagiques. lia saveur particulière et le goût du cuivre, l'apparition rapide et l'extrême abondance des vomissements et des déjections alvines, et, dans la forme lente, la couleur rouge purpurine et l'altération des gencives peuvent contribuer à faire distinguer celte sorte d'empoisonnement, mais c'est surtout l'analyse chimique qui peut lever tous les doutes, ou bien le dépôt rapide de cuivre métallique sur un objet de fer ou d'acier décapé et plongé dans la matière des vomissements (Orfila).
d. — Les sels mercuriels, le sublimé corrosif principalement, produisent des accidents qui peuvent être subits et intenses (comme les poisons irritants et corrosifs), une sensation de brûlure dans l'intérieur de la bouche qui se tuméfie, salivation très-abondante, et quelquefois ébranlement des dents. Ces signes sont caractéristiques. Ils le sont davantage dans la forme moins aiguë, dans laquelle on peut observer tous les signes d'une intoxication aiguè* (Vog. Intoxications), et surtout dans la forme lente, qui ressemble à l'intoxication proprement dite.
e. — L'empoisonnement par Yémétique se caractérise principalement par des vomissements abondants et répétés suivis de selles diarrhéiques et de phénomènes graves d'hyposthénie : défaillances, syncopes, agitation, vertiges, et une sorte d'ivresse, hoquet persistant, refroidissement, prostration, pouls filiforme, délire, convulsions, et mort en quelques heures ou quelques jours; on peut voir survenir, dans diverses parties du corps, vers le quatrième jour, une éruption vésiculo-pustuleuse semblable à celle que produit la pommade slibiée. Il y a une forme lente et par cela même très-insidieuse qui est souvent difficile à reconnaître.
f. — Ce sont encore les phénomènes de prostration profonde ou d'hyposthénie qui dominent dans l'empoisonnement par le sel de niire (nitrate de potasse) ou par le sel d'oseille (bioxalate de potasse). Je me contente de le rappeler.
g. — L'empoisonnement par la digitale ou par la digitaline se reconnaît à peu près aux mêmes phénomènes. — La digitale a dose toxique produit des accidents plus ou moins lents à se manifester. Outre les phénomènes gastriques et les vomissements fréquemment répétés d'abord, il y a un affaissement profond; la face est pâle, il y 'a une chaleur vive à la tête, des vertiges, des éblouissements et un trouble considérable de la vue, «les bourdonnements d'oreille, un pouls d'abord précipité et fort inégal , intermittent, puis tombant à cinquante et quarante pulsations par minute. Les pupilles sont dilatées, immobiles, et les yeux semblent sortir de la tête. Enfin on a signalé cette particularité que la couleur du feu parait bleue au patient. Le pouls devient irrégulier.
EMPOISONNEMENTS
intermittent; enfin le hoquet, des évacuations involontaires et quelques mouvements convulsifs précèdent la mort. Cependant cette terminaison n'est pas constante, puisque Tardieu, sur vingt-huit cas, a pu compter dix-neuf guérisons. — La digitaline, employée à dose toxique comme médicament (par méprise), connue un moyen de suicide, ou dans une intention criminelle, produit des phénomènes analogues à ceux qui sont dus à la digitale, mais ils sont habituellement plus rapides et plus accentués. De part et d'autre, l'exophthalmie avec dilatation des pupilles donne à la physionomie un aspect caractéristique dans les conditions où elle se développe.
3° Poisons stupéfiants. — Il faut ranger ici les préparations de plomb prises en breuvage, comme dans le cidre, le vin, le vinaigre, ou ingérées accidentellement ; les solanées vireuses, la belladone, la jusquiame, le datura , la morelle, etc. ; le tabac et la nicotine; la ciguë et la conicine; Vaconit et Yaconitine; les champignons, le curare, le chloroforme, Y 'alcool.
Les préparations de plomb prises à doses toxiques agissent rapidement et produisent comme accidents spéciaux : la saveur douceâtre sucrée persistante qui suit leur ingestion, et parfois un liseré bleuâtre sur le bord des gencives, qui sont noircies, ainsi que les dents, en même temps que l'haleine est fétide. A ces signes se joignent les accidents gastriques et nerveux qui caractérisent l'empoisonnement par les stupéfiants, et que j'ai rappelés plus haut. — Quant aux effets des solanées vireuses, la belladone en tête, ils constituent dans leur ensemble le type de cet empoisonnement par les stupéfiants. — On peut en dire autant du tabac, qui a produit des empoisonnements par l'abus excessif de sa fumée, par son ingestion sous forme de macération dans du vin, ou de décoction dans l'eau, et parfois même en simple lavement. Enfin l'application sur la peau, même non dénudée, de feuilles qui y étaient appliquées dans un but de contrebande, a eu des elïets toxiques , ainsi que Hildenbrand, Namias, Mever, Polk et Gallavardin {Gaz. des hôp., 1864) en ont cité de remarquables exemples. Quant à la nicotine pure, c'est un poison foudroyant dont quelques gouttes, une, seule goutte peut-être, instillées dans la bouche, donnent instantanément la mort; son étude n'est donc que du ressort de la médecine légale. — La ciguë doit être signalée comme donnant lieu a des empoisonnements par la méprise que l'on fait de la petite ciguë avec le persil. — La racine iYaconit est confondue aussi quelquefois avec celle du raifort; confusion importante à connaître comme celle des autres solanées avec d'autres plantes comestibles, pour être mis sur la voie du diagnostic de l'espèce de poison stupéfiant à rechercher. Vaconitine, alcaloïde de l'aconit, constitue un poison plus formidable que la nicotine, puisque un dixième de grain suffit pour faire périr un adulte (Tardieu). — Les champignons vénéneux produisent des phénomènes toxiques qui se bornent quelquefois à des manifestations sur le système nerveux. Mais il ne faut pas pour cela, comme Taylor, n'y voir qu'un simple narcotisme. — Le curare, dont l'action n'est pas encore bien connue, et qui a été étudié expérimentalement par Aug. Voisin et Liouville, produit une sorte de sidération incomplète sur le système nerveux (Gazette fiebdomad. de méd. et de chirurgie et Nouv. fJictionn. de méd. et de chirurg.). — Le chloroforme, ingéré dans l'estomac à dose toxique, produit des étourdissements, de l'incohérence dans les idées, une sorte d'ivresse bruyante que précèdent le coma et une complète insensibilité. La respiration est slertoreuse, la pupille dilatée; les dents grincent, l'haleine répand l'odeur du chloroforme, le pouls est lent et faible, la peau froide, et il survient des convulsions épileptiformes, puis la mort (en quelques heures). Plus ordinairement, le réveil s'opère lentement, et d'abord les vomissements
342 EMPOISONNEMENTS
surviennent (Tardieu, loc. cit., p. 836). A. Taylor, Aran, Smith, Hortshorne ont rapporté des faits de mort par cet empoisonnement, dont les effets diffèrent de ceux de l'inhalation du chloroforme. Ils sont importants à connaître, vu Tusage fréquent de cette substance en médecine, et les méprises qui peuvent en résulter. — Enfin, comme effet toxique de l'alcool, en dehors de I* ALCOOLISME, je me contente de rappeler les- morts subites que produit l'ingestion d'une grande quantité de liqueur alcoolique dans un court espace de temps.
4-° Poisons narcotiques. — Une seule substance, l'opium, ses divers éléments et ses préparations variées, constitue la classe des narcotiques. J'ai donc peu de chose à ajouter à ce que j'ai dit précédemment de l'empoisonnement de ce genre (p. 336). On a noté depuis longtemps, comme signe particulier de l'ingestion du laudanum, des taches jaunes ou brunes aux mains et aux lèvres, coloration qui peut se retrouver dans les matières des vomissements ou des déjections. On doit ajouter qu'il peut y avoir des hallucinations de la vue et suspension de la sécrétion urinaire que l'on constate assez fréquemment dans la pratique avec des doses non toxiques d'opium.
5° Poisons névrosthéniques. — Tardieu range ici comme produisant les phénomènes que j'ai rappelés page 337, la noix vomique et la strychnine, l'acide prussique ou cyanhydrique et les cantharides.
Les accidents tétaniques que produisent la noix vomique et la strychnine sont trop bien connus pour que j'y insiste. — L'empoisonnement par Yacide prussique est resté le type de l'empoisonnement foudroyant; mais il existe un grand nombre d'exemples où la mort est moins rapide ou ne survient heureusement pas. Alors le début des accidents est subit : l'individu s'affaisse tout à coup, privé de sentiment et de mouvement; le corps se raidit en convulsion tétanique; la respiration s'arrête et resle suspendue après quelques rares et profondes inspirations; la face est tuméfiée et violacée, les yeux sont saillants, ou bien le visage est pâle, la pupille dilatée, le pouls devient insensible, et la mort termine la scène en quelques minutes, quinze au plus. Si les accidents durent quelques heures, les convulsions se renouvellent par accès effrayants. L'huile d'amandes ainères, l'eau de laurier cerise, pure ou mélangée à l'alcool (kirsch falsifié), certaines conserves de confiserie où entrent les périspermes des fruits à noyaux, et les cyanures (celui de potassium) usités dans les arts (surtout dans la photographie) sont, avec l'acide prussique médicinal, les substances qui donnent lieu a ces terribles accidents. — C'est seulement dans un certain nombre de faits que les cantharides produisent des accidents tétaniques qui justifient le classement des canthari<les dans ce groupe des poisons névrosthéniques. Il y a dans tous les cas une action irritante excessive sur les organes digestifs, des déjections sanguinolentes dans lesquelles on voit, en les examinant de près, des petites paillettes mordorées et brillantes (Orfila), des urines sanguinolentes avec strangurie, ardeur de la vessie et du canal de l'urètre, avec ténesme vésical et rectal. Les hommes peuvent, en outre, être en proie à un priapisme incessant,;*! une fureur érotique effrayante. Lorsque ces accidents s'apaisent graduellement, il peut persister longtemps une gastralgie opiniâtre et quelquefois aussi une albuminurie comme symptôme de néphrite chronique.
Dans cet article sur les empoisonnements, il n'a pas été question de l'absorption lente et graduelle des poisons qui donne lieu à des intoxications trèsdiverses suivant leurs causes, et dont les caractères symptomatiques, et surtout l'évolution, diffèrent en général de ceux de l'empoisonnement par les mêmes agents toxiques. J'en ai traité au mot Intoxications et dans d'autres articles auxquels ce dernier renvoie.
ENCÉPHALE. 343
' EMPYÈME. — Voy. Pleurésie.
ENCÉPHALE. — Les cenlres nerveux contenus dans le crâne, et que l'on a compris sous la dénomination commune d'encéphale, présentent d'abord ceci de particulier qu'ils sont renfermés dans une cavité close et à parois plus ou moins résistantes suivant l'âge, d'où résulte l'impossibilité d'expansion de ces organes.
1° Les maladie» communes au cerveau, au cervelet et à la protubérance, sont : la congestion, les hémorrhagies, YUiflammation aiguë ou chronique (encéphalite), les abcès, le ramollissement, considéré dans certains cas comme gangreneux (Abercrombie), I'hypertrophie , les tumeurs diverses et les névroses affectant plus particulièrement ces centres nerveux. Les études micrographiques ont modifié profondément les idées reçues relativement à la manière de concevoir cet ensemble de maladies. La part de l'inflammation a été très-restreinte depuis qu'il a été démontré que la plupart des ramollissements en sont indépendants (Voy. Encéphalite et Ramollissement cérébral).
2° Les sigyies qui dénotent l'existence de ces différentes affections sont pour la plupart fonctionnels. La céphalalgie, le délire, la perte de connaissance incomplète ou complète, la somnolence, le coma, les autres troubles intellectuels, les convulsions, les contractures, les paralysies du mouvement et de la sensibilité constituent, en effet, l'ensemble presque complet de la séméiologie des affections encéphaliques; mais, malheureusement pour le diagnostic, aucun de ces symptômes pris isolément n'a une valeur absolue, car tous, sans exception, peuvent se rencontrer dans des circonstances où aucune lésion appréciable n'existe dans les centres nerveux intra-crâniens. La valeur isolée de ces signes, dans les affections variées où on les rencontre, a été discutée ailleurs dans cet ouvrage; je n'ai donc pas à m'en occuper dans le présent article, où je dois traiter la question d'une manière plus générale.
Il faut ici distinguer deux ordres de fails parmi ceux qui se présentent dans la pratique. Dans les uns, les phénomènes cérébraux constituent seuls en apparence une maladie a part; dans les autres, ils ne sont qu'un épiphënomène complexe se montrant dans le cours d'une maladie préexistante.
Lorsque les accidents cérébraux paraissent êlre isolés, il faut songer, dans les cas obscurs, à l'existence possible de certaines maladies latentes capables de les produire, comme l'albuminurie, la glycosurie, les intoxications; on peut alors arriver quelquefois à découvrir que ces faits rentrent dans la seconde catégorie, celle des encéphalopathies symptomatiques. C'est donc par un interrogatoire et une exploration attentifs du malade que l'on pourra seulement décider si les accidents cérébraux sont réellement primitifs.
Quant aux encéphalopathies secondaires se montrant manifestement dans le cours d'une maladie préexistante, il me faudrait rappeler un si grand nombre d'affections que celte énumération perdrait par cela même tout intérêt. Il est clair que le premier but du praticien, en pareille circonstance, est de constater la maladie principale, dont les phénomènes encéphaliques n'existent qu'à titre de complications. Or, ces complications sont signalées à propos de chacune des maladies qui en sont le point de départ.
Mais il y a une autre question, tout aussi importante que la nature primitive ou secondaire des accidents encéphaliques, à élucider au lit des malades; c'est clle-ci : existe-t-il ou non une lésion cérébrale? Il y a certains groupes de symptômes qui, apparaissant dans des conditions particulières, doivent faire soupçonner l'existence d'une lésion matérielle de l'encéphale. Ce sont : une perte subite de connaissance immédiatement suivie d'hémiplégie persistante plus ou moins complète chez l'homme, ou
ENCÉPHALE
une céphalalgie opiniâtre avec paralysies partielles el conlractures à progrès lents, mais croissants. Il en est de même d'accès épilcplifonncs de plus en plus fréquents avec altération croissante de l'intelligence et des sens. Cependant ces règles générales n'ont rien d'absolu, et si un grand nombre d'observations autorisent ce diagnostic, il faut que l'on sache qu'il y a des faits exceptionnels dans lesquels l'absence de toute lésion à l'autopsie vient de temps à autre dérouter le praticien.
D'un autre côté, il y a un certain nombre de conditions pathologiques qui doivent faire rejeter la probabilité d'une lésion encéphalique. Telles sont les hémiplégies qui surviennent après une perte de connaissance étiez les jeunes femmes, el qui sont presque toujours de nature hystérique. J'ai observé un fait qui démontre ici encore combien est épineuse à résoudre la question des lésions cérébrales pendant la vie. Il s'agissait d'une jeune fille hystérique, atteinte depuis plusieurs mois d'une hémiplégie droite incomplète, rattachée d'abord à la névrose, et qui, ayant succombé rapidement dans une attaque épilepliforme, présenta un kyste volumineux qui comprimait le lobe moyen gauche du cerveau. Une seule circonstance m'avait fait soupçonner une lésion des centres nerveux, c'est une chorée partielle (des muscles du haut de la face). La chorée limitée a été, en effet, indiquée comme un signe distinctif des convulsions rhoréiques avec lésion (Voj/. Chorée). Les encéphalopathies par intoxications doivent encore être considérées comme indépendantes de toute altération saisissable des centres nerveux, qui subissent pourtant l'influence de la substance inloxicante; mais ici encore, rien d'absolu ne saurait être exprimé. Toutefois, suivant Duchenne (de Boulogne), on aurait, dans la faradisation localisée, une sorte de pierre de touche qui, dans certains cas embarrassants, trancherait la question; mais l'électrisation est surtout utile pour la distinction des diverses espèces île paralysies partielles. Pour la solution du problème pratique qui m'occupe (la distinction des phénomènes cérébraux avec ou sans lésion encéphalique), l'électrisation n'est pas une source de données distinclives suffisantes, puisque le même résultat, c'est-à-dire la conservation de la contractililé électro-musculaire des parties paralysées, se rencontre à la fois dans les paralysies avec lésion cérébrale el dans les paralysies hystériques ou rhumatismales, dans lesquelles ces lésions manquent (Voy. Paralysies). En définitive, il n'existe aucun moyen précis particulier qui permette de distinguer si, dans les maladies encéphaliques (dont je retranche les affections des méninges), il y a ou non lésion matérielle. Cela est d'autant plus regrettable que la gravité de la maladie est toute différente dans les deux cas. On n'a donc de ressources diagnostiques que dans l'ensemble des symptômes observés, et dans leur évolution.
3° Quant au diagnostic de la localisation anatomiqve de la lésion encéphalique, lorsqu'il en existe, on a plusieurs fois tenté, d'après des faits d'ailleurs trop peu nombreux, d'établir la correspondance du siège de certains signes dans tel ou tel organe, avec l'altération de parties déterminées de l'encéphale. Mais les conclusions ainsi formulées ont été prématurées, et, pour la plupart, démenties par des faits ultérieurs contraires. Dans beaucoup d'affections cérébrales, suivant Schiff, le siège des altérations analomiques n'est nullement le siège des troubles fonctionnels. Le diagnostic anatomique d'une maladie de l'encéphale ne peut donc être exact. C'est aussi l'opinion de Griesinger (Arch. fur Heilkunda, 1800). Les seules lois générales qui paraissent acquises sur ce point sont bien peu nombreuses. L'hémiplégie annonce d'une manière à peu près constante que la lésion siège dans le côté opposé de l'encéphale. Le fait, presque absolu pour les hémisphères cérébraux, est moins constant pour le cervelet.
ENCÉPHALE
Comment distinguer, par les symptômes, les lésions du cervelet de celles du cerveau ? On doit avouer que, dans beaucoup de cas, la chose est impossible, comme l'ont prouvé les recherches d'Amiral. Cependant on a voulu rattacher aux lésions cérébelleuses les troubles plus profonds de la respiration et de la cirtidation (Morgagni), ['érection du pénis (Serres), la paralysie isolée du sentiment avec impulsion irrésistible de la marche en avant, le coma, Vamaurose; mais ces signes ne se rattachent qu'à des faits peu nombreux ou môme uniques. Dans d'autres faits, le défaut de coordination des mouvements, les troubles fonctionnels du côté du pharynx, comme j'en ai observé un exemple (Soc. des hôp. et Union méd., 1855), le retour rapide de la connaissance d'abord perdue, les vomissements plus ou moins répétés, la résolution des membres sans paralysie et l'intégrité de la sensibilité^ constatés chez des vieillards par Hillairet (Soc. des hon. et Arcli. de méd., 1858, t. XI), pourraient plutôt faire soupçonner le siège de la lésion dans le cervelet.
Plus récemment, Leven et Aug. Ollivicr ont cherché à élucider la question des affections cérébelleuses (Physiol. et Pathul. du cervelet; Arch. de méd., 1802 et 1803). Suivant eux, il faut faire deux groupes des maladies du cervelet : l'un, qui comprend toutes celles qui n'aiïectent que le cervelet; l'autre, les affections qui, en affectant le cervelet, sont compliquées de compression de la moelle allongée. — 1° Quand cette compression n'existe pas, il n'y a «aucune altération de l'intelligence ni de la sensibité, sauf une céphalalgie occipitale. Il y a des mouvements convulsifs des membres, avec affaiblissement musculaire, mouvements de rotation, de manège, hémiplégie, etc.; du côté des muscles de la langue, la difficulté ou Y impossibilité d'articuler ; du côté des muscles de l'œil, du strabisme, la dilatation ou la contraction pupillaire, et Yamblyopie, ou même la cécité, phénomène fréquent et inexpliqué. Enfin on peut ajouter les convulsions pharyngiennes au moment de la déglutition, que j'ai observées chez mon malade. — 2° Quand la compression de la moelle allongée a lieu par suite de la lésion cérébelleuse, aux symptômes précédents se joindraient des vomissements, la respiration stertoreuse, un pouls irrégulicr, ou bien une mort subite ou précédée de coma.
Quant à la )>rotubéranve annulaire ou mésocèpliale, Serres avait indiqué comme séméiologie de ses lésions la paralysie générale; Ollivier (d'Angers), une hémiplégie plus complète du mouvement que de la sensibilité, ou des convulsions violentes ; Godelier, l'hémiplégie avec strabisme, une gène progressive de la mastication, de Yarticulation des sons et de la déglutition, sans lésion de la sejisibilitè. Enfui Millard et Gublcr ont signalé ce lait très-important que l'hémiplégie produite par les lésions de cette partie de l'encéphale était le plus souvent alterne, c'est-a-dire occupait directement la face du côté de la lésion, elles membres de l'autre côté du corps. Gublcr a fait à ce sujet de nombreuses recherches et groupé un grand nombre d'observations très-concluantes (Gaz. hebdom. de médec. et de chirurgie, 1850, 1858 et 1859). Cependant il ne faut pas oublier que des faits contradictoires d'hémiplégie non croisée ont été observés, ce qui démontre une fois de plus la difficulté de préciser la localisation des lésions encéphaliques pendant la vie.
Le travail le plus étendu et le plus consciencieux qui ait été publié sur la protubérance est dû à 0. Larcher, qui est arrivé à établir d'abord la similitude des lésions de la protubérance annulaire avec celles des autres parties de l'encéphale (Pathologie de la protubérance annulaire, 1808, Thèse de doctorat). Outre Yhyperèmie, qui n'est qu'une lésion sans symptômes connus, il y a d'abord Yhémorrhagie, qui peut frapper des sujets encore jeunes (vingt-quatre
ENDOCARDITE. - endocardite aiguë simple.
ans), aussi fréquemment avant qu'après l'âge de cinquante ans, et plutôt l'homme que la femme; cette hémorrhagie est le plus souvent liée à des lésions vasculaircs de la protubérance, notamment aux petits anévrysmes décrits récemment et ayant afl'ecté une fois l'apparence cirsoïde. Il en est de même quelquefois de la cause du ramollissement, dû le plus souvent à une oblitération vasculaire. La sclérose et les fumeurs du mésencépliale ( Voy. Sclérose et Tumeurs) complètent ses lésions. — La symptomatologie de ces altérations anatomiques présente cette particularité que l'organe, renfermant un nombre considérable d'éléments voués à des fonctions différentes, peut, lorsqu'il est lésé, devenir le point de départ des troubles les plus variés de la myotilité.et de la sensibilité, des fonctions sensorielles et de la respiration. V apoplexie foudroyante (hémorrhagie, ramollissements du centre de la protubérance), et, lorsque les lésions occupent moins d'espace ou se développent lentement, Yhémiplégie faciale alterne et peut-être la paralysie généralisée, les troubles de la déglutition et de la respiration, ceux de l'appareil de la vision (particulièrement le strabisme convergent), surtout si plusieurs autres sens sont atteints en même temps, et enfin la céphalalgie occipitale et la perte ou la gêne de la parole, sans détordre des fonctions intellectuelles : tels sont, réunis, les signes des affections mésocéphaliques, qui n'existent d'ailleurs jamais au complet. On voit ce qu'ils offrent de ressemblance ou de différence avec les phénomènes séméiologiques des lésions cérébelleuses. — Le pronostic des affections du mésocéphale, à part certains foyers hémorrhagiques susceptibles de guérison, est d'une gravité absolue : la mort est la seule terminaison qui ait été jusqu'ici constatée.
ENCÉPHALITE — Les recherches modernes sur les lésions vasculaires intimes qui donnent lieu aux hémorrhagies et à certains ramollissements séniles du cerveau, ont fait modifier les idées anciennes sur la nature inflammatoire du ramollissement. Les embolies artérielles, qui produisent aussi cette dernière lésion, ont contribué de leur côté à démontrer l'erreur admise. Il en résulte qu'en dehors du ramollissement cérébral dû à ces causes habituelles, il est, pour le moment, impossible de décrire cliniquement une forme d'encéphalite autre que la périencéphalite diffuse qui s'observe chez les aliénés, et qui a été si bien décrite par Calmeil.
ENCÉP HALO IDE — Voy. CANCER.
ENDOCARDE. — Voy. Endocardite et Valvules du cœur.
ENDOCARDITE. — Pour traiter convenablement du diagnostic de l'endocardite, il faut distinguer l'endocardite appelée simple de celle dénommée ulcéreme, dont les travaux modernes ont démontré l'importance, et qui diffère beaucoup par ses lésions et ses symptômes de l'endocardite simple. Je dois faire remarquer qu'on est loin d'être d'accord sur le rôle que joue l'inflammation dans beaucoup de faits de l'une ou de l'autre de ces divisions.