FACE
d'une douleur plus ou moins vive qui les empêche d'être suffisants, ou bien parce qu'il existe un affaiblissement musculaire do cause locale ou générale. L'atrophie ou la paralysie des muscles respirateurs rend l'expectoration d'autant plus difficile que leurs progrès sont plus avancés; et si ces altérations atteignent le diaphragme, il en résulte l'impossibilité d'expulser les mucosités bronchiques, dont une médiocre quantité suffit alors pour asphyxier le malade, ainsi que Duchenne (de Boulogne) l'a signalé. Un affaiblissement général considérable, une adynamie profonde, rendent également l'expectoration difficile, et c'est à cette circonstance qu'est due, au moment de l'agonie, l'engouement asphyxique des voies aériennes par des mucosités qui ne peuvent plus être expectorées.
EXPIRATION. — Voy. Respiratoire (Appareil).
EXTASE. — L'état nerveux qui constitue l'extase est ordinairement lié à la folie ou à Y hystérie. Il est caractérisé par une excitation cérébrale excessive, concentrée sur un seul objet réel ou imaginaire, avec fixité du regard et abolition passagère des sensations et des mouvements. L'extase diffère de la catalepsie en ce que, dans cette dernière affection, l'intelligence est abolie comme la sensibilité.
FACE. — La face est le siège de modifications pathologiques nombreuses que je n'ai pas à rappeler minutieusement dans cet article, soit parce que beaucoup d'entre elles se trouvent mieux à leur place dans d'autres articles de ce dictionnaire, soit parce que ces modifications sont de peu de valeur, et ne sauraient mettre par elles-mêmes sur la voie du diagnostic. Les signes les plus importants dont je veux ici parler sont principalement relatifs à la coloration de la face, à son volume et à sa symétrie, à son expression, à ses éruptions, à ses mouvements, h sa sensibilité.
La face rougit fréquemment d'une manière instantanée et passagère chez les femmes aux époques menstruelles et vers la ménopause; et le même phénomène s'observe dans la congestion cérébrale et dans d'autres conditions qu'il serait peu important de rappeler. Dans tous les cas, la rougeur est attribuée à la détente ou à la paralysie accidentelle des vaisseaux capillaires de la face. La coloration par l'injection de la face peut être persistante cher, les sujets pléthoriques, dans la congestion ou l'hémorrhagie cérébrales, dans les cas de fièvre intense. Selon Rostan, la rougeur reste bornée à la face dans certains cas de ramollissement du cerveau. — La face a une pâleur anémique au contraire après les hémorrhagies, dans des convalescences, dans certaines intoxications, dans les cachexies. Cette pâleur, à laquelle se joint la décoloration des muqueuses, présente dans ces différentes circonstances des nuances auxquelles on a voulu attacher uno valeur séméiologique beaucoup trop grande. — La peau de la face peut oflrir'aussi des colorations anomales : la chromhyurose, la couleur enfumée de la peau bronzée, et beaucoup plus fréquemment la cyanose, la teinte jaunâtre des sclérotiques et du pourtour des lèvres de l'état bilieux, ou la coloration jaune ou verdalre de Yictère. — Enfin elle est le siège d'éruptions ou d'affections cutanées très-variées, parmi lesquelles plusieurs occupent la face comme siège de prédilection : tels sont l'acné, l'érysipèle spontané, l'impétigo chez les enfants, le molluscum (à la face et au cou), etc. C'est a tort que l'on a donné comme caractère particulier des syphilides leur siège à la face et au cuir chevelu. On a fait la remarque que cette région échappait à l'atteinto de la gale (Cazenave).
Le volume de la face est augmenté généralement ou partiellement dans beaucoup de circonstances : dans Yemp hysè me sous-cutané, où la tuméfaction peut être limitée à la joue chez les enfants (Ozanam), comme elle Test pour
l'œdème qui résulte d'une maladie du cœur ou d'une albuminurie, pour l'œdème dû à une gangrène do la bouche, et pour le gonflement qui accompagne d'autres maladies buccales. — Dans Yérysipèle de la face (avec rougeur), dans l'érysw pèle avec pustules de la morve aiguë , pendant les accès d'épilepsie et dVolampsie, la face présente une turgescence générale plus ou moins persistante, ou passagère. Elle est comme hypertrophiée dans Yélèphantiasis, bouffie et injectée, ou vultueuse dans la pléthore, lorsqu'il existe un obstacle au cours du sang veineux dans la veine cave supérieur «, ou dans certaines oblitérations de l'artère pulmonaire, et enfin dans certains faits de névralgie trifaciale (par suite de congestions répétées).
Il y a atrophie d'un des côtés de la face, et par suite défaut de symétrie entre ses deux moitiés, à la suite du torticolis prolongé et dans d'autres conditions que j'ai rappelées ailleurs (Voy. Atrophie, p. 108). D'autres asymétries résultent de l'hémiplégie faciale, de contractures partielles, ou d'une conformation congénitale. On pourrait même dire d'une manière absolue qu'il est exceptionnel de rencontrer un visage parfaitement symétrique parmi les individus sains.
L 'expression de la face a donné Heu à des distinctions très-multipliées, mais dont un asseï grand nombre sont trop secondaires pour être prises ici en considération. La (ace est animée et les yeux sont brillants dans les cas de délire agité ; elle exprime au contraire l'abattement et la langueur lorsque les forces sont très-déprimées, et cette expression d'abattement peut aller jusqu'à l'hébétude ou la stupeur, comme dans l'ivresse, dans les fièvres graves, et notamment dans l'affection typhoïde; les muscles du visage sont alors dans le relâchement, les yeux sont immobiles ou se meuvent avec lenteur, et Vensemble des traits exprime l'indifférence, à moins qu'on ne réveille quelque douleur pendant l'exploration. Dans ce dernier cas, ou sous l'influence de douleurs spontanées vives, la face exprime la souffrance. La physionomie est plus ou moins intelligente ou tout à fait stupide chez l'idiot; elle peut paraître intelligente, mais sans autre expression, chez certains déments. Elle est immobile dans le sclérème de la face, de même que dans l'extase, où cette immobilité s'accompagne de fixité du regard.
La face grippée n'est autre chose que l'expression d'une souffrance profonde, soutenue et poussée à l'extrême; la figure est alors comme rapetissée par la contraction des muscles qui ramènent les traits vers la partie moyenne et vers le haut du visage ; le nez et les sourcils sont froncés, le teint est livide. Si la respiration est très-gènée, les muscles respirateurs de la face redoublent d'activité et les traits sont alors plutôt dilatés, les narines écartées. — La face dite hippocratique annonce l'agonie : la pâleur verdâtre ou plombée du visage, sa teinte parfois noire ou livide, les yeux caves, le nez effilé, les tempes aplaties, les oreilles froides et contractées, la pulvérulence des sourcils, des cils et des poils des narines , l'immobilité des paupières entr'ouvertes, l'opacité de la cornée dans sa partie exposée à l'air, et la béance de la bouche par l'abaissement de la mâchoire, constituent les signes caractéristiques de cet état de la face.
Enfin, la face est cadavéreuse dans le frisson violent, avec anxiété extrême et aphonie, qui caractérise un accès de fièvre pernicieuse.
Les muscles de la face se contractent dans les affections convulsives cloniques ou toniques, et il en résulte des mouvements involontaires ou grimaçants qui souvent sont le premier signe de l'invasion des accidents convulsifs; ces mouvements involontaires provoquent le rire sardonique lorsqu'ils siègent dans les