FAIM
muscles zygomatiques. Ils donnent à la face un aspect ( (Trayant dans le tétanos facial. Lorsqu'ils restent limités à la face ou plutôt à une partie de la face, ils constituent quelquefois des convulsions particulières dont il a été question ailleurs (Voy. Convulsions idiopathiques de la face).
Des signes non moins remarquables, et dont l'interprétation demande une certaine attention, résultent du défaut d'antagonisme ou d'équilibre entre les contractions des muscles des deux côtés de la face, soit parce que les muscles d'un côté sont paralysés, soit parce qu'ils sont contractures, le côté opposé étant sain. Dans l'un et l'autre cas, une moitié de la face est comme entraînée vers l'autre dans les mouvements de cette dernière au niveau de la bouche et de la partie inférieure du nez, et cette déviation a lieu vers le côté contracturé s'il y a contracture, et vers le côté sain s'il y paralysie. Or, dans ce dernier cas, l'immobilité des traits dans le repos, l'impossibilité de souffler, et les autres signes de la paralysie de la face ( Voy. ces mots) lèveront tous les doutes, tandis que l'absence de ces signes et la contraction continue des muscles de la moitié opposée de la face révéleront la contracture.
La sensibilité de la face est diminuée dans tout un côté ou dans une partie plus restreinte de cette région dans la paralysie de la cinquième paire (Voy. Anesthésie faciale). La sensibilité est au contraire exaltée dans la névralgie générale ou partielle du même nerf; et l'important , en pareil cas , est de rechercher les points douloureux à la pression qui sont les foyers de douleur, et qui fournissent les signes les plus précieux de la maladie (Voy. Névralgies).
Le seul aspect de la face peut faire soupçonner l'existence de certaines maladies. La pâleur avec bouffissure que présentent les jeunes filles révèle l'anémie chlorotique; la teinte jaune paille chez l'adulte accompagne le plus souvent les maladies cancéreuses. On a aussi assigné des caractères particuliers à la face des sujets atteints de ramollissement graisseux du cœur, de même qu'à celle des femmes atteintes d'affections utérines chroniques. Dans le faciès utérin, la face serait amaigrie, quoique assez souvent à un degré peu considérable ; elle serait décolorée, terne, d'un blanc sale, sans bouffissure, sans expression, avec des yeux languissants et une teinte jaunâtre particulière. Il n'y aurait pas toujours de palpitations ni de bruits anomaux dans le cœur ou les vaisseaux (Aran, Leçons sur les maladies de l'utérus, 1858).
FAIBLESSE. — Voy. Forces (État des).
FAIM. — La faim , qu'il n'y a nul inconvénient dans la pratique à confondre avec l'appétit, peut être augmentée, diminuée, ou pervertie dans les maladies ; et ces phénomènes constituent souvent des signes utiles au diagnostic.
A. — La diminution de la faim, ou anorexie, se remarque comme conséquence d'une foule d'états pathologiques ; mais elle ne peut , au début des maladies où elle coïncide habituellement avec la fièvre, que donner l'éveil au praticien, car l'anorexie est si commune comme signe qu'elle ne saurait par elle-même rien indiquer de particulier. C'est seulement par sa coïncidence avec d'autres symptômes fonctionnels qu'elle acquiert une certaine valeur, et encore celte valeur n'est-elle jamais que secondaire. Cependant, pour Beau, l'anorexie prolongée serait un des signes les plus importants de la dyspepsie.
B. — L'augmentation de la faim, qui va quelquefois jusqu'à la voracité, est un signe de gastralgie ou névrose de l'estomac, à moins qu'elle ne s'observe dans la convalescence d'une maladie qui a profondément débilité l'organisme,
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la fièvre typhoïde, par exemple. La dilatation de l'estomac donne lieu aussi à une faim exagérée, suivie quelquefois de l'ingestion d'une quantité d'aliments presque fabuleuse. La glycosurie ou diabète sucré a également pour symptôme l'augmentation de la faim ; de telle sorte que, si l'on remarque en même temps un amaigrissement croissant malgré la consommation d'une grande quantité d'aliments, on doit se hâter de rechercher s'il n'y a pas de glycose dans l'urine. Enfin quelques auteurs ont signalé l'exagération de la faim dans Yergotisme convulsif, et la voracité est fréquente dans certaines paralysies, comme dans la paralysie générale (Lasègue), et dans certaines affections de la moelle t'pinière.
C. — Les perversions que l'on remarque du côté de la faim, relativement aux matières que désirent ingérer les individus, sont très-variables. Tantôt c'est un désir impérieux d'aliments ou de condiments insolites, ce qui, joint à un retard dans le retour des règles jusque-là régulières, peut faire soupçonner chez les jeunes femmes une grossesse commençante. Un état bien différent , la chlorose des jeunes filles, est également le point de départ de perversions analogues et surtout du désir d'aliments ou de condiments acides. C'est aussi dans cette maladie que l'on observe d'autres perversions de l'appétit pour des substances non assimilables, de la craie, de la terre, du charbon, etc. On a donné le nom de malacia ou de pica à ces anomalies fonctionnelles.
FARADISATION. — Voy. Électrisation LOCALISÉE.
FARCIN. — Voy. Morve.
FAUSSES MEMBRANES. - Voy. Diphthérie (p. 297). FAUX CROUP. — Voy. Pseudo-croup.
F A VUS. — Voy. Teignes.
FÉCALES (Déjections). — L'examen des matières fécales dans les maladies fournit un assez grand nombre de signes. Tantôt ces signes résultent de la sortie des déjections par des voies insolites : par la bouche dans les cas d'occlusion intestinale, par des plaies ou fistules communiquant avec le côlon ; tantôt ils dépendent des qualités que présentent ces matières expulsées par l'anus : de leur odeur, de leur couleur, de leur consistance, de leur composition intime et de leur quantité. Cet examen, auquel les anciens avaient fréquemment recours pour en tirer des conséquences en rapport avec leurs doctrines, est par contre trop négligé de nos jours, car assez souvent il peut mettre sur la voie du diagnostic.
Fournie habituellement par les glandes du cœcum, l'odeur plus ou moins forte (suivant les individus) des matières fécales, est complètement abolie dans certaines maladies, comme dans la glycosurie, dans le choléra ; elle peut au contraire être augmentée ou modifiée dans un assez grand nombre d'états pathologiques différents. Tantôt elle est forte, intolérable dans certaines diarrhées, et rappellerait chez les enfants, pendant la dentition, suivant Osborne, l'odeur de la suppuration des os {Dublin Journal, 1853). Elles sont fétides ou très-fétides dans la peste, la morve, la fièvre puerpérale, le scorbut. Elles ont l'odeur caractéristique du sulfure de carbone dans l'intoxication par cette substance.
La couleur de6 matières excrétées par l'intestin est blanchâtre et semblable à celle du mastic de vitrier, dans Y ictère avec obstruction des conduits biliaires hépatique ou cholédoque. Mais on a signalé des exceptions, attribuées à la présence des principes de la bile dans le sang, qui pourrait les déverser dans le tube intestinal, avec les produits de sécrétion de la muqueuse ; les matières peuvent alors être colorées comme à l'ordinaire, et la coïncidence de vomis-
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sements bilieux avec des matières fécales décolorées, observée dans un cas d'ictère par Andral , peut s'expliquer de cetlo manière. Les fèces contiennent du sang, non-seulement lorsqu'elles sont mélangées de sang pur, mais encore lorsqu'elles sont d'un noir foncé rougeatre, couleur d'ocre rouge ou de brique. On a cru remarquer que, dans le premier cas, le sang provenait du rectum, dans le second cas, de l'estomac, et dans le troisième, de l'intestin grêle ; mais ces propositions ne doivent pas êlre généralisées d'unemanière absolue. Dans la prmière enfance, des selles sanguines ou composées de mucus strié de sang seraient, selon Hilliet , un bon signe d'invagination intestinale. Le mucus et le pus, lorsqu'ils sont plus ou moins isolés , donnent aussi un aspect particulier aux matières qui en contiennent. Les selles blanches de mucus ayant un aspect laiteux ont été signalées par les anciens sous le nom de diarrhée chyteuse. Mais le chyle n'est alors pour rien dans les matières excrétées, comme Vogel et d'autres l'ont fait remarquer. Graves (Clinique mèd. de Graves, 54e leçon, t. II) a fait observer que ces diarrhées blanches se montrent à la suite de la dysenterie. Klles doivent être rapprochées des matières muqueuses concrètes qui constituent Y entérite psendo-inemhranense (Voy. p. 356). — Outre ces causes internes de coloration des selles, le médecin est fréquemment appelé à constater la coloration anomale des matières fécales par les matières ingérées, soit alimentaires, soit médicamenteuses. Les épinards, le café, le porter, leur donnent leur propre couleur ; les sels de fer , et surtout le sous-nitrate de bismuth, une couleur noire qui préoccupe les malades s'ils ne sont prévenus, et qui tient simplement à la formation de sulfures métalliques. Le calomel fait évacuer souvent des matières vertes (bile).
La consistance des matières fécales offre des degrés très-divers, depuis la liquidité la plus complète jusqu'à la dureté et la sécheresse les plus grandes. Dans ce dernier cas, les matières peuvent constituer des masses arrondies nommées scy baies, comme cela arrive dans l'état de constipation, soit habituelle, soit accidentelle. La liquidité des matières fécales constitue la diarrhée, au sujet de laquelle Osborne admet quatre degrés d'irritation, dans lesquels il confond avec la consistance la composition des matières, qui doit être examinée a part.
J'ai pu déprimer, par la pression exercée sur l'abdomen, les matières accumulées dans l'intestin, et, en modifiant ainsi le relief des tumeurs slercorales, distinguer facilement leur nature dans un fait d'abord douteux.
Le praticien n'a pas habituellement recours à l'analyse chimique des matières; il se contente le plus souvent de l'aspect qu'elles lui offrent à l'inspection, soit lorsqu'elles maculent le linge ou sont contenues dans tin vase, soit lorsqu'il les fait délayer et transvaser avec précaution pour examiner les derniers résidus, qui démontrent quelquefois seuls la présence du sang ( Voy. Hêmormugies par l'anus). Le microscope permet de compléter cet examen.
La bile , le pus, le mucus, le sang se reconnaissent à leurs signes extérieurs ordinaires, lorsqu'ils son» isolés ou en grand excès dans les fèces, et il en est de même des corps étrangers qui peuvent s'y trouver comme matières réfractaires à la digestion, tels que les noyaux et les pépins de fruits, les calculs biliaires ou intestinaux, des entozoaires, etc. Les médicaments en pilules ou en granules, desséchés, peuvent aussi traverser intacts tout le tube intestinal. Les aliments alibiles peuvent aussi être rendus en nature par l'anus dans certaines maladies, ce qui constitue la lienterie. Les graisses des aliments peuvent aussi être rendues indigérées, ce qui a été attribué à des altérations profondes (ordinairement cancéreuses) du pancréas {Voy. ce mot). Enfin des matières concrètes peuvent être aperçues dans les fèces, comme les grains riziforines dans le cho-
FIBRO-PLASTIQUES (Elkmknts ou tissu).
léra, dont ils constituent un excellent signe avec la décoloration du liquide selles. Telles sont encore les concrétions nieiubraniforiucg expulsées dans certaines entérites ou dans la dysenterie, et qui sont généralement considérées à tort par les malades comme des fragments de muqueuse intestinale. Ces matières ne sont que du mucus concret. Dans des cas très-rares, on trouvera dans les matières excrétées par l'anus des fragments d'intestin invaginé et détaché sans accidents par suite d'adhérences protectrices; les phénomènes concomitants ou antérieurs de l'occlusion intestinale peuvent faire prévoir ce résultat. En pareil cas, ainsi que dans toutes les circonstances analogues, il faut délayer à part dans l'eau la matière suspecte pour l'examiner avec soin.
Le microscope, fournit uu moyen précieux pour découvrir dans les matières fécales des éléments qui échappent à la simple inspection. C'est ainsi que, lorsqu'il y a doute sur la présence du sang, les globules visibles dans le champ du microscope lèvent tous les doutes. L'examen microscopique peut rendre encore des services en permettant de constater dans le liquide des selles, ou dans celui résultant de leur lavage, des moisissures ou champignons (Heller), ou bien des œufs d'entoxoaires (Davaine, Traité des Entozoaires).
Enfin la quantité des matières fécales est très-variable, soit pour chaque selle considérée isolément, soit pour plusieurs dans un temps donné. Celle quantité est très-minime pour chaque évacuation dans la dysenterie aiguë. Elle est considérable au contraire dans certains embarras ou engouements intestinaux occupant l'extrémité du gros intestin. Recherchées au niveau de l'abdomen avant leur évacuation, les matières fécales peuvent en distendre les parois autant que dans une grossesse avancée, ainsi que je l'ai vu récemment chex une femme qui a succombé à une occlusion intestinale résultant d'une cicatrice de la muqueuse à l'origine du rectum.
FIBRO-PLASTIQUES (Eléments ou tissu). — Les éléments fibro-plastiques, qui sont très-répandus dans l'organisme sain, se rencontrent fréquemment comme éléments accessoires de la plupart des tumeurs, ou comme constituant presque seuls des tumeurs particulières, dites fibre-plastiques, dues A l'hypergenèse sur place des éléments de ce nom. Ces tumeurs restent souvent localisées dans une région; mais d'autres fois elles se généralisent et se confondent nlors au point de vue clinique avec le cancer proprement dit. Les granulations dites miliaires qui se développent dans le poumon ou les séreuses, et les indurations syphilitiques des divers organes sont en grande partie constituées par les éléments fibro-plastiques.
Ces éléments présentent trois variétés suivant Ch. Robin. Ce sont : \° les noyaux fibro-plastiques libres j plus ou moins allongés, ayant de 0m,n,0O5 à 0<",n,00Gde largeur* et O»m,007 à 0m",(H0 de ldnguéur, contenant quelques fines granulations moléculaires , et souvint* mais pas toujours, un ou deux nucléoles;
2° les fibro-plastiques fusif ormes , fi g. 65, a, b, d, formant dés corpuscules qui contiennent à peu près tous un noyau central, placé au niveau de la partie
Fig. 65> — Eléments fibro-plasliqnes. — a, A, d, flhrO-|>laBtiqu6* fusifornie?; r, cellule*] A gauche de la fifMre, tiasu conjonrtif lamellaire contenant intérieurement un noyau libro - plaatique libre.