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FIÈVRE. — FIÈVRE EN GÉNÉRAL

renflée de lu fibre dont il détermine le renflement, noyau qui a tous les caractères des noyaux libres; 3° les cellules fibro-plastiques (même fig., c) de forme ovoïde, toujours finement granuleuses, et contenant également un noyau semblable aux noyaux libres.

FIÈVRE, FIÈVRES. — Au point de vue clinique, il faut distinguer la fièvre, considérée comme élément diagnostique des maladies en général, des fièvres proprement dites, qui forment une classe particulière de maladies importantes.

I. Fièvre en général. — La fièvre, considérée en elle-même comme élément des maladies , est caractérisée par un ensemble de phénomènes complexes qui sert bien fréquemment de base ou de point de départ au diagnostic, soit qu'elle ne constitue qu'un élément de maladie dont il faut rapprocher les autres éléments diagnostiques, soit qu'elle représente le phénomène fondamental de maladies particulières générales, désignées sous le nom de fièvres ou pgrexies. Quelle que soit la façon dont le praticien doit envisager la fièvre en elle-même, il se trouve en pareil cas en présence d'un élément symptomatique palpable, en quelque sorte, dont il doit, comme pour tous les autres, se rappeler les caractères, les conditions pathologiques et la signification.

i° Caractères, — Les phénomènes caractéristiques de la fièvre, considérés en général, sont ceux que l'on rencontre dans un accès complet de fièvre intermittente : frissotis plus ou moins prolongés, puis chaleur et sécheresse de la peau, et enfin sueurs plus ou moins abondantes. Mais la fièvre, considérée en général, a des modalités très-différentes dans le cours des maladies. Qu'il y ait ou non préalablement un frisson ou de simples horripilations, le plus souvent la fièvre est principalement caractérisée par la fréquence du pouls et par une chaleur exagérée, avec sécheresse de la peau.

Ces deux phénomènes, fréquence du pouls et chaleur augmentée, sont nécessaires pour caractériser la fièvre. Aussi ont-ils été l'objet de recherches trèsi m portantes qui ont modifié profondément, dans les dernières années, les idées qui avaient cours sur la circulation et la calorification fébrile.

La fréquence du pouls, môme considérable, ne saurait suffire pour constituer la fièvre, comme on l'a cru longtemps. E. J. Marey [Physiol. mêd. de la circulation du sang, etc., 18013) a démontré que la fréquence du pouls dépendait de la facilité plus grande qu'éprouve le sang à traverser les vaisseaux capillaires, et non d'une action énergique exagérée du cœur. On s'explique dès lors comment des individus affaiblis, des convalescents, présentent assez souvent un punis qui, chez l'adulte, s'élève jusqu'à 90, 100 et même accidentellement jusqu'à 110 pulsations et plus, avec l'intégrité de toutes les fonctions de nutrition, et sans que la chaleur cesse d'être modérée, sans qu'il y ait fièvre en un mot. On s'explique de même la fréquence variable du pouls suivant l'âge et les individus. Je reviendrai sur cette question capitale à l'article Pouls.

Quant à la chaleur exagérée morbide de la peau, qui a été l'objet de recherches m remarquables, elle est considérée avec raison comme le signe essentiel de l'étal fébrile, que cette exagération soit jugée par la simple application de la main, ou à l'aide du thermomètre, qui peut fournir au praticien des données diagnostiques importantes, comme nous le verrons au mot Theiimométrie.

Outre la coïncidence de la chaleur et de l'accélération du pouls qui existent dans les maladies fébriles, il y a le plus souvent d'autres phénomènes concomitants qui sont sous la dépendance de la fièvre ou, comme on le dit souvent, du mouvement fébrile. Ce sont: un sentiment de malaise gênerai, d abattement, de courbature, de la céphalalgie, de l'anorexie et des signes de congestion

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dans différents organes (Voy. Congestions), sans que toutefois ces différents signes soient constants.

La marche variable de la fièvre ainsi que sa durée, que je ne fais qu'indiquer, modifient les allures de l'état fébrile. Il en est de même des causes ( Voy. Fièvres).

Sans insister davantage sur les caractères de la fièvre envisagée comme phénomène symptomatique , voyons quelles en sont les conditions pathologiques, question capitale en pareille circonstance

2" Conditions pathologiques et signification. — Ces conditions trèsnombreuses se présentent au lit du malade sous deux conditions très-importantes, dont on doit la distinction aux progrès modernes de l'analomie pathologique et du diagnostic :

a. — De l'examen des différents organes, il résulte qu'il existe des signes pathologiques locaux fournis par l'un d'eux et qui permettent d'expliquer l'existence de la fièvre concomitante, dont la marche est connexe de celle de la manifestation organique locale;

b. — Les phénomènes fébriles sont au contraire en désaccord avec les signes locaux, ces derniers étant parfois étendus à un grand nombre d'organes, mais néanmoins insuffisants pour expliquer la gravité de la fièvre.

Cette distinction domine le diagnostic de l'état fébrile dans les maladies.

Dans la détermination des faits de la première catégorie , ceux relatifs à des lésions locales avec fièvre proportionnée à ces lésions , on se trouve en présence de la classe des piilegmasies, dans lesquelles la fièvre est dite improprement secondaire. Dans la seconde catégorie de faits, qui embrasse ceux de l'exagération des phénomènes fébriles par rapport aux lésions locales, on a le plus souvent affaire aux affections appelées pyrexies ou fièvres proprement dites. Je dis le plus souvent, car une phlegmasie latente peut accompagner une fièvre qui en impose pour une pyrexie.

Sans rappeler ici les affections si nombreuses que ce double cadre embrasse, voyons les particularités qui peuvent le plus fréquemment mettre sur la voie ou détourner l'attention dans celte recherche des conditions pathologiques auxquelles se rattache la fièvre.

Les frissons qui signalent le début de la fièvre ont quelquefois des caractères utiles au diagnostic. Un frisson violent et plus ou moins prolongé, avec tremblement général et claquement de dents, annonce souvent une maladie grave, ou une fièvre intense. Chez la femme récemment accouchée, un frisson violent, hors celui qui précède quelquefois la fièvre dite de lait, est un signe d'inflammation intercurrente, de résorption purulente, ou de fièvre puerpérale, et ce dernier diagnostic est presque certain s'il règne une épidémie de ce genre. Le frisson survenant tout à coup avec un symptôme grave, céphalalgie, délire, coma, syncope, accidents digestifs, etc., devra faire songera un accès de fièvre pernicieuse, diagnostic qui se trouvera confirmé si les accidents cessent après quelques heures. Les frissons qui apparaissent dans le cours d'une maladie préexistante annoncent ou une pyémie ou l'invasion d'une complication , et il ne faut pas oublier que cette complication est presque toujours une pneumonie chez les vieillards.

Que le médecin ait été ou non témoin du frisson initial dont il vient d'être question, ou que ce frisson ait manqué, la fréquence du pouls avec la chaleur de la peau, ai-je dit, constituent la réaction fébrile ou la lièvre telle qu'il a le plus souvent à la constater. C'est en pareille circonstance que l'interrogatoire et l'exploration du malade doivent être faits avec soin , afin de réunir pour la Woillbz. — Dict. de Diagn. 2* édit. 26

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solution du problème le plus de données possible. Trouvet-on des phénomènes locaux qui révèlent une de ces lésions qui constituent la base ou la raison d'une distinction nosologique, et par suite la maladie elle-même à laquelle on a affaire , le problème est rapidement résolu. Lorsque cette constatation fait au contraire défaut, malgré un examen des plus attentifs, il y a manifestement, ai-jedit,une maladie aiguè" générale, ou une phlegmasie localement latente, et qui ne laisse d'appréciable que ses phénomènes généraux ou fébriles. C'est principalement aux deux extrêmes de la vie , chez les jeunes enfants et chez les vieillards, que l'on est exposé, en observant même avec soin, à prendre la fièvre pour une pyrexie lorsqu'elle est la manifestation d'une phlegmasie. La thermométrie sera ici d'un grand secours.

La considération du degré ou de l'intensité des phénomènes fébriles ne présente à la rigueur rien de bien utile au diagnostic, toutes les maladies fébriles pouvant offrir à cet égard des variétés bien tranchées. Cependant il y a des dispositions individuelles dont il faut tenir compte relativement à l'intensité de ces phénomènes. Cela est surtout vrai suivant les âges. Les enfants éprouvent, en règle générale , des accidents fébriles beaucoup plus tranchés qu'aux âges suivants. Il faut être bien prévenu de l'exubérance de ces phénomènes dans le jeune âge , où elle a lieu souvent pour les maladies les plus légères comme pour les plus graves, et où des symptômes concomitants, résultant très-probablement de congestions fébriles locales, peuvent donner le change pour le diagnostic. Le délire et les convulsions, par exemple, font croire à une affection grave des centres nerveux; les vomissements à une lésion de l'estomac, etc.; tandis que, peu après, une phlegmasie locale facilement reconnaissable , ou bien une éruption exanlhémalique font connaître la nature de la maladie. Aux périodes plus avancées de la vie, on rencontre encore la fièvre présentant parfois cette intensité et ces anomalies ou plutôt les complications fébriles dont il vient d'être question; mais cela devient de plus en plus rare. Dans la vieillesse, on voit même assez souvent des phlegmasies graves ne pas s'accompagner de phénomènes fébriles. L'absence de la fièvre ne suffit donc pas chez le vieillard pour éloigner l'idée d'une phlegmasie plus ou moins grave.

J'ai dit que les frissons, survenant dans le cours d'une maladie préexistante, annonçaient ordinairement une complication. La même remarque doit s'appliquer aussi à l'accélération du pouls avec chaleur plus ou moins exagérée, si toutefois l'exacerbation est durable et ne constitue pas un accident ordinaire de la maladie fébrile que l'on observe. L'apparition de la fièvre peut donc annoncer des complications phlegmasiques dans le cours des maladies.

Il ne faut pas perdre de vue non plus que , par elle-même , la fièvre prolongée peut produire à son tour des phlegmasies secondaires que, dans ce cas, elle précède. On sait que la connaissance de cette loi d'observation est due aux recherches de Louis sur la fièvre typhoïde. La possibilité de ces complications dans les affections fébriles prolongées est une nouvelle raison, parmi tant d'autres, pour explorer fréquemment les organes le plus souvent affectés en pareils cas, et notamment les organes inlra-thoraciques.

Par suite des différentes allures qu'affecte la marche de la fièvre, il faut s'enquérir avec soin des antécédents fébriles pour savoir d'abord s'ils sont intermittents, et si l'on n'a affaire qu'à un accès passager analogue à un ou plusieurs accès antérieurs. Si, au contraire, on interroge un malade sans fièvre, mais qui dit avoir éprouvé récemment des frissons suivis de chaleur, puis de sueurs, en donnant des détails qui ne peuvent faire soupçonner sa véracité, on jugera par ce commémoratif que l'apyrexie existante n'est qu'une trêve après un accès déjà

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