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FIÈVRES. — FIÈVRE JAUNE

passé. On arrivera ainsi à établir l'existence d'une fièvre intermittente. On ne saurait trop insister en toute occasion sur la nécessité de bien reconnaître l'intermittence fébrile lorsqu'elle existe. — Si la fièvre que l'on observe est conlitinue, le temps depuis lequel elle persiste peut mettre aussi sur la voie du diagnostic; si, par exemple, on soupçonne l'existence d'une fièvre éruptive, et que le temps des prodromes fébriles de l'éruption soit écoulé, on doit rejeter l'existence de ces maladies, et songer à d'autres affections fébriles.

II. Fièvres. — Je n'ai pas à n'occuper dans cet ouvrage de la doctrine des maladies qui forment le groupe des fièvres proprement dites ou pyrexies. Au lit du malade, les questions de diagnostic qu'elles soulèvent se réduisent en définitive à établir par voie d'exclusion qu'il existe une de ces fièvres (Voy. Fièvre), puis à en rechercher l'espèce.

Pour résoudre celle dernière question, il faut avoir recours à la thermométrie et se rappeler la nomenclature de ces affections, bien moins nombreuses que ne l'admettaient les anciens, grâce aux recherches modernes, et principalement à celles de Louis, qui a fait rentrer la plupart de leurs espèces dans la fièvre dite typhoïde. On peut juger delà simplification apportée dans le groupe des fièvres des anciens par l'énoncé de celles qui sont généralement adoptées de nos jours, et qui comprennent les trois groupes suivants :

1° Les fièvres éphémères, qui durent un ou plusieurs jours, et qui comprennent la simple courbature, la fièvre éphémère proprement dite, et la

SYNOQUE.

2° Les fièvres continues, comprenant les fièvres éruptives, la fièvre typhoïde, le typhus, la fièvre jaune, la bilieuse des pays chauds, la peste, la fièvre puerpérale. — On pourrait y joindre la maladie appelée improprement au Sénégal fièvre rouge exotique (ou Dengue), puisque t'éruption, analogue à celle de la variole, de la rougeole ou de la scarlatine, n'est pas constante. Outre les pnndromes habituels des pyrexies (embarras gastrique bilieux principalement), il existe ici une fièvre avec douleurs articulaires plus ou moins généralisées, mais sans chaleur, ni gonflement des parties affectées. L'exanthème, lorsqu'il existe, est d'une étendue et d'une durée variables, mais sans desquamation et sans angine concomitantes. Le gonflement érysipélateux du nez est un de ses caractères constants. Cette fièvre guérit le plus souvent en quelques jours (Thaly, Arch. de méd. navale, 1860).

38 Les fièvres intermittentes, simples, rémittentes ou pseudo-continues.

Pour le diagnostic de ces différentes pyrexies, je n'ai qu'à renvoyer aux articles particuliers qui leur sont consacrés.

FIÈVRE JAUNE. — Cette maladie, dont la nature est inconnue, sévit presque toujours d'une manière épidémique dans des contrées particulières. Kilt' a été observée sans contestation aux Antilles, sur le continent des deux Amériques, dans la partie occidentale de l'Afrique et, en Europe, sur le littoral de l'Espagne, du Portugal, à Livourne, en Italie, à Dublin, en Irlande (Graves), et accidentellement en France, à Bordeaux, à la Rochelle, à Rochefort, à Brest, et en 1861 à Saint-Nazaire, où elle fut apportée par le navire de commerce l'Anne-Marie, qui devint un centre d'infection pour sept autres navires dans la rade de Saint-Nazaire (Mélier, 1803).

On a considéré I'ictère grave de nos contrées comme la fièvre jaune endémique; mais les faits connus ne permettent pas, dans l'état actuel de la science, de réunir ces deux maladies en une seule.

Aux travaux modernes qui ont été publiés sur la fièvre jaune, se rattachent les noms de Dalmas, Bailly, Cailliot, Chervin, Louis, Dutroulau, Bufz, Souly,

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