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FIÈVRE JAUNE

Thomas, Leconte, Magalhaes Goutinho , Cornilliac, 0. Saint- Vel, et beaucoup d'autres.

1° Éléments du diagnostic. — Dans les cas graves, il y a comme deux périodes. La première débute par une céphalalgie intense, des frissons et des douleurs plus ou moins vives dans les membres, puis dans le dos. Cette période est caractérisée par les phénomènes suivants : face animée, bouffie, rouge, parfois de couleur acajou clair (Dutroulau), avec les yeux injectés, brillants, larmoyants avec sensation de cuisson ; chaleur de la peau qui est quelquefois injectée à la poitrine, pouls médiocrement accéléré, plein, régulier; anorexie complète, soif vive; parfois douleurs à l'épigastre, mal de gorge (Lisbonne, 1857); langue sèche, d'un gris foncé ou recouverte d'un enduit blanc et humide, quelquefois violacé (Dutroulau); nausées et vomissements, d'abord sans caractères spéciaux, survenant quinze, vingt heures et plus après le début ; selles rares et abdomen souple et indolent, si ce n'est à l'épigastre; insomnie, agitation souvent extrême, anxiété, rarement délire ; urines seulement un peu rougeâtres, parfois abondantes (Magalhaes Coutinho, Gaz. hebd.y 1858). — A une seconde période, il y a diminution de la céphalalgie et des autres douleurs, de l'injection des yeux et de la poitrine, puis apparaissent : la coloration jaune ictérique de la peau et des yeux (qui ne survient parfois que peu avant le terme fatal); la dépression du pouls, qui devient petit et se ralentit; les vomissements, contenant d'abord des parcelles noirâtres comme de la suie, puis devenant tout à fait bruns ou noirs; les selles également noirâtres ou noires, rarement liquides et bilieuses (Dutroulau) ; des hémorrhagies dans l'épaisseur des membres, par les organes les plus divers, et par les solutions de continuité les plus légères de la peau ou des muqueuses (Saint-Vel); la persistance du malaise et de l'anxiété, la diminution des forces, le refroidissement bien avant l'agonie, parfois la suppression de l'urine, ou des urines albumineuses. Quelquefois une rémission, une amélioration apparente dans les symptômes se manifeste, et une mort inopinée survient dans ces conditions. Cette rémission trompeuse a été appelée le mieux de la mort.

En dehors des cas graves dans lesquels se rencontrent la plupart de ces symptômes, il en est un certain . nombre dans lesquels ces symptômes se trouvent considérablement atténués, ou réduits à un petit nombre, et dont la description serait impossible. Il en sera question ci-après, en même temps que des données de diagnostic dont il n'est pas parlé précédemment.

2° Inductions diagnostiques. — Le diagnostic de la fièvre jaune ne peut être douteux lorsque l'on voit survenir les symptômes les plus graves que j'ai énumérés plus haut, et dont il est impossible de donner un tableau général satisfaisant, vu la variation des symptômes suivant chaque épidémie. Le diagnostic sera rendu plus facile par le fait de l'habitation de l'individu qui les présente dans la zone où s'observe le plus habituellement la maladie, surtout s'il existe manifestement déjà une épidémie de fièvre jaune dans le pays.

Mais il en est tout autrement si l'on est au début d'une épidémie et si l'on a affaire à des cas légers de fièvre jaune dans lesquels, ainsi que le rappelle Louis dans ses recherches sur la fièvre de Gibraltar (Mém. de la Soc. méd. d'observ., t. II), il n'y a ni vomissements noirs, ni évacuations alvines de même couleur, ni jaunisse, ni anxiété, et où la maladie parait uniquement consister dans un mouvement fébrile peu marqué, avec céphalalgie plus ou moins intense, douleurs dans les membres, dans les lombes et le dos, rougeur des yeux et faiblesse médiocre. Il est impossible alors de reconnaître ou même de soupçonner l'affection, qui peut être prise pour une de ces fièvres éphémères dont il n'est pas

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