‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 138 sur 355 · FIÈVRE JAUNE · texte numérisé non relu

FIÈVRE JAUNE

possible de toujours déterminer le caractère. Cette difficulté de diagnostic est d'autant plus regrettable que l'erreur peut alors, selon l'expression de Louis, être une véritable calamité publique.

Cependant, comme le fait remarquer l'auteur, c si l'on venait à observer beaucoup de cas semblables à ceux dont il vient d'être question, en peu de temps, aux mois d'août et de septembre , et dans la latitude où règne la fièvre jaune; si les yeux étaient injectés dès le début, la figure rouge, la céphalalgie intense, l'épigastre un peu sensible à la pression : on devrait vivement soupçonner cette affection, encore qu'il n'y ait pas d'épidémie déclarée; et il n'y aurait pas de doute sur ce point, alors même que les symptômes se présenteraient dans le plus faible degré, s'ils venaient à se déclarer chez tous les membres ou la plus grande partie des membres d'une même famille, au milieu d'une épidémie et dans un espace de temps peu considérable; car une affection qui a ce caractère n'atteint pas un aussi grand nombre de personnes d'une même famille en si peu de temps , hors celui d'une épidémie de fièvre jaune » (Afém. cité).

La marche ou l'évolution des phénomènes symptomatiques n'a pas toujours la régularité des deux périodes que j'ai rappelées. Outre que les cas légers échappent à cette règle, il arrive quelquefois que la marche de la maladie est rémittente, et même intermittente, mais sans régularité dans le retour des accès (Rufz; Dutroulau, Maladies des Européens dans les pays chauds, 1861) et principalement aux époques où régnent aux Antilles les fièvres intermittentes (de novembre à mai). Ce sont des particularités qu'il ne faut pas oublier, non plus que la durée habituelle de la maladie pendant quatre à vingt jours et plus (sans compter la convalescence), et la possibilité des cas foudroyants, dans lesquels la mort survient quelques heures après le début.

Les données étiologiques sont incomplètement connues, mais il en est de bien établies et qui sont loin d'être sans valeur au point de vue du diagnostic. On sait, par exemple, que la fièvre jaune ne se développe que très-rarement en dehors des régions que j'ai précédemment indiquées; que l'humidité, les saisons d'été et d'automne, et surtout une température de -f- 18° environ, favorisent son apparition et son développement; qu'elle atteint de préférence les Européens non acclimatés, et enfin que la maladie est contagieuse. La contagion, longtemps discutée, ne laisse plus aucun doute après la constatation des faits de Saint-Nazaire (Mèlier), et la publication de plusieurs travaux modernes, parmi lesquels je signale l'article de M. Le Roy de Méricourt, publié dans les Archives de médecine navale (1804, t. H).

On confondrait avec la fièvre jaune Yhépatite, qui n'est pas rare dans les pays où la première s'observe, si l'inflammation hépathique ne s'accompagnait pas d'une douleur dans l'hypochondre droit, d'une augmentation de volume du foie, et si la marche moins rapide de la maladie ne la faisait pas distinguer de la (ièvre jaune. — La fièvre typhoïde sera bien difficilement confondue avec la maladie qui m'occupe. Dans la fièvre typhoïde, en effet, le vomissement est exceptionnel, il y a de la diarrhée, le ventre est météorisé, et la marche de la maladie est ordinairement lente ; tandis que, dans la fièvre jaune, les vomissements sont communs, il y a de la constipation, la forme du ventre est naturelle et la marche de la maladie habituellement rapide. — On ne saurait confondre la fièvre jaune, affection épidémique passagère, atteignant surtout les sujets jeunes et robustes, avec des fièvres palustres pernicieuses , qui sont endémiques, permanentes, et qui se développent plutôt chez des individus débilités que robustes (Cornilliac, Etudes sur la fièvre jaune, 1804).

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