GASTRALGIE
doit attirer l'attention du praticien que dans un petit nombre de circonstances. — Le gargouillement qui accompagne la déglutition et qui se produit rapidement le long de Y œsophage jusqu'à l'estomac est quelquefois un signe de la paralysie de ce conduit. — Dans les intestins , les gargouillements spontanés constituent les borborygmes. Provoqués parla pression de l'abdomen, ils indiquent simplement la présence simultanée de gaz et de liquides dans le tube digestif, dans le point sous-jacent. Ils s'observent plus particulièrement au niveau de la fosse iliaque droite, où Ton fait franchir avec bruit le léger obstacle opposé par la valvule iléo-cœcale. On a beaucoup exagéré la valeur de ce gargouillement iléo-cœcal dans la fièvre typhoïde, puisqu'il existe toutes les fois qu'il y a simultanément des liquides et des gaz intestinaux quelconques dans le cœcum ou dans son voisinage , aussi fréquemment dans l'embarras gastro-intestinal que dans l'affection typhoïde.
Indépendamment de ces différents gargouillements , qui se perçoivent sans avoir recours à l'auscultation, il en est qui, se passant dans la profondeur des organes digestifs voisins de la cavité thoracique , ne sont perçus que lorsque l'oreille est appliquée sur les parois de la poitrine. Tels sont certains gargouillements passagers de l'œsophage , de l'estomac ou du colon transverse , qui viennent compliquer les résultats de l'auscultation thoracique ; mais on s'habitue bien vite à saisir le véritable caractère de ces bruits insignifiants, qui sont surtout entendus en arrière, dans le voisinage de la colonne vertébrale.
B. Voies respiratoires. — Les bruits de gargouillement qui se passent dans les voies respiratoires sont quelquefois entendus directement par les assistants, lorsque ces bruits se produisent dans le larynx ou dans la trachée; ils sont alors ordinairement passagers, et la toux les fait cesser , à moins toutefois que la cause de l'obstruction des voies respiratoires supérieures par des liquides ne soit persistante et ne constitue l'asphyxie. Ce gargouillement laryngien est presque constant dans l'agonie. D'autres fois, le gargouillement ne s'entend qu'à l'auscultation médiate ou immédiate de la poitrine, et constitue les raies humides caverneux et amphoriques, dont il a été question ailleurs.
C. Voies urinaires. — Le docteur Iligguet a signalé un gargouillement vésical pendant le cathétérisme , lors de la sortie des dernières gouttes d'urine par la sonde , qui sont aspirées avec l'air par la vessie. Il explique ce phénomène par l'hypertrophie des parois vésicales , permettant à l'organe de se distendre après sa contraction (Ami. de la Soc. méd.-chir. de Liège, 180ti). Mais telle n'est pas l'opinion du docteur Alliod d'Aoste, qui a observé le même gargouillement dans un cas de paralysie vésirale, c'est-à-dire dans une condition tout opposée à celle de la rigidité des parois de la vessie qui résulte de leur hypertrophie (Car. mcd. di Torino, 1807). Le phénomène est donc réel, mais non expliqué.
GASTRALGIE. — Longtemps on a désigné cette maladie sous le nom de cardialgie, en la confondant avec les affections les plus disparates; on a entendu ensuite par gastralgie un trouble nerveux plus ou moins considérable de l'estomac avec perturbation des digestions avec ou sans douleur. Mais on tend aujourd'hui avec raison à restreindre encore la signification du mot gastralgie (ou gastrodynie) en étudiant à part les dyspepsies (troubles nerveux de la digestion), pour ne l'appliquer qu'à la névralgie viscérale de l'estomac.
4° Eléments du diagnostic. — La gastralgie est caractérisée par une douleur épigastrique ordinairement vive, parfois violente, s'irradiaut plus ou moins aux régions voisines, au ventre, au dos et même aux épaules, le plus souvent intermittente ou rémittente, donnant la sensation de brûlure, de déchi-