GROSSESSE. — GROSSESSE EXTRA-UTÉRINE
qui atteint profondément l'économie. (Testée que l'on a observé dans le choléra, la fièvre typhoïde, les fièvres éniptives, sans que toutefois on doive considérer l'effet comme constant, sauf, paraîtrait-il, dans l'ictère grave (Ozanam). La variole produirait une parturition hâtive dès le début ou à 1 époque de la fièvre secondaire, dans les cas de confluence de l'éruption; mais ici encore la chose n'est pas constante : j'en ai eu la preuve dans un fait de variole continente sans avortement, malgré l'état avancé de la grossesse. On a remarqué depuis longtemps que l'enfant pouvait quelquefois être atteint de variole dans le sein de sa mère, sans qu'elle-même en fût affectée.
Parmi les maladies chroniques, la syphilis est considérée aussi comme une cause d'avortement ou d'accouchement prématuré. Cependant Huguier, dans un travail communiqué à l'Académie de médecine en 48 tO, attribue l'avortement chez les femmes vérolées plutôt à l'usage des mercuriaux qu'à la syphilis ellemême. Les conséquences funestes de Yintoxication saturnine sur l'enfant et par suite sur la terminaison de la grossesse, sont hors de toute contestation, depuis les consciencieuses recherches publiées par Constantin Paul, qui a noté soixante-quatre avortements sur cent vingt-trois accouchements de femmes exposées «à l'influence des préparations de plomb (Arch. de mèd., 1860, t. XV).
C. — L'influence de la gestation sur la marche de certaines maladies concomitantes a été signalée depuis longtemps, sans toutefois avoir été toujours étudiée avec tout le soin convenable.
L'état de grossesse peut-il influer sur la marche des maladies, soit en accélérant cette marche, soit en la retardant ou en la suspendant? C'est une question complexe que les faits contradictoires qui ont été observés ne permettent pas de trancher. — Relativement à la phthisie pulmonaire, qu'Andral a considérée, avec beaucoup d'autres praticiens, comme étant ralentie dans sa marche par l'état de grossesse, Louis, tout en citant un exemple contraire, a fait remarquer avec raison que des observations nombreuses seraient nécessaires pour résoudre définitivement le problème. Grisolle a également rapporté des faits d'accélération de la marche de la phthisie par la gestation (Arch. de méd., 1850, t. XXII). — Selon Thibault (Revue mêd.-chir., 1847), la grossesse déterminerait la congestion des kystes de V ovaire concomitants, et par suite la sécrétion plus abondante du liquide, ou môme une inflammation avec ruptures des parois kystiques. — Mais Montgomery (Dublin, Quart, jour h., 1855) a été trop loin en avançant que la grossesse retardait jusqu'après la délivrance l'explosion de certaines maladies aiguës contractées dans son cours, telles que la scarlatine, la fièvre typhoïde, l'érysipèle.
On a fait remarquer avec plus de raison que la grossesse n'influe pas d'une manière sensible sur le cancer de Vutcrus, et que ce n'est que l'accouchement qui hâte la terminaison funeste de la maladie cancéreuse, quand la lésion est volumineuse.