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II. Grossesse extra-utérine

On sait que la grossesse extra-utérine peut siéger dans les parois utérines, dans l'une des trompes, dans l'ovaire ou dans la cavité abdominale. On doit donc considérer la grossesse extra-utérine comme une affection locale dont le diagnostic comprend deux questions principales à résoudre : sa constatation et son siège analomique.

1° Éléments du diagnostic. — Ils varient suivant que le kyste fœtal forme ou non une tumeur appréciable.

Quand la tumeur manque, selon Ménière (Arch. de mêd., 1826, t. XI), la grossesse anomale ne s'annoncerait que par les signes rationnels très-vagues

GROSSESSE. — grossesse extra- utérine.

de la gestation, et serait quelquefois même complètement latente jusqu'au moment où une rupture subite de l'œuf enlraine plus ou moins rapidement la mort par péritonite, ordinairement d'un mois à trois mois après la conception Mais suivant E. Goupil, qui a réuni et analysé quarante-deux observations de grossesses extra-utérines diverses (Bernulz et E. Goupil, Clin, des maladies des femmes, t. I, 18G0), outre les signes rationnels de la grossesse, l'existence d'une douleur fixe dans un point du bas-ventre, la suspension des règles, puis les hémorrhagies persistantes sans aucun rapport avec les époques menstruelles, Yaugmentation de volume de l'utérus et enfin l'invasion subite ou rapide ûlièmorrhagies intra-pelviennes, dues ou non à la ruplure du kyste fœtal, formeraient un ensemble de données caractéristiques, surtout si l'on constatait en même temps une tumeur voisine de l'utérus qu'elle refoule..

Lorsque cette tumeur existe, ordinairement sur les côtés de la ligue médiane, et qu'elle est déjà développée, elle ne peut présenter d'autre signe pathognomonique que les doubles battements du cœur du fœtus à l'auscultation, dans les faits rares où la grossesse anomale dépasse le quatrième mois. Lorsque le fœtus meurt, le kyste s'enflamme quelquefois et les os du produit de la conception sont expulsés au dehors, par le rectum ou par un abcès à travers les parois abdom inales ; ou bien la tumeur persiste indéfiniment, par une sorte de momification du fœtus, sans augmenter de volume.

2° Inductions diagnostiques. — Ce simple exposé des signes principaux de la grossesse extra-utérine fait comprendre les difficultés du diagnostic. Ce diagnostic a même été regardé comme presque impossible pendant les premiers mois de la gestation. Mais, suivant la remarque de E. Goupil, si aucun signe pris en particulier n'est pathognomonique, la réunion de ceux qu'il a indiqués, et que j'ai rappelés plus haut, ne peut guère laisser subsister de doutes.

Il insiste sur la coïncidence, avec les signes rationnels de la grossesse, des métrorrhagies non périodiques et prolongées qui sont presque constantes dans les grossesses extra-utérines; sur l'existence de la tumeur, soit annexée, soit adhérente à l'utérus qu'elle repousse, et qui ne saurait être confondue avec une hémalocèle , cette tumeur étant survenue avant tout symptôme d'hémorrhagie interne. Enfin les ruptures hémorrhagiques intra-pelviennes, dont il sera question tout à l'heure, viennent rendre le plus souvent le diagnostic certain.

Lorsque cette rupture n'a pas lieu, ce qui se remarque principalement dans les grossesses tubo-abdominales, et assez souvent dans les espèces sous-périlonéo-pelviennes et tubo-ovariques, le kyste fœtal forme une tumeur caractéristique lorsque celle-ci présente les signes locaux ordinaires fournis par le fœtus vivant, circonstance qui est loin malheureusement d'être la plus ordinaire. L'accouchement ou plutôt l'expulsion du fœtus vivant ou mort ne vient alors éclairer le médecin que dans des cas exceptionnels. Tel est celui de Skrivan, dans lequel la tumeur envahit un sac herniaire et s'y développa jusqu'au moment où l'enfant venu à terme en fut extrait vivant avec le placenta et les membranes par une opération (Wien Zeitschr., 1831); telle est l'expulsion du fœtus et du j'iacenla par l'anus rapportée par Filliler (Med. Ti mes and Gaz., 1853), et qui fut précédée d'une hémorrhagie intestinale avec ténesme. Enfin l'expulsion des débris du fœtus (osseux et autres) expulsés au dehors démontre le plus souvent l'existence d'une grossesse anomale, mais celte expulsion peut dépendre aussi d'une tumeur congénitale. Eu dehors de ces signes, il est ordinaire de confondre la tumeur avec un kyste de l'ovaire.

En supposant la grossesse extra-utérine reconnue, il n'est pas possible de

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