ANGINES
cas. Cependant Walinann a rapporté un fait d'anévrysme de l'artère hépatique formant une tumeur grosse comme la tête d'un enfant, et qui s'ouvrit dans la cavité du péritoine ; cette tumeur comprimait les voies biliaires et produisait une rétention de la bile (Arch. f. pathol. Anat., t. XIV). L'ictère observé dans un autre l'ait remarquable, rapporté par Wilson, était sans doute dû à la môme compression; mais il s'agissait ici d'un, anévrysme de l'artère mêsentérique supérieure formant une tumeur pulsatile mobile à la région épigastrique. Cette mobilité pourrait être utile au diagnostic de celle variété d'anévrysme; aussi ne peut-on pas dire avec Lulon que la fixité est un caractère propre aux anévrvsmes de l'abdomen. Il arrive quelquefois que la rupture de la tumeur, latente jusque-là, est le premier signe de l'anévrysme, que l'on ne peut reconnaître que sur le cadavre ; tel est le fait d'bématémèse et d'entèrorrhagie mortelles produites dans un cas d'anévrysme de l'artère hépatique, de la grosseur d'un amf de pigeon, et qui s'ouvrit dans la vésicule biliaire (Arch. f. pathol. Anat., I. Mil, |8r>8).
Tels sont les différents anévrvsmes de l'aorte et ceux des artères intra-splanehniques qui peuvent être confondus avec eux. Ils constituent des affections tendant à faire des progrès incessants, et qui, par conséquent, présentent toujours une très-grande gravité, tant parles ruptures subites et ordinairement mortelles qui sont constamment à craindre, que par les autres accidents résultant de la compression ou de l'usure d'organes importants.
ANGINES. — Toutes les affections aiguës diverses que les anciens comprenaient sous cette dénomination présentent deux conditions communes : 1° la difficulté douloureuse de la déglutition ou de la respiration ; 2° le siège des lésions anatomiques qui les caractérisent, ces lésions occupant les organes creux compris entre la bouche et les fosses nasales d'une part, et les poumons et l'estomac d'autre part. L'anatomie pathologique, en jetant un nouveau jour sur les lésions locales complexes des maladies anguleuses, a démontré toute l'importance des lésions anatomiques comme moyen de distinguer ces maladies si confuses. Cette distinction anatomique est un point capital du diagnostic, on ne saurait s'empêcher de le reconnaître ; cependant les conditions pathologiques dans lesquelles se développent les angines ne sont pas d'une moindre importance.
Le professeur Lasègue, qui a publié récemment un Traité des angines (18fi8), a fait ressortir avant tout l'importance des angines dans les fièvres éruptives, et la nécessité pour la dermatologie d'étendre l'élude de* manifestations cutanées jusqu'à l'arrière-gorge, plus qu'on ne le fait généralement. Il fait remarquer l'apparition plus hâtive des exanthèmes gutturaux que celle des exanthèmes cutanés, leur marche plus rapide, leur résolution moins franche, et l'inflammation secondaire qui leur succède, et qu'il en faut distinguer. Il range ici les angines scarlatineusc, morbilleuse, varioleuse, herpétique, les angines syphilitiques qui sont pour lui, au premier chef, des affections éruptives (syphilides de la muqueuse), l'angine acnèique, l'urticaire gutturale.
Il accorde à l'angine èrysipèlalcuse une gravité plus grande, qu'à la plupart des angines éruptives; et il admet l'angine rhumatismale, constituant , à l'état aigu, la première manifestation, le plus souvent négligée, de certains rhumatismes articulaires; l'angine diphthéroide ; des angines catarrhales pldegmoneuses. Il considère les angines dites gangréneuses, ulcéreuses, couenneuses, comme de simples complications qui ne sauraient imposer leur nom à la maladie. ^ .l'exposerai les caractères et le diagnostic de ces différentes angines, que j'énumère simplement ici, à propos des maladies auxquelles elles se rattachent, et je comprendrai les angines catarrhales et plegmoneuses dans les pharyngites.
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unsi que des lésions aiguës de la muqueuse gutturale déterminées par le eon- *lde substances irritantes (médicament, produit caustique avalé par mégarde). ingestion des sels d'antimoine, même à petites doses, occasionne sur la mui.aeuse une pustulation identique à celle qu'on observe à la peau. Les mercumx, outre la cavité buccale, atteignent l'isthme du gosier, où apparaissent des
^rations. Enfin le datura, la belladone, la jusquiame produisent une sécheresse k la gorge qui peut acquérir une certaine importance dans les empoisonnements
tes substances, lorsque le délire et la dilatation des pupiles n'ont fait surgir j nne présomption (Lasègue).
k renvoie au mot Diphthéme la description de l'angine diphlhérique. Breton- -iu, qui l'a fait connaître, n'a pas tenu compte à tort de l'angine gangreneuse, -incoup plus rare sans doute que la diphthérie pharyngo-larvngienne, mais •Mou a observé des exemples irrécusables, ainsi que l'a surtout établi la discus- *u soulevée en 1857, à la Société médicale des hôpitaux, par la lecture d'un kmoire intéressant de Gubler sur ce sujet.
La plupart des angines graves ont un caractère épidémique ; et rien ne défaire mieux la difficulté que l'on éprouve fréquemment à bien connaître leur ^ture que la variété des manifestations locales résultant de l'état général qui b engendre.
ANGINE DE POITRINE. — C'est par un abus de langage qu'on a -"fine à cette maladie le nom d'angine. On l'a dénommée sternalgie, angoisse ''poitrine, sternocar die , syncope angineuse ou arthritique, etc., suivant triâmes particularités symptomatiques, ou suivant l'opinion que l'on se formait if ses lésions ou de sa nature, qui n'est pas déterminée. Pour Trousseau, ces ^ions n'étaient que l'occasion de la manifestation de l'angine de poitrine, qu'il -riisidérait comme une névrose quelquefois essentielle, souvent liée à une diaûêse, rhumatismale ou goutteuse. 11 admettait encore que cette affection pouyà[ être une névralgie épileptiforme (Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu).
I Éléments du diagnostic. — L'angine de poitrine est caractérisée par des itàts revenant à des intervalles irréguliers, plus ou moins éloignés. L'individu '•m en marche est subitement surpris et arrêté par une douleur d'une extrême v»>!erice, pongitive ou consistant en un sentiment de constriction, ou de suffo- '^iun ; cette douleur, rarement précédée de malaise, d'inquiétude et d'une es- Ne de bouillonnement vers l'hypochondre gauche , se manifeste au niveau
b partie inférieure du sternum, vers la région précordiale, d'où elle s'irradie *k l'épaule gauche, le bras correspondant et le cou, où elle va diminuant et en ~r transformant en un sentiment de torpeur, avec picotement ou fourmillement; fuient la douleur s'étend vers le côté droit de la poitrine ou à des parties plus
urnées, et bien plus rarement encore elle débute par le côté droit de la points* ou par le bras gauche. Avec la douleur il y a d'abord suspension de la
•piration, puis accélération des mouvements respiratoires (30 au plus), qui "-t ordinairement peu profonds ; pouls petit, faible, plutôt lent qu'accéléré, *rt>M intermittent, irrégulier; pâleur, angoisse; anéantissement des forces; >{quefois enfin lipothymies ou même syncopes. L'accès cesse graduellement ^Uut de quelques instants, quelquefois il survient des éructations gazeuses * <ie5 vomissements qui annoncent la fin de l'accès, auquel succède un sentim de fatigue ou d'engourdissement dans la poitrine et dans les membres «prieurs. A ces signes caractéristiques, il n'est pas rare de voir se joindre -titres signes qui dépendent d'une affection grave du cœur ou des gros vaismm/, mais qui sont loin d'être constants, comme on l'a dit.
i* Inductions diagnostiques. — L'invasion subite dus accès, la douleur et