ANGINE DE POITRINE
l'angoisse essentiellement passagères qui les constituent, le siège habituel do celte douleur, sont des caractères qui ne permettent guère de méconnaître l'angine de poitrine. Cependant les phénomènes peuvent être d'abord peu accentués, et la douleur principalement peut ne pas envahir toutes les régions qu'elle occupe habituellement, ce qui soulève des doutes qu'il n'est pas toujours possible do lever. — La marche par accès, dans les intervalles desquels la santé est ordinairement parfaite, si l'angine de poitrine est idiopathique, et quelle que soit la fréquence ou la rareté des accès, contribue à dissiper ces doutes. Mais il n'en est plus de même lorsque des phénomènes morbides d'un autre ordre se montrent dans les intervalles ; il faut alors rechercher si l'angine de poitrine est symplomalique, en remontant à sa cause. — On trouvera quelquefois en effet, en examinant le malade, qu'il est affecté tantôt d'une maladie du cœur, tantôt d'un anévrysme de Y aorte, tantôt d'une affection chronique de Yestomac, ainsi que j'en ai observé un exemple, dans lequel il y a eu guérison simultanée de l'affection stomacale (ulcère simple'?) et de l'angine de poitrine. Ces différentes conditions pathologiques, dans lesquelles l'angine de poitrine est secondaire ou symptomatique, démontrent la nécessité d'un examen complet du malade, afin de ne pas confondre avec la forme symptomatique la forme idiopathique à accès périodiques simples. L'interrogatoire fournira, entre autres données, des renseignements précieux sur les conditions accidentelles dans lesquelles se montrent les accès. Il ne faut pas oublier que la marche contre le vent, Y ascension d'un escalier, un accès de colère, une violence extérieure, un excès alcoolique, ont été observés comme causes occasionnelles du premier accès, et qu'il a suffi quelquefois d'un fa ux pas, d'un simple mouvement, d'un effort de toux ou de défécation pour provoquer leur retour, surtout lorsque la maladie est déjà ancienne. Beau a considéré comme cause d'angine de poitrine l'usage excessif du tabac à fumer (Acad. des sciences, juin 18(V2); mais son opinion n'a pas été continuée. Lancereaux (Soc. de biologie, 18G4-) a constaté le rétrécissement des artères coronaires, avec plaques saillantes des parois aortiques,et une sorte de plasma entourant des filets du plexus cardiaque chez un sujet mort d'angine de poitrine. Trois faits observés en Angleterre, en 1805 {Union méd.J, sembleraient confirmer l'existence du rétrécissement des artères coronaires comme cause anatomique. On sait que déjà anciennement Heberden , Parry, Kreysing, Burns, J. Frank et d'autres observateurs, faisaient dépendre la maladie de l'ossification des artères coronaires.
La seule affection qui pourrait d'ailleurs avoir quelque ressemblance avec l'angine de poitrine est la névralgie dorso-intercostale ; mais si la douleur peut présenter quelque analogie, la marche de cette névralgie, c'est-à-dire la durée plus prolongée des accès et leur retour plus fréquent, ne laisse pas longtemps dans le doute. Ce n'est que dans le premier moment de l'invasion de la névralgie dorso-intercostale, si cette invasion est subite et la douleur trèsintense (ce qui est du moins fort rare), que l'on pourrait d'abord croire à une angine de poitrine. Il en est de mémo d'un accès iYasthme; mais ici les signes stélhoscopiques démontrent que le siège des accidents est dans les organes intrathoraciques. Peut-il y avoir plus de difficultés lorsque l'angine de poitrine coïncide avec l'une ou l'autre des affections dont je viens de parler \> Je ne le pense pas, la distinction des deux maladies concomitantes ne pouvant échappei qu'à une observation superficielle.
Si le malade est convenablement interrogé et examiné, l'on ne méconnaîtra donc pas l'existence d'une angine de poitrine. Cependant il peut résulter de h forme symptomatique de la maladie des difficultés réelles de diagnostic, si h