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I. Hydatides en général

Il importe de se rappeler que les hydatides développées dans les parenchymes sont renfermées dans un kyste qui les isole des parties environnantes, mais qui manque dans les séreuses. Le kyste principal est épais ou mince, suivant la structure des organes qu'il occupe; il constitue une tumeur le plus souvent globuleuse, régulière, ou plus ou moins bosselée, et contient fréquemment chez l'homme plusieurs hydatides , quelquefois en nombre très-

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considérable, parfois même au nombre de plus de mille. La tumeur est alors énorme et peut égaler la grosseur d'une tête d'homme.

Ces tumeurs subissent des modifications importantes à rappeler. Le liquide dans lequel nagent les hydatides, le plus souvent limpide et transparent comme de l'eau, peut ressembler à du pus, à du tubercule ramolli, ou avoir une teinte rougeàtre (sang) ou verdàtre (bile). 11 peut se résorber , et le kyste se resserrer et se durcir, en devenant athéromaleux.

Les tumeurs hydaliques ne peuvent être diagnostiquées à leur début, et pendant longtemps même , si elles ne gênent pas notablement les fonctious. Mais lorsque la tumeur est constatée, on aura lieu de croire, dit Davaine, qu'elle est formée par des hydatides, lorsque, existant depuis longtemps , développée lentement et ayant acquis un grand volume , elle n'a occasionné ni douleurs , ni fièvre, ni dépérissement dans l'économie. On considérera, en outre, que la tumeur -hydatique est ordinairement globuleuse , régulière, élastique; qu'elle donne un son mat à la percussion , et que souvent on peut y sentir la fluctuation. Quelquefois elle est le siège d'un frémissement particulier, dit hydatiquey qui peut être regardé comme pathognomonique. Ce signe , indiqué d'abord par Blatin (1801), suivant Davaine, puis décrit et étudié par Briançon dans sa Thèse (18:28), et par Piorry (1828), consiste en une sensation de vibration ou de tremblotement que ressent une main exactement appliquée sur la tumeur, tandis qu'avec la main opposée on donne un coup sec et rapide sur cette tumeur. L'auscultation réunie à la percussion fait entendre des vibrations plus ou moins graves, semblables à celles que produirait une corde de basse (Briançon). Ce signe, perçu par Tarral (Joimml hebd. de méd.f 1830, t. Vil), par Rayer et Brun, par Jobert dans un cas A'hydatide solitaire, est rarement constaté. Il n'est pas pathognomonique. Je l'ai obtenu au niveau d'un cancer du foie que j'ai pris avec Follin pour une tumeur hydatique. Il faudrait se garder de confondre ce frémissement avec la crépitation des bourses synoviales, et, comme l'a vu Davaine, dans les abcès froids divisés par des cloisons ou dont le foyer est en bissac. On doit considérer comme exceptionnel le tintement métallique entendu passagèrement à distance par Guillemain et se produisant dans un kyste hydatique (Gaz. méd.y 1817).

« En général , dit Davaine , l'absence de fièvre ou de douleur permet de ne pas confondre une tumeur hydatique avec un abcès, l'absence de battements et la lenteur de son développement avec un anévrysme , l'absence de douleur et d'altération dans l'économie avec une tumeur cancéreuse. Le diagnostic devient plus difficile lorsque, autour du kyste hydatique, il est survenu de l'inflammation ou de la suppuration : alors la douleur, les frissons et la fièvre peuvent faire croire à un abcès, le dépérissement à une tumeur cancéreuse, mais la marche de la tumeur et son grand développement avant l'invasion de la fièvre éclaireront le diagnostic.

« Les kystes hydaliques étant fréquemment multiples, lorsque l'on aura constaté dans un organe l'existence d'une tumeur de ce genre , et que des symptômes de compression se manifesteront dans un autre organe inaccessible à l'exploration, il sera présumable qu'il existe dans celui-ci un second kyste hydatique. »

Dans les cas où la nature d'une tumeur volumineuse reste indéterminée , on a conseillé de pratiquer une ponction exploratrice faite avec un trocart capillaire; s'il donne issue à un liquide clair et limpide , cela seul devra faire soupçonner fortement l'existence d'un kyste hydatique. Mais ces ponctions capillaires ne sont pas sans danger.

HYDAT1DES. - hydatides en général

Ce liquide, en effet , a des propriétés particulières qui le distinguent de celui des épanchemenls d'une autre nature. Ne contenant que des traces d'albumine, il ne se coagule pas par la clialeur ou les acides (Redi , Dodart, Récamier), et comme il renferme une quantité assez considérable de chlorure de sodium, les cristaux de ce sel deviennent apparents au microscope lorsqu'on laisse évaporer une goutte de liquide sur une lame de verre. Davaine fait remarquer que ces particularités ne sont guère constatées qu'à une première ponction , le liquide hydatique étant remplacé dans les suivantes par le sérum très-albumineux du sang, qui a transsudé dans le kyste pour remplir le vide qui s'est produit. Gubler donne une autre explication du fait. Selon lui , les hydatides vivautes absorbent l'albumine du liquide du kyste, et cette albumine ne s'y reucontre que lorsqu'elles sont mortes (Soc. des hôpit., 1808).

On peut reconnaître les mêmes caractères au liquide hydatique limpide qui est expulsé au dehors, soit à travers la peau, soit par les voies naturelles, et qui doit faire également soupçonner l'existence d'une tumeur hydatique. Mais dans ces cas de ruptures , l'expulsion d'autres éléments hydaliques met plus facilement encore sur la voie du diagnostic et lui donne même la certitude. Ce sont : 4° des hydatides vésiculaires entières; 2° des débris membraneux de leur enveloppe; 3° les échinocoques ou leurs crochets.

L'expulsion des vésicules entières est pathognomonique. Il en est de même de leurs débris membraneux, mais à la condition de ne pas les confondre avec des débris d'une autre nature; or, le microscope seul démontre qu'il s'agit d'hydatides si les lambeaux, examinés à son aide sur leur tranche, montrent les lames superposées qui les composent et qui se dessinent en lignes parallèles comme celles de la tranche d'un livre, jig. 94.

Mais le signe le plus important, en ce sens qu'on peut le constater avec les hydatides , dans le liquide qui en provient, ou sur les débris membraneux euxmêmes, ce sont le&échiitocoques ou leurs crochets.

Les échinocoques se montrent à l'œil nu sous forme de grains de semoule blanchâtres ou grisâtres, qu'il faut examiner au microscope pour ne pas les confondre avec les granulations graisseuses isolées ou agglomérées que renferment, suivaut Robin, certaines acéphalocystes stériles, fig. 95. La forme falciformc, l'aspect corné des crochets, qui se détachent de l'animal vivant ou qui restent agminéscn couronne s'il est tombé en putréfaction, est un signe microscopique qui, à lui seul, est aussi concluant, pour l'existence des hydatides, que la constatation de l'animal entier. C'est à Livois (Thèse, Paris, 1813) que l'on doit d'avoir signalé l'importance des échinocoques comme un élément du diagnostic.

L'expulsion des hydatides, soit à travers la peau par un abcès ouvert spontanément ou par une incision chirurgicale , soit par les voies naturelles,

/•1V7. 9i. — Hydatidc de l'homme. — 1, frngment de grandeur naturelle; la tranche montre le» feuillets dont le tissu se compose; à la surface externe existent des bourgeons hydatiques à divers degrés de développement (acophalocyste exogène de Kûhn); 2, un des bourgeon» comprimé et gro«si 40 fois; il est formé, comme l'hydatide souche, de feuillets stratifiés; lu membrane germinale u.' s'est point encore développée dans la cavité centrale. Il n'y a !>a* de trace d'échinocoque.

HYDATIDES. — hydatides en général.

soulève immédiatement la question du siège anatomiqve de la tumeur. Ce siège est connu d'avance si l'on a diagnostiqué préalablement une tumeur qui s'affaisse par suite de l'évacuation de son contenu, et si cette tumeur a pu

du rein ou du péritoine. De même les hydatides expulsées par l'anus et les voies urinaires proviennent ordinairement de kystes intra-abdominaux; mais on a vu exceptionnellement un kyste des poumons s'ouvrir dans l'intestin (Laennec). Le mélange au liquide ou aux débris hydatiques d'éléments anatomiques propres à certains organes est un signe qu'il ne faudra pas négliger de rechercher à l'aide du microscope, car c'est celui qui peut le plus sûrement indiquer l'organe occupé par le kyste.

Le pronostic des kystes hydatiques varie suivant leur situation et leur volume Selon Davaine, les tumeurs de ce genre qui, ayant duré longtemps, ne s'accroissent plus ou même subissent un retrait appréciable, pourront être considérées comme en voie de guérison. Il en sera de même lorsqu'elles se seront ouvertes au dehors ou dans un organe en communication avec le dehors, et que leur volume tendra à diminuer. Elles sont au contraire très-graves lorsqu'elles occupent un organe important, si elles sont d'un grand volume ou multiples, si les parois du kyste sont devenues cartilagineuses, et si elles ont causé de l'amaigrissement ou l'inflammation d'un organe important. Elles sont mortelles quand la rupture se fait dans une grande cavité séreuse , ou lorsque , ouvertes dans une voie naturelle, les symptômes généraux s'aggravent, que les matières expulsées prennent une odeur gan.nréneuse, ou lorsqu'il survient une pneumonie (Davaine).

four compléter ce que j'ai à dire du diagnostic des kystes hydatiques, il me reste à signaler les différences qu'ils présentent, sous ce rapport, suivant les organes qu'ils occupent.

Les hydatides peuvent siéger dans les organes superficiels du corps, à la face, à la bouche, au col, aux bras, aux membres inférieurs, aux parois du tronc, ou se développer dans les organes profonds contenus dans les cavités splanchni-

être localisée dans un organe. Cependant, la tumeur étant

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ques. Dans cette dernière circonstance, la seule dont je doive d'ailleurs tenir compte, je négligerai les hydatides dont le diagnostic est impossible, comme celles qui sont contenues dans le crâne ou dans le conduit rachidien, et celles en rapport avec les organes de la circulation. Les hydatides du cerveau agissent comme les tumkurs de toute autre nature, et les cysticerques, dont Davaine a pu réunir vingt-deux faits, agissent de même ; toutefois on doit tenir compte du volume plus petit et de la dissémination de ces vers vésiculaires, ce qui fait qu'ils peuvent exister longtemps sans déterminer d'accidents notables. Galmeil et Davaine ont fait remarquer que jamais ils n'ont donné lieu à une paralysie des membres ayant quelque durée. Roger a vu un enfant de treize ans qui a succombé à des accidents de méningite déterminés par des kystes hydatiques du cerveau, et dont il a communiqué l'observation à la Société médicale des hôpitaux en mai 4865. Le même jour, il rapporta un autre fait concernant un enfant de six ans qui avait succombé- à une broncho-pneumonie, survenue à la suite d'une angine pseudo-membraneuse compliquée de paralysie temporaire du voile du palais, et qui offrit à l'autopsie un cysticerque de la grosseur d'une noisette dans le quatrième ventricule (Bulletin et Mèm. de la Soc. des hôp., t. II, 1865).

Les hydatides internes développées dans la cavité thoracique et au niveau des organes abdominaux, m'occuperont donc seules, comme se révélant pendant la vie par des signes suffisants.

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