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HYPOCHONDRIE

cœur est ordinairement incessante jusqu'à la mort , et le danger est d'autant plus grand qu'il existe d'autres lésions du cœur. II. Hypertrophie du col de l'utérus.

Huguier , dans un Mémoire intéressant sur Yallongement hypertrophique du col de l'utérus (Aféw. de VAcad. de méd., 1860, t. XXIV), en a cité deux variétés principales qu'il est nécessaire de rappeler comme causes d'erreurs de diagnostic.

4° Le col de la matrice forme, dans la cavité du vagin, une saillie cylindroïde ou conoïde de 5 à 7 centimètres, dont l'extrémité libre s'approche de l'ouverture vulvaire sans changements dans le conduit vaginal. — Elle a été prise pour un abaissement ou une descente de la matrice , pour un polype , un renversement chronique, un kyste folliculaire, un squirrhe du col ou une hydrojmie de cette partie.

2° La précipitation ou la chute complète de l'utérus ne serait très-généralement autre chose, suivant Huguier, qu'une hypertrophie longitudinale de la portion sus-vaginale de l'organe, dont le corps et le fond sont restés dans la cavité pelvienne, bien que le vagin soit entièrement renversé et que la tumeur, pendante entre les cuisses, ait une longeur égale ou supérieure à celle de l'utérus à l'état normal.

HYPOCHONDRES. — Ces deux régions sont occupées principalement, la droite par le foie, et la gauche par la rate et le grand cul-de-sac de I'estomac, organes à propos desquels j'ai exposé les particularités diagnostiques relatives aux hypochondres, et qu'il me parait par conséquent inutile de rappeler ici.

HYPOCHONDRIE. — Le diagnostic de l'hypochondrie , ou mélancolie hypochondriaque, ne présente aucune difficulté, puisqu'il suffit de constater que le malade porte de faux jugements sur l'état de sa santé, soit qu'il s'imagine avoir des maladies dont il n'est nullement atteint, soit qu'il s'exagère outre mesure l'importance ou la gravité de souffrances ou de lésions réelles.

De là une tristesse et une préoccupation continuelles de la manière dont ses fonctions s'exécutent, de l'aspect de ses excrétions, etc.

Toute l'importance de l'examen du médecin est dans la recherche de la nature idiopathique ou sympathique de l'hypochondrie. Les souffrances ou les lésions des organes abdominaux en sont le plus souvent le point de départ. Selon Beau, la dyspepsie déterminerait nécessairement l'hypochondrie, ce qui n'est pas généralement accepté (Voy, p. 316). L'affection hypochondriaque constitue une variété de délire qui a été considérée comme symptôme et comme signe précurseur de la paralysie générale, par Baillarger (Acad. des sciences, sept. 1860). A ce point de vue, l'hypochondrie aurait, dans beaucoup de cas, la même valeur que le délire des grandeurs, et elle serait un signe pronostique fâcheux de certaines paralysies générales.

Quant à la confusion fréquente que l'on a faite autrefois de l'hypochondrie et de l'hystérie , elle n'est pas possible , comme l'ont démontré Landouzy et Briquet, tant les deux maladies sont différentes dans leur expression symptomatique.

Un tempérament nerveux, l'oisiveté, les études trop abstraites, la lecture des livres de médecine par les gens du monde, les impressions morales, tristes , la spermalorrhée, sont des causes dont il faut tenir compte pour le diagnostic de l'hypochondrie.

On n'oubliera pas que la durée de l'hypochondrie est très-variable; qu'elle peut se prolonger toute la vie , et que le pronostic n'est inquiétant que par les lésions réellement graves qui parfois sont le point de départ de l'hypochondrie.

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HYPOG ASTRE. — La région hypogastrique est souvent envahie par un épanchement péritonéal ou par des tumeurs diverses dont je me suis occupé ailleurs (Voy. Tumeurs).

Ces tumeurs constituent les symptômes principaux que l'on peut constater dans cette région. L'exploration de l'hypogastre se fait par ï 'inspection , la palpation, aidée quelquefois du toucher vaginal, par la percussion et même par V auscultation qui , outre les souffles vasculaires des vaisseaux comprimés qu'une tumeur peut transmettre, fait quelquefois percevoir chez la femme les battements du cœur du fœtus, alors que la malade se refuse à admettre la possibilité d'une grossesse (Voy. Utérus). Le cathétérisme vésical tranche quelquefois la question du diagnostic de certaines tumeurs formées par l'ampliation de la vessie , comme le fait le succès d'un purgatif pour une tumeur stercorale douteuse.

HYSTÉRAXGIE. — Voy. VlSCÉRALGIES.

HYSTÉRICISME . — Louyer-Villermay a décrit sous ce nom {Traité des malad. nerveuses , t. I) un ensemble de phénomènes nerveux propres aux jeunes filles, mais qui ne sont en réalité que des symptômes d'une hystérie légère.

HYSTÉRIE. — Cette affection, connue de toute antiquité, a été surtout étudiée depuis le dernier siècle. Les travaux , publiés en France , de Lepois, Louyer-Villermay, Georget, et de Fréd. Dubois (d'Amiens), Landouzy, sont connus de tous. Mais aucun traité n'a égalé l'importance de celui de Briquet (Traité clin, et thérap. de l'hystérie, 1859), qui comprend l'analyse de quatre cent trente observations recueillies sous ses yeux. C'est principalement à cet ouvrage, et à celui de Landouzy , que j'aurai recours dans cet article , sans négliger les travaux publiés plus récemment.

Les consciencieuses recherches de Briquet semblent avoir mis hors de doute que cette maladie n'a pas son origine dans une lésion utérine, mais bien qu'elle constitue une névrose de l'encéphale. L'existence , démontrée par des faits d'une rareté exceptionnelle, mais concluants, de troubles hystériques chez l'homme ainsi que chez des femmes privées d'utérus, suffit, en effet, pour amoindrir la théorie ancienne et exclusive qui plaçait l'origine de la maladie dans cet organe. Cependant on ne saurait nier qu'il existe des faits incontestables dans lesquels l'exercice des fonctions sexuelles a fait cesser des accidents hystériques franchement accusés , ou bien en a provoqué alors qu'il n'en existait pas. Pour faciliter l'étude diagnostique de l'hystérie , on peut la considérer comme si elle était exclusive à la femme, ce qui n'a nul inconvénient, les phénomènes observés ayant été à peu près semblables dans les deux sexes.

1° Éléments du diagnostic. — Suivant Briquet, l'hystérie a pour symptômes principaux : une sensibilité extrême du système nerveux; des hyperesthésies diverses, au milieu desquelles dominent des douleurs à la région épigastrique , au côté gauche du thorax , et le long de la gouttière vertébrale gauche; des anesthèsies intéressant principalement la peau, les muscles et les organes des sens ; des spasmes dont les plus communs sont une oppression à l'épigastre, la sensation d'un globe montant de l'estomac à la gorge, avec sentiment de strangulation; enfin des convulsions qui débutent par de la constriction épisgastrique, qui s'accompagnent ordinairement de perte de connaissance , et qui se terminent par des pleurs et des sanglots; symptômes qui sont tous sous l'influence des affections morales (ouv. cité, p. 5). Il faut ajouter à cet ensemble les paralysies , les perversions de la contractilitè (par anesthésie musculaire), les modifications d'exhalations et de sécrétions, et enfin , comme

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phénomènes accidentels se produisant sous l'influence des conditions particulières dans lesquelles les hystériques se trouvent : le délire , la léthargie , la catalepsie, l'extase, le somnambulisme, le coma, la syncope (ibid., p. 205).

2° Inductions diagnostiques. — Si j'énumère simplement ces phénomènes, c'est qu'il n'y a pas de maladies dont les symptômes se dissocient et s'isolent plus facilement que ceux de l'hystérie. Il en résulte qu'ils peuvent se présenter isolément à l'observateur , et servir de premier indice aux inductions diagnostiques.

Cependant il ne faut pas perdre de vue que , dans la pratique , on peut se trouver en présence de deux ordres de manifestations , sur lesquelles Landouzy a insisté avec raison : 4° les attaques, qui seules caractérisaient l'hystérie pour les anciens ; 2° les phénomènes hystériques intermédiaires. J'insiste d'autant plus sur cette distinction clinique, que Briquet me semble la considérer comme trop secondaire.

Les attaques sont constituées de temps en temps par des accidents spéciaux et graves qui , apparaissant d'une manière soudaine , prennent uue certaine intensité, et, après une durée ordinairement courte, disparaissent aussi brusquement qu'ils ont apparu (Briquet). Ces accidents sont , pour Landouzy, les attaques convulsives proprement dites et les accès non convulsifs. Briquet admet comme formes plus nombreuses des attaques : 1° les spasmes; 2° les syncopes; 3° les convulsions hystériques; 4° les convulsions épileptiques ; 5# la catalepsie; 6° X extase; 7° le somnambulisme; 8° le coma et la léthargie; et 9° le délire.

Les attaques de spasmes, qui sont très-fréquentes , constituent les accès non convulsifs de Landouzy. Elles sont caractérisées, suivant Briquet, par un sentiment de serrement , d'oppression considérable , et de douleur très-vive , déchirante, non pas au bas-ventre, mais à l'épigastre, par des palpitations précipitées, une accélération extrême des mouvements respiratoires (jusqu'à cent par minute), par la sensation d'un globe montant à la gorge où elle provoque la strangulation la plus douloureuse et une dysphagie incomplète (globe hystérique)', une violente céphalalgie se déclare aussitôt : les mains s'agitent, se crispent involontairement, et, après une durée qui varie de quelques minutes à quelques heures, pendant lesquelles l'intelligence reste intacte , les sanglots éclatent, les pleurs surviennent, les urines coulent claires et abondantes et les accidents se calment , suivis de céphalalgie , de douleurs thoraciques et de courbature. Ces attaques sont caractéristiques.

Il en est de même des attaques de convulsions. Briquet a insisté avec raison sur ce fait que ces convulsions se distinguent de celles de l'épilepsie et de l'éclampsie en ce que les mouvements sont analogues à ceux qui se produisent dans l'état sain. Ces convulsions sont cloniques, en effet, dans l'hystérie, et toniques dans les deux autres affections convulsives. Le début des attaques a lieu comme pour les attaques de spasmes jusqu'au moment du sentiment de strangulation ; la malade pousse alors un ou plusieurs cris déchirants, caractéristiques, perd le plus souvent connaissance et tombe à terre si elle n'est pas soutenue; en même temps apparaissent les convulsions très-bien décrites par Briquet, qui les a constatées chez trois cent cinq malades.

« Le plus ordinairement les malades s'agitent, tantôt comme si elles voulaient échapper à des violences, tantôt comme si elles se débattaient contre une étreinte; d'autres fois, comme le ferait un opéré auquel on laisserait la liberté de ses mouvements, ou, enfin, comme une personne qui se livrerait à l'impatience, au mécontentement, à la fureur, ou au désespoir. D'autres fois encore, les

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membres supérieurs et inférieurs se meuvent dans tous les sens; la flexion, l'extension, la rotation, l'adduction, l'abduction se succèdent avec la plus grande rapidité. Tantôt le corps se meut comme un ver, tantôt il se contracte dans tous les sens, bondit et s'échappe souvent des mains qui le retiennent. La tête s'agite sur le tronc, en avant, en arrière, de cùté, mais très-rarement les muscles de la face éprouvent-ils de ces convulsions qui tordent la bouche, qui font rouler les yeux dans leur orbite et les portent en dedans ou en dehors * (Traité de V hystérie, 1859, p. 360).

Les mouvements convulsifs s'accompagnent quelquefois de craquements dans les articulations ; la face est le plus souvent vul tueuse, animée, rarement pâle et froide, il y des palpitations, le ventre se météorise, la respiration est irrégulière; enfin la connaissance revient et alors les sanglots éclatent, et l'accès se termine comme pour les spasmes.

Ces accès peuvent se répéter à des intervalles plus ou moins rapprochés pour constituer l'attaque. Le caractère des actes qui s'observent alors varie d'ailleurs suivant la susceptibilité particulière de l'appareil musculaire, suivant l'âge et la constitution physique et morale, les causes qui ont déterminé les attaques, et, enfin, suivant les impressions ressenties auparavant (Briquet).

Landouzy a constaté que la durée des attaques est le plus souvent d'un quart d'heure à une demi-heure, ce que les nombreux relevés de Briquet ont confirmé. L'attaque peut se prolonger d'une à deux heures, rarement elle n'est que de quelques minutes. Enfin le chiffre des attaques varie à l'infini; parfois l'attaque est unique et accidentelle ; elles sont d'autant plus courtes qu'elles sont plus fréquentes, et la première est ordinairement plus prolongée que les suivantes.

Les attaques ont des prodromes qui consistent en troubles nerveux extrêmement variés, suivant les malades, et qui peuvent souvent faire prévoir les attaques, mais seulement lorsque l'hystérie est déjà diagnostiquée.

Il est évident que les deux genres d'accès, uniques, ou multiples de façon à constituer une attaque, sont tout à fait caractéristiques, soit comme phénomènes actuels, soit comme antécédents. Mais en est-il de même des autres formes d'attaques admises par Briquet et considérées isolément? La syncope est le plus souvent une conséquence de la chloro-anémie, de l'aveu même de l'auteur. Mais le coma, le délire, de même que la catalepsie, l'extase, le somnambulisme, la léthargie, devront toujours éveiller le soupçon de l'hystérie chez la femme encore jeune, vu la fréquence de cette maladie opposée à la rareté des autres origines des phénomènes que je viens de rappeler. Toutefois on ne saurait admettre avec certitude leur origine hystérique que par la concomitance d'autres phénomènes hystériques antérieurs ou actuels.

Comme antécédents auxquels Briquet attache une grande importance il signale : 4° une grande impressionnabilité dès l'enfance, les reproches produisant alors des étoufiements et des malaises, et les choses tristes provoquant des larmes exagérées; " par le fait des émotions ou des affections morales, un sentiment de malaise et de resserrement épigastrique, puis de strangulation avec palpitations et agitation dans les membres ; 3° les trois hyperesthésies suivantes, isolées ou groupées : Vépigastralgie, la douleur au niveau de la partie moyenne des fausses côtes gauches, et la rachialgie, augmentant ou survenant par des causes morales.

Ces antécédents, qui caractérisent Y état hystérique, sont constants, suivant Briquet, qui va jusqu'à considérer comme des signes pathognomoniques, indépendamment des attaques, les trois hyperesthésies que je viens de rappeler. Pour lui, ces douleurs siègent aux attaches des muscles (myosalgies). Elles

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sont superficielles, sous-cutanées, mais extrêmement vives; on les provoque ou on les exaspère en grattant modérément le muscle, en le galvanisant ou en faisant exécuter des mouvements à la malade. On doit éviter de les confondre : avec des névralgies, qui ont des foyers douloureux d'élection; avec le rhumatisme musculaire, qui a plus de fixité, qui n'affecte pas plus spécialement le côté gauche du corps, et dont la douleur, moins vive à la pression que dans la myosalgie hystérique, est au contraire plus vive par les mouvements; avec la douleur saturnine, qui a des lieux d'élection particuliers.

Peut-on réellement attribuer une valeur pathognomonique à ces douleurs considérées comme signes d'hystérie? Il est permis d'hésiter à adopter cette appréciation du savant médecin de la Charité; car la similitude des trois hyperesthésies avec les foyers de la névralgie dorso-intercostale gauche, qui ont le même siège, l'absence de preuves que les douleurs occupent réellement les attaches musculaires, comme le pense l'auteur, et enfin son silence presque absolu sur les névralgies hystériques qu'il ne fait que mentionner dans son ouvrage, comme s'il ne les avait jamais constatées lui-même, tandis qu'il décrit minutieusement les hyperesthésies en question : tout semble démonter qu'il ne s'agit ici que de névralgies dorso-intercostales identiques à celles qui se rencontrent dans la simple anémie, et qui ne sauraient par conséquent constituer des signes pathognomoniques de l'hystérie. Je dois cependant ajouter que, lorsque l'épigastralgie ou douleur antérieure est caractérisée par une douleur provoquée par la pression des attaches des deux muscles droits, à l'endroit de leurs insertions aux cinquième, sixième et septième côtes, ainsi qu'aux cartilages costaux, on ne saurait admettre que cette douleur est névralgique. Mais en est-il toujours ainsi ?

Quoi qu'il en soit, ces phénomènes ont une assez grande valeur diagnostique, soit comme antécédents, soit comme phénomènes hystériques actuels, et au même titre que les suivants, qui se remarquent comme eux du côté gauche du corps dans la plupart des cas, condition générale signalée par Briquet, et trèsutile à noter. Ce sont d'abord les hyperesthésies musculo-cutanées autres que les dorso-intercostales, ou occupant les organes des sens et même les viscères ; des ànesthésies, des spasmes et des paralysies.

Parmi les hyperesthésies, je dois rappeler : la dermalgie et surtout la céphalalgie, occupant le plus souvent les régions frontale et temporales, selon les nombreux relevés de Briquet, et rarement le sommet de la tête, où elle constitue le clou ou Y œuf hystérique, qui s'accompagne fréquemment de frissonnements, de vomissements, de troubles digestifs et parfois de fièvre. Les vomissements accompagnent aussi quelquefois les névralgies dorso-intercostales hystériques.

Nous devons signaler encore les hyperesthésies des parois abdominales ou des membres, ainsi que celles de la iwe (photophobie), de l'ouïe (hypercousie), celle du larynx, d'où résulterait la toux hystérique, le spasme de la glotte (qui a nécessité deux fois la trachéotomie) et l'asthme (?). La gastralgie, Yentéralgie, la néphralgie, la cystalgie, et Yhystéralgie complètent cette énuméralion.

Les ANESTnÉsres hystériques, qui m'ont occupé ailleurs (p. 65), ainsi que les spasmes et les paralysies (Voy. à ces mots), devront également faire soupçonner l'existence de l'hystérie chez les jeunes femmes. Le soupçon se changera en certitude, comme pour les autres symptômes, s'il a existé précédemment des attaques caractéristiques, et si les urines sont habituellement limpides, incolores et abondantes, signe important auquel Sydenhara,

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Miller Bâcher, cités par Briquel, el Briquet lui-même, ont reconnu une grande valeur.

La coïncidence d'autres phénomènes franchement hystériques, actuels ou antérieurs, éclairera aussi sur la nature hystérique de certaines contractures passagères ou permanentes plus ou moins étendues, sur celles des pneumatoses, du ptyalisme, des sueurs abondantes (parfois sanguinolentes), et de certaines galactirrhées que l'on a vues alterner avec des attaques d'hystérie (obs. 54 e de Briquet).

Les contractures observées dans le cours de l'hystérie méritent une attention particulière. Quand elles sont passagères, se produisant dans le cours des accès ou dans les intervalles, à des époques plus ou moins éloignées, elles doivent être considérées comme une manifestation de la névrose, au même titre que les autres signes de la maladie. Il en est de même des contractures plus persistantes auxquelles Lasègue a appliqué la dénomination de catalepsie hystérique (Arch. de méd., 1865, t. VI). Il la signale comme plus fréquente chez les hystériques calmes, somnolentes, demi-torpides, réagissant peu. Lorsque, chez une hystérique de ce lype, on applique la main sur ses yeux ou qu'on ferme ses paupières, la malade éprouve un engourdissement tout particulier. Si elle n'est pas ataxique, elle exécute les mouvements qu'on lui prescrit, mais avec une paresse croissante. Bientôt la respiration devient plus haute, les globes oculaires sont convulsés en haut, et il survient un sommeil profond; la vie de relation se suspend complètement, et les phénomènes de la catalepsie se montrent en même temps, et le tout disparait à la longue, ou rapidement à la suite d'une vive commotion. La raideur cataleptique est générale ou partielle, complète ou incomplète; elle cesse avec le sommeil, sans être suivie de fatigue. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que, suivant les malades chez lesquelles on provoque les phénomènes, ceux-ci s'arrêtent ou non à l'engourdissement, ou à l'état comateux. — Les hystériques peuvent présenter un autre genre de contractures non plus accidentelles ou cataleptiques, mais permanentes pendant un temps plus ou moins long. Ces contractures permanentes paraissent être liées, dans l'hystérie, à une lésion des cordons latéraux de la moelle épinière, ainsi que Charcot en a rapporté un exemple, dans lequel la contracture des quatre membres, d'abord plusieurs fois temporaire, mais alors persistant dans l'intervalle des accès, a fini par être continue pendant les neuf dernières années de la vie. Charcot croit à l'existence, dans les faits de ce genre, d'une lésion d'abord temporaire et susceptible de résolution, puis à une lésion permanente, comme la sclérose des cordons latéraux de la moelle qu'il a constatée chez sa malade (Bull, et Mém. de la Soc. des hôpit., 1865, t. II).

Outre les erreurs auxquelles peuvent donner lieu ces symptômes pris isolément, leur réunion, ou l'hystérie elle-même, a été considérée comme pouvant être confondue avec Yhypochondrie (Fréd. Dubois, d'Amiens) et avec l'état nerveux ou névropathique (Whytt).

Mais l'hypochondrie (Voy. ce mol) présente des phénomènes bien caractéristiques; et quant à l'état nerveux considéré en dehors de l'hystérie, il ne peut y avoir doute que lorsque les attaques d'hystérie n'existent pas, c'est-à-dire lorsque celte affection elle-même est très- problématique. C'est alors, comme dans toutes les conditions semblables, dans l'ensemble des phénomènes, dans leur évolution, leurs causes, qu'il faut chercher des motifs de conviction.

L'instabilité des phénomènes, leur durée temporaire, leur apparition et leur disparition brusques, sont des particularités de la marche de la maladie qui ont une grande valeur. — Quant aux données ètiologiques> qui ont été si bien

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étudiées par Briquet, il en ressort principalement : que l'hystérie, presque spéciale au sexe féminin, peut se rencontrer chez l'enfant avant la puberté, mais que le maximum de fréquence est entre douze et vingt-cinq ans, âge au-delà duquel l'invasion de la maladie est rare; que l'hystérie est héréditaire dans le quart des faits ; que Yimpressionnabilité augmentée de l'élément affectif du système nerveux, et non Y influence des organes génitaux, constitue le fond de la prédisposition; que, dans les cinq sixièmes des faits, la maladie a suivi l'action d'une cause déterminante qui a agi sur l'encéphale dans plus de la moitié des cas.

De plus, on n'oubliera pas que l'imitation est une cause incontestable du retour des attaques et même de l'invasion de la maladie, comme toutes les impressions morales profondes; l'imitation expliquerait aussi, selon Briquet, les bizarres épidémies de convulsionnaires et de possession, dont il a exposé un saisissant tableau.

Une question importante d'étiologie se rattache à la distinction de l'hystérie en primitive ou secondaire II résulte des recherches nombreuses de Briquet, relativement à l'hystérie secondaire : 1° que les maladies prolongées qui occasionnent un grand affaiblissement, un état anémique et des souffrances prolongées, sont celles qui prédisposent le plus à l'hystérie; "2° que les affections prolongées des organes génitaux provoquent peut-être cette prédisposition plus que celles des autres organes, parce qu elles réunissent à un plus haut degré que les autres les conditions qui viennent d'être indiquées.

En présence des formes ou des manifestations si nombreuses que peut offrir l'hystérie, il faut songer toujours à la possibilité de l'existence de cette affection chez les jeunes femmes qui présentent des symptômes insolites; mais on doit aussi se défier de la simulation des accidents hystériques faciles à reproduire, ou des inventions fantaisistes de certaines femmes réellement hystériques qui veulent inspirer plus d'intérêt. Il suffit de signaler la possibilité de ces manœuvres, que l'on parvient toujours à déjouer dès qu'on les soupçonne. On n'oubliera pas non plus qu'un petit nombre de femmes cherchent à dissimuler des antécédents franchement hystériques.

Une forme de la maladie dont la détermination précise est fort difficile est Yhystèro-épilepsie. Cette seule dénomination montre précisément que l'on établit, en l'employant, la confusion entre l'hystérie et l'cpilepsie. Et, de fait, il est souvent impossible de décider s'il y a épilepsie ou hystérie épileptiforme, à moins que les attaques d'épilepsie et d'hystérie ne se déclarent isolément chez la même malade, ainsi que l'a vu Briquet.

Les complications présentent quelques particularités utiles à rappeler au point de vue du diagnostic. — Il serait fort difficile, selon Briquet, d'indiquer exactement les différences qui existent entre les phlegmasies aiguës de l'encéphale et l'hystérie aiguë; et celle combinaison, qui n'est pas très-rare, serait un des écueils les plus dangereux de la pratique. — Les affections inflammatoires aiguës de la poitrine et des bronches, chez les hystériques, revêtent souvent la forme convulsive. — Celles des viscères abdominaux provoquent des spasmes. — Les affections utérines chroniques avec exagération de sensibilité se borneraient à réagir sur le système nerveux des hystériques, sans avoir la gravité qu'on leur a supposée. — Le rhumatisme articulaire ne serait pas très-rare chez les hystériques (28 sur .100). — Ni Briquet ni Landouzy n'ont jamais vu Y hypochondrie compliquer l'hystérie, contrairement à l'opinion des anciens, qui croyaient cette complication fréquente. — Il en est de même de la nymphomanie. — Enfin la chorèe n'existe jamais en même temps que des attaques franches d'hystérie, et

ICTÈRE

elle ne se combine à l'hystérie que quand celle-ci se borne aux simples accidents de la première période.

Comme phénomène consécutif à l'hystérie, il faut, selon Briquet, signaler

Y état nerveux. Cependant les anesthésies et les hyperesthésies disparaissent avec la maladie.

3° Pronostic. — La mort est très-rarement survenue dans les attaques ; elle est due alors à la suffocation. Plus rarement encore la mort a été directement le fait de l'hystérie indépendamment des attaques; elle a été produite alors par

Y épuisement, par une méningo -encéphalite, deux fois par la gastralgie; et indirectement, par la phthisie pulmonaire , la cirrhose du foie, l'affection de Bright. Les affections utérines et notamment le cancer utérin ne provoquent pas plus fréquemment ici que dans d'autres conditions une terminaison fatale. — La terminaison de l'hystérie par guérison complète et rapide ne se voit pas souvent; c'est que l'affection est alors récente et due à une cause accidentelle. Quand elle est ancienne, et que la constitution est très-impressionnable, « l'hystérie laisse après elle un état mélancolique, l'épilepsie, des paralysies plus ou moins étendues, des tics convulsifs, la rétraction des muscles, la chorée, le rachitisme. Le cerveau, le poumon, le cœur, et surtout le tube digestif, peuvent devenir le siège de phlegmasies chroniques, d'où résulte presque toujours un amaigrissement plus ou moins considérable » (Briquet).

HYSTÉRO MÈTRE - Voy. UîKRUS.

ICHTHYOSE. — Cette affection cutanée, congénitale ou accidentelle, est aisée à reconnaître à « des squames plus ou moins larges, dures, sèches, d'un blanc grisâtre, comme imbriquées, formées par de l'épiderme épaissi, ne reposant jamais sur une surface enflammée, n'étant accompagnées d'aucune chaleur, d'aucune douleur, d'aucune démangeaison, et constamment liées à une altération profonde des couches sous-jacentes delà peau » (Cazenave). Celle-ci est épaisse, fendillée, rude au toucher comme une peau de chagrin, se rompant quand elle est tiraillée; elle est souvent comme recouverte d'écaillés plus ou moins épaisses (squames adhérentes) aux parties saillantes des membres. — L'ichthyose est générale ou partielle. Les parties qui en sont moins fréquemment ou moins profondément atteintes que les autres sont la paume des mains, la plante des pieds, et surtout les régions où la peau est plus fine, comme la face interne des membres, les aisselles, les aines, le visage, les paupières.

Lorsque l'ichthyose est partielle, elle se présente parfois sous forme d'exfoliation presque farineuse, et pourrait être prise pour de l'eczéma si les antécédents de celte dernière affection ne venaient éclairer le praticien. — Rayer a eu le soin de distinguer la véritable ichthyose de certaines acnés sébacées, dans lesquelles on constate au début une sécrétion comme huileuse sur les parties malades, sécrétion qui Unit par se condenser eu couche squameuse plus ou moins étendue. Suivant la remarque de Lailler (Annales de dermatologie, t. I, 4800), E. Wilson considère l'ichthyose, avec la plupart des médecins anglais, non connue une déviation de la sécrétion épidermique, mais comme une diminution de la sécrétion sébacée.

Quoi qu'il eu soit, l'ichthyose est incurable ou très-rebelle ; mais elle ne se complique pas d'altérations des organes intérieurs.

ICTÈRE. — Dans un très-grand nombre de cas, l'ictère, caractérisé par une coloration jaune plus ou moins funcée de la peau et des sclérotiques, est du à un obstacle au cours de la bile dans les canaux biliaires. Mais il se produit aussi dans d'autres conditions que je rappellerai tout à l'heure. En toute circonstance, l'ictère vrai est dû à la présence de la matière colorante de la bile dans

ICTÈRE

le sang ; c'est là l'icère vrai, car il y a des faux ictères, comme nous le verrons. Comment se fait ce passage de la matière colorante de la bile dans le sang, qui r in fil ire dans tous les organes? C'est ce qu'il importe d'abord de rappeler pour bien comprendre l'ictère.

La bile étant en excès dans le foie, passe par les lymphatiques et les veines dans la masse du sang. Mais elle y est immédiatement décomposée : il y a destruction des acides biliaires, et il ne reste dans le sang que la matière colorante ou pigment biliaire appelée biliverdine ou cholépyrrhine, qui est visible sous Tépiderme et sous la conjonctive qu'elle colore en jaune.

Voyons d'abord ce qu'est l'ictère considéré comme symptôme.

1° Caractères. — La coloration jaune de la conjonctive et de la peau, due au passage dans le sang des matières colorantes de la bile, et qui constitue l'ictère, se constate ordinairement à première vue, qu'elle soit limitée ou généralisée. La coloration iclérique apparaît d'abord à la sclérotique, puis aux tempes, au pourtour du nez, aux commissures des lèvres, avant d'envahir le reste de la face ou du corps; la teinte en est le plus souvent franchement jaune clair, jaune foncé, plus rarement verdàtre, ou même d'un vert foncé et brunâtre qui a fait qualifier l'ictère de noir.

Dans certains cas, la coloration jaune est douteuse, soit parce que l'ictère est très-peu prononcé ou à son début, soit parce que l'on voit le malade à la lumière d'une bougie ou d'une lampe, qui annihile la couleur jaune, soit enfin parce que la coloration naturellement brune de la peau du sujet en atténue la manifestation. Quelquefois au contraire l'ictère n'est pas réel, mais simulé par une coloration légèrement jaunâtre de la peau, comme dans diverses intoxications, et principalement Y intoxication saturnine, dans laquelle cette coloration est appelée faussement ictère saturnin, dans la cirrhose du foie, dans lacachexte cancéreuse, dans la pyémie, à la suite des fièvres intermittentes, ou enfin dans l'anémie, surtout chez les individus dont le teint est naturellement jaunâtre. Sous ce dernier rapport, il y aurait, suivant la juste remarque de 0. Saint-Vel, une étude intéressante à faire des colorations morbides ou simplement anomales, rencontrées sur les individus des races différentes qui habitent les pays tropicaux (Malad. des régions intertropic. , 1868). Or, dans ces diverses circonstances , il faut contrôler son impression première par la recherche de quelques autres signes propres à l'ictère lui-môme.

Il ne faut pas oublier, en effet, que la sclérotique est toujours envahie par la coloration jaune dans le véritable ictère, et qu'au début elle peut être la seule partie extérieure qui soit colorée, ce qui n'a pas lieu dans les faux ictères que je viens de rappeler.

L'examen des urines fournit encore d'autres signes probants de l'ictère ; c'est d'abord la couleur rougeàtre de ce liquide, qui teint en jaune serin les parois du vase où il passe, ou un linge qu'on y trempe; c'est ensuite la réaction que l'acide nitrique produit dans l'urine, à laquelle il donne une couleur verdàtre devenant d'un rouge pourpre par un excès d'acide, et que l'on a dit pouvoir

. être constatée deux ou

trois jours avant l'apparition (même aux sclérotiques) de la teinte Fiç. oo. - Pouls d icténquo (Marey). ictérique extérieure

(Voy. Bile).

On a encore attribué à l'ictère d'autres signes indirects, tels que le prurit parfois incommode de la peau, une éruption populeuse (Gubler), la desquama-

ICTÈRE

Hon, la céphalalgie, rarement la vue des objets en jaune, de légers troubles digestifs, et enfin la lenteur du pouls, comme le montre la figure de Mareyque je viens de reproduire fig. 99. Frerichs a cru que cette lenteur du pouls pouvait s'expliquer par une influence de la bile sur le nerf pneumo-gastrique ou sur le cerveau, analogue à celle de la digitale.

Selon Calvert, Y acide carbo-azoiique, pris à l'intérieur, aurait pour effet une coloration jaune de la peau et des conjonctives ressemblant à un ictère intense, coloration qui disparaîtrait avec l'élimination de l'acide par les urines (Jour, de pharm. et de chimie, 1850, t. XXX).

2° Conditions pathologiques et signification. — L'ictère une fois constaté, il faut remonter à la condition pathologique dans laquelle il se produit. Il en est de môme pour les faux ictères. Cette question d'origine devient, en effet, la question capitale du diagnostic. On recherchera d'abord si l'ictère reconnu vrai est symptomatique d'une obstruction des voies biliaires ou d'une affection du foie lui-même, d'une maladie paraissant localisée dans un autre organe, d'une affection générale, ou bien si l'ictère, indépendant en apparence de tout autre état pathologique, semble constituer à lui seul une affection particulière (ictère idiopathique ?).

Lorsque l'ictère est précédé de douleurs plus ou moins vives au niveau du rebord des fausses côtes droites, on doit le rattacher à la colique hépatique, c'est-à-dire presque toujours à l'obstruction des voies biliaires par des calculs biliaires engagés dans les canaux hépatique ou cholédoque. On rattachera beaucoup plus difficilement l'ictère à l'occlusion des voies biliaires par inflammation (Curry, Andral), par pénétration d'un lombric dans le canal cholédoque, ou par la compression de ce canal par une tumeur, à moins que cette tumeur ne soit déjà constatée.

Dans les maladies du. foie comme dans les autres affections générales ou locales nombreuses où l'on rencontre l'ictère comme symptôme , on peut dire qu'il n'est jamais un signe pathognomonique, car il n' est constant pour aucune d'elles.

Dans Yhêpatite aiguë, l'ictère joint à la fièvre sert beaucoup à caractériser la maladie (Louis) ; mais dans Yhêpatite chroriique, où il est plus rare, il n'indique nullement, comme on l'a avancé, que les abcès, s'il en existe, avoisinent les voies biliaires. — Dans le cancer du foie, l'ictère n'a été noté que dans le quart des faits (Valleix). Joint à la tumeur inégale et bosselée du foie, il est cependant un très-bon élément de diagnostic. — L'ictère, le véritable ictère, est exceptionnel dans la cirrhose, comme avec les tumeurs hydatiques du foie, et la phlébite de la veine porte. — On le rencontre habituellement au contraire dans Y empoisonnement par le phosphore, et si je le rappelle à propos des maladies du foie, c'est qu'on a rattaché cet ictère à un catarrhe des voies biliaires (Virchow) dans lequel il y aurait obstruction des voies biliaires par du mucus épais. 0. Wyss a conclu de ses recherches expérimentales sur des fistules biliaires portées par des chiens, que l'ictère catarrhal ne siège pas seulement à l'extrémité intestinale du canal cholédoque , comme le disait Virchow, mais bien dans les canalicules biliaires qui s'obstruent de mucus filant et épais; d'où la stase biliaire (Archiv der Heilkunde, 1867).

En dehors des maladies de l'organe hépatique et des voies biliaires, il en est un assez grand nombre qui s'accompagnent d'ictère. Ce sont : la pneumonie, même celle qui siège dans un point du poumon éloigné du foie (au sommet, par exemple); Y embarras gastrique bilieux; certaines affections utérines; la fièvre bilieuse ou Y étal bilieux des pays chauds ; la fièvre jaune, ainsi appelée en Woillez. - Dict. de Diago. 2« édit. 35

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