III. Ictère des nouveau nés
Dans sa Clinique des enfants nouveau-nés (1838), Valleix considère avec Rosen et Underwood ce prétendu ictère des nouveau-nés comme dû à la dégradation de la coloration rouge qui survient après la naissance. La couleur jaune de la peau se montre en effet d'abord par places, et jamais sur toute la surface du corps dès le début, et cette coloration est d'autant plus prononcée que la coloration rouge primitive a été plus foncée. Cependant Valleix reconnaît qu'il y a quelquefois un véritable ictère; il se distingue du faux ictère dont il vient d'être question par la coloration jaune de la sclérotique, qui est d'un blanc bleuâtre ou à peine jaunâtre dans le faux ictère.
Cette explication, d'apparence rationnelle, est niée par Hervieux (Thèse de doctorat, 1847), qui rejette de l'étiologie de l'ictère des nouveau-nés : l'ecchymose, le sclérème signalé par Léger (Thèse, 18-23), l'entérite, et l'engorgement du foie de Baumes, Billard, etc. Il rappelle que, sur quarante-cinq observations qu'il a réunies, il a trouvé tous les tissus colorés en jaune, sans que l'urine ail une teinte jaune ou brune et sans que les selles fussent décolorées. Hervieux cherche à expliquer cet ictère réel par l'hypothèse du trouble passager que présentent les fonctions du foie au commencement de la sécrétion biliaire.
L'affection est bénigne et dure de six à quinze jours, sans réclamer de traitement.
IDIOTIE. — Voy. Folie.
ILÉO-CŒCAL. — Voy. Cœcum.
ILÉUS. — Voy. Occlusion intestinale.
IMPÉTIGO.
ILIAQUES (Régions). — Situées eu dehors de la région hypogastrique, les régions iliaques correspondent prinripalement : à droite au cœrùin, à gauche à rS iliaque du côlon, et par conséquent au péritoine et plus profondément au tissu cellulaire sous péritonéal.
Ces régions sont le siège de douleurs occupant les muscles des parois abdominales, ou les organes plus profonds. Une douleur musculaire à la pression en a imposé, selon Briquet, pour une douleur due à l'ovaire (Traité de Vhystérie, p. 238). Une douleur subite peut annoncer, principalement à droite, une péritonite par perforation de l'appendice iléo-cœeal, ou un phlegmon du tissu cellulaire de la fosse iliaque. Des adcës, des tumeuiis, ayant pris naissance dans les organes sous-jacents ou dans des organes voisins ou éloignés, peuvent également s'y rencontrer.
C'est aussi au niveau des fosses iliaques que se constatent le plus ordinairement la desquamation scarlatincuse (comme au voisinage de l'aisselle), les sudamina dans la lièvre typhoïde, ainsi que le gargouillement À la pression de la fosse iliaque droite dans la même maladie.
Les moyens d'exploration dans ces régions sont d'ailleurs les mêmes que pour les autres parties de I'abdomen.
ILLUSIONS. — Voy. Folie, Hallucinations.
IMPÉTIGO. — Cette éruption, tantôt agglomérée sur une surface plus ou moins étendue, tantôt disséminée, est remarquable par des pustules psydraciées, petites, jaunes, rapprochées, et donnant lieu à un suintement abondant qui se dessèche en croûtes épaisses, inégales, d'un jaune verdàtre, semi-transparentes en partie, souvent couleur de miel, et à la chute desquelles il reste, pendant un certain temps, des taches légères d'un rouge brunâtre, sans cicatrice consécutive.
A la face, chez les enfants, les jeunes jiens ou les jeunes femmes à peau line et blanche, il est facile de reconnaître cette affection, qui siège fréquemment à la moitié inférieure du visage. Chez l'homme adulte, les pustules et les croûtes d'impétigo qui s'observent au niveau du menton peuvent être prises pour un sycosis, qui ne serait pas caractérisé par des saillies tuberculeuses. 11 ne faut pas oublier que l'éruption occupe fréquemment les narines, où les croûtes arrachées peuvent se renouveler pendant très-longtemps, mais sans être, aussi fréquemment qu'on l'a dit, le point de départ de l'érysipèle de la face. La conjonctive oculaire peut également être le siège de l'éruption inipéligineuse, qui sera facilement confondue avec une ophlhalmie simple si l'on ne recherche pas avec soin les pustules aplaties, ordinairement visibles au milieu de la congestion inflammatoire qui les entoure. L'impétigo n'est pas rare non plus au niveau des oreilles.
Le diagnostic de l'impétigo est facilité par la recherche de sa cause. S'il est primitif, il peut s'être développé par contagion, selon Devergie, mais plus souvent au contact de subtances irritantes, connue celles que manient les maçons, les épiciers, les fileurs de laine, les tileuses de cocons de vers à soie (Voy. Mal de bassine), les criniers, les ouvriers utilisant les vers arsenicaux, la chaux, etc. L'impétigo se rencontre aussi comme affection secondaire survenant dans d'autres affections cutanées, ordinairement parasitaires, comme la gale, la teigne faveuse, la teigne tonsurante; on l'observe également avec le lichen.
C'est surtout lorsqu'il occupe le cuir chevelu que l'on peut méconnaître l'impétigo, non pas lorsqu'il est caractérisé par des pustules, mais lorsque les croûtes qu'elles produisent constituent des plaques plus ou moins étendues. Cependant il est rare qu'on ne trouve pas, sur les limites de l'éruption, soit des