INANITION
pustules caractéristiques s'il s'agit d'un impétigo , soit les cupules du favus s'il s'agit d'une teigne faveusc. De plus, il faut se rappeler que les croûtes impétigineuses sont humides en beaucoup de points, tandis que celles du favus sont essentiellement sèches et présentent au microscope un agrégat de parasites végétaux (Bazin). On ne peut hésiter que lorsque la teigne faveuse et l'impétigo se rencontrent réunis, ce qui n'est pas très-rare.
Sur les membres, on a confondu l'impétigo ancien avec une syphilide. Cependant l'impétigo n'offre pas, comme les sypnilides pustuleuses, des croûtes épaisses, très-adhérentes, reposant sur des chairs violacées, entourées çà et là de cicatrices indélébiles, et laissant à leur chute des ulrérations profondes (Alph. Cazenave).
Il faut tenir compte des différentes formes d'impétigo qui ont été établies : d'après la disposition de l'éruption des pustules en groupe (impétigo figurata) ou éparses (impétigo sparsa), d'après l'aspect particulier des croûtes trèsépaisses, d'un brun jaunâtre foncé , comparées à une écorce d'arbre (Villan) et recouvrant parfois tout un membre, dont elles rendent les mouvements difficiles et douloureux : c'est Yimpetigo scabida, que l'on observe chez des sujets à constitution détériorée. On a admis encore une forme fébrile avec symptômes généraux au début, et une forme chronique ; mais il y a une forme intermédiaire, en quelque sorte, aux deux précédentes : c'est la plus ordinaire, celle qui, sans être précédée de fièvre, ne dure que quelques septénaires. La forme fébrile, assez rare, comprend Yimpetigo erysipelatodes , qui se développe avec douleur vive, et dont les pustules reposent sur des plaques érysipélateuses largement développées : c'est l'eczéma rubrum pseudo-exanlhématique de Bazin. Enfin on a appelé impétigo larvalis l'éruption pustuleuse qui occupe, chez les enfants très-jeunes, tantôt tout le visage, tantôt seulement une partie des joues, des lèvres, des oreilles, le cuir chevelu ; ce sont les croûtes de lait du vulgaire.
L'impétigo est ordinairement une affection légère; car elle n'a de gravité que chez les sujets âgés ou d'une constitution détériorée, chez lesquels sa durée peut être indéfinie.
IMPUISSANCE. — L'impuissance , caractérisée par l'absence de tout désir vénérien et par Y impossibilité d'une érection convenable pour le coït, n'a qu'une valeur diagnostique très-limitée comme signe de maladies internes. Il me suffit de rappeler qu elle est la conséquence fréquente des pertes séminales involontaires, des habitudes solitaires, de la glycosurie, des maladies de la moelle et de plusieurs intoxications : alcoolique, par l'opium, par les vapeurs phosphorées (Huss) , et surtout de celle due aux inhalations par le sulfure de carbone. Cullerier a signalé aussi l'impuissance comme conséquence de l'atrophie des testicules par suite de la médication iodée (Mèm. de la Soc. de chirurgie) , et Vénot comme conséquence de l'orchite chronique, par l'absence de spermatozoaires (Journ. de méd. de Bordeaux, 1864).
INANITION. — Les phénomènes morbides qui résultent de l'inanition dans le cours des maladies sont assez fréquemment des causes d'erreurs de diagnostic regrettables, surtout par les conséquences thérapeutiques qu'elles entraînent. On peut, en effet, attribuer à la maladie les effets de l'inanition par la privation absolue des aliments ou par l'alimentation insuffisante qui résulte du traitement de la maladie. Or, il ressort des recherches expérimentales de Chossat sur Y inanition (Mém. de VAcad. des se, 1843) : que les deux conditions de la privation absolue ou de l'insuffisance des aliments produisent des effets analogues, mais seulement plus lents s'il y a insuffisance d'alimentation, que dans le cas de privation absolue ; qu'il y a diminution du poids du corps, qui entraîne la mort dès que la perte est des quatre dixièmes du poids total;
INCONTINENCE. — incontinence d'urine.
qu'il y a en même temps diminution de la caloricité ; et que Yinanitiation (production graduelle de l'élat d'inanition) est une cause de mort qu'il faut ajouter aux trois causes indiquées par Bichat.
Cette inanitiation , suivant Chossat, marche de front et en silence avec toute maladie dans laquelle l'alimentation n'est pas à l'état normal. Elle arrive à son terme quelquefois plus tôt et quelquefois plus tard que la maladie qu'elle accompagne sourdement, et peut devenir ainsi maladie principale, là où elle n'avait d'abord été qu'épiphénomène. On la reconnaîtra, dès qu'on le voudra, au degré de destruction des chairs musculaires, et l'on pourra à chaque instant mesurer son importance actuelle par la perte relative du poids du corps.
Quoique ces pesées ne soient guère praticables dans la pratique, les résultats signalés par Chossat n'en sont pas moins très-importants, et la médecine doit en faire son profit.
Il résulte surtout de la dernière expérience de l'auteur (Appendice à son Mémoire) un fait capital relatif à la fièvre qui, en maintenant la chaleur animale élevée, agirait comme le réchaulîement artificiel , qui permet au corps de supporter, sans conséquences fâcheuses, une plus grande déperdition qu'en l'absence de tout réchauffement.
Dans un intéressant Mémoire (Bull. gên. de thérap.y 1854, t. XLVII), Marrotte a appliqué à l'homme malade les importants résultats des expériences de Chossat sur les animaux. Malgré la difficulté extrême du sujet, qui l'a empêché d'être suffisamment explicite sur plusieurs points , il en est arrivé à formuler des données diagnostiques très-utiles à la pratique. Il a insisté avec raison sur les signes suivants de l'inanitiation : destruction des chairs musculaires parfois rapide , alors que la maladie cesse et que le malade reste soumis à la diète ; diminution connexe de la chaleur animale (avec sensibilité au froid), de la respiration et surtout de la circulation (pouls au-dessous de la fréquence normale); hémorrhagies (purpura); diminution et parfois fétidité des sécrétions , ou au contraire diarrhée, vomissement (épiphénomène très-important qui cesse par l'alimentation), exagération de la faim, de la soif; délire, état adynamique différent de celui dû à la maladie principale en ce qu'il se montre plus tard ; enfin il existe assez souvent , après les repas , une réaction fébrile accidentelle qu'il est nécessaire d'attribuer à sa véritable cause , l'inanition , afin de ne pas la considérer comme contre-indiquant l'alimentation.
INAPPÉTENCE. — Voy. Faim.
INCONTINENCE. — On rencontre dans la pratique Yincontinence des matières fécales et Yincontinence d'urine. La première est la conséquence d'une paralysie du sphincter anal {Voy. Paralysies localisées), sauf dans les cas de névralgie ano-vésicale, dans laquelle l'anus s'entr'ouvre et laisse écouler les matières. Mais la seconde a une origine plus complexe et doit être examinée à part.
Incontinence d'urine.
Considérée comme élément de diagnostic , l'incontinence d'urine est un symptôme caractérisé par l écoulement involontaire, et sans douleur, de ce liquide, qu'il ait lieu d'une manière continue ou intermittente.
A. — L'incontinence continue, dans laquelle l'urine coule goutte à goutte, n'est le plus souvent qu'un épiphénomène de la rétention d'urine dans la vessie, dont il a été question à part {Voy. Rétentions); alors l'incontinence a lieu par regorgement. D'autres fois, la vessie est vide, c'est-à dire laisse écouler au dehors l'urine aussitôt qu'elle Ta reçue des uretères. Dans ce cas, on ne perçoit ni tumeur, ni rénitence à l'hypogastre , et l'introduction de la