INDIGESTION
sonde dans la vessie, qu'elle sent contractée sur elle-même, ne donne lieu à aucun écoulement notable d'urine, comme dans le cas de rétention.
Cette dernière espèce d'incontinence continue dépend manifestement du relâchement permanent du sphincter de la vessie ; mais il faut en déterminer l'origine. On peut trouver cette origine simplement dans Yàge avancé des malades, ou dans des excès vénériens, la masturbation , Y abus des aphrodisiaques et des diurétiques, plus fréquemment dans une lésion de la vessie, une tumeur intra- pelvienne empêchant la vessie de se développer, dans une lésion des centres nerveux (cerveau , moelle épinière); enfin l'incontinence se montre pendant Vagonie d'une foule de maladies diverses , dans lesquelles elle ne constitue qu'un phénomène ultime .très-secondaire.
B. — Lorsque V incontinence d'urine est intermittente, c'est surtout la nuit et principalement chez les jeunes enfants qu'on l'observe. Elle parait provenir d'abord de l'intensité du sommeil, qui les empêche de sentir le besoin d'uriner, puis l'incontinence nocturne devient une habitude plus ou moins rebelle. Cette émission involontaire se remarque aussi accidentellement dans la grossesse au dernier degré, pendant V accouchement, dans les violentes émotions, pendant le rire prolongé, les convulsions, Yasphyxie. Mais, dans ces dernières circonstances, l'incontinence ne mérite qu'une simple mention.
INDIGESTION. — Rangée par Chomel parmi les dyspepsies sous le nom de dyspepsies accidentelles (Des Dyspepsies, 1857), les indigestions consistent en des dérangements qui peuvent porter exclusivement ou simultanément sur l'estomac, ou sur les intestins.
i° Éléments du diagnostic. — La forme la plus légère (simple digestion laborieuse) est caractérisée par un sentiment de gêne et de pesanteur qui suit le repas et persiste souvent pendant plusieurs heures. 11 s'y joint de la somnolence, de la fatigue, de la soif, un peu A* accélération du pouls; la bouche devient pâteuse et sèche, et V évacuation alvine qui suit est ordinairement plus copieuse, plus molle et plus odorante que dans l'état de santé. — A un degré plus prononcé, il y a distension de V estomac, douleurs plus vives à l'épigastre, puis dans le reste du ventre, sonorité exagérée ou matité au niveau de l'estomac, nausées, vomituritions et quelquefois vomissements d'aliments. Des coliques vives surviennent, puis des évacuations de matières mal élaborées, souvent non digérées. — Dans un degré plus intense encore, l'indigestion peut se montrer avec l'apparence d'une maladie très-grave, soit en raison des douleurs violentes dont l'épigastre et le ventre sont le siège, des vomissements, des selles, soit surtout en raison des phénomènes généraux qui s'y joignent.
2° Inductions diagnostiques. — L'idée d'une indigestion se présente naturellement à l'esprit lorsque l'on constate les phénomènes que je viens de rappeler. Leur apparition accidentelle, le soulagement qui suit les évacuations alvines et surtout les vomissements, l'odeur aigre, vineuse ou hydro sulfureuse de ces déjections, viennent corroborer le diagnostic. Il se trouve confirmé par les antécédents, si l'on apprend que les troubles observés ont été précédés, soit d'un excès d'aliments ou de boissons, soit de l'ingestion plus rare d'aliments de mauvaise qualité, soit d'une mastication et d'une insalivation insuffisantes; s'il y a eu un rapprochement de plusieurs repas trop copieux, des causes perturbatrices accidentelles, ou une répugnance idiosyncrasique des organes digestifs pour certains aliments (Chomel).
Ces différentes données suffisent, ce me semble, pour qu'il soit inutile d'exposer le diagnostic différentiel de l'indigestion avec la gastrite, V engouement