‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 181 sur 355 · INFLAMMATION · texte numérisé non relu

INFLAMMATION

ou Yocclusion de l'intestin, la colique hépatique, le choléra sporadique et Y empoisonnement.

Dans les cas rares où survient la congestion cérébrale comme complication, on peut croire à une hémorrhagie du cerveau, et il en est de même si les sueurs froides, les défaillances ou la syncope accompagnent l'indigestion à son début, comme on le voit chez les vieillards. Mais la percussion de l'épigastre annonçant la plénitude de l'estomac, et la connaissance des antécédents lèveront les doutes.

La rupture de l'estomac est une complication très-rare, mais aussi trèsgrave, puisqu'il en résulte une péritonite rapidement mortelle, qui ne sera facilement reconnue que si l'indigestion a été d'abord admise. Le diagnostic sera plus difficile chez les enfants, lorsque l'indigestion se compliquera de convulsions, dont la véritable cause pourra échapper.

3e Pronostic. — L'indigestion est une affection bénigne, sauf dans les cas de complications, et principalement dans les cas de rupture de l'estomac par suite de sa distension excessive, accident heureusement fort rare (Voy. Ruptures).

INDURATION (des valvules du cœur). — La difficulté ou même l'impossibilité de rencontrer des indurations valvulaires du cœur comme lésion isolée empêche de préciser les caractères diagnostiques que l'on doit rattacher à cette lésion. Les rugosités qui accompagnent l'induration sont bien, dans la plupart des cas, en rapport avec la rudesse d'un souffle anomal ; mais celte règle n'est pas absolue, des indurations très-prononcées pouvant donner lieu à un souille musical très-doux, et des rétrécissements sans indurations très-prononcées à un souffle très-rude, avec bruit de râpe ou de scie.

INFECTION. — Je pourrais répéter ici, à propos de l'infection considérée comme mode de transmission miasmatique de certaines maladies, ce que j'ai dit de la contagion, autre mode de transmission par le contact (Voy. Contagion, p. 232). Je n'ai pas d'ailleurs à discuter cette question étiologique, mais seulement à rappeler que l'on a donné le nom d'infection miasmatique, purulente ou putride, à trois ordres de faits différents; les deux derniers constituent deux états pathologiques particuliers.

V infection purulente, dont il est question à l'article Pyémie, est caractérisée par des symptômes identiques, que les accidents résultent de l'injection du pus dans les veines, de la résorption d'une collection purulente, ou de pus infiltré dans un organe, ou enfin de la rupture d'un abcès dans un gros tronc veiueux (Voy. p. 8). On ne saurait donc plus admettre que la phlébite en est l'origine nécessaire.

Quant à Y infection putride, qui résulte de la résorption des liquides fétides viciés par la putréfaction des suppurations chroniques, elle a pour caractère une marche lente, surtout remarquable par les phénomènes de la fièvre hectique.

INFLAMMATION. — Le mol inflammation a été interprété diversement dans les dernières années. Nous ne saurions négliger de rappeler ces différentes manières de voir; car l'inflammation est un fait si général dans l'eusemble de la pathologie, qu'il est indispensable de s'en faire une idée aussi précise que possible.

Sans rappeler les anciennes théories, antérieures aux recherches microscopiques et expérimentales modernes sur la circulation capillaire, je mentionnerai les deux théories principales qui sont aujourd'hui en présence, et dont la dissemblance démontre toutes les difficultés du problème. 4° Il y a d'abord la théorie de Virchow, dite cellulaire ou de l'irritation formatrice, caractérisée par la

inoculation.

prolifération d'éléments morphologiques préexistants dans les tissus enflammés. 2° Il y a ensuite la théorie du blaslème, de l'exsudation plastique, dans laquelle se forment des produits inflammatoires aux dépens des exsudats vasculaires (Robin); la congestion, les dépôts séro-fibrineux avec ou sans production de pus et l'augmentation de la fibrine normale du sang dans certains cas : tels sont les caractères principaux de l'inflammation dans cette théorie.

Lorsqu'on fait intervenir létude clinique, que négligent trop certains micrographes, il est difficile ou même impossible de faire concorder la théorie cellulaire avec l'évolution des phénomènes des inflammations, observés au lit des malades. La cellule qui se trouble en absorbant les éléments voisins ne saurait, comme premier phénomène du processus inflammatoire, avoir une expression symptomalique bien déterminée. La théorie de l'exsudat considéré comme caractère principal de la lésion de l'inflammation, théorie adoptée généralement en France, concorde bien mieux avec les faits observés, dans lesquels la congestion et les signes qui l'accompagnent caractérisent le début inflammatoire dans les tissus vascularisés. L'objection faite par Virchow de l'inflammation qu'il fait expérimentalement développer dans les parties dépourvues de vaisseaux apparents, comme le cartilage, démontre simplement que l'inflammation peut se développer sans une participation préalable de la circulation capillaire; mais elle ne prouve rien contre le fait général des modifications congestive, puis exsudative des organes vascularisés qui s'enflamment. Il résulte de la manière de voir de Virchow que tout travail pathologique aigu dans l'organisme est une inflammation, jusqu'aux périodes menstruelles physiologiques de la femme, ce qui évidemment est exagéré.

Dans un ouvrage essentiellement pratique de la nature de celui-ci, je n'ai pas à entrer dans une discussion approfondie de cette question capitale de l'inflammation. Il est clair que le dernier mot n'est pas dit encore à son sujet. Voici Colmheim qui rejette les deux théories rappelées tout à l'heure, en cherchant à démontrer que les globules de pus sont dus aux globules blancs du sang qu'il a vu s'échapper des vaisseaux capillaires par de prétendues stomates, qui paraissent n'avoir été qu'une de ces illusions d'optique assez fréquentes lorsqu'on étudie les phénomènes infiniment petits. La question du pus produit par l'inflammation est d'ailleurs peu élucidée encore (Voy. Leucocytes, Pus).

L'inflammation a une marche ou une évolution qui varie tellement suivant l'organe aflecté, que son étude, sous ce rapport, ne serait ici d'aucune utilité. Suivie de résolution, de suppuration ou de gangrène, elle constitue la grande classe des phlegmasies, qui sont spontanées ou secondaires, et dont il me paraît superflu de faire une sèche énumération.

INGUINALE (Région). — Voy. Aunes.

INNERVATION. — Voy. Nerveux (Appareil).

INOCULATION. — Considérée comme moyen de diagnostic, l'inoculation du pus d'une partie sur une autre région du corps du même individu est faite dans le but de s'assurer du caractère virulent ou non virulent de la matière purulente d'une lésion, que l'on soupçonne de nature syphilitique. Legendre a fait remarquer avec raison que la pustule qui en résulte et qu'on détruit le lendemain (à l'aide de la pâte de Vienne) peut n'être pas toujours spécifique, et que la simple irritation déterminée par la piqûre ou par l'àcreté du liquide non virulent dont on a chargé la lancette suffit pour expliquer son apparition. Cette pustule n'a de valeur qu'autant qu'elle donne naissance à une ulcération caractéristique qu'on doit dès lors se hâter de détruire (Arch. de mérf., 1853, t. H, p. 204).

Page 1