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INSPECTION DE LA POITRINE

i° But. — L'inspection du thorax a pour but de faire constater, outre les changements de couleur que la peau peut y offrir, les modifications pathologiques extérieures que cette partie du tronc présente, soit dans ses mouvements fonctionnels, soit dans sa configuration et dans son volume.

2° Méthode dt exploration. — Pour juger de l'état des mouvements fonctionnels du thorax, on devra d'abord tenir compte de Y étendue, delà durée relative et du rhythme des mouvements d'inspiration et d'expiration ; on aura soin de les examiner, chez l'homme, dans toute la partie antérieure de la poitrine mise à nu, et principalement à la partie supérieure et inférieure du thorax. L'exploration devra s'effectuer, chez la femme, dans les régions supérieures, puis inférieures, exploration successive toujours facile, parfaitement suffisante, et qui n'obligera pas à découvrir complètement la poitrine , ce qui est souvent commandé par la plus simple convenance.

Quant aux mouvements d'expansion , toujours plus ou moins limités, qui consistent en pulsations visibles des organes circulatoires, on aura surtout à déterminer leur siège, leur étendue, leur intensité et leur rhythme.

Pour apprécier convenablement la configuration de la poitrine, il est indispensable que le malade soit placé dans une position favorable à l'exploration, à moins qu'il n'existe une déformation des plus prononcées, ce qui n'est pas l'ordinaire, ou une déformation très-limitée, la saillie d'un abcès, par exemple. En général, il faut une certaine attention pour constater les signes fournis par l'inspection de la poitrine, et consistant en saillies ou en dilatations anomales, et plus rarement en dépressions manifestes : les unes et les autres plus ou moins étendues, et souvent appréciables seulement par la comparaison des deux côtés de la poitrine entre eux. C'est cette comparaison qui rend nécessaire une exploration méthodique.

On peut examiner le malade couché dans son lit, assis sur son séant, debout ou assis sur un siège. Dans ces différentes conditions, il faut que le tronc soit dans sa rectitude, la tête droite, et que les bras soient abandonnés à eux-mêmes sur les côtés. Si le malade est couché sur le dos, position qui ne permet d'examiner que les régions antérieures, on a soin d'égaliser d'abord le plan du lit sur lequel il repose. Après avoir constaté l'état des régions moyennes (sternale en avant, spinale en arrière), on compare les régions latérales correspondantes en se plaçant en face, et l'on reconnaît ainsi les défauts de symétrie, soit dans le relief des parties, soit dans leur niveau respectif (épaules, mamelons), soit dans leur éloignement réciproque de la ligne médiane (régions inférieures et externes).

3° Signes. — Les modifications pathologiques que l'inspection des mouvements respiratoires et de la configuration de la poitrine permet de reconnaître, ne pourront être bien comprises que si l'on tient compte des conditions qui existent dans l'état physiologique, et que je vais d'abord succinctement rappeler.

a. — Dans Vètat sain, les mouvements respiratoires visibles s'effectuent : l'inspiration, par le soulèvement des côtes et le refoulement simultané des organes abdominaux qui font plus ou moins saillie au-dessous des côtes; l'expiration, parle retour de ces parties à leur position première. Ce mécanisme respiratoire est lent, gradué, régulier, et s'exécute au niveau des côtes dans toute la hauteur de la poitrine, où il constitue la respiration costale, plus prononcée chez la femme que chez l'homme au niveau des côtes supérieures. C'est là que, chez elle, la dilatation habituelle est la plus forte. Cette expansion costale est égale des deux côtés et s'accompagne d'une dépression des espaces intercostaux plus grande que dans l'expiration. Inférieurement, l'expansion inspiratrice de la partie supérieure du ventre répond à la contraction du dia-

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