‹ Dictionnaire de diagnostic médicalChapitre 19 sur 355 · ANUS · texte numérisé non relu

ANUS

idée préconçue, un nombre considérable de faits bien observés, et en tirer des conclusions numériques comparatives. C'est ainsi qu'a procédé le docteur Lefèvre dans le Mémoire cité; et, quelle que soit l'opinion que l'on ait de la méthode numérique, il est de toute évidence qu'elle seule peut résoudre ces sortes de problèmes.

Quant à l'antagonisme qui peut exister, chez un même individu, entre diverses maladies, il ne me parait pas non plus établi sur des preuves suffisamment convaincantes. Bai lliez et Killiet, dans leur excellent Traité des maladies des enfants, ont cru reconnaître un antagonisme de cette espèce entre la diathèse tuberculeuse et la scarlatine, entre les tubercules et la variole. On a déclaré antagonistes : le choléra et lasuette ; les scrofules ou les tubercules et le raehilis; les tubercules et l'intoxication saturnine (Beau) ;la coqueluche et la rougeole (Kaber) ; la lièvre typhoïde et les maladies graves (Thirial). De tous ces antagonismes, il n'en est aucun qui soit parfaitement démontré, soit que l'assertion ait été émise à priori, soit que le nombre des faits sur lesquels on s'est basé ait été infiniment trop restreint, soitenlin que des preuves explicites contre l'antagonisme aient été produites.

L'antagonisme n'est donc actuellement encore qu'à l'état de théorie fort obscure. Aussi l'aurais-je passé sous silence, s'il n'était pas sans danger pour le diagnostic de tenir compte, comme de vérités démontrées, des applications que l'on en a faites. Si Ton admettait, en effet, en présence d'une endémicité paludéenne ou d'une des maladies que je viens de rappeler, les antagonismes qui ont été formulés, on devrait considérer comme inutile de rechercher, en dehors de celte endémicité ou de chacune de ces maladies, l'existence d'une des affections dites antagonistes; et, par conséquent, on pourrait méconnaître cette affection si elle existait réellement. L'antagonisme en pathologie, et l'antagonisme en thérapeutique que je n'ai pas à examiner ici, ont été l'objet d'un travail de Constantin Paul (Thèse d'agrégat., 1866). Les conclusions en sont plus aftirmalives que celles du présent article; mais je regrette de ne pouvoir les admettre en ce qui concerne l'antagonisme des maladies.

ANTÉCÉDENTS. — Voy. Examen des malades.

ANTÉFLEXIONS et ANTÉ VERSIONS. — Voy. Dé vi at ion s ut é rines . ANURIE. — Voy. Miction.

ANUS. — Les affections de l'anus intéressent particulièrement le chirurgien; mais, dans certaines circonstances, le médecin lui-même a besoin aussi île constater l'état de cette région. Non-seulement il y rencontre des lésions locales qui peuvent éclairer le diagnostic d'une maladie générale, des lésions syphilitiques, par exemple, mais encore il y trouve quelquefois l'explication de phénomènes morbides qu'il pourrait être tenté de rapporter à toute autre cause qu'à une lésion locale de celte extrémité du tube digestif.

Le pourtour de l'anus est assez souvent le siège d'affections cutanées (principalement d'eczéma et de plaques muqueuses), de fissures ou A'éraillures à fond rosé qui se cicatrisent rapidement, de chancres à bords taillés à pic et à fond grisâtre, iYhémorrhoides extra-reclales, et d'o.eyjo-es dans les plis ravomiés de r anus. La névralgie ano-vésicale atteint l'anus, dont le sphincter peut enfin être atteint de contracture de causes diverses, ou de paralysie, à laquelle se joignent des ulcères et la gangrène dans certaines dyssenteries.

Les symptômes ou signes qu'on y observe, outre les lésions cutanées, sont : des cuissons, du prurit, des douleurs plus ou moins vives; des contractures du sphincter alternant avec un relâchement excessif (névralgie ano-vésicale) ; des contractures plus ou moins longtemps persistantes; la paralysie du sphincter

AOHTITE.

a?ec înconlinence ; l'hémorrhagie, qu'il est si important de ne pas confondre avec celles qui ont une source plus profonde dans l'intestin. Il ne faut pas prendre non plus la contracture du sphincter pour le rétrécissement de l'anus, qui est parfois le résultat de l'ablation des tumeurs hémorrhoïdales, et qui peut rendre compte de constipations opiniâtres ou d'accumulations de matières fecales dans le rectum. On ne doit pas enfin confondre une paralysie spontanée du sphincter, qui explique l'incontinence ou les selles involontaires, avec la béance infundibuliforme qui résulte d'habitudes sodomites passives. Pour décider la question, on devra tenir compte des signes que Tardieu a indiqués comme résultant de la pédérastie passive, dans la sérieuse étude médico-légale qu'il a publiée sur ce sujet en 1858 (Ami. d'hygiène pnbl. et de méd. légale). Outre h déformation infundibuliforme de l'anus, le relâchement du sphincter et l'in- «otinence des matières, qui existent dans les deux conditions de paralysie spontanée ou de sodomie ancienne, on constate , dans ce dernier cas : la dilatation extrême de l'orifice anal, l'effacement des plis, des crêtes et caroncules du pourtour de l'anus, des ulcérations, des rhagades, des hémorrhoïdes, des fistules , parfois une blennorrhagie rectale, la syphilis. Ces signes ont d'autant plus de valeur que les individus se défendent presque toujours avec beaucoup d'énergie de s'adonner aux ignobles habitudes que l'on soupçonne.

L'exploration anale a lieu d'abord par l'inspection. Il est bon de dire au malade de faire un effort comme pour aller à la garde-robe, afin que les parties profondes de l'anus se présentent à la vue, à moins qu'on ne se serve du spéculum ani. Le toucher fournit aussi quelques renseignements utiles, en donnant l'idée de la consistance des tissus au-dessus du sphincter. Enfin l'électrisation de ce sphincter, qui est d'ailleurs extrêmement douloureuse, peut démontrer qu'il est paralysé, si elle lui rend la contractibilité qu'il a perdue.

ANXIÉTÉ. — On désigne ainsi une inquiétude vive avec malaise , pouvant aller jusqu'à Y angoisse, et qui dépend ordinairement ou d'une terreur profonde '■a d'une douleur vive, ou enfin d'un sentiment d'oppression ou de dyspnée prononcées. L'anxiété existe aussi par suite du malaise indéfinissable qui procède certains vomisséments, qui accompagne parfois des maladies graves ou vilaines névroses : la fièvre jaune, la peste, la morve aiguë , beaucoup d'empoisonneinents, la morsure des serpents venimeux, l'angine de poitrine, le spasme k l'œsophage, etc. L'anxiété est extrême dans la rage.

AORTE. — Vog. Artères, Anévrysmes.

AORTITE. — Bizoten 1837, et Thierfelder en 1810, avaient décrit l'aortite a-ame une maladie caractérisée principalement par une anasarque avec fièvre ^fcase, agitation, anxiété, lypothymies ou syncopes, douleur sous-sternale, tapnée et toux violente. Depuis les travaux de ces deux observateurs, la ques- •»a a été reprise, mais d'abord au point de vue anatomique, les abcès et les athé- -flies ramollis de l'aorte ayant été confondus. Cependant la question clinique a uussi être étudiée. Spengler (Arch. fûrpathol. Anal., 1852), Schutzenber-

Gaz. méd. de Strasb., 1850) et Leudet (de Rouen) ont observé chacun un ^ d'aortite suppurée. C'est d'après ces observations et deux autres observées

RoKitaiisky et Lebert, que Leudet a publié un Mémoire sur ce sujet dans * Archives de médecine. Je ne puis mieux faire que d'en résumer les points *Wipaux, en faisant remarquer d'abord que dans ces faits il s'agit de l'aortite Apurée, et que le siège constant de la collection purulente a été le tissu cellu- ^ externe et la tunique moyenne élastique dissociée et friable, conformément *U description de lartéritc par Virchow.

Woiujcz. — Dfcl. de Dlagn. 2' édit. 6

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