APHONIE
L'élude des symptômes est rendue difficile par des lésions multiples, ces abcès coïncidant avec une endocardite grave et se montrant dans le cours d'une phlegmasie pulmonaire ou pleurale sérieuse (Splengler, Leudet). En tous cas, l'inflammation initiale est violente, sans avoir rien de caractéristique; mais à la suite de celle première période, appelée d'inflammation exsudative par Leudel, apparaissent les symptômes significatifs de Y infection purulente, due à la communication morbide de l'abcès avec l'intérieur de l'aorte à travers sa tunique interne.
C'est d'après celte succession de phénomènes que l'on pourra diagnostiquer la maladie. Il me parait cependant impossible de ne pas la confondre avec Yendocardite ulcéreuse (Voy. Endocardite et Pyémie).
APHASIE. — P. Broca a désigné, en I8G1, par le mot aphasie (a privatif, et cpauis, parole), un état de l'intelligence particulier avec hémiplégie concomitante, et perte de la faculté d'exprimer la pensée par la parole, en mettant ce trouble de la parole sous la dépendance d'une lésion de la troisième circonvolution frontale gauche. Celle localisation spéciale, si elle était confirmée, donnait raison à Bouillaud qui avait considéré depuis longtemps les lobes antérieurs du cerveau comme présidant à la faculté du langage. De nombreux Mémoires, des discussions approfondies, dont l'une à l'Académie de médecine (1803), ont agité, à ce propos, on peut se le rappeler, le monde médical. La question, étudiée aux points de vue anatomique, physiologique, pathologique et même psychique, a été très-diversement jugée. Des faits pour ou contre onl été produits à propos de cette localisation, qui est loin dès lors d'être constante et qui ne suffit pas, par conséquent, pour expliquer analomiqucment l'aphasie. Cependant on ne saurait s'empêcher d'admettre qu'elle se relie à des lésions ainsi localisées dans un grand nombre de cas.
Si l'aphasie ne coïncide pas constamment avec les lésions de la troisième circonvolution frontale, c'est que cette aphasie est elle-même une question complexe, déjà désignée anciennement sous le nom d'aphèmie, et qu'elle se trouve faire partie, à titre de variété, des troubles de la parole que les anciens comprenaient sous la dénomination d'ALALiE, mot auquel je renvoie.
APHÉMIE. — Voy. ci-dessus Aphasie.
APHONIE. — L'aphonie est la diminution manifeste ou l'abolition complète de la sonorité naturelle de la voix. Nous ne prenons pas par conséquent ce phénomène morbide dans le sens absolu de son élymologie, comme l'ont fait les anciens, qui ont été jusqu'à donner le nom d'aphonie au mutisme.
L'aphonie est toujours un symptôme. Les anciens faisaient autant de maladies distinctes des différentes espèces d'aphonie; mais les progrès de l'anatomie pathologique lui ont fait assigner son véritable caractère symptomatique dans le plus grand nombre des cas. Certains auteurs modernes onl pourtant persisté à faire de l'aphonie une maladie particulière quand aucune lésion appréciable ne vient expliquer le phénomène; mais celte distinction n'est pas justifiée.
i° Caractères. — L'aphonie est rarement absolue. On sait qu'on appelle communément enrouement une aphonie incomplète qui parfois permet à la voix de reprendre, par intervalles, son éclat ordinaire. L'aphonie est donc complète ou incomplète ; elle peut aussi être courte ou prolongée, continue ou interrompue, et parfois même régulièrement intermittente. Tantôt elle présente le timbre naturel, mais atténué de la voix basse volontaire, ce qui est le plus fréquent; et tantôt un timbre étouffé particulier dont j'indiquerai tout à l'heure les particularités.
On ne confondra pas avec une aphonie morbide celles qui résultent d'une vive