IVRESSES
lopper, nécessitent une idiosyncrasie particulière qui seule peut expliquer leur gravité avec les doses très-minimes (le préparations iodées ingérées, de même qu'on a vu de simples eaux minérales arsenicales produire aussi des effets toxiques.
Quoi qu'il en soit, cet état pathologique d'iodisme constitutionnel est du moins très-rare. Il est caractérisé par Y amaigrissement , la boulimie , les palpitations et un état nerveux spécial , dont les effets se manifestent autant sur le moral que sur le physique. L'iodismc a une marche chronique et une durée de deux à six mois en général. Il se manifeste, quels que soient les doses d'iode, son composé, ou son mode d'introduction dans l'économie, mais seulement chez des individus prédisposés , le plus souvent vers la fin de l'âge adulte et dans la première vieillesse (35 à 00 ans), de préférence chez les individus dont la position est aisée, et l'habitation dans un pays où l'eau et les aliments contiennent peu ou pas d'iode, et où le goitre est endémique. Enfin l'existence du goitre est un des critères de la prédisposition , surtout s'il disparait trop rapidement (Uilliet, Mèm. présenté à l'Acad. de méd., 1800).
L'iodisme constitutionnel pourrait être confondu, suivant le même observateur, avec la variété de chlorose qui simule la phlhisic , avec la scrofule et le cancer, avec le diabète latent et les maladies du cœur commençantes, ou bien encore avec Yhypochondrie. Les données les plus importantes du diagnostic sont le dépérissement, et la constatation de la cause (iode introduit dans l'économie), que la recherche des antécédents fera facilement découvrir si l'on songe à l'iodisme.
Cet état pathologique se termine ordinairement par le retour à la santé ; niais s'il a une forme légère et une forme de moyenne intensité , il en a aussi une grave ou très-grave, qui serait plus rare aujourd'hui qu'autrefois, cl qui occasionnerait quelquefois la mort, selon Rilliet.
IRITIS. — Voy. Syphilis.
ISCHTJRIE. — Voy. Miction.
IVRESSES. — Les troubles de l'intelligence, de la myotilité et de la sensibilité qui caractérisent l'ivresse alcoolique , se rencontrent , plus ou moins profondément modifiés, comme constituant un certain nombre d'ivresses particulières qui se distinguent de l'ivresse alcoolique par leur cause. La pénétration dans l'économie de substances exerçant une influence notable sur les appareils nerveux constitue cette origine. Ce qu'il y a ici de remarquable, c'est que les ivresses qui résultent de cette pénétration constituent des phénomènes aigus qui sont le premier degré d'un certain nombre d'intoxications. Telles sont, outre l'ivresse de l'alcoolisme, celles qui précèdent Ycrgotisme, l'intoxication parle sulfure de carbone , l'intoxication par Y opium {Voy. Intoxications). On a aussi décrit une ivresse due à l'ingestion des préparations de quinine (ivresse quinique), dont on a rapproche l'ivresse dite apioliquey qui serait produite parle persil. Il me suffit de les rappeler.
Mais une condition sur laquelle je dois insister, c'est qu'il n'y a pas seulement des ivresses et des intoxications, d'abord des lésions et des accidents passagers, puis des lésions et des accidents permanents, comme effets toxiques des substances qui les produisent. Ces effets offrent une foule de degrés intermédiaires d'expressions quelquefois difficiles à classer. Cela est surtout vrai pour v l'alcoolisme, comme l'a montré Lasègue dans un travail récent sur l'alcoolisme subaigu (Arch. de méd., 1809). Il fait remarquer avec raison que toute théorie qui suppose l'alcoolisme comme une unité est forcément entachée d'erreur. C'est aux degrés moyens, en dehors de la simple ivresse et de l'intoxica-
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tion tranchée , ce sont les degrés moyens qu'il considère comme se rattachant à l'alcoolisme subaigu.
JAUNE (Fièvre). — Voy. Fièvre jaune.
JUGULAIRES (Veines). — Voy. Veineux (Appareil).
KÉLOIDE. — Cette affection est rare et mal connue. On la rencontre à la poitrine, au cou, aux bras. Pour Alibert, elle consiste en de petites tumeurs aplaties, souvent irrégulières, avec légère dépression centrale, dures au loucher, d'un rouge foncé ou d'un rouge pâle, et dont l'épiderme, aminci ou ridé, donne à la lésion l'aspect d'une cicatrice de brûlure au troisième degré. Pour Addison, la vraie kéloïde aurait pour caractère une tache d'un blanc opaque au tégument, autour de laquelle se ferait une congestion veineuse dans le voisinage ; çà et là cette tache présenterait une légère teinte jaunâtre ou brunâtre qui la rendrait comme pommelée. Lorsque la lésion ne disparait pas spontanément, il surviendrait des démangeaisons, avec douleur, raideur et dureté de la partie affectée (Mêd.-chir. Transactions , 1855).
KYESTEINE. — C'est une matière azotée résultant de la putréfaction de la mucosine qui représente la matière azotée qui existe dans l'urine en petite quantité. La kyesteïne forme une couche, dite gélatino-albumineuse, qui se rassemble vers la partie supérieure du liquide urinaire dès le deuxième ou le troisième jour après son émission. Outre cette matière, la couche en question montre au microscope des vibrions, du carbonate et du phosphate de chaux et du phosphate ammoniaco- magnésien. C'est à tort que la présence de ce corps a été donnée comme un signe de grossesse, puisqu'on le retrouve en quantité variable dans toutes les urines {Voy. Grossesse).
KYSTES. — Parmi les kystes internes, dont je n'ai pas à faire ici l'histoire, les plus ordinaires sont les kystes hydatiques et les kystes de l'ovaire. Les kystes hématiques de l'arachnoïde et les kystes du pancréas sont beaucoup plus rares.
A l'exception de ceux de l'arachnoïde, les kystes se développent habituellement avec lenteur, et ne donnent d'abord lieu A aucun signe lorsqu'ils sont profondément situés, peu volumineux, et par suite ils n'ont pas d'influence fâcheuse sur les fonctions des organes limitrophes : ce sont alors de simples lésions analomiques. Lorsqu'ils sont plus volumineux, ils produisent, suivant leur siège, des troubles fonctionnels : les uns, qui n'ont rien de spécial, comme certaines gênes ou douleurs sourdes; les|autres, plus caractéristiques, comme des phénomènes de compression, ceux de V inflammation spontanée du kyste, et surtout les accidents qui résultent de leurs ruptures.
Ces ruptures, heureuses ou fatales, et, avant tout, la constatation d'une tumeur formée par le kyste, sont les conditions essentielles du diagnostic (Voy. Hydatides et Tumeurs).
LACTESCENTS (Liquides). — Il arrive quelquefois que certains liquides de l'économie, comme le sang et les urines, offrent une coloration d'un blanc opaque analogue à celui du lait. Les anciens ont déduit de cette particularité les hypothèses, encore admises par le vulgaire, de la déviation du lait hors de ses voies naturelles.
On sait aujourd'hui que l'aspect lactescent dont il est question est dû à des matières grasses émulsionnées dans les liquides qui le présentent, et que l'on fait disparaître instantanément par une addition d'éther qui dissout la matière grasse. La lymphe, liquide opalin et blanchâtre rendu par des fistules qui communiquent avec des vaisseaux lymphatiques, a aussi été prise pour du lait dévié. Lœwiget Vidal ont vu la lymphe ainsi accumulée dans le scrotum.