LAIT
LAIT. — Comme l'a fait remarquer Cl. Bernard, les produits de sécrétions sont formés de principes empruntés au sang et d'autres principes élaborés par les glandes. Le lait emprunte au sang son eau, ses sels, son albumine, tandis que les glandes mammaires forment la caséine, le beurre et le sucre de lait.
Les qualités du lait de la femme ont besoin d'être constatées assez souvent dans la pratique, afin que l'on puisse saisir l'influence que peut exercer cette sécrétion, soit sur l'enfant, soit sur la mère. Il sera parlé à l'article Mamelles du lait qu'elles fournissent chez le nouveau-né, quoiqu'elles soient à l'état rudimentaire à cet âge.
A. — Dans l'état sain, le lait de la femme présente des qualités physiques et chimiques que je n'ai pas à rappeler en détail. On a considéré comme le lait le mieux approprié â la nourriture de l'enfant celui qui est de densité convenable, en quantité suffisante, et qui est riche en globules.
La densité du lait se juge approximativement à sa transparence ou à son opacité plus ou moins grandes, et, plus exactement, si l'on en recueille une quantité assez grande, à l'aide des lactometres divers qui ont été préconisés, et qui . sont basés sur le principe de l'aréomètre. Il est important de noter que lorsqu'il y a peu de lait, le poids de l'eau qu'il contient augmente.
La quantité de lait que peut ingérer l'enfant à la mamelle est impossible à coustater, si ce n'est en pesant l'enfant avant et après chaque prise de lait, comme l'a conseillé N. Guillot; la différence des deux pesées indique la quantité de Jait qui a été ingérée par l'enfant. On évite ainsi de se laisser tromper par le temps que met l'enfant à prendre le sein, et de croire à une grande quantité de lait ingéré lorsqu'il y en a eu peu.
Vu au microscope, le lait de femme est formé, comme tous les autres, de sérum transparent et de globules qui auraient, suivant Bouchut (Hua. de la prem. enfance, 1806, p. 192), un volume un peu plus grand et plus ~ (x uniforme que dans les autres d§> o° °°
espèces de lait, comme le mon- -^°cx> °°£> tre la figure 1 00 ; à ces globules °<Q^qfy°'#? * < se Irouvent mélangés quelques ° ° S^èvc 0 débris d'épilhélium. Si l'on r. , .
examine le col„s.rum de la — ^.^^T0*
même manière, on y reconnaît
plus de matière grasse, et une grande inégalité dans les globules de beurre, dont les uns sont très-petits et réunis en masses, et d'autres très-volumineux' fig. 107.
La quantité des globules vus ainsi au microscope ainsi que leur volume ont été considérés comme proportionnels à la qualité nutritive du lait. Devergie par exemple, a insisté sur ce fait, que tout globule large appartient à un lait riche, et tout globule petit à un lait pauvre (Bull. Acad. de mèd., 1811). Mais, suivant la remarque de Becquerel, les globules du lait seraient uniquement composés de matière grasse d'un volume très-variable et indépendant de la bonne ou mauvaise qualité du lait (Soc. des hôpit., nov. 1850). Quant au nombre des globules, Aran a rappelé, dans la même discussion, que, d'après Miller, de mauvaises nourrices pouvaient avoir un lait riche en globules, et Trousseau a fait observer de son côté que le nombre des globules est plus considérable au milieu de la traite qu'au début et à la fin. On voit qu'il n'est pas possible de se fier au moyen d'appréciation dont il vient d'être question pour juger de la qualité du lait des nourrices.