G LANGUE
Becquerel et Vernois (Ann. éThygiène, 4853) ont rigoureusement étudié, à l'aide de l'analyse chimique, le lait des nourrices menstruées ou devenues grosses. Ii en résulte qu'alors non-seulement il est diminué de quantité, comme Ta établi N. Guillot {Union mèd., 1852), mais encore que la diminution porte sur la partie aqueuse et sur le sucre, tandis qu'il y a augmentation en poids des parties solides et de la caséine. En un mot, le lait est plus excitant : seule circonstance dont le praticien doive tenir compte, en rejetant les hypothèses d'accidents graves attribuées à tort à l'état de menstruation ou de "gestation de la nourrice, lorsqu'elles ont lieu.
B. — Comment le lait est-il modifié sous l'influence des maladies ? Cette question complexe a été étudiée aussi par Becquerel et Vernois (loc. cit.). Il résulterait de leurs analyses : 1° qu'à la suite d'émotions morales vives et dans la fièvre typhoïde, tous les éléments solides du lait diminuent, excepté la caséine ; 2° que, dans les maladies aiguës fébriles en général, le poids des parties solides augmente, tandis que l'eau diminue (comme pour la menstruation); 3° qu'il en est de même dans les maladies chroniques, sinon que la caséine diminue notablement; \° que cependant, avec la tuberculisation pulmonaire accompagnée de diarrhée, il y a au contraire diminution des parties solides, perte portant tout entière sur le beurre ; 5° qu'enfin, dans les cas de syphilis, la densité du lait augmente considérablement (surtout par les sels), tandis que le beurre diminue, et que le traitement par les mercuriaux semble au contraire augmenter les quantités de beurre dans le lait.
Ces notions peuvent être utilisées dans une certaine mesure pour le diagnostic des changements qui surviennent dans la santé des nourrissons, indépendamment de l'influence des principes nuisibles qui échappent malheureusement à toute analyse. La matière colorante de la bile a cependant pu être constatée dans le lait d'une femme ictérique, à l'aide de l'acide azotique qui le colora en bleu vert, ou en vert franc (Arch. fur phys. Heilk., 1811»). C'est aussi ce que Bouchut a constaté.
LANGUE — Cet organe a des fonctions complexes : il est l'organe spécial du GOUT et de l'articulation des mots, et il concourt aux actes de la mastication et de la déglutition. Lorsqu'elle est médiocrement augmentée de volume, la langue conserve sur ses bords l'empreinte des arcades dentaires; plus volumineuse, elle remplit la cavité buccale, se développe en avant hors des arcades . dentaires et même des lèvres (dans le tétanos, dans l'épilepsie), ou bien vers le pharynx, où elle gène la respiration, au point parfois de produire l'asphyxie.
4° Maladies. — La langue est le siège d'une congestion qui augmente plus ou moins son volume dans certaines asphyxies, et dans certains cas d'obstacle à la circulation dans la veine cave supérieure. Elle est atteinte d'un assez grand nombre d'affections : fréquemment d'inflammation (clossite); plus rarement d'abcès, de phlegmons gangrèneux ou d1 ulcérations autres que celles qui résultent des aphlhes. On l'a vue aussi être le siège du rhumatisme musculaire; de paralysie (par suite d'hémorrhagie cérébrale ou de méningite tuberculeuse) ; d'une paralysie remarquable, indépendante de ces affections cérébrales, et affectant non-seulement la langue, mais les lèvres et le voile du palais (Voy. Paralysies localisées); d'hypertrophie chronique syphilitique; de tumeurs ayant ce dernier caractère, ou constituant des cancroïdes, de véritables cancers; ou enfin dépendant de calculs salivaires visibles à la face inférieure de l'organe. La plupart de ces affections sont des maladies secondaires.
2° Symptômes. — L'aspect de la langue est très-variable. Rosée ou d'un rose