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MÉNINGITE. — MÉNINGITE SPINALE

dre. Si Ton joint à la vague expression de ces signes la difficulté de l'examen nphlhalmoscopique lui-même, on doit reconnaître que c'est sur l'ensemble des symptômes, quoiqu'ils soient rarement au complet, qu'il faut d'abord baser ses inductions, puis sur les autres particularités de la maladie dont il sera question tout à l'heure.

Parmi les symptômes dont la coïncidence est le plus caractéristique, je noterai : l'apparition de la céphalalgie, dont la persistance chez les tuberculeux doit toujours faire redouter l'invasion prochaine de la méningite; les vomissements, la constipation; la conservation de l'intelligence, le strabisme; le ralentissement du pouls et son irrégularité, lorsqu'il n'y a pas de fièvre; la somnolence suivie de coma, et, dans ce dernier cas, l'expression de stupeur de la physionomie, signe auquel plusieurs observateurs ont attaché une grande valeur. Lund a fait un signe important de diagnostic d'une douleur des genoux persistante, parfois très-violente, exagérée par tous les mouvements de l'articulation, sans tuméfaction, et occupant les deux genoux ou un seul (Journ. fur Kiuderkrankheiten, 1865). Mais il n'a constaté ce signe que quatre fois sur trente sujets atteints sans contestation de méningite tuberculeuse.

L'évolution de la maladie a une importance capitale. Son invasion insidieuse et graduelle dans la plupart des cas, la succession des phénomènes attribués aux deux périodes, et enfin la rémission notable des symptômes, qui a lieu fréquemment (Guersant), sont autant d'éléments diagnostiques d'une grande valeur. — Les données étiologiques ont moins d'importance, à part l'existence préalable de la phthisie, qui a lieu dans la grande majorité des cas.

Ces traits principaux suffiront, lorsqu'on les rencontrera, pour ne pas faire confondre la méningite tuberculeuse avec la méningite simple, qui est d'ailleurs très-rare. Cependant il y a des cas où l'erreur sera facile; car, au lit du malade, on peut rencontrer dans les symptômes beaucoup de variétés qu'il est impossible d'indiquer d'avance, malgré les nombreuses recherches des auteurs. J'ai vu à Cochin un adolescent qui offrit tous les symptômes attribués à la méningite tuberculeuse, et qui n'était sans doute atteint que d'un état congestif des méninges, car après une dizaine de jours de durée sa maladie guérit très-rapidement.

La fièvre typhoïde, dans les cas où elle se développe d'une manière progressive, peut aisément être prise pour une méningite tuberculeuse, et ce n'est que par la marche ultérieure de la maladie et la constatation des signes caractéristiques fournis par l'abdomen que l'on pourra, comme pour la méningite franche, éviter l'erreur.

3° Pronostic. — La méningite tuberculeuse est extrêmement grave, et les rémissions qu'elle présente dans son cours ne doivent pas empêcher de prédire une issue très-probablement mortelle. Rilliet est l'auteur qui a rapporté les cas les plus probants de guérison (Arch. de mëd., 1853, t. II). D'autres faits ont été cités par Rouxeau (Journ. de la Soc. académ. de la Loire-Infêr.y 1855). J'ai vu moi-même guérir d'une méningite caractérisée par les symptômes les plus classiques de la maladie, et survenue graduellement, une jeune fille âgée de treize ans, délicate, sans tubercules apparents alors, mais qui mourut, quelques années après, de phthisie pulmonaire, sans que j'aie pu m'assurer de l'époque à laquelle les signes physiques de la tuberculisauon du poumon apparurent. Ne doit-on pas considérer ici la méningite comme d'origine tuberculeuse? Cette interprétation me parait légitime.

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